La relation entre Leonardo et le Paris Saint-Germain (PSG) a été marquée par des succès, des tensions et des controverses. Son passage au club, d'abord comme joueur puis comme directeur sportif, a été jalonné d'événements qui ont façonné son image et son héritage au sein du club de la capitale.

L'Arrivée de Leonardo au PSG
En juillet 2011, l'arrivée de Leonardo à la direction sportive du PSG est saluée comme un tournant majeur pour le club. Fort de son expérience en tant que joueur, dirigeant et entraîneur à l'AC Milan, Leonardo est perçu comme un homme de réseau capable de transformer le PSG en une puissance européenne.
L'ancien directeur sportif du PSG, Leonardo, a expliqué la raison de son départ du club par "l'impossibilité" de faire son travail après sa suspension de 13 mois, dans un entretien avec le Parisien/Aujourd'hui en France publié lundi. "C'était impossible de continuer à faire mon travail à Paris parce que cette suspension ne me permettait pas de le faire à 100%", assure Leonardo, dans cet entretien réalisé par téléphone depuis le Brésil où séjourne l'ancien dirigeant.
"J'étais le principal responsable du projet du PSG, j'étais très impliqué avec les joueurs, les entraîneurs. Mais tout était devenu trop compliqué avec cette suspension injuste. Et puis, il y avait d'autres soucis également au club..." A la question, êtes-vous vraiment parti en bons termes? Le Brésilien est catégorique : "Sincèrement, le PSG fait partie de moi. C'est mon club. Et j'ai de très bonnes relations avec le propriétaire ainsi qu'avec le président Nasser al-Khelaifi."
L'ancien joueur et directeur sportif du Paris SG, pense que le PSG possède : "la meilleure attaque au monde." Et d'expliquer : "Avoir dans la même équipe le meilleur buteur de la Série A, Cavani, et le meilleur buteur de la Ligue 1, Ibrahimovic, est incroyable surtout quand vous comptez autour d'eux des joueurs comme Lucas, Pastore, Ménez ou Lavezzi.
L'Incident avec l'Arbitre Alexandre Castro
Le 5 mai 2013, lors du match PSG-Valenciennes, Leonardo est impliqué dans un incident qui marquera son passage au club. Après un match nul frustrant (1-1), Leonardo bouscule l'arbitre Alexandre Castro alors que celui-ci se dirige vers son vestiaire. Cet acte de colère aura des conséquences majeures sur sa carrière au PSG.
Dimanche soir, tandis qu’Alexandre Castro, arbitre du match PSG-Valenciennes (1-1, les Parisiens devront attendre pour fêter le titre de champion) se dirige vers son vestiaire, Leonardo vient le bousculer d’un coup d’épaule, puis l’interpelle, virulent, devant les caméras de Canal+. Nasser al-Khelaïfi, président du PSG, s’interpose et calme son directeur sportif.

Mais qu’est-il arrivé au gentleman Leo ? Après avoir critiqué les arbitres il y a quelques mois, puis "l’anti PSGisme" ambiant et laissé entendre que "la porte était ouverte" pour un retour à Milan, Leonardo aurait voulu auto-torpiller son avenir en France qu’il n’aurait su mieux s’y prendre. La tension autour du club (le titre de champion qui se fait attendre, cet entraineur muet sur son avenir et cet attaquant vedette qui laisse fuiter les rumeurs de départ etc…) y est sans doute pour beaucoup dans ce "pétage de plomb".
Pourquoi avoir asséné ce coup d'épaule à Alexandre Castro, l'arbitre de PSG - Valenciennes, au moment où celui-ci regagnait son vestiaire ? La frustration de ne pas célébrer le premier titre de champion de France de l'ère qatarienne au Parc des Princes à cause du nul concédé (1-1) ? Le sentiment d'avoir été abusé par l'arbitrage ? La tension qui régnait en interne, alors que Carlo Ancelotti était sur le départ ? Ou un coup de sang dans un jour sans, tout simplement ?
Déjà, des Parisiens viennent exiger des explications à l'arbitre. « Il m'a poussé », se justifie ce dernier auprès du défenseur brésilien Alex. Dans le vestiaire, Ancelotti essaie de calmer son monde. De reconcentrer les esprits vers le jeu. Il sent que ses joueurs perdent pied facilement depuis quelques jours.
Au coup de sifflet final, il parvient à rattraper Zlatan Ibrahimovic par le col alors que celui-ci disait sa façon de penser à M. Castro, mais il ne se doute pas que Leonardo, qu'il croise dans le couloir, s'apprête à commettre l'irréparable. Le Brésilien, costume noir cintré et chemise blanche bien boutonnée, surgit sur le chemin du corps arbitral, qui ne le voit pas arriver, et bouscule l'arbitre principal de l'épaule.
Le délégué de la rencontre, un brin interdit, lui demande de reculer et de rester à sa place mais le dirigeant parisien, excédé, invective Castro : « Préparez mieux ! », lui lance-t-il. « C'est un match nul mais malheureusement, on doit parler de l'arbitre. C'est impossible. Cet arbitre a fait son dixième match en L 1 (de la saison) et il a donné quarante-huit cartons jaunes et cinq cartons rouges »
Nasser al-Khelaïfi débarque à son tour et écarte son directeur sportif. « C'est pas possible, ça », proteste Leonardo en visant l'arbitrage. Son président ne répond pas. Il a repéré les caméras, flairé la déferlante qui s'annonçait et n'est guidé que par la nécessité d'en sortir du champ.
La Suspension et le Départ de Leonardo
Suite à cet incident, Leonardo est suspendu à titre conservatoire, puis condamné à une suspension de neuf mois de toute fonction officielle. Cette sanction est alourdie en appel, rendant sa position au sein du club intenable. Leonardo démissionne de son poste de directeur sportif à l'issue du mercato d'été.
Il devait avoir le poste d'entraîneur du PSG Sur la foi d'un rapport complémentaire d'Alexandre Castro assurant que la bousculade était volontaire, la commission de discipline de la Ligue de football suspend Leonardo à titre conservatoire le mardi 7 mai. C'est le coup d'envoi d'un marathon juridique. C'est surtout le coup de sifflet final de la saison du directeur sportif brésilien à Paris.
Le 31 mai 2013, la commission de discipline le condamne à neuf mois de suspension de toute fonction officielle. Un mois plus tard, le 4 juillet 2013, la commission supérieure d'appel de la FFF alourdit la sanction de trois mois supplémentaires. Au cours de la prochaine année, il ne pourra donc pas s'installer sur le banc du PSG alors que la succession d'Ancelotti lui semblait promise.
Le 10 juillet 2013, il annonce qu'il démissionnera du Paris-Saint-Germain à l'issue du mercato d'été. Il finit donc le boulot, recrute Lucas Digne, Edinson Cavani et Marquinhos avant de laisser les clés du camion à Nasser al-Khelaïfi, Olivier Létang, son adjoint, et Laurent Blanc, le nouvel entraîneur des champions de France. C'était justement le poste qu'il briguait, mais que sa situation a rendu impossible.
Depuis quelques jours, déjà, courait la rumeur d'une volonté du club de se séparer de son directeur sportif brésilien, pourtant l'architecte du projet qatarien à Paris. D'autres sources faisaient état d'une certaine lassitude de ce dernier.
La sanction confirmée par la commission supérieure d'appel de la FFF précipitera l'affaire. Puisque Leonardo ne peut s'installer sur le banc du PSG - son profond désir -, autant se séparer et, qui sait, rebondir ailleurs.
Suites Judiciaires et Retour au PSG
Leonardo conteste sa suspension devant les tribunaux administratifs, arguant que la FFF ne pouvait le sanctionner puisqu'il ne possédait pas de licence de dirigeant. Il obtient finalement gain de cause et est blanchi en 2015.
Le 15 octobre 2013, le tribunal administratif, saisi en référé, lève l'exécution de la décision de la commission supérieure d'appel. La FFF se pourvoit devant le Conseil d'État ? Rejeté en avril 2014. Les rôles sont inversés : Leo est en position de force.
Le 15 décembre 2015, Leo est blanchi et la FFF versera 20 000 euros... aux Restos du Coeur.
La complicité avec Paris ? Elle est si forte, si évidente, que le Brésilien reviendra à l'été 2019 et renouera avec un passé interrompu un peu trop brutalement. Pendant ses six ans d'absence, le club de la capitale a continué de régner à l'intérieur de ses frontières mais il a été incapable d'étendre sa suprématie au-delà.
De nouveau directeur sportif, il signe cette fois une licence de dirigeant, que la FFF a rendu obligatoire désormais depuis l'affaire. Un mois plus tard, Leo recevait un coup de fil de bienvenue de Noël Le Graët. Deux mois plus tard, il assistait à PSG - Nîmes au Parc des Princes, où Alexandre Castro officiait comme arbitre VAR. Les deux hommes, qui ne se sont jamais revus depuis le passage en commission de discipline, le 7 mai 2013, devront encore patienter avant de se croiser : le centre de visionnage est situé en plein coeur de la capitale, à une dizaine de kilomètres du Parc des Princes.
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Critiques envers l'Arbitrage Français
Même après son départ du PSG, Leonardo continue de suivre de près le football français et n'hésite pas à critiquer l'arbitrage. Il remet en cause l'attitude générale des arbitres français, les comparant à leurs homologues anglais.
Dans une interview accordée au Canal Football Club, Leonardo a livré son sentiment sur les arbitres français. Et l’ancien directeur sportif du PSG, désormais entraîneur d’Antalyaspor, remet en cause leur attitude générale.
"L’arbitre français a besoin de démontrer que c’est lui qui commande. Et pour moi, c’est un symbole de fragilité. Les arbitres anglais, je ne sais pas si ce sont les meilleurs, mais quand ils arrivent au stade, ils te saluent. Ils font partie du jeu. Ils sont souriants, ils disent bonjour. C’est une relation normale. En France, non. Ça leur donne une difficulté supplémentaire par rapport à leurs décisions.
Bilan et Héritage
Le passage de Leonardo au PSG, marqué par des transferts de joueurs de renom et un titre de champion de France, reste entaché par l'incident avec l'arbitre Castro. Cet événement a non seulement précipité son départ, mais a également soulevé des questions sur son comportement et son influence au sein du club.
Tableau Récapitulatif des Sanctions et Procédures Judiciaires
| Date | Événement | Conséquence |
|---|---|---|
| 5 mai 2013 | Incident avec Alexandre Castro | Bousculade de l'arbitre |
| 7 mai 2013 | Suspension à titre conservatoire | Interdiction de toute fonction officielle |
| 31 mai 2013 | Suspension de 9 mois | Prolongation de la suspension |
| 4 juillet 2013 | Alourdissement de la sanction | Suspension de 13 mois |
| 10 juillet 2013 | Démission du PSG | Fin de son mandat |
| 15 décembre 2015 | Blanchiment par la FFF | Réhabilitation |
