Le Hockey Subaquatique: Un Sport Méconnu et Passionnant

Le hockey sur glace est un sport populaire, mais il existe son petit frère moins connu : le hockey subaquatique. Ce sport, bien que méconnu, possède un club à Clermont depuis 18 ans et mérite d'être découvert.

Qu'est-ce que le Hockey Subaquatique?

Le hockey subaquatique est un sport qui se joue sous l'eau, similaire au hockey sur glace. Pierre Ibos, joueur du Clermont Hockey Sub, explique : "C’est le même principe que le hockey sur glace à la différence que ça se joue sous l’eau. Ce sont deux équipes de 10 joueurs constituées de six joueurs sous l’eau, qui se disputent un palais de 1,5 kilos. Le but est de se battre pour ce palais afin de le mettre dans le but adverse. Il y a 4 remplaçants qui peuvent intervenir dans le match."

Le jeu se déroule au fond d’une piscine, ce qui implique de jouer en apnée. Cependant, ce n'est pas le niveau d'apnée qui est le plus important. "Ce n’est pas le niveau d’apnée qui est le plus important, on fait assez peu de longues apnées. Le but c’est de faire des courtes apnées mais répétées, car si on fait de longues apnées, on va avoir plus de temps de récupération à la surface, et c’est du temps de perdu pour le jeu." Les joueurs restent sous l'eau environ 20 secondes maximum, avec un système de relais pour assurer la continuité du jeu.

Le jeu oppose, dans une piscine, deux équipes, pendant deux mi-temps de 8 à 15 minutes. Le but du jeu est de progresser, en apnée, en poussant ou en passant un palet pesant 1 à 1,5 kilogramme, à l'aide d'une crosse spécifique afin de le faire entrer dans le but adverse. Les joueurs sont au nombre de six par équipe, puis jusqu’à quatre remplaçants sur le bord de la piscine.

L'Équipement Nécessaire

Pour pratiquer le hockey subaquatique, il faut un équipement spécifique :

  • Des palmes
  • Un masque et tuba
  • Un bonnet
  • Un gant de protection pour tenir la crosse

Afin de se différencier dans l'eau, chaque équipe est identifiée soit par la couleur blanche, soit par la couleur noire.

Joueur annoté :

  1. tuba et protège bouche
  2. bonnet et protection des oreilles
  3. masque
  4. palmes
  5. crosse
  6. palet

La crosse devait, jusqu'en 2009, être faite dans un matériau flottant, le plus souvent en bois de frêne ou de hêtre. Depuis 2009, ce n'est plus obligatoire. Le palet mesure environ 8 cm de diamètre et 5 cm d'épaisseur. Les buts en acier traité ou inoxydable sont en forme de cornière d'une longueur d'environ 3 mètres.

L'aire de jeu minimale est de 300 mètres carrés et nécessite un fond plat, régulier et glissant. Ces contraintes ont empêché le développement du hockey subaquatique en mer.

Le Club de Clermont et les Compétitions

À Clermont, le club de hockey subaquatique existe depuis 2004. Pierre Ibos souligne : "À Clermont on a une équipe masculine où on est champion de deuxième division. On a aussi une équipe féminine en deuxième division également. On a des jeunes mais ça nous manque car on n’en a pas assez pour créer une équipe jeune, on les intègre avec nous mais nos horaires sont compliqués donc on peine à attirer les jeunes mais c’est notre objectif."

Le championnat de France comprend pour les adultes deux divisions féminines et quatre divisions masculines. Le trophée de la meilleure progression est remis chaque année à l'issue du championnat de France de D1. Un trophée soulignant la progression la plus importante est remis à la meilleure équipe féminine, un autre à la meilleure équipe masculine. La forme de ce trophée, une chaise, vient du fait qu'au début il récompensait l'équipe qui avait eu le plus de joueurs en « prison ».

Les derniers Championnats d'Europe se sont déroulés à Marseille en mai 2005.

