En remportant son premier titre de champion NBA et son premier trophée de MVP des Finales, Nikola Jokic est entré dans une nouvelle dimension, celle des légendes. Cette nouvelle étape permet de le comparer aux plus grands. Souvent, on a tendance à s’enflammer, et parfois, on peut oublier un peu trop vite l’histoire parce qu’on est obnubilé par la greatness présente sous nos yeux.
Dans un sport de grands comme le basket, les pivots ont longtemps été perçus comme l’arme ultime, la pièce maîtresse sur laquelle on peut véritablement construire une franchise. Logique, car ce sont les pivots qui symbolisent peut-être le mieux le terme « domination », à la fois à travers leurs statistiques et leurs caractéristiques physiques, comme la grande taille et la puissance.
Il y a eu le début des années 2000, où Shaquille O’Neal écrasait tout sur son passage avec les Lakers. Il y a eu le milieu des nineties, quand Hakeem Olajuwon était le meilleur joueur de la NBA pendant que Michael Jordan jouait au baseball. Si on remonte plus loin, à savoir les décennies 1980 et 1970, impossible évidemment de ne pas parler de l’éternel Kareem-Abdul Jabbar.
Shaq, Hakeem, Abdul-Jabbar, Russell et Wilt: voici les pivots qui forment habituellement n’importe quel Top 5 all-time sur ce poste, dans un ordre ou dans un autre. La question se pose alors: Nikola Jokic a-t-il sa place dans ce top 5?
Avec un titre de champion NBA, deux trophées de MVP de la saison régulière, un titre de MVP des Finales après une campagne historique en matière de statistiques, Le Joker est en train de tout rafler. Le meilleur argument en faveur de Jokic dans cette discussion ne se situe pas au niveau du palmarès.
Malgré tous les grands intérieurs passés par la NBA, on n’avait jamais vu un joueur de 2m11 posséder une telle vision de jeu et une telle qualité à la passe. On n’avait jamais vu un pivot flirter avec le triple-double de moyenne. On n’avait jamais vu une telle facilité pour disséquer les défenses, en plus de toutes les autres qualités qui font de Jokic un joueur inarrêtable : son jeu dos au panier, son magnifique touché, sa capacité à shooter de l’extérieur… bref c’est le package complet.
Shaquille O’Neal meilleur pivot de l’histoire de la NBA ? - HOOPS ON FIRE
Quand le Heat a joué Jokic en un-contre-un au poste, il a sanctionné direct. Quand il a été doublé, il a fait jouer les autres. Quand il s’est retrouvé ouvert à mi-distance ou à 3-points, il a fait ficelle. Tout ça pour dire que Nikola Jokic est un joueur unique, qui joue au basket comme personne n’a joué auparavant. On a vécu la révolution Stephen Curry ces dix dernières années, peut-être que dans dix ans on parlera d’une révolution Jokic.
Jokić has officially joined the list of greatest centers ever. Alors bien sûr, tous les pivots légendaires qu’on a cités au-dessus étaient uniques et dominants à leur manière. Bill Russell est considéré comme le plus grand winner de tous les temps mais souvent aussi comme le meilleur défenseur all-time. Wilt Chamberlain était une arme de destruction massive, un phénomène en avance sur son temps. Kareem Abdul-Jabbar a fait du sky-hook le move offensif le plus inarrêtable de l’histoire. Hakeem Olajuwon était surnommé « The Dream » pour son jeu au poste qui envoyait du rêve, et dans le même temps il dominait par sa magnifique défense.
L’idée n’est pas ici de diminuer l’impact de ces légendes, juste d’ouvrir la discussion concernant la place de Jokic parmi elles. Le Joker a atteint un tel niveau de domination qu’il mérite qu’on s’interroge sur sa place parmi les meilleurs pivots de l’histoire. Sans avoir la puissance du Shaq ou de Wilt, sans avoir la défense de Bill ou d’Hakeem, sans être un phénomène dès son entrée en NBA comme Kareem, Jokic est devenu progressivement le meilleur joueur du monde, à sa manière.
Il est la définition même du joueur indéfendable puisque personne ne peut appuyer sur un potentiel point faible (spoiler, le Hack-a-Shaq avec Niko, ça marche pas) pour tenter de limiter son impact. Est-ce que tout ça est aujourd’hui suffisant pour le faire entrer dans le Top 5 des meilleurs pivots de l’histoire ? Peut-être pas encore.
