L'histoire des joueurs belges en NBA : De Didier Mbenga à Toumani Camara

L'histoire de la relation entre la Belgique et la NBA est récente, et surtout très courte. Pourtant, elle est particulièrement belle. Le Plat-Pays, ce n’est pas franchement la nation qui nous vient à l’esprit quand on pense au basket.

Saviez-vous qu’un joueur Belge a été double champion NBA ? Son nom : Didier Mbenga. Le seul Belge ayant foulé un parquet de NBA.

Didier Mbenga : Du Congo à la consécration en NBA

Didier MBENGA Double champion de NBA

Si vous ne connaissez pas l’histoire, accrochez vous bien à vos sièges parce qu’on part sur quelque chose digne d’un scénario de film hollywoodien. Didier Mbenga dit « DJ » est né au Zaïre en 1980. Malheureusement pour lui, en 1997, la première guerre du pays éclate. Le président Mobutu Sese Seko est chassé du pouvoir par le chef rebelle Laurent Désiré Kabila qui renomme le pays la république démocratique du Congo.

En avril 1999, Didier Mbenga débarque en Belgique. En raison de sa grande taille (2.08m), les congolais pensaient qu’il était un Tutsi (partie de la population exclue) rwandais. Moins d’une semaine auparavant, il est parvenu à s’échapper de la cellule dans laquelle il attendait son exécution. De plus, son frère opposant au régime congolais est une raison supplémentaire pour le jeter en prison. Le voilà dès lors en Belgique.

Après un court passage chez un pasteur protestant à Anvers, il séjourne dans un centre d’accueil à Kappelen. Malheureusement, sa demande d’asile en Belgique fut refusée et quelques jours plus tard, il recevait officiellement la nouvelle qu’il ne pouvait plus rester en Belgique. Après une lettre de motivation pour faire appel de cette décision, il a finalement été reconnu comme réfugié politique. Il fut affecté en suite à un CPAS dans une des communes d’Anvers.

C’est par le plus grand des hasards que sa carrière de basketteur commença. Alors que Didier était à l’arrêt de bus, Willy van Damme, ancien joueur de basket à haut niveau, le remarqua. Willy s’approcha alors du « géant » et lui demanda s’il jouait au basket. Pour s’en tirer rapidement, Didier menti et répondit que oui, il jouait à la balle orange. C’est là que sa carrière débuta.

Didier fut présenté à Steveniers, un des plus grands anciens joueurs de basket belge et le prit sous son aile. Mr Steveniers voyait en Mbenga un diamant brut qu’il fallait exploiter à tout prix. Didier Mbenga possédait déjà une capacité à courir, une mobilité et une puissance de saut phénoménale. Il avait atteint la taille de 2.13m et possédait une grande explosivité pour un gars aussi grand.

Son nouveau coach, Steveniers, a du tout lui apprendre, du simple saut aux dribbles avec une balle. Didier ne savait rien et n’avait vraiment pas l’habitude de faire du sport. Il se plaignait beaucoup au début. Mais l’entrainement était toujours plus intensif que la veille, Didier devenait un monstre physique et commençait à appréhender le feeling du jeu. Steveniers le fit jouer dans l’équipe qu’il coachait alors à l’époque. Il vécut des débuts compliqués mais « sa puissance de saut était un spectacle à voir ».

Willy Steveniers qui n’était pas inconnu des journalistes, introduisis sa pépite aux médias belges. Didier devint rapidement une vedette nationale. Pendant un moment, sa nationalité lui empêcha de signer un contrat professionnel. Heureusement, la grande campagne de régularisation est arrivée en 2000 et il put être naturalisé assez facilement. Le voilà enfin Belge.

Il signa d’abords un contrat avec l’équipe de Anvers qui évoluait alors en deuxième division nationale. Il fut ensuite repéré par l’entraineur et la direction de Charleroi qui sont tombés sous le charme de Didier. Il a enfin pu signer son premier contrat professionnel. Du centre d’accueil, où il n’avait rien, Didier avait en quelque sort atterri au paradis. Il a joué en tout trois saisons sur le sol belge au niveau professionnel.

Il a ensuite quitté le basketball belge en 2004 pour rejoindre les Etats-Unis. Il attira l’attention des Dallas Mavericks où il signa un contrat en or. Effectivement, il crée une association pour les réfugiés du Congo en Belgique. Pour revenir au basket, en tant que remplaçant, il ne passe que quelques minutes par match sur le terrain. Il progresse lentement mais participe dès 2006 à la finale perdue par Dallas (4-2) contre Miami.

Il se blesse sérieusement au genou en début 2007 et on se demanda alors combien de temps il tiendra le coup de cette manière au sommet. Il signa quand-même un contrat aves les Warriors le 17 novembre 2007 pour finalement débarquer chez les Lakers le 21 janvier 2008. Ce 21 janvier, il avait signé un premier contrat de dix jours pour Los Angeles Lakers, puis un second le 1er février. Les Lakers ne pouvaient alors le conserver qu'à condition de le signer jusqu'au terme de la saison. Ce qu'ils ont fait.

Didier Mbenga a joué jusqu'ici 103 rencontres de NBA (en débutant le match à deux reprises) pour afficher une ligne de stats de 1,4 points, 1,2 rebonds et 0,5 bloc-shots par match en 5,4 min de moyenne. Il est également dans le groupe qui perd la finale 2008 (4-2) face à Boston. Il pesa plus par sa joie de vivre et son caractère enthousiaste que sur ses performances sur le terrain. Kobe était fan de Mbenga, il le surnomma même Congo Cash.

Didier prolongea pour une année son contrat avec les Lakers. Cette année-là, il figure dans l'effectif des douze prestigieux Lakers retenus pour la série finale. Les Lakers remportent deux titres en back to back. Il signa ensuite un contrat presque anecdotique avec les Hornets de La Nouvelle-Orléans. Didier Mbenga termina sa carrière aux côtés d’un ancien très grand joueur NBA, Tracy McGrady en Chine, aux Qingdao DoubleStar Eagles où il y joua deux saisons.

Voilà l’histoire fabuleuse de ce joueur ayant frôlé l’exécution pour finalement soulever le très convoité Trophée Larry O'Brien ! À titre personnel, en aout 2004, avant de s’envoler vers les States, il est venu encourager les jeunes d’un centre d’accueil près de Charleroi. A peine âgé d’un 1 mois, il m’a pris dans sa main.

Quel regard portez-vous sur votre carrière NBA ?

Si j’étais tombé dans des équipes moins fortes, j’aurais peut-être été dans le cinq et j’aurais eu plus de temps de jeu. Malheureusement ou heureusement, j’ai atterri à Dallas avec Dirk (Nowitzki). Les Mavericks, qui étaient taillés pour gagner le titre, ont fait le choix de faire de moi un défenseur. J’étais un prospect avec Devin Harris. J’étais le premier Big Men athlétique de l’histoire de Dallas. J’étais capable de faire un bloc et d’aller dunker de l’autre côté du terrain en 10 ou 12 secondes ! Contrer, faire des écrans, prendre des rebonds, courir, c’était mon job alors que les premières choses qu’on m’avait apprises en Europe, c’était dribbler, pénétrer et shooter. Je me suis adapté.

Quand il y avait des blessés, j’ai montré que je pouvais jouer. En 2006, on va en finale. L’année d’après, je me blesse ; ligaments croisés. Après, je pars à Golden State puis aux Lakers. C’est là que Phil Jackson m’a donné le freedom (la liberté). Il m’a dit de faire ce que je savais faire et j’ai commencé à prendre des shoots et à prendre de la confiance. C’était mon gars (sic). Je ne sais pas si je retrouverai un ami comme ça… Dire qu’au début, mon Kobe je ne l’aimais pas. Je le trouvais arrogant. Quand je l’affrontais avec les Mavs, je lui faisais des blocs shoots et lui il aimait qu’on le challenge. Quand je suis arrivé aux Lakers, j’ai rencontré quelqu’un de différent, quelqu’un de très ouvert que les gens ne connaissaient pas forcément.

Le public aussi vous adorait.Il vous adore quand vous leur donnez ce qu’il veut et moi je leur offrais des contres, des dunks, de l’énergie. Dans tous les clubs où je suis passé les gens ne m’ont pas oublié. J’étais ouvert, humble. J’avais cet esprit humanitaire. Il m’arrivait d’aller donner à manger à des sans-abri. Après le titre avec les Lakers, j’étais blessé, mais Pau Gasol et André Bynum aussi. Phil Jackson m’a demandé de jouer. Je l’ai fait et j’ai enchaîné les double-double.

Toumani Camara : L'espoir belge en NBA

Près de treize ans après les derniers pas de Didier Mbenga en NBA, la Belgique peut rêver d’un second représentant du plat pays en NBA. Son nom ? Toumani Camara. L’ailier des Dayton Flowers, en NCAA, a été sélectionné par les Suns en 52e position. Seulement, depuis… plus rien. Jusqu’à ce 23 juin 2023. Avec le 52e choix, les Suns ont choisi de faire confiance à Toumani Camara, ailier de NCAA ayant grandi à Bruxelles.

Parti travailler son basket du côté de la NCAA à Dayton, il a proposé près de 13,5 points de moyenne cette saison en universitaire. Dans une franchise qui n’a que 4 joueurs actuellement certains d’être sous contrat en octobre prochain, Toumani Camara peut avoir sa carte à jouer dans la fin de rotation. Un rôle discret, au mieux, pour commencer… avant de potentiellement montrer des choses intéressantes sur le plan du basket de gratter quelques opportunités sur le terrain ? C’est tout le bien qu’on lui souhaite.

Il est loin d’être le plus connu internationalement, et même en Belgique. C’est pourtant le sportif belge qui aura le compte en banque le plus fourni dans les années à venir. Ce lundi, le basketteur Toumani Camara a paraphé un nouveau contrat avec les Portland Trail Blazers, sa franchise de NBA. À l’aube de sa 3e saison, le Bruxellois s’est engagé avec l’équipe de l’Oregon pour quatre saisons et 82 millions de dollars (70 millions d’euros).Le jackpot est énorme.

Sélectionné à la 52e position lors de la draft 2023, l’ailier fort ne touche qu’un petit salaire de 2 millions d’euros par an depuis son arrivée dans la ligue. Ce sera encore le cas lors de la saison qui s’ouvre cette semaine, puisqu’il entre dans la 3e année de son contrat rookie.

À 25 ans, Toumani Camara a toutefois assuré son avenir avec ce nouveau contrat juteux, qui lui rapportera 17,6 millions d’euros par an. Brillant défenseur, élu dans la 2e meilleure équipe défensive de la saison l’an dernier, le Belge est reconnu pour sa polyvalence et son rôle d’équipier modèle, ce qui a poussé les Blazers à lui offrir ce contrat.

Preuve du rayonnement et du bon état financier de la NBA, le basketteur va devenir le sportif belge le mieux payé de la planète. Il dépasse en effet Thibaut Courtois et ses 15 millions d’euros annuels au Real Madrid, mais aussi Yannick Carrasco (13 millions d’euros à Al Shabab) et Kevin De Bruyne (11 millions d’euros à Naples).

Rayon de soleil dans la grisaille de Portland lors de la dernière campagne (7.5 points à 45% aux tirs, 4.9 rebonds et 1.2 passe en 25 minutes de jeu), Toumani Camara a “vraiment franchi un cap cet été”, assure Chauncey Billups. Il continue de faire ce qu’il faisait l’an dernier mais avec plus de volume. “Je me sens plus affirmé et plus en confiance par rapport à l’an dernier mais de toute façon, je vais gagner en maturité chaque saison. Mes adversaires, aussi, me respectent davantage sur le terrain”, explique-t-il à Basket USA dans le vestiaire des Blazers lors de leur passage à San Antonio, juste avant Noël.

À Portland, l’ancien de Georgia et de Dayton a gagné sa place défensivement. Listé à 104 kilogrammes après une intersaison où il a pris “entre 4 et 5 kg de muscles”, Toumani Camara sait qu’il est encore perfectible offensivement. Il rappelle qu’il n’a jamais été un mauvais shooteur et indique que c’est une question de régularité, de répétition et de confiance en soi. “Marquer plus de points n’est pas mon objectif premier”, relève-t-il.

Les statistiques de Didier Mbenga en NBA

SaisonÉquipeMatchs jouésMinutes par matchPoints par matchRebonds par matchContres par match
2004-2005Dallas Mavericks154.70.70.70.3
2005-2006Dallas Mavericks438.71.51.70.6
2006-2007Dallas Mavericks224.90.70.80.3
2007-2008Golden State Warriors / Los Angeles Lakers154.51.51.30.5
2008-2009Los Angeles Lakers265.71.61.40.6
2009-2010Los Angeles Lakