Les Joueurs Suisses Ayant Marqué l'Histoire de la NBA

La NBA, ligue de basketball la plus prestigieuse au monde, a vu passer des talents de tous horizons. Parmi eux, quelques joueurs suisses ont réussi à se faire une place, laissant une empreinte indélébile dans l'histoire du basketball helvétique.

Thabo Sefolosha: Le Pionnier Suisse en NBA

Thabo Sefolosha, le tout premier joueur suisse à avoir évolué en NBA, a marqué l'histoire. Il a fait ses marques à l’Élan chalonnais de 2002 à 2005 avant de s’élancer dans le grand bain qu’est la NBA. Drafté en 2006, il passera 14 saisons sur les parquets NBA entre Chicago, Oklahoma City, Atlanta, le Jazz ou encore Houston.

Parmi toutes ces équipes, si l’on devait en retenir une, ce serait OKC, où il a passé plus de cinq saisons de 2009 à 2014. Et attention parce que l’on ne parle pas ici d’une équipe d’Oklahoma qui joue le milieu du classement. Non. On parle ici de l’époque Kevin Durant - Russell Westbrook - James Harden.

Certes, Sefolosha ne produisait pas énormément offensivement - malgré ses progrès aux tirs - mais à quoi bon ? Quand avec vos 198 centimètres, vous êtes capable de dominer en défense sur les lignes extérieures, vous trouverez toujours une équipe où jouer.

Sa dernière année 2019-20 fut à Houston avec le duo Westbrook et Harden, mais aussi son compatriote helvète Clint Capela. Malheureusement pour Thabo Sefolosha, sa carrière fut interrompue par la pandémie et la suspension de la saison.

La carrière du Suisse fut marquée par des hauts et des bas, une vie sauvée et des blessures. Thabo a sauvé une femme de la noyade en 2017 lorsqu’il était joueur au Utah Jazz. Deux ans plus tôt, après une soirée en boîte de nuit à New York en 2015, il avait subi une fracture à la jambe lors d’une arrestation par la police. Sa blessure avait nécessité une opération et plusieurs mois sans jouer. Suite à cela, une autre blessure au ligament du genou droit en 2018, et le Suisse avait dû repasser par la case opération.

Thabo Sefolosha a pris sa retraite et c’est tout un modèle pour nos amis suisses qui s’en va. Rassurez-vous, il continuera de partager ses expériences à travers ses camps de basket.

Clint Capela: Le Pivot Suisse Qui S'impose en NBA

Clint Capela n’est pas un chanteur, mais il est bien la fierté des parquets de basket en Suisse. Joueur de basketball évoluant actuellement chez les Houston Rockets en NBA, il mesure 2m10, pèse 115kg, et il joue au poste de pivot. Né à Genève (Suisse) le 18 mai 1994, Clint Capela est un des trois joueurs suisses à avoir évolué en NBA, avec Thabo Sefolosha et Kyshawn George. Athlète extrêmement mobile, Clint Capela a commencé sa carrière NBA chez les Houston Rockets avec qui il a joué pendant 6 saisons, avant d’y revenir tout récemmment.

C’est chez les Rockets qu’il s’est fait un nom, passant du statut de remplaçant de Dwight Howard à celui de titulaire dès le départ de “Superman” en 2016. Son entente avec James Harden, franchise player des Rockets, l’a aidé à devenir un pivot redoutable. En effet, avec sa grande envergure (2m25) Capela est passé de 3 à 16 points de moyenne en l’espace de quatre ans, à coup de dunks et de alley-oops rentrés près du panier. Quand on a un passeur comme Harden à la distribution, forcément ça aide.

Depuis 2017, il tourne en double-double de moyenne, que ce soit avec les Houston Rockets ou les Atlanta Hawks, chez qui il a été transféré en 2020.

Pourtant, Clint Capela n’était pas prédestiné à devenir un grand basketteur. Commençant ce sport à l’âge de 13 ans après avoir été passionné par un autre ballon rond (le football), ce sont sa taille et ses qualités athlétiques qui l’ont poussé vers le basket. Et c’est en France que Capela va faire sa formation, à l’Elan Chalon dès 2009.

Remplaçant de Joffrey Lauvergne en 2012, Clint montre tout son potentiel et finit troisième au trophée du meilleur jeune du championnat français en 2013. Un an plus tard, en mai 2014, Capela continue ses jeunes exploits à Chalon sous la direction du nouveau coach Jean-Denys Choulet, et les résultats sont là.

