L'histoire de Quentin Jouffroy est celle d'un joueur de volley-ball passionné, dont le talent et la détermination l'ont mené des terrains de son enfance aux plus grandes compétitions internationales. Son parcours est marqué par des performances exceptionnelles, un engagement sans faille et un rêve tenace : participer aux Jeux Olympiques.

Quentin Jouffroy avec l'équipe de France de volley-ball. Source: ffvb.org
Un Talent Précoce Découvert en Isère
Enfant de Grenoble, Quentin Jouffroy a passé son enfance en Isère. Vite attiré par le sport, il essaie le judo, le basket avant de céder au charme de la petite balle de volley-ball. Doué, attentif et à l’écoute, il tape dans l’œil de Gilda Bruissière, sa prof d’EPS au collège Pierre Dubois de Seyssinet-Pariset.« Il faisait les entraînements avec moi, deux à trois fois par semaine », se souvient sa prof de l’époque.
Inscrit à l’UNSS, il participe aux championnats de France et termine à la 6e place lors de son année de quatrième.« J’ai voulu qu’il joue en club pour qu’il continue de progresser et de grandir ». Il ira au club de Seyssins, à côté.
Pourtant, l’adolescence a été compliquée pendant plusieurs mois. Ses problèmes de croissance le font souffrir, notamment des genoux pendant plusieurs mois. Il est obligé de ralentir la cadence et d’attendre que la croissance se fasse pour retrouver du plaisir et jouer sans aucune douleur.
Parti de l’Isère à 15 ans pour intégrer le Pole Espoir à Lyon, Quentin Jouffroy n’a pas oublié sa région d’origine pour autant. La famille ne vit plus dans l’agglomération grenobloise mais à côté des Abrets, à Valencogne dans le Nord-Isère.« Je viens quand je peux voir mes parents. La dernière fois que je suis venu, c’est pour Noël », reprend Quentin Jouffroy.
Un Parcours Professionnel Riche et Varié
Admis à 15 ans au Pôle Espoir Lyon, joueur professionnel à Tours, Montpellier, Ajaccio puis au Plessis-Robinson, le champion isérois, auréolé de son titre olympique, concrétise à présent un autre rêve : avoir une expérience à l’étranger. Pour cette saison, à 31 ans, il a ainsi rejoint le club de Suwalki… en Pologne ! “C’est le top, car c’est l’un des pays où le volley-ball est le plus populaire au monde. Les champions font des spots publicitaires à la télévision !”
Jouffroy a également évolué à Lyon (2012-2016), Tours (2016-2018), Montpellier (2018-2020), Ajaccio (2020-2021) et Narbonne (2021-2023), avec lequel il a remporté la Challenge Cup (C3) au printemps 2022.

Quentin Jouffroy a reçu son trophée de meilleur joueur. Source: LNV
Une Performance Mémorable au Plessis-Robinson
Sa performance, samedi soir au Plessis-Robinson, a martyrisé la réception de Narbonne et frappé les esprits. Derrière la ligne de fond de l'espace Omnisports, sur le parquet du club francilien, Quentin Jouffroy a allumé tous les coins du terrain adversaire, servant à 27 reprises et claquant... 9 aces, pour seulement 2 fautes !
« Et encore, se marre l'international (48 sélections, 30 ans), qui n'avait jamais fait mieux que 6 avec Lyon, par le passé. j'ai commis mes deux erreurs dans le dernier set. J'étais pas loin du carton plein.
Ça fait juste plaisir de voir toute l'équipe derrière soi et de sentir le regard enthousiaste de tes coéquipiers et du public. C'est d'autant plus valorisant que c'est un secteur de jeu que tu travailles au quotidien et dans lequel tu peux être excellent un jour et complètement nul le lendemain sans vraiment savoir pourquoi. »
Mises en jeu flottantes, tendues ou smashées : cette alternance - qu'il travaille depuis ses plus jeunes années - a pleinement contribué à la victoire des Hiboux face aux Centurions en quatre manches (25-14, 25-16, 23-25, 25-23), relancés dans la course aux play-offs (7 victoires - 9 défaites, 9e) après un début de saison compliqué, plombé par les blessures.
« Je m'éclate vraiment dans cette équipe très française et très jeune. J'ai pris une claque en arrivant car je suis le deuxième plus âgé (derrière le leader camerounais Nathan Wounembaina, 39 ans), poursuit l'ancien joueur de Lyon (2012-2016), Tours (2016-2018), Montpellier (2018-2020), Ajaccio (2020-2021) et Narbonne (2021-2023), avec lequel il a remporté la Challenge Cup (C3) au printemps 2022. Mais l'ambiance est bonne et les objectifs élevés. »
Cette performance remarquable, à une unité du record en Championnat de France - 10 aces inscrits par l'ex pointu tchèque de Tours David Konecny face à Paris en quarts de finale retour le 7 avril 2012 (3-1) - doit lui permettre de marquer des points auprès du sélectionneur Andrea Giani, en vue de la Ligue des nations et surtout des Jeux Olympiques de Paris.
L'histoire d'Quentin Jouffroy
L'Équipe de France et le Rêve Olympique
Sélectionné pour la première fois avec l’équipe de France de volley-ball, le Narbonnais Quentin Jouffroy, qui vient de perdre en quart de finale des championnats du monde après avoir gagné la Nations League en juillet, a pris le temps de poser des mots sur son expérience estivale.
Le 10 août dernier, à Paris, Quentin Jouffroy a réalisé son rêve le plus fou : il a conquis l’or olympique avec l’équipe de France de volley-ball face à la Pologne, pourtant numéro un mondial, avec un score de trois sets à zéro.
Jusqu’en mai dernier et à ce week-end décisif de la Ligue des nations, le volleyeur grenoblois, central de l’équipe de France, n’était pourtant pas sûr d’être de l’aventure. Intégré au dernier moment comme remplaçant, Quentin a fait basculer le match en faveur des Bleus à son entrée au troisième set avec ses services imparables.
« C'est mon rêve de jouer les JO, avoue Jouffroy, auteur de 17 points au final et logiquement désigné MVP de la rencontre. Depuis deux étés, je suis avec les Bleus à essayer de faire mon trou.
En juin dernier, il est dans le groupe des Bleus pour la Ligue des nations en Turquie. Un de ses coéquipiers se blesse et celui qui devait rester qu’une semaine avant de partir en vacances reste le temps de la compétition.
Interrogé sur ses entrées déterminantes, notamment aux services, Jouffroy explique : « Ce n’est pas facile, le plus dur c’est de rester chaud. Au volley, on est le seul sport où on est debout dans un carré. Même si on peut bouger, les jambes deviennent vite lourdes. On se tient chaud et on donne tout quand on rentre, ça veut dire, aussi, qu’on a la confiance de l’entraîneur donc on n’a rien à perdre. Il y a de l’adrénaline, bien sûr, et on doit mettre toute cette pression de côté et rester concentré sur le moment. »
Quand vous entrez pour réaliser un service qui pourrait être décisif à un moment clé du match, on vous dit quoi ?
Tout le monde me dit "tu sais ce que tu as à faire". Ils savent que je suis un bon serveur. Quand j’entre ce n’est pas "ah merde, il rentre". C’est positif, ça met en confiance.
Un Service Dévastateur, une Arme Fatale
Une des forces de Quentin Jouffroy ? Son service. Dévastateur. « Depuis qu’il est petit, il a ça. Il a toujours eu des facilités au service et un très bon sens du jeu », complète Sakina Mellah.
En janvier dernier, il a réussi la performance incroyable de claquer neuf en championnat face à Narbonne sur 27 tentatives et deux fautes.
Le 13 janvier dernier, lors de la venue de Narbonne, Quentin Jouffroy réalisait une performance rare. Claquer 9 aces dans un seul match. À une unité seulement du record du Championnat de France de l’ex-pointu tchèque de Tours David Konecny en 2012. Le central du Plessis-Robinson entrait, ce jour-là, dans le cercle très privé des meilleurs artificiers de l’histoire de la Spike Ligue (nouvelle appellation de la Ligue A).
L'Avenir Prometteur de Quentin Jouffroy
Très performant avec Le Plessis-Robinson, l'international Quentin Jouffroy, qui disputera ce samedi à 19 heures le derby face au Paris Volley, rêve plus que jamais des Jeux.
« Je suis arrivé jeudi dernier (le 8 septembre), j’ai eu quatre jours de repos et j’ai repris mardi dernier (le 13 septembre), donc c’est vrai que je n’ai pas encore le recul nécessaire. J’ai découvert un peu plus l’équipe le week-end dernier à Poitiers et pour l’instant j’ai de très bonnes impressions, c’est top. En tout cas, ça promet une belle saison.
Ce sera difficile de faire mieux que la saison dernière non (demi-finale de Ligue A et vainqueur de la Challenge Cup) ?
C’est sûr mais au moins en championnat, on peut essayer !
Le championnat reprend le 1er octobre à Poitiers. Le premier match à l’Arena sera le 6 octobre contre Tourcoing. On se trouve justement dans cette Arena qui a pas mal vibré la saison dernière. Vous avez hâte d’y être ?
C’est clair que j’ai hâte. Puis ce qui est cool c’est que je suis revenu tard donc la reprise je la sens plus proche. Souvent, on commence début août et là c’est très très long jusqu’à la reprise.