La Place des Femmes dans le Football: Statistiques et Évolution en France

À l'heure de la Journée internationale des droits des femmes 2025, la Fédération Française de Football (FFF) enregistre un nombre record de plus de 251 000 licences féminines. Cet article explore en détail la place des femmes dans le football français, en mettant en lumière les statistiques clés, les initiatives de la FFF et les défis persistants.

Jamais le football français n'a autant intéressé les femmes. C'est ce que révèle une enquête menée par la LFP et Ipsos, qui pointe une augmentation sensible du nombre de supportrices d'un club de Ligue 1 ou Ligue 2, passé de 5,4 millions à 6,3 en un an.

Les femmes représentent 40 % des personnes intéressées par le football (+3 % en un an, record), selon l'enquête de la LFP.

Pourtant, cette hausse de la fréquentation des femmes reste modeste puisque, en neuf ans, leur proportion dans les stades par rapport aux hommes n'est passée que de 11 à 17 %, la faute à un milieu encore machiste et souvent gangrené par des débordements.

Les motivations pour aller au stade sont les mêmes que chez les hommes : soutenir son club, vivre l'événement en vrai et partager l'ambiance du stade.

En partenariat avec la LFP, Her Game Too diffuse un film de sensibilisation dans tous les stades français ce week-end. « C'est une campagne proche de la réalité et incarnée par de vraies supportrices, parce que le message est logique en 2024 », selon Anoush Morel, responsable de la branche française de l'association.

Le football offre un vaste terrain de jeu pour promouvoir l'égalité des genres, et l'implication de tous est essentiel pour y parvenir. Cependant, les disparités persistent : 95 % des entraîneurs et 91 % des arbitres sont des hommes, et la première femme à arbitrer un match de la Coupe du monde n'interviendra qu'en 2022.

Malgré des contributions significatives, les femmes se heurtent à des obstacles dans les domaines de l'entraînement et de l'arbitrage et aux postes de direction en raison d'une dynamique de pouvoir bien ancrée. Le manque de couverture médiatique et de parrainage accentue le manque de visibilité des femmes dans le football, tandis que les inégalités en matière d'investissements et de salaires persistent, reflétant les disparités économiques fondées sur le genre.

La FIFA considère le football féminin comme une opportunité de croissance majeure. En démantelant les barrières structurelles et en remettant en question les normes sociales, le potentiel du football peut être exploité pour promouvoir l'égalité des genres.

Les obstacles à l'égalité femmes-hommes dans le football

Objectif 500 000 Licences Féminines à l'Horizon 2028

Dans le cadre du Plan d'engagement sociétal présenté par son président Philippe Diallo à l'automne 2023, la Fédération Française de Football a fixé comme objectif le cap des 500 000 licences féminines à horizon 2028. Soit un doublement des effectifs.

« C'est un objectif ambitieux mais volontariste, affirme Philippe Diallo. Le développement de la pratique féminine à tous les niveaux - football amateur, football professionnel, l'Équipe de France - est un enjeu majeur, essentiel. Il doit nous mobiliser formidablement. Collectivement, on peut gagner ce pari. Aujourd'hui, déjà, les femmes n'ont jamais été aussi nombreuses à pratiquer le football en France. »

Cet objectif ambitieux est notamment par rapport à la plus grande nation de football du moment, à savoir l’Espagne, qui ne compte que 110 000 licences féminines en 2024 (en hausse de 23 % par rapport à 2023).

Depuis dix ans, la pratique féminine augmente de 10 % chaque année.

Un nombre toujours plus important de pratiquantes féminines, notamment chez les plus jeunes.

Statistiques Clés du Football Féminin en France

Avec 251 369 licences féminines comptabilisées*, soit 10,5 % du total des licences FFF, la saison 2023-2024 a établi un nouveau record pour le football féminin dans notre pays. Dans le détail, le nombre de pratiquantes s'est élevé à 202 282, celui des dirigeantes à 40 687, celui des éducatrices à 2 412 et celui des arbitres à 1 448 (voir encadré en bas de page).

C'est le résultat du travail mené depuis bientôt trois ans par la Fédération et la Ligue du football amateur (LFA) avec l’appui des ligues, districts et clubs. Il s'inscrit dans le cadre du plan fédéral d’engagement qui soutient la professionnalisation et le développement du football féminin, et du plan mixité, qui permet aux femmes d'accéder à des postes à responsabilité dans les instances.

*Chiffres au 30 juin 2024.