Surnommé “Swiss Bank” (la banque suisse), Clint Capela est un joueur très dynamique, offrant une énergie intense chaque soir sur les parquets de basket, et qui se sacrifie pour le bien de son équipe. Bon contreur, il a déjà réalisé 10 contres dans un match NBA (record personnel, face aux Minnesota Timberwolves) le 22 janvier 2021. Cette même saison, Capela a été le meilleur rebondeur de toute la NBA avec 14,3 rebonds par match.

«Vous avez franchi un nouveau cap cette saison (12,0 pts, 8,3 rbds en 25,2 mn) et vous faites partie des plus grosses satisfactions du côté de Houston. Comment vivez-vous cette situation nouvelle ? Je le vis bien. L'année dernière déjà, j'ai eu l'occasion de débuter quelques matches derrière Dwight Howard, et ça m'a permis de me mettre dans le bain. Cette année, je me sens bien dans l'équipe. Je joue, je suis là, je participe. Je suis un des leaders de l'équipe et l'équipe gagne, donc c'est vraiment tout bon pour moi. L'objectif, c'est de rester constant et de conserver cette situation pour avoir une étiquette de titulaire en NBA.»

À Houston oui, mais je veux pouvoir me considérer comme titulaire indiscutable partout en NBA. Si par exemple je change d'équipe, je veux être indiscutable dans ce cas-là également. Je ne pense pas que le risque (de partir) soit réel, mais en NBA on ne sait jamais ce qu'il peut se passer.

Houston est une équipe qui court, qui shoote beaucoup. Comment arriver à s'exprimer en tant que pivot dans ce profil d'équipe ? Justement, ça m'aide encore plus car ça oblige les défenses à choisir. Elles s'élargissent et cela crée des espaces dans la raquette. Si la défense se referme sur moi, cela offre des shoots ouverts. Si les défenses sortent, ça ouvre des espaces pour moi pour marquer de près. Dans notre cinq de départ, on n'a que des shooteurs, et moi qui essaye d'attirer la défense à l'intérieur. C'est une des clés qui fait que notre équipe est aussi forte offensivement.

Votre relation avec James Harden, qui a changé sa manière de jouer, a favorisé votre épanouissement ? C'était ce qu'il fallait faire. Cet été, il a franchi un cap. Il sait qu'il doit vraiment garder toute l'équipe en confiance. Ce n'est pas un boulot facile de faire en sorte qu'à chaque match, tous les joueurs puissent prendre leurs shoots. Je trouve que depuis le début de saison, il a fait des gros progrès de ce point de vue. C'est un des joueurs avec lequel j'aime le plus jouer. Je suis utilisé pour le jeu avec écran, et en contre-attaque il n'hésite pas à lâcher la balle. C'est parfait.

À titre personnel, quels peuvent être les objectifs dans les semaines et mois à venir ? Je pense que je dois d'abord vraiment bien gérer ma première saison en tant que titulaire. Rester constant pour cette année, c'est déjà un bon objectif.

Notre bon début de saison (17v-7d) l'a prouvé. La clé, c'est de rester constant, de gagner les matches chez les petites équipes. Ce sont des matches où généralement les gros se relâchent. C'est sur ces matches qu'on veut marquer les esprits.

Que ça soit ou Houston et Atlanta, Clint s’est imposé depuis maintenant 10 ans comme un des meilleurs rebondeurs de la ligue. Il fut même le meilleur rebondeur de la NBA en 2021. Une menace permanente dans la raquette, il sait comment finir efficacement les actions en attaque et les repousser en défense. Capela est quelqu’un de fort, endurant, combattant et agile pour quelqu’un de sa taille. Même Capela n’est jamais devenu une star, il a su être un role player de renom en NBA pendant une décennie.

Kyshawn George: L'espoir Suisse sur les Parquets

En venant saluer Savo Vucevic après la rencontre, Rémi Giuitta l’a immédiatement interrogé sur Kyshawn George (18 ans). Impressionné par le jeune meneur suisse, remarquable de contrôle pour sa première véritable dans le monde professionnel, lui qui avait disputé 86 secondes à Souffelweyersheim le 7 octobre.

« À mon avis, on a vu ce soir un tout jeune gamin qu’on va voir très longtemps sur les parquets à haut-niveau », embrayait Rémy Valin, le nouveau coach des BYers, de son côté. « Un meneur de jeu de cette taille-là qui fait 11 d’éval contre nous, avec sa taille, son envergure, sa maîtrise… On va en entendre parler pendant longtemps. Pendant 17 minutes, on a vu un gamin très très fort.

Intronisé dans le cinq de départ par Savo Vucevic, le natif de Monthey a surtout délivré une excellente première mi-temps, conclue avec 10 d’évaluation en 12 minutes. Pas intimidé pour un sou, contrairement à son entrée contre l’ASA où il avait été appelé au débotté pour tirer des lancers-francs (tous ratés, avant d’envoyer un airball depuis le corner), Kyshawn George a parfaitement fait oublier les absences des meneurs de métier, Antoine Eito, Taylor Persons et Samir Gbetkom.