L'Histoire du Hockey Subaquatique

Ce sport est créé en 1954 à Portsmouth par Alan Blake. Celui-ci regrettait le froid et la diminution de l'activité de natation en hiver, et décide de créer un sport collectif. En 1964, au club de la Centrale Sous-Marine à Paris, un groupe de plongeurs avaient imaginé le HO-SU-MA (Hockey sous Marin, prononcé avec l'accent du Pacifique), en prétendant qu'il s'agissait d'un vieux jeu polynésien, qui se jouait avec une palme de cocotier et une noix de coco lestée dans les lagons de Polynésie. C’est à Montauban, en 1968, que le hockey subaquatique apparaît pour la première fois dans sa version moderne.

Les Règles du Jeu

Les matchs sont arbitrés par deux arbitres dans l'eau et un hors de l'eau. Des arbitres de table notent le score sur la feuille de match, s'occupent du chronomètre (durée du match, durée des « prisons » prises par les joueurs) soit regarder la partie aquatique sur des écrans reliés à des caméras aquatiques qui filment sous l'eau.

À la suite de certaines fautes, un joueur peut être sanctionné par une « prison », réduisant ainsi le nombre de joueurs de son équipe dans l'eau. Lorsqu'un joueur est en prison, il est assis sur une chaise à l'extérieur de la piscine.

Une tactique très usitée consiste à jouer avec trois attaquants et trois défenseurs. À l'engagement, les avants appelés ailier gauche, avant centre et ailier droit forment un triangle. À l'engagement les trois arrières appelés pivot gauche, arrière central et pivot droit forment un triangle inversé par rapport aux avants.

Le Hockey Subaquatique en France et dans le Monde

Ce sport réussit plutôt bien à la France qui a été 6 fois championne du monde. Ils sont 5000 pratiquants en France, et le hockey subaquatique est reconnu comme sport de haut niveau.

Quelques joueurs notables :

  • Kendall Banks: joueur américain du club de San José, né en 1957.
  • Taylor Benson: joueur néo-zélandais, champion du monde en 2006.
  • Sandor Duis: joueur néerlandais, surnommé « the Flying Dutchman » ou « le Dutchie ».
  • Jacques BRECHAIRE: titré comme joueur et entraineur. Champion du Monde à San José 1998.
  • Bruno Barillere: champion du Monde à San José 1998.

La CMAS, qui est la structure historique, n'était pas assez tournée vers le hockey subaquatique pour certaines fédérations.

Le Hockey Subaquatique : Un Sport d'Équipe Unique

Accoudée le long d’une piscine au liquide turquoise, l’équipe de hockey subaquatique de Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, glousse comme une joyeuse troupe de dauphins. Et le match n’a même pas commencé ! « Alors, tu viens ? » lancent avec encouragement les joueurs, bonnets sur la tête et tubas à portée de bouche. Les entraînements peuvent être mixtes, comme ici.

« Les bobos font partie du jeu »« Bon, tu vas voir, ça cogne un peu mais c’est cool ! » anticipe Julien Collas, vendeur de 38 ans, qui s’entraîne tous les lundis ici, au complexe AquaMalo, sur la côte d’Émeraude.

Au milieu des odeurs de chlore, ce responsable de la section de hockey subaquatique locale nous explique quelques règles de base : « On joue sur un bassin de 25 mètres, avec deux buts de 3 mètres, placés de chaque côté. Deux équipes de six joueurs s’affrontent, composées de trois attaquants et de trois défenseurs. Au cours des deux périodes de 10 minutes, l’objectif est de marquer le plus de points, en faisant avancer le palet au fond de la piscine. » Et comme sur la glace, l’équipement est de rigueur : « Un bonnet numéroté et renforcé, des palmes, un masque et un tuba muni d’un protège bouche. Puis on enfile un gant en silicone pour tenir notre crosse de 30 cm. »

Le talent fait le reste : « Il n’y a pas de joueur type, souligne Julien Collas. Tu as des grands, des petits, de 17 à 60 ans, qui sont comptables comme vétérinaires la journée. Les participants jouent au fond de la piscine, armés de leur crosse pour déplacer le palet.

