Histoire et Palmarès du Club de Rugby de Douai

Le rugby dans le Nord de la France possède une histoire riche et complexe, marquée par la domination du football et des défis spécifiques à la région. Cet article explore l'histoire du club de rugby de Douai et son palmarès, en mettant en lumière son rôle dans le paysage rugbystique du Nord-Pas-de-Calais.

Schéma des positions au rugby à XV

Le Rugby dans le Nord-Pas-de-Calais: Un Contexte Spécifique

La répartition géographique des pratiques sportives en France montre une domination du football dans le Nord et le Pas-de-Calais. Face aux 150 000 licenciés et 1107 clubs affiliés à la Ligue du Nord de football, le rugby fait figure de parent pauvre, avec ses 48 clubs et 7000 licenciés. Soit un rugbyman pour mille habitants en région. La région Nord - Pas-de-Calais et les départements limitrophes (Somme, Aisne, Ardennes) formant aujourd’hui le Comité des Flandres ne constituent pourtant pas l’élément le plus remarquable de ce « désert français » rugbystique, que les méridionaux observent d’un œil parfois condescendant.

L'histoire et la géographie des sports soulignent d’ailleurs cette partition. Lorsque l’un des deux sports « de grand jeu » (en l’occurrence le football et le rugby) occupe majoritairement un espace sociogéographique déterminé, le second lui abandonne la place et se contente de jouer les « seconds rôles », renonçant ainsi à toute fonction emblématique. Les approches cartographiques confirment l’image assez convenue d’un football suzerain dans une France du Nord où le rugby n’aurait guère d’espace, et d’un Sud terre d’élection de « l’ovalie », où le football peinerait à défendre son pré carré.

La présence incongrue du football dans la France méridionale et l’hégémonie rugbystique relevant de complexes facteurs historiques et culturels. Dans la même veine, l’hypothèse d’une « symbolique du territoire » pourrait expliquer cet enracinement indéfectible et irrémédiable de la pratique rugbystique au sud d’une diagonale La Rochelle/Bourg en Bresse.

Jean Pierre Bodis reconnaît que, « si les nordistes ne sont pas inaptes au rugby, ils sont peu nombreux par manque de possibilité ». Par contre, les faibles possibilités évoquées interpellent l’historien et le somment d’apporter, sinon des explications convaincantes, au moins des hypothèses que de prochains travaux, au-delà de cet ouvrage, pourront ou non confirmer. Combinée à l’approche sociologique, mais récusant une lecture « socio-historique » dont les enjeux autant que les méthodes demeurent opaques, cette contribution vise à identifier quelques déterminants historiques pouvant expliquer la confidentialité contemporaine de la pratique du rugby en « terre de football ».

Si l’histoire du football association dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais est relativement bien connue, celle du rugby semble débuter au lendemain de la seconde guerre mondiale. Observant, dans un article pionnier, les « terres de mission » que sont l’Allemagne, les Pays-Bas la Belgique et cette France « non méridionale », Jean Pierre Bodis confirme l’intérêt de l’intrigue ici posée : les facteurs qui président à l’installation d’un rugby « monolothiquement méridional » peuvent être observés dans le Nord de la France dès la fin du XIXe siècle.

Les Premières Manifestations du Rugby dans la Région

Pourtant, en 1908, seul le Rugby club industriel du Nord s’inscrit dans une carte des pratiques sportives déjà investie par le football association. La consultation de l’édition 1913 de l’annuaire de l’USFSA confirme la présence des comités de haute Normandie et de Picardie, mais ne mentionne pas d’organisation similaire pour les départements du Nord et du Pas-de-Calais.

Cet état de précarité rugbystique se confirme dans les années vingt. Elles correspondent d’ailleurs à la densification de la pratique au Sud, à partir des foyers originels que furent les villes moyennes. En contrepoint, la pratique du rugby est moribonde : L’Olympique de Dunkerque, l’Iris Club de Lambersart, l’Olympique Lillois, l’Excelsior de Tourcoing, le Lille Université Club, et le Racing-club d’Arras disputent des rencontres amicales contre des clubs voisins (Saint Quentin, Compiègne, Amiens), voire plus excentrés (Le Havre, Évreux, Elbeuf, ou encore des équipes parisiennes). En 1920, l’activité est également pratiquée au sein de l’AS Liévin.


Actions de jeu au rugby

Le Rôle du Régime de Vichy

Cette résurgence du rugby en zone interdite est davantage l’effet de la politique volontariste de Vichy que le résultat d’un lent « take off » amorcé à la fin du XIXe. A l’aube d’une éphémère saison 1943-44, cinq clubs assurent sa promotion : Lille, Amiens, Valenciennes, Béthune et Arras.