Top 10 Historique des Pivots NBA
Ce classement est basé sur les performances individuelles et collectives. Bien évidemment cela est très subjectif, et bien que nous ayons essayé de dresser le Top 10 le plus juste possible, certains d'entre vous ne seront peut-être pas d'accord avec notre classement.
| Rang | Pivot | Description |
|---|---|---|
| 1 | Kareem Abdul-Jabbar | MVP et champion dès sa deuxième saison en NBA, longévité exceptionnelle et record de points marqués. |
| 2 | Bill Russell | Record de onze titres, considéré comme le meilleur défenseur de l'histoire. |
| 3 | Wilt Chamberlain | A marqué 100 points dans un match, tourné à plus de 22 rebonds sur l'ensemble de sa carrière. |
| 4 | Hakeem Olajuwon | Technique exceptionnelle, contreur n°1 de l'histoire de la NBA. |
| 5 | Shaquille O'Neal | Pivot dominant, inarrêtable avec trois titres (trois fois MVP de la finale). |
| 6 | Moses Malone | N°1 aux rebonds offensifs de l'histoire de la NBA, trois fois MVP. |
| 7 | David Robinson | Dream Teamer en 1992 et MVP en 1995, deux titres avec San Antonio. |
| 8 | Patrick Ewing | Mix de puissance et de technique, leader des Knicks dans les années 1980 et 1990. |
| 9 | Willis Reed | Meilleure défense de la NBA avec les Knicks, deux fois MVP de la finale. |
| 10 | George Mikan | Première star de la NBA, a gagné quatre des cinq premiers titres avec les Minneapolis Lakers. |

Les Pivots Modernes et Le Tir à Trois Points
Ces dernières années, le jeu déployé en NBA a été transformé par l’abondance de tirs extérieurs. Les grands ont tendance à s’écarter du cercle plus facilement. Voici quelques pivots modernes qui excellent dans le tir à trois points :
- Karl-Anthony Towns: Un des meilleurs shooteurs de l'histoire parmi les big men, avec 39,7 % de réussite au tir extérieur.
- Nikola Jokic: Avec près de 35 % de réussite en carrière derrière l’arc, Jokic est un candidat sérieux.
- Mehmet Okur: Entre 2006 et 2010, Okur culmine à près de 40 % à trois-points, sur un volume conséquent.
Aujourd’hui encore il est celui par qui tout passe, l’homme de confiance Tom Thibodeau, coach des Bulls et l’un des meilleurs entraîneurs de la NBA. Face aux Pistons, Noah a réussi son sixième triple-double en carrière, le second en quatre jours après son match de mammouth face à New York (13 points, 12 rebonds et 14 passes décisives).
Excellent rebondeur, Noah l’a toujours été, attaquant capable d’inscrire plus de dix points régulièrement aussi. Mais depuis un mois, il a ajouté la passe à son arsenal. Passeur fin, Noah tournait aisément à quatre voire cinq passes de moyenne mais depuis un mois il est plutôt autour des sept moyenne, poussant même jusqu’à 8,7 sur ses trois rencontres de mars. Incroyable pour un pivot.

Défenseur émérite, excellent rebondeur, bon attaquant et passeur solide, Joakim Noah n’a plus beaucoup de point faible. Seul son shoot pourrait encore connaître une petite cure d’amélioration mais dans l’ensemble le tableau est plus que réussi. Où se situe donc Joakim Noah dans la hiérarchie des pivots en NBA ?
En valeur intrinsèque, Dwight Howard, Marc Gasol ou Roy Hibbert font le match avec le pivot français. Après un passage raté aux Lakers, « D12 » a retrouvé la joie de jouer à Houston, Marc Gasol présente les mêmes qualités que Noah, ajoutant en plus de ça, un shoot soyeux, quant à Roy Hibbert, il est la tour de contrôle d’Indiana et aurait sans doute de meilleures statistiques dans une équipe moins fournie en talent qu’Indiana.
Mais ce que réalise Noah en ce moment, aucun de ces trois hommes n’est capable de le faire. Si Lebron James a été élu meilleur joueur de l’est en février, Noah n’en était pas très loin et si il termine mars comme il l’a commencé le titre ne lui échappera pas. Certains spécialistes aux Etats-Unis n’hésitent même pas à inclure Noah dans la discussion pour le titre de MVP. Si évidemment, ce n’est qu’une discussion, le symbole est important.