Le rugby, sport d'équipe de contact et de passion, subit de nombreux accidents, comme l'ensemble des sports pratiqués sur tous les stades. Des blessures, tous les joueurs en ont, plus ou moins graves, plus ou moins souvent. Cet article explore les différentes facettes des blessures graves dans le monde du rugby, en se penchant sur les types de blessures, les témoignages de joueurs et les mesures de prévention.

Types de Blessures au Rugby
Le rugby est une pratique sportive où la vélocité est largement de mise. Le rugby est un sport physiquement très exigeant, les déplacements sont vifs et les collisions parfois brutales : le corps doit y être préparé. Les blessures articulaires sont variées, mais très rarement graves. Parmi les blessures courantes, on retrouve :
- Entorses tibio-tarsiennes : Il s’agit essentiellement d’entorses tibio-tarsiennes dont le mécanisme est le même que pour la pratique d’autres sports. Leur gravité est appréciée dès la survenue de l’accident, le traitement est adapté à la classification des entorses de gravité bénigne, moyenne, ou grave. L’immobilisation dépendra de cette gravité.
- Lésions au niveau du genou : Même si les accidents de ligament croisé antérieur et du ménisque sont plus fréquents au football, le rugby par son type de pratique n’est pas à l’abri d’accidents de type entorse, fracture ou hématome au niveau du genou. On retrouve comme dans la plupart des sports, les ligaments croisés antérieurs, les ménisques internes ou externes, ainsi que les ligaments latéraux lors de lésions beaucoup plus complexes. Des fractures ou des tassements sont également à craindre.
- Fractures de côtes : Les fractures de côtes ne sont pas rares, survenant lors de choc direct sur des erreurs de techniques lors d’un placage, ou lors d’écrasement en mêlée quand celle-ci s’effondre.
- Luxations d’épaule : Les luxations d’épaule ne sont pas rares, mais l’on retrouve surtout des lésions de l’articulation acromio-claviculaire qui sont le plus fréquentes et nécessitent trois semaines d’immobilisation.
- Accidents tendino-musculaires : Comme tout sport, le rugby voit son lot d’accidents tendino-musculaires toucher l’ensemble de la musculature, pouvant aller de la simple élongation au claquage et à la déchirure grave.
- Commotions cérébrales : Une série de commotions cérébrales a poussé le deuxième ligne international français Paul Willemse vers la retraite à 32 ans seulement.
Les dents paient un grand tribut à la pratique du rugby. La mise en place d’un protège-dents semble souhaitable sinon obligatoire ; encore faut-il qu’il soit efficace. Les sportifs tentant de marquer un essai doivent rivaliser de vitesse et d’agilité pour échapper aux joueurs poursuivants.
Suisse Rugby - Prévention | IMPACT PROGRAMME (FR)
Témoignages et Expériences de Joueurs
Charles Ollivon
Charles Ollivon explique réussir à prendre du recul sur sa carrière désormais et précise être heureux dans sa vie personnelle comme professionnelle. Après une blessure aussi longue comme il a connu, son objectif était d’abord de reprendre le rugby et de retrouver des sensations. Il souhaitait vraiment retrouver l’intégralité de ses moyens physiquement avant de reprendre réellement le rugby et penser à l’équipe de France.
