Le monde du basket-ball professionnel est souvent perçu comme un univers où la gloire sportive et les contrats lucratifs sont les principales motivations. Cependant, certains joueurs NBA ont pris des décisions surprenantes, motivées par leur foi et leur engagement religieux. Cet article explore les parcours de ces athlètes, notamment Darren Collison, qui ont choisi de mettre leur carrière entre parenthèses ou d'y mettre fin pour se consacrer à leurs convictions.

Darren Collison : Un Choix Inattendu
Lors de la Free Agency, Darren Collison était l'un des meneurs de jeu suivis avec attention par plusieurs franchises. Avec son profil, le joueur des Indiana Pacers représentait même une bonne opportunité pour plusieurs candidats au titre. On pense notamment aux Los Angeles Lakers, qui avaient besoin d'un élément comme lui. Sans trop s'avancer, on peut même assurer que l'homme de 31 ans pouvait empocher un joli chèque avec un salaire annuel à plus de 10 millions de dollars.
C’était le 29 juin, juste avant le début de la Free Agency. À deux jours de l'ouverture du marché des agents libres, le meneur des Pacers Darren Collison a annoncé qu'il prenait sa retraite, à seulement 31 ans. En fin de contrat avec Indiana après dix saisons en NBA, il a publié une lettre pour expliquer son choix.
Darren Collison, le meneur des Pacers, a choisi de mettre un terme à sa carrière à 31 ans et à deux jours de l'ouverture du marché des agents libres. Témoin de Jéhovah, il veut désormais se consacrer à sa foi.
Cette retraite prématurée avait été choisie pour qu’il puisse consacrer le restant de son existence à Dieu, en tant que témoin de Jéhovah. Une phrase qui pouvait avoir l’air d’une mauvaise blague au premier abord, mais qui était tout à fait sérieuse.
Il s'est expliqué dans une lettre publiée sur le site The Undefeated :
"Le basket, c'est ma vie depuis mon enfance. Je n'ai jamais pu imaginer quelque chose qui m'amènerait autant de bonheur que ce jeu. Mais même si j'aime toujours le basket, je sais qu'il y a quelque chose de plus important, c'est ma famille, et ma religion.
Je suis un témoin de Jehovah et ma foi représente tout pour moi. Je reçois tellement de bonheur à aider les gens et à participer à cette oeuvre mondiale. Il s'agit d'une joie impossible à égaler. Ceci étant dit, j'ai décidé de prendre ma retraite », a écrit le meneur passé par les Kings, les Mavericks et les Clippers.
Cette saison, il tournait à 12,5 points et 5 passes décisives en moyenne. Il était visé par plusieurs franchises et n'aurait vraisemblablement pas eu de mal à rebondir malgré la fin de son contrat à Indiana.
Ses dix années passées en NBA semblent lui avoir coûté certaine frustration : celle de ne pas pouvoir se consacrer aux autres. "Quand on aime le basket comme moi, on se concentre plus sur cela que sur tout ce qu'on voudrait faire par ailleurs.
“Ce n’est pas quelque chose qui se planifie. Ça arrive comme ça. Je ne pensais pas prendre ma retraite après dix saisons. Je pensais que je jouerais longtemps. Je le veux encore. Mais la foi a donc été plus forte, et il explique qu’il avait simplement envie d’être utile.
“On rencontre plein de gens différents. Ça ne signifie pas qu’il faut lire un extrait de la Bible. Parfois, ces gens ont besoin d’aide quand on frappe à leur porte. Peut-être qu’ils ont simplement besoin de quelqu’un à qui parler. Ce qu’il apprécie aussi, c’est de passer davantage de temps avec son épouse et leur fils de cinq ans.
“Ça n’a pas prix” lance-t-il, évoquant aussi son engagement avec Pro’s Vision, une structure qui fait du “training” pour des jeunes sportifs non professionnels, Zach LaVine et Lonzo Ball ayant fait partie des participants. “Je n’arrête pas de leur mettre la pression pour dire que le basket ne fait pas tout. Les sportifs pensent que la NBA est une belle réussite mais la belle réussite, c’est d’être capable de pourvoir à ses besoins et à ceux de sa famille.