L'Après-Guerre et la Reconstruction

Au lendemain de la guerre, l’histoire du rugby nordiste se conjugue avec celle du rugby arrageois.Participant à la reconstruction d’organismes meurtris par quatre années de guerre et de privations, les fondements de l’ASPTT sont résolument hygiénistes.

La création d’une section rugby en 1960 est le point de départ d’une trajectoire effectivement singulière dans le monde de l’ovalie. Accédant en 3e division fédérale en 1970, puis en 2e dès 1973, le club arrageois rejoindra l’élite nationale en 1977.

Le Douai Rugby Olympique (DROP)

Dimanche dernier, le leader douaisien se déplaçait à Leforest, son dauphin, pour figer définitivement le classement en tête de la poule et envisager les oppositions en demi-finales. Au terme d’un match qu’ils ont maîtrisé de bout en bout, les Douaisiens l’ont emporté 14-26 en marquant deux essais de plus que leur adversaire. Après le résultat nul (20-20) du match aller à Douai, on attendait beaucoup de ce second derby de la saison. Mieux organisé et surtout plus discipliné que son adversaire, le DROP a prouvé qu’il était bel et bien le leader incontesté de sa poule.

Pour le compte de la finale de 2ème Série, le Douai Rugby Olympique (Drop) s'est imposé contre Saint Quentin, dans une rencontre acharnée et étriquée. A la pause, le RC Saint Quentinois menait 7-0 après un essai en force du deuxième ligne. Le vent dans le dos, Douai inversa le film du match grâce à un essai collectif dès le retour des vestiaires. Dix minutes plus tard, une pénalité du troisième ligne centre permit au Drop de prendre l'avantage, 8-7.

Ce dimanche, pour le dernier match de la phase de qualification, il reçoit Boulogne sans pression avant de penser aux demi-finales.

Les Facteurs Explicatifs du Développement du Rugby dans le Nord

L’enracinement précoce du football association dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais est une explication classique au rejet de la greffe du rugby. Cette « prédestination sportive » sélective mérite cependant que l’on s’y arrête davantage dans la mesure où elle se construit sur des facteurs qui au Sud, ont assuré la consécration de l’ovale dès la fin du XIXe.

Le rugby a suivi à peu près les mêmes phases que le rugby national et a eu tantôt des hauts et des bas ; comme un graphique de fiévreux, il est arrivé parfois à des températures assez élevées (...). Dans notre région où il y peu de connaisseurs, il est souvent taxé de brutalité ; or ce sport qui est complet entre tous nécessite de la vitesse, des réflexes, de la décision ; il est viril tout simplement.

Quinze ans déjà que le rugby a acquis droit de cité chez les atrébates. Rien ne destinait pourtant ces terres brumeuses du Nord de la France à accueillir, ou même à trouver à domicile, des volontaires prêts à se rouler dans la boue pour y disputer un ballon ovale.

L’aventure arrageoise souligne combien l’histoire du rugby dans la France du Nord est particulièrement discursive.

Conjuguée aux formes spécifiques de la sociabilité méridionale, l’influence anglaise a été déterminante dans le processus d’implantation du rugby dans le Sud-Ouest. Jean Paul Callède rappelle ainsi que la situation portuaire de Bordeaux est à l’origine de l’installation d’une communauté britannique, dont quelques membres fondent, en 1877, le Bordeaux Athlétic Club.

Pareille présence peut être observée sur le littoral de la côte d’Opale, et ce dès la Monarchie de Juillet. Les villes de Boulogne-sur-Mer et de Calais connaissent ainsi, dès la seconde moitié du XIXe, le développement d’activités balnéaires de type récréatif, foncièrement distinctives : le golf, les régates, courses hippiques, le lawn-tennis sont pratiqués par les élites locales, françaises et britanniques. D’autres groupes sociaux investissent des pratiques sportives moins mondaines, telles la boxe, le football association ou encore les courses cyclistes.

Pour autant, la pratique du rugby n’est pas mentionnée. L’explication tient sans doute à l’absence d’hommes providentiels qui, à la différence du Sud, n’auront pas constitué les relais indispensable à la promotion du rugby au Nord de la France.

Sans doute les premiers temps du football association sont-ils placés sous le signe de la confusion : si la « combination » autorise la pratique d’un jeu hybride dans les années 1890, le doute ne subsiste plus à l’aube du siècle pour les premiers clubs nordistes : l’Union Sportive Boulonnaise (1898) puis le Racing Club de Calais (1902) optent dès leur fondation pour « l’association ».

La présence anglaise aura donc, au Nord, contribué à une greffe sélective des sports athlétiques et n’aura pas permis au football rugby de l’emporter.

Voici un tableau récapitulatif des clubs ayant le plus participé au championnat de France de Ligue 2 depuis 1933 :

Club Nombre de participations
Besançon [Nombre]
Béziers 39
Grenoble [Nombre]
Angers [Nombre]

Au cœur de l'histoire: L'histoire du rugby (Franck Ferrand)

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