En 2023, la FFF dévoile les chiffres clés de la pratique au féminin. Parmi les faits marquants, plus de 220 000 licenciées, un record. Le plan de féminisation impulsé dès 2012 puis le plan mixité ont favorisé l’accès à la pratique pour le plus grand nombre de filles ou de femmes. Moins de 90 000 en 2010-2011, elles sont aujourd’hui plus de 220 000 licenciées (pratiquantes, éducatrices, arbitres, dirigeantes), soit 10% du total (2 178 583 au 6 mars 2023). Un seuil record dans l’histoire de la FFF.

Soit une augmentation de 5 % par rapport à la saison passée à pareille époque (168 803) et de 20% depuis 2018-2019. Il s’agit de la catégorie de licences (joueuses) qui a subi la plus forte hausse ces dix dernières années.

Sur la période, les effectifs occupant des fonctions d’encadrement (éducatrices, animatrices, techniques) ont été multipliés par 2,7 : 831 en 2011-2012 ; 2 232 aujourd’hui (+ 168%). Il y a un an, elles étaient 1 887.

Un total quasiment doublé par rapport à 2011-2012 (674).

Tableau Récapitulatif des Licences Féminines

Catégorie Nombre (2023-2024)
Pratiquantes 202 282
Dirigeantes 40 687
Éducatrices 2 412
Arbitres 1 448
Total Licences Féminines 251 369

Objectifs de Parité et Mixité

Les élections du 14 décembre dernier à la Fédération ont marqué une étape historique dans la gouvernance du football français avec l'instauration de la parité femmes/hommes au sein du Comité exécutif de la FFF. Sur les vingt-huit membres qui composent le Comex pour la mandature 2024-2028, quatorze sont des femmes, et deux exercent des fonctions exécutives : Joëlle Monlouis (secrétaire générale de la FFF), Véronique Lainé (trésorière générale de la FFF), Pierrette Barrot, Pauline Blondeau, Élodie Crocq, Pascale Évain, Nicole Isac, Aline Riera, Hélène Schrub, Charlotte Lorgeré, Virginie Molho (membres), Élisabeth Loisel (représentante des joueuses et joueurs de haut niveau), Sabine Bonin (représentante des arbitres) + une femme à désigner en tant que représentante des entraîneurs et entraîneures.

D'ici 2028, les Comités directeurs des ligues et districts devront également respecter cette parité (loi du 2 mars 2022).

Le nombre de dirigeantes est passé de 26 717 en 2011-2012 à 36 209 aujourd’hui soit une hausse de 28%. Ce total se rapproche du seuil atteint en 2019-2020 (37 149) avant que les conséquences de la crise sanitaire du Covid-19 se fassent ressentir.

Les femmes dirigeantes sont quasiment deux fois plus présentes au sein des Comités directeurs de Ligues et Districts aujourd'hui que lors de la période 2012-2016 (18% contre 9%, 17% contre 10%). Leur nombre devrait continuer de croître. En application de la loi sur la démocratisation du sport, la parité a été fixée par le gouvernement à horizon 2028 pour les instances régionales.

La part des femmes dans les comités directeurs de ligue et district est passée de 13 à 20 % en 2024.

Le nouveau Comex de la FFF en configuration paritaire (photo Antonio MESA / FFF).

Dispositif « Toutes Foot »

Le dispositif « Toutes Foot », qui se présente sous la forme d’un appel à projets, vit sa troisième édition. Ce programme vient récompenser l’engagement des clubs, districts et ligues pour une plus grande mixité de pratique, d’encadrement et de gouvernance. Il a pour but de poursuivre le développement de la pratique féminine et favoriser l’accessibilité des jeunes filles et femmes à tous les rôles dans le football (joueuses, éducatrices, arbitres, dirigeantes). Ils ont été 1 407 à s'engager en 2024-2025.

L’inscription des clubs à ce dispositif leur permet également de concourir pour le prix Sensationnelles Intermarché 2025.

Plus de 2 000 projets clubs ont été soutenus par la FFF depuis le lancement de « Toutes Foot » en 2022.

Objectifs des Équipes Nationales Féminines

L'Équipe de France Féminine (11e au classement mondial de la FIFA) est entrée de plain-pied dans l'année 2025 en participant à la 2e édition de la Ligue des Nations féminine de l'UEFA. Après avoir été finalistes de la 1ère édition en 2024, les Bleues ambitionnent une nouvelle participation à la phase finale à quatre (prévue à l'automne prochain). Elles ont récemment remporté leurs deux premiers matches de leur groupe de qualification contre la Norvège (1-0) et l'Islande (3-2).