Capable de conclure de loin une formidable action collective ou de défier un professionnel confirmé comme Jamar Diggs pour lui marquer dessus, le fils de l’ex-brestois Deon George (un Canadien ayant tourné à 19,7 points de moyenne en 2000/01 avec l’Étendard) a également signé une séquence marquante : coupable d’une erreur de jeunesse en se faisant bêtement subtiliser la gonfle par Milan Barbitch à mi-terrain, il a répliqué en allant lui scorer sur la tête lors de la possession suivante, d’un floater main gauche, lui le droitier, plein de sang-froid.

Séduit par les performances de Kyshawn George à l’entraînement, le technicien monténégrin lui a demander d’évoluer sans être crispé, de prendre ses shoots, de jouer comme s’il était avec les Espoirs, là où il régale actuellement, avec le statut de troisième meilleur marqueur des U21 Pro B (22,8 points par match, dont une pointe à 35 unités à Aix-Maurienne).

Au-delà des simples chiffres (7 points à 3/5, 3 rebonds, 4 passes décisives et 1 balle perdue pour 11 d’évaluation en 17 minutes), l’ancien coach de la JL Bourg a eu sa réponse, lui qui a vanté « l’un des meilleurs matchs tactiquement de l’Élan », avec un contrôle inédit sur les débats, pas étranger à la présence de George sur le parquet.

Arrivé à Chalon-sur-Saône en 2019, Kyshawn George pourrait donc être l’héritier d’une filière suisse, largement exploitée auparavant par l’Élan. Bien sûr, les regards se tournent automatiquement vers Thabo Sefolosha et Clint Capela, devenus des joueurs majeurs en NBA, mais on peut également citer Axel Louissaint (à Antibes la saison dernière), Vincent Gaillard ou Kanny Olaniyi, formés au Colisée avant de repartir faire carrière dans leur pays natal.

L’histoire de George en Bourgogne n’a pas été un long fleuve tranquille : à cause d’une énorme poussée de croissance (toujours annoncé à 1,75 m par l’Élan, il mesure maintenant 2,00 m !) ayant fragilisé ses genoux, il n’a quasiment pas joué au cours des deux dernières saisons, avec seulement 15 matchs officiels au compteur.

Peut-être un mal pour un bien au final, puisque ses 200 centimètres lui confèrent désormais un profil particulièrement intéressant.

Michael Kessens: Un Avenir Prometteur

Michael Kessens, qui a grandi en Suisse et a joué en France, offre cette saison aux Lancers de la Longwood University un avenir fait de double-doubles.Michael Kessens découvrit le football vers l’âge de 5ans, ce qui est plutôt commun pour un jeune garçon élevé en Suisse.

Mais lorsqu’il eut 16 ans et alors qu’il vivait à Nyon, à une vingtaine de kilomètres de Genève, Kessens se fit approcher par de jeunes garcons."Mes amis étaient en train de jouer au basket et ils m’ont lancé, ‘t’es grand, pourquoi tu ne viens pas jouer avec nous ?’" se remémore Michael, qui décide alors de se concentrer sur le basket.

Ce changement intervenu en 2007 profite désormais aux Lancers de Longwood, où Kessens est un ailier freshman de 2m05 qui cumule 12,6 pts et 10,4 rebonds de moyenne sur ses 11 premiers matches, dont 6 double-doubles. Face à Dartmouth le 1er décembre, il n'a inscrit que 5 points, alimenté de 9 rebonds et 4 contres, mais il laissa toutefois une impression au coach vétéran du Big Green, Paul Cormier.

"Il est plein d'atouts." souligne Cormier. "Il a de bonnes sensations près du cercle et a prouvé qu’il pouvait s’éloigner un peu. Il a un beau jeu, de vrais compétences, et un vrai talent. S’il a la passion et l'envie de s’améliorer, alors attention."

Alors quel a été le plus gros ajustement pour venir jouer aux USA ? "Sur le terrain, je dirai l’intensité. C’est plus intense, plus physique. Les américains sont plus costauds. C’est la raison pour laquelle je suis venu ici. C’est ce dont j’ai besoin : un jeu physique” nous raconte-t-il.