« Alors, on joue ? ! » s’impatientent les challengers, alignés de chaque côté de la piscine, filles et garçons mélangés. Dans leur viseur, le palet de 1,3 kg, positionné au fond du bassin. « 1… 2… 3… Top ! » Les hockeyeurs s’élancent comme des torpilles sur leur cible et fondent dans l’eau, leur crosse fermement maintenue droit devant eux. Le bassin se transforme en un bouillon où se tortillent les adversaires tels des anguilles.

« Sous l’eau, on ne peut pas communiquer, expliquent quelques joueurs essoufflés à la mi-temps, mais on a des automatismes et on repère la couleur des crosses, noire ou blanche selon l’équipe. »Ça reprend. Une passe à gauche, une passe à droite, une percée de l’attaque, mais la défense bloque. Au milieu de la mêlée, il faut éviter les coups de palmes, se faufiler entre les uns qui remontent pour prendre une bolée d’air et les autres qui repiquent vers le fond. « Les bobos font partie du jeu, reconnaît Julien Collas.

Reposant sur le bouche à oreille, le hockey subaquatique se pratique dans une ambiance bon enfant. Et pour encadrer cette valse sous-marine, il faut bien trois arbitres : « Un dans l’eau, un sur le bord du bassin et un sur table. À chaque faute, comme un coup de crosse ou un mauvais placement, ils déclenchent un buzzer qui vibre sous l’eau. Et chaque faute nous envoie en prison. » Comprenez une mise à l’écart du joueur pendant un temps donné. « Ça peut changer l’issue d’un match, tout est stratégique ! »

« Les Anglais, répond Clémence Meunier, 25 ans, joueuse de haut niveau licenciée à Saint-Malo. Clémence Meunier fait partie de l’équipe de France de hockey subaquatique. Petit à petit, la discipline s’est exportée et structurée. La France compte aujourd’hui 5 000 pratiquants, dont 3 000 qui s’adonnent à des compétitions régionales, nationales ou mondiales.

Mais aucun athlète ne parvient à en vivre, le hockey subaquatique restant confidentiel et attirant peu de sponsors. « On est tous ici grâce au bouche à oreille, et parce qu’on aime l’eau, mais on n’arrive pas à recruter comme on le voudrait », souffle Julien Collas à la sortie de la piscine, serviette sur l’épaule et cheveux encore mouillés. « Les gens autour de moi sont très surpris quand j’en parle. C’est pourtant un sport d’équipe avec de belles valeurs humaines, qui mériterait d’être connu », insiste Yuna Godec, 32 ans, professeure des écoles et joueuse de longue date. « Mais le plus important, c’est qu’on s’éclate. On est une super bande de copains », relativise Julien Collas.

En témoigne ce casse-croûte organisé sur le parking, comme après chaque entraînement.

Nageur à la base, Pierre a découvert le hockey subaquatique par pur hasard : "Je suis arrivé au hockey par hasard, et c’est devenu addictif. Je faisais beaucoup de natation mais j’aimais aussi beaucoup l’apnée, je fais de la pêche sous marine. Je suis tombé par hasard sur un prospectus à la piscine et j’ai décidé d’essayer j’ai fait une initiation et depuis je n’ai pas arrêté."

Le club est entraîné par un joueur de l’équipe de France master, champion du monde élite en 2018. Côté féminines, 5 joueuses sont en équipe de France u24 et une en master.

Rare jeu collectif à se pratiquer sous l’eau, discipline inventée dans les années 1950, le hockey subaquatique reste méconnu en France.

Comment jouer au hockey subaquatique ? (aussi appelé Octopush)

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