Dans cette année riche en rendez-vous importants, les joueuses de Laurent Bonadei ont aussi et surtout l'Euro UEFA 2025 en ligne de mire. La compétition est organisée en Suisse du 2 au 27 juillet. Au 1er tour (groupe D), elles seront opposées à l'Angleterre (4e FIFA, le 5 juillet à Zurich), au pays de Galles (31e FIFA, le 9 juillet à Saint-Gall) et aux Pays-Bas (10e FIFA, le 13 juillet à Bâle). Il s'agira de la huitième participation de l'Équipe de France Féminine au championnat d'Europe de l'UEFA depuis 1997, compétition dans laquelle elle reste sur une place de demi-finaliste en 2022, sa meilleure performance.

Eugénie Le Sommer a établi le 25 février contre l'Islande (3-2) un nouveau record de capes avec les Bleues.

Les Bleues comptent 17 participations à une épreuve majeure FIFA-UEFA : 3 JO, 5 Coupes du monde, 8 Euros* et 1 Ligue des Nations. *Dont l'Euro 2025.

Les sélections nationales féminines de jeunes sont également engagées sur la scène européenne en 2025. Les U17F et U19F tricolores visent une qualification pour leurs Euros respectifs : du 4 au 17 mai aux Iles Féroé pour les unes ; du 15 au 27 juin en Pologne pour les autres. Ces deux tournois européens serviront également de portes d'entrées vers les Coupes du monde U17F 2025 (du 17 octobre au 8 novembre au Maroc) et U20F 2026 (du 5 au 27 septembre en Pologne). Soit un quadruple objectif.

Née à la rentrée 2023, l'Équipe de France Futsal féminine a, depuis, disputé dix-neuf matches officiels (8 G, 4 N, 7 D) qui lui ont déjà permis de se distinguer, malgré son manque d'expérience : en mars 2024, les joueuses de Pierre-Étienne Demillier ont remporté un premier trophée à la Fustal Love Serbia Winter Cup, épreuve amicale. En octobre dernier, elles ont franchi le tour Principal des éliminatoires de la Coupe du monde féminine et gagné le droit de participer au tour Élite, organisé dans quelques jours à Besançon (du 19 au 22 mars contre l'Espagne, la Finlande et la Pologne). Dans le Doubs, seize Bleues sont à une marche (mais elle est haute) du 1er Mondial programmé aux Philippines (du 21 novembre au 7 décembre).

Le nombre de sélections tricolores féminines, des U16 aux A en passant par le Futsal est de 8.

Le nombre de trophées UEFA et FIFA décrochés par les sélections féminines de jeunes, avec cinq couronnes européennes en U19 (2003, 2010, 2013, 2016, 2019), un titre mondial (2012) et un titre européen (2023) en U17 est de 7.

Les Bleuettes en route vers de nouvelles joies internationales ? (Photo Sulyvan MANFROI / APL / FFF).

Objectif Compétitions et Professionnalisation

Approuvée lors de l’Assemblée Fédérale du 10 juin 2023, la Ligue féminine de football professionnel (LFFP), structure interne à la FFF, est entrée en fonction le 1er juillet 2024 et vit ainsi en 2024-2025 sa première saison d'activité. Sous la présidence de Jean-Michel Aulas et la vice-présidence d'Andreaa Koenig, son rôle consiste à structurer et professionnaliser l'Arkema Première Ligue (ex-D1 Arkema), composée de 12 clubs, et la Seconde Ligue féminine (ex-D2 féminine, groupe unique de 11 clubs), promouvoir et développer les ressources, répondre à la concurrence européenne afin de maintenir la compétitivité du championnat de France féminin et de l’Équipe de France.

Le budget de la LFFP pour la saison 2024-2025 est de 10 millions d'euros.

Plus de 200 joueuses sont sous contrat à temps plein en Arkema Première Ligue.

Depuis octobre 2021, la Commission du football féminin de haut niveau, présidée par Jean-Michel Aulas, œuvre en collaboration avec la Direction Technique Nationale pour favoriser le développement de la pratique de haut niveau. Le fruit de ce travail va prochainement se concrétiser. Outre la refonte des championnats, la création de trois licences clubs, la mise en place de centres de formation agréés par le ministère des Sports et l’apparition d’une Ligue professionnelle, en charge notamment de gérer le statut des joueuses, l’organisation des matches et les droits TV, devraient être effectives à l’été 2023.

Objectif Formation

La FFF compte huit pôles Espoirs féminins dont l’INF féminin à Clairefontaine. Ils sont en charge de la formation des joueuses et vont progressivement évoluer vers la préformation avec l’apparition des centres de formation féminins.