Ainsi la quête d’un titre n’était pas forcément une priorité, et il n’a pas de regrets de quitter la NBA sans bague. “En dix ans, j’ai donné au basket tout ce que j’avais, que ce soit sur et en dehors du terrain. Je n’avais pas à être All-Star ou à entrer au Hall Of Fame.
Un Retour Tentant
Darren Collison sur sa retraite de la NBA, le développement d'un état d'esprit fort, la gestion des médias et plus encore
Toutefois, Darren Collison semble souffrir du manque et pourrait revenir sur sa décision afin de retrouver les parquets de plus grande ligue du monde. Le choix avait surpris pour un joueur qui tournait à 12,5 points, 5 passes décisives et 1,2 interception à 47,1% au tir, dont 39,4% du parking et 85,3% aux lancers francs en 708 matchs en carrière. Surtout, il n’avait que 31 ans.
Mais voilà, après quelques mois sans jouer, la tentation est trop grande. Le jeu lui manque certainement et on peut le comprendre. Normal qu’il veuille revenir fouler les terrains de NBA.
Effectivement, Darren serait chaud pour revenir dans la Ligue du côté de… Los Angeles. Le soleil, Venice Beach, le Staples Center, PG-Kawhi ou Bron-AD… Ça donne envie aussi.
Mine de rien, ce serait un bel apport pour n’importe quel prétendant au titre. On parle d’un garçon fiable à la mène, fiable du parking, fiable sur la ligne. Bref, il est fiable tout court… Ce serait un ajout extrêmement intéressant en vue de la postseason en sortie de banc pour peu qu’il revienne bien. Il veut se la jouer à la Jordan en sortant de sa retraite pour aller chercher un titre le Darren Collison ? Bon, pas sûr qu’il ait la même influence que le numéro 23 mais on ne peut pas lui en vouloir.
Passé aux Lakers fin décembre, Darren Collison n’avait pas réussi à transformer son bail de 10 jours en contrat sur le long terme. Quatre mois plus tard, le meneur signe avec les South Bay Lakers, l’équipe de G League de la franchise californienne. Là-bas, il va tranquillement reprendre le rythme en jouant le titre de champion.
Son retour dans le monde professionnel se concrétise finalement en décembre dernier - deux ans et demi après son dernier match NBA - lorsque le meneur de 34 ans rejoint les Los Angeles Lakers via un contrat de dix jours.
Depuis agent libre, Collison vient d’annoncer sa signature chez les South Bay Lakers, l’équipe de G League affiliée à la franchise de Los Angeles.
Le retour en NBA a été assez compliqué pour le natif de Californie, puisqu’en trois matchs, l’ancien des Pacers ne tourne qu’à 1,3 point, 1,3 rebond et 0,7 assist à 28,6% au tir dont… 0% à 3-points. Le pourcentage est catastrophique, mais la sélection de shoots reste - comme auparavant - plutôt bonne. Il faut dire que ça faisait une éternité que le vétéran n’avait plus touché le cuir et que trois rencontres ne suffisent pas à dérouiller le poignet.
Son arrivée en G League est une vraie opportunité pour lui. D’un côté, il rejoint les 2èmes de la Conférence Ouest qui cherchent à remporter le titre : le contexte parfait pour retoper le rythme. De l’autre, le meneur d’1m83 se tient prêt à offrir ses services à la franchise qui croira en lui.
Autres Exemples de Joueurs et Foi
Le sport de haut niveau est si chronophage qu'il ne permet pas de mener à bien d'autres vocations, comme celle de la foi. Le plus célèbre exemple est Jonathan Edwards. Encore aujourd'hui recordman du monde du triple saut, il a dû mettre sa carrière à plusieurs reprises en suspens pour accomplir ses devoirs religieux. Il était chrétien, et il avait manqué les sélections olympiques britanniques en 1988 et les Mondiaux de Tokyo en 1991, les qualifications étant programmées un dimanche.