« Sincèrement, c’est particulier une blessure aussi complexe qu’une rupture d’un ligament croisé du genou. Je voulais me sentir stable sur mon genou, avant d’envisager quoi que ce soit. Après, pour être le plus transparent possible, cette tournée, je l’avais en tête, mais je n’avais pas de projet particulier. »
Il rappelle que de nombreux observateurs ont encore cru qu’il n’allait pas pouvoir faire son retour à la compétition après une si grave blessure. « C’est vrai que j’ai été donné pour mort pour le rugby ou pour l’équipe de France quelques fois (rires). Mais bon… Ça fait partie de la vie d’un joueur de rugby. »
Il ne cache cependant pas avoir enchainé les gros pépins physiques, ces dernières saisons. « C’est vrai que je n’ai pas été épargné. Mais ça fait partie de moi, c’est mon caractère, je suis comme ça. »
Il avoue avoir douté à certains moments. « Évidemment que pendant ma convalescence, j’ai connu des périodes de doute, je me suis posé aussi quelques questions. Ça n’a pas été une rééducation ni difficile, ni facile. Mais voilà, j’ai été bien aidé par Pierre Mignoni, qui m’avait mis en place tout un plan de reprise. Donc, c’est vrai que j’ai passé une rééducation assez sereine et ça m’a permis de bien travailler, de préparer mon retour dans de bonnes conditions et au final d’être de me sentir très bien à l’instant de reprendre la compétition. »
Pour conclure, Charles Ollivon explique réussir à prendre du recul sur sa carrière désormais et précise être heureux dans sa vie personnelle comme professionnelle. « Sincèrement, je crois que les gens ont souvent été plus inquiets pour moi que je ne l’étais moi. Évidemment, j’ai eu à faire face à pas mal d’obstacles, que ce soit en club, en équipe de France ou à cause de blessures. Mais j’essaie toujours de voir le bon côté des choses. Aujourd’hui, j’ai 32 ans, c’est aussi plus facile de prendre un peu de recul. J’ai la chance d’être heureux dans ma vie privée, comme dans ma vie professionnelle. Je vois beaucoup le positif dans mon quotidien, c’est une chance. C’est pour ça que lorsqu’on me demande si de redevenir simple soldat de l’équipe de France, après en avoir été le capitaine, ça me gêne, je n’ai aucun souci à répondre que ce n’est pas un problème. Vraiment pas. Je suis heureux d’être en équipe de France. J’y prends tellement de plaisir que je n’ai pas de problème d’ego. »
Paul Willemse
Une série de commotions cérébrales a poussé le deuxième ligne international français Paul Willemse vers la retraite à 32 ans seulement. « Arrêter après plusieurs commotions a été une décision très difficile », a assuré sur son compte Instagram le natif de Pretoria (Afrique du Sud) arrivé en France en 2014, qui avait déjà annoncé début juin son départ de Montpellier, avec qui il avait disputé sa dernière rencontre le 5 octobre 2024.
Le joueur du MHR a subi six commotions en moins de deux ans, dont une dernière lors de la 5e journée du Top 14 2024-2025, sur la pelouse du Stade français, après un choc apparemment anodin. « J'ai longtemps essayé de continuer, parce que quand on n'a vécu que pour une seule chose, c'est effrayant d'imaginer la vie sans. Le rugby n'a jamais été juste un métier pour moi, c'était mon rêve d'enfant, ma passion, ma vie. »
« Par rapport aux autres blessures que j'ai eues dans ma carrière, pour moi ce n'était rien, car c'est une blessure invisible », mais « la commotion doit être vue comme la plus grave blessure que tu peux prendre, et je pense que ce n'est pas encore le cas », expliquait début juin Paul Willemse, invité d'un Grenelle sur les commotions cérébrales organisé par Provale, le syndicat des joueurs.
C'est durant le mandat de Fabien Galthié que Willemse avait pris une autre dimension. Redoutable en défense, précieux dans le combat, point d'ancrage pour le côté droit de la mêlée française, le colosse avait disputé tous les matches du Tournoi 2022, conclu par un Grand Chelem bleu.
Puis les blessures se multiplient : victime d'une entorse au genou droit en mai 2022, puis d'une lésion aux ischio-jambiers en novembre, il rate le test contre l'Afrique du Sud, un match particulier pour lui. Puis c'est une nouvelle nouvelle lésion aux ischios et une blessure au mollet qui lui font rater la fin du Tournoi 2023 et la Coupe du monde 2023, où il assiste en tribunes à l'élimination en quarts de son pays d'adoption par son pays de naissance.
Prévention des Blessures
En matière de rugby tout comme en matière de pratique sportive dans son ensemble : il vaut mieux prévenir que guérir. Une prévention efficace des blessures passe par un échauffement et des étirements rigoureusement effectués. Dans le cas du rugby plus que dans les autres pratiques sportives, le respect des règles et de l’autre est absolument primordial pour éviter des accidents qui n’auraient pas dû survenir.
Voici quelques mesures de prévention à considérer :
- Échauffement et étirements rigoureux
- Respect des règles
- Utilisation de protège-dents