Pour cette saison 2024-2025, sept clubs d'Arkema Première Ligue détiennent l’agrément pour leur centre de formation professionnel : l’Olympique Lyonnais, le Paris Saint-Germain, le Paris FC, le Montpellier HSC, le FC Fleury 91, le Havre AC et le Dijon FCO. S'y ajoute le LOSC Lille qui évolue en Seconde Ligue féminine, portant le total à 8.

Plus de 1 500 clubs disposent du Label Jeunes FFF-Crédit Agricole pour l'accueil des jeunes pratiquantes.

Près de 1 400 clubs possèdent une école féminine de football labellisées FFF.

Les Pôles Espoirs féminins forment et préparent les joueuses au parcours de formation de haut niveau qu’elles découvriront plus tard en intégrant les futurs centres de formation féminins qui vont prochainement voir le jour. Au nombre de huit (Blagnac, Clairefontaine, Liévin, Lyon, Mérignac, Rennes, Strasbourg et Tours), ils accueillent près de 200 jeunes filles chaque saison. Ouverts dès 13 ans depuis la rentrée 2023, ces Pôles sont une école d’exigence dont le quotidien est rythmé par la scolarité dans les collèges et les entraînements de football.

Sur les 1 021 sections sportives scolaires labellisées FFF en 2022-2023, 177 sont dédiées aux féminines, ce qui représente environ 5 700 élèves. Un nombre en légère augmentation qui s’explique par la hausse du nombre de sections sportives scolaires féminines dans les lycées (74 contre 70 en 2021-2022, chiffre stable pour les collèges, 103).

Objectif Arbitrage Féminin

Zoom sur les chiffres-clés de l'arbitrage féminin pour cette saison 2024-2025 :

Anthony Gautier (Directeur technique de l'Arbitrage) : « L'arbitrage est une composante majeure du développement du football féminin. La FFF compte de plus en plus d’arbitres féminines chaque saison. Ces femmes constituent des actrices essentielles de notre sport. Depuis mon arrivée à la tête de la Direction de l’Arbitrage, nous œuvrons pour leur offrir des conditions de formation, d’accompagnement et de progression clairement inspirées de celles de leurs homologues masculins. J’ai en effet la conviction que l'égalité ne doit pas être un objectif lointain, mais une réalité concrète. Encourager et accompagner les femmes dans l'arbitrage, c'est garantir un football plus juste et plus représentatif. Nous continuerons à œuvrer pour favoriser un environnement respectueux et inclusif, où chaque arbitre, quel que soit son genre, peut évoluer et s’épanouir. »

L’âge dans l’arbitrage féminin :

  • 13 ans : âge minimum pour commencer l’arbitrage
  • 24 ans : âge moyen des arbitres féminines

Évolution du nombre d’arbitres féminines :

  • 2022-2023 : 1 270 arbitres féminines (780 jeunes, 490 séniores)
  • 2023-2024 : 1 456 arbitres féminines (923 jeunes, 533 séniores)

Progression entre 2022-2023 et 2023-2024 :

  • + 18,3 % de jeunes arbitres féminines
  • + 8,8 % d’arbitres féminines séniores
  • + 14,6 % d’arbitres féminines au total

Au 3 mars 2025 en France métropolitaine : 1 292 arbitres féminines (807 jeunes, 485 séniores)

Progression entre 2023-2024 et 2024-2025 (au 3 mars en France métropolitaine) :

  • - 0,12 % de jeunes arbitres féminines
  • + 5,9 % d’arbitres féminines séniores
  • + 2,05 % d’arbitres féminines au total

Arbitres féminines au niveau international et élite :

  • 5 arbitres centrales internationales et 9 arbitres assistantes internationales
  • 12 arbitres centrales Élite et 9 arbitres assistantes Élite

Arbitres féminines (Photo Philippe LE BRECH / APL / FFF).

L’arbitrage français a vécu une journée historique ce dimanche 5 mars 2023. Pour la première fois, un trio arbitral 100% féminin, désigné par la Commission fédérale de l’arbitrage de la FFF, a dirigé une rencontre de Ligue 1 Uber Eats. Assistées par Romain Delpech en tant que 4ème arbitre, Stéphanie Frappart, Manuela Nicolosi et Élodie Coppola ont été au sifflet de Troyes-Monaco (2-2). Cette désignation s’inscrivait dans le cadre de la préparation au Mondial féminin 2023 pour lequel les trois représentantes tricolores ont été retenues par la FIFA.

Stéphanie Frappart, première femme à avoir dirigé un match de Coupe du monde masculine au Qatar en novembre 2022, a par ailleurs été nommée, début janvier, directrice technique en charge de l’arbitrage féminin à la FFF.

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