En football, le gardien de but argentin Carlos Roa met fin à sa carrière alors qu'il est au sommet de sa carrière à l'âge de 30 ans. Il voulait se consacrer à l'Eglise adventiste du septième jour, qui lui interdit de travailler le samedi. Il révèle au site internet de la FIFA que ses coéquipiers le qualifiaient de "fou" mais que cela lui était égal. "J'avais le soutien de Dieu et celui de mon épouse, c'est tout ce que je voulais".
D'autres sportifs ont tenté de mener, de front, leur carrière sportive et leur pratique religieuse. Enes Kanter, pour les Portland Trail Blazers, a joué les Play-Offs de la NBA sans rien manger ni boire pendant ou avant les matches, puisqu'il faisait le ramadan. Le joueur d'origine turque a pris l'habitude d'avertir les équipes dans lesquelles il arrive. "Je leur dis : "Eh, je suis musulman donc je dois prier cinq fois par jour. Et ils le respectent tellement qu'ils me réservent une salle de prière.
Le footballeur Rafik Saïfi, Algérien et musulman, expliquait même que s'il ne faisait pas le ramadan, ses performances seraient moins bonnes pour des raisons mentales. "Je marquais même lors de cette période. Et je n’ai été jamais blessé car j’étais mis dans des bonnes conditions psychologiques.
AJ Griffin : Un Choix Similaire
À seulement 21 ans, le basketteur afro-américain AJ Griffin a annoncé sur sa page youtube il y’a quelques jours avoir pris sa retraite en NBA. C’est officiel depuis le 29 septembre 2024 ! Le basketteur AJ Griffin ne fait plus partie des effectifs de la NBA.
Le 16ème choix de la Draft 2022 et fils de l’ancien coach des Milwaukee Bucks Adrian Griffin, a dévoilé sur sa chaîne YouTube vouloir se consacrer pleinement au service de Dieu et de l’église du Christ. Une décision étonnante pour le public mais, qui a été longuement murie par l’athlète américain baptisé en 2020:« Merci à tous ceux qui ont participé à ce voyage.
AJ Griffin n’est d’ailleurs pas le premier basketteur à quitter le championnat pour se consacrer à la religion. On se souvient du meneur des Pacers, Darren Collison, qui avait décidé en 2019, à seulement 31 ans, de mettre un terme à sa carrière pour vivre pleinement sa vie de témoin de Jehovah, après dix ans en NBA. Il avait voulu revenir sur les parquets trois années plus tard, mais sans succès.
En sera-t-il de même pour AJ Griffin qui n’a que 21 ans?
Myles Turner : Foi et Engagement
Myles Turner, pivot de 2,11 m, incarne également cette foi profonde. Loin des parquets, Turner cultive un univers personnel riche : pratiquant de yoga pour optimiser sa préparation physique, passionné de jeux vidéo et d'anime, il puise dans sa foi de Témoin de Jéhovah une sérénité qui transparaît dans son jeu.
Son arrivée aux Milwaukee Bucks marque un nouveau chapitre pour ce bâtisseur patient, déterminé à ériger sa plus belle construction : un titre NBA.

Myles Turner s'est imposé comme l'un des défenseurs les plus redoutables de la NBA, marquant l'histoire des Indiana Pacers par sa domination sous les panneaux.
Récompenses et distinctions individuelles de Myles Turner:
- Meilleur contreur de la NBA à deux reprises (2018-19 et 2020-21)
- Détenteur du record historique de blocks des Indiana Pacers avec son 1 246ème contre en mars 2024
- Performance exceptionnelle de 40 points contre les Washington Wizards en 2021, accompagnée de cinq trois-points, 10 rebonds et trois contres
- Acteur clé de la qualification des Pacers pour les Finales NBA 2025
- Reconnu comme l'un des meilleurs protecteurs de cercle de la ligue tout au long de sa carrière avec les Pacers