“C’est un bon joueur, talentueux manifestement, avec du caractère” precise Mike Gillian, le coach de Longwood en poste depuis 10 ans. "Venant d’Europe, tous les étudiants étrangers ont des obstacles à surmonter juste pour participer parce qu’ils viennent d’un système d’éducation différent. Vous devez être éligible etc. Lui n’a jamais vacillé. Il n’a pas dit 'C’est nul. Je ne veux pas venir.' Il a fait ce qui lui a été demandé. Il a dit que physiquement, il avait besoin de s’améliorer.”

Michael Kessens commença à regarder des highlights vidéos de Michael Jordan et jouer au basket à la même époque où Dirk Nowitzki devenait une star NBA. "Vous obtenez de la hype et je suis tombez amoureux de ce sport" se rappelle Kessens, assis au bord du terrain du Verizon Center de Washington avant le match de Longwood contre Georgetown le 10 décembre.

Michael Kessens a une mère allemande et un père somalien, décédé. Il parle français, allemand et anglais. La région d’où il vient est célèbre pour accueillir des célébrités qui viennent profiter des avantages fiscaux qu’offrent la Suisse. Il précise que Michael Schumacher, sept fois champions de F1, et plusieurs autres sportifs de haut niveaux vivent près de Nyon.

Michael est habitué à déménager de pays en pays. En 2008, il arrive en France pour jouer dans l’équipe Espoirs de Cholet, une ville de près de 55 000 habitants dans l’ouest du pays. Plusieurs français sont passés de Cholet Basket à la NBA, notamment Nando De Colo (San Antonio) et Rodrigue Beaubois (Dallas). Kevin Seraphin, qui a grandi en France, a également joué à Cholet et est désormais au Washington Wizards. Michael Kessens et Kevin Seraphin étaient coéquipiers l’année où les Espoirs choletais furent champions peu après l’arrivée du freshman de Longwood en France.

Certains des anciens coéquipiers de Kessens en Europe jouent en université aux Etats-Unis. Il y a l’allemand Patrick Heckmann (Boston College), le néerlandais Chaed Wellian (Tennesse State) et le suisse Christophe Varidel (Florida Gulf Coast).

Michael Kessens a du s’adapter aux quelques règles qui sont différentes en NCAA, comparé au basket FIBA. En Europe, un joueur est autorisé à balayer la balle au-dessus du cercle, et un joueur est sifflé de marcher s’ils ne dribblent pas avant de relever son pied de pivot. Les américains ont des difficultés à s’ajuster quand ils démarrent leur carrière Pro en Europe après avoir joué en NCAA.

"Le goaltending est une chose à laquelle il a fallu que je m’adapte. En Europe on peut toucher la balle au dessus du cercle. On ne peut pas le faire aux USA. On m’a sifflé ça plusieurs fois." raconte Michael. "Je pense que c’est plus facile pour moi de venir ici plutôt que pour les américains de venir en Europe avec la règle du marcher."

Michael Kessens a fait son premier voyage aux USA il y a quelques année pour rendre visite à un ami dont l’oncle vit à New York. Il est revenu à New York cet été avant de se diriger vers Farmville mi-août pour commencer son premier semestre à Longwood.

Michael Kessens jouait beaucoup face au panier en France tandis qu’il joue davantage dos au panier à Longwood. Les intérieurs européens sont réputés pour avoir de bons shoots extérieurs, et Michael ne déloge pas à la règle. Pour l’instant, ses 93 kilos ne font pas le poids face à certains intérieurs que les Lancers ont affronté, notamment contre Georgetown.

Michael Kessens dit que l’une des raisons majeures pour laquelle il voulait venir aux USA était l’éducation, pour avoir une sortie de secours en cas de blessures. En France, il était scolarisé au Lycée Europe Robert Schumann.

Le coach de Longwood, a été aux Pays Bas, en Belgique, en Allemagne, et a de bons contacts en France, en Espagne, au Portugal et dans d’autres pays d’Europe de l’ouest.

Coach Gillian pense que Michael ne peut que s’améliorer. "Il a gagné 4,5 kilos depuis avril. C’est dur d’en faire de même pendant la saison. De mars à septembre, il y a une grosse période pour s’améliorer.

Tableau des Joueurs Suisses Ayant Joué en NBA

Joueur Poste Équipes NBA Années NBA
Thabo Sefolosha Ailier Chicago Bulls, Oklahoma City Thunder, Atlanta Hawks, Utah Jazz, Houston Rockets 2006-2020
Clint Capela Pivot Houston Rockets, Atlanta Hawks 2014-Présent
Kyshawn George Meneur En développement -

La NBA continue de s'ouvrir au monde, offrant des opportunités aux talents internationaux. Les joueurs suisses, avec leur détermination et leur talent, contribuent à enrichir le paysage du basketball mondial.

Sefolosha et Capela: sera-t-il possible de les voir jouer ensemble sous les couleurs suisses?

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