Ce jeudi, RMC Sport a révélé que le Qatar menace sérieusement de se retirer de la France et du Paris Saint-Germain après la mise en examen de Nasser Al-Khelaïfi. Le président du PSG fait l'objet d'une mise en examen depuis le 5 février dans le cadre de l'enquête portant sur une possible tentative d'Arnaud Lagardère de faire changer en 2018 en sa faveur un vote du fond qatarien QIA, actionnaire du groupe Lagardère. Ce dernier a été pointé du doigt « pour complicité d’abus de pouvoir dans l’enquête entourant Arnaud Lagardère ».
Furieux après la récente mise en examen du président du Paris Saint-Germain Nasser Al-Khelaïfi, le Qatar menace de retirer tous ses investissements en France. Dans le monde du football, beIN Sports et le PSG sont bien évidemment concernés. Les Qataris menacent de dire stop.

Nasser al-Khelaifi, ici avec Emmanuel Macron, dans le cadre de la finale de la Coupe de France 2024. On appelle ça un coup de pression.
Les raisons de cette menace
Selon une source proche du gouvernement qatari : « Les Qataris en ont assez de tous ces abus. Fausses poursuites judiciaires, chantage, critiques quotidiennes, blâme pour l'incompétence totale des autres, tous les problèmes en France sont de leur faute, chaque fois qu'ils essaient d'aider c'est apparemment pour du 'soft power' - c'est de l'abus pur et simple et tout le monde en a assez ».
Démentis et précisions
Quelques heures après cette information, Jérôme Rothen (46 ans) a apporté des précisions dans son émission Rothen s’enflamme sur RMC Sport. Nasser al-Khelaïfi assure que QSI ne se retirera pas du PSG à la suite de sa mise en examen dans l'affaire Lagardère. Le président du PSG Nasser al-Khelaïfi a démenti ce dimanche un éventuel retrait de QSI du club de la capitale. Il n'a pas nié, en revanche, que l'État du Qatar allait chercher à investir ailleurs qu'en France.
« Il n'y a absolument aucune réaction à ces procédures car elles sont complètement absurdes. » Dans un entretien accordé aux médias allemands Welt am Sonntag et Bild ce dimanche, Nasser al-Khelaïfi a tordu le cou à la rumeur selon laquelle QSI menacerait de se retirer du PSG à la suite de l'enquête ouverte à son encontre dans l'affaire Lagardère.
Comme indiqué sur notre site le 13 février dernier, Al-Khelaïfi n'a pas nié, en revanche, que la France n'était plus le terrain de jeu privilégié de QSI. « Si l'on regarde le traitement réservé aux entreprises et aux personnes qataries en France, oui, ce n'est pas objectif, a expliqué al-Khelaïfi. Et si quelqu'un veut bien regarder, depuis plusieurs années nous nous désengageons progressivement pour investir dans des environnements plus accueillants et équitables. »
Un projet important doit être annoncé dans les prochaines semaines et il ne concernera pas la France. Au-delà du sport, le Qatar investit dans d'autres pays. Un pavillon national va être construit à la Biennale de Venise alors que les États-Unis accueillent désormais de nombreux projets de l'Émirat à l'étranger.
Un désinvestissement déjà en cours ?
« Si on était sûr que les Qataris se retirent de tout, ce serait une catastrophe. Maintenant, ce n’est pas le cas (…) Le désinvestissement en France a lieu depuis pas mal de mois de la part des Qataris. Ils ont vendu 12% des parts du Paris Saint-Germain aux Américains. Donc ça, ça montre déjà qu’ils se sont un peu retirés. Ils gardent un grand pouvoir. Ce club est déjà valorisé à quasiment 4 milliards aujourd’hui. Donc ça montre à quel point ils ont investi et c’est difficile de se retirer d’un tel investissement. En plus je le redis car on me l’a dit aujourd’hui, ils n’ont aucune envie de se retirer du Paris Saint-Germain. Mais il n’empêche qu’il y a déjà 12% qui sont partis chez les Américains. Donc quand tu me parles de désinvestissement, ça a déjà commencé. Ce serait une catastrophe si les Qataris se retiraient ».
Ces derniers mois, le Qatar a continué d'investir en France que ce soit à beIN, avec l'accord pour les droits TV de la Ligue 1, ou au PSG, avec l'arrivée de Khvicha Kvaratskhelia en janvier ou les récentes prolongations de l'entraîneur Luis Enrique et des joueurs Achraf Hakimi, Nuno Mendes puis Vitinha.
Le PSG et le Parc des Princes
Avec le refus de la mairie de Paris de vendre le Parc des Princes, le PSG projette en effet de construire son propre stade. Une telle manœuvre sera à coup sûr onéreuse tant le Qatar voit les choses en grand. Et dans cette optique, KKR - qui vient de racheter Arctos Partners (qui détenait 12,5 % des parts du club depuis 2023) - pourrait venir en aide au propriétaire du PSG.
« Le Qatar peut poser un milliard d’euros sur la table pour construire un stade mais il ne semble plus prêt à le faire. Avec un actionnaire aussi puissant que KKR, une demande de crédit passe assez facilement, il y a une solvabilité, une confiance, une garantie... « [Michelle Kang] a prêté 80M€ à l’OL avec un intérêt de 8%. C’est exactement ce que pourrait faire KKR-Arctos : prêter de l’argent pour construire le stade. Et donc avoir un fonds plus puissant, une plus riche offre et plus de facilités financières » a ensuite ajouté Pierre Rondeau.
Reste maintenant à voir si le Qatar contractera un prêt auprès de KKR pour financer le futur stade du PSG.

Le Parc des Princes, stade actuel du PSG.
Le rôle de QSI depuis 2011
Depuis le rachat par QSI en 2011, le PSG a basculé dans une nouvelle dimension. Le club de la capitale s’est retrouvé avec des fonds quasiment illimités pour mener à bien ses projets. Le Qatar a par la même occasion aidé au développement de la marque PSG, pour la transformer en l’une des plus influentes dans le sport mondial.
En 2011, le club du PSG avait été vendu à Qatar Sports Investments (QSI), Nasser Al-Khelaïfi devenant le président-directeur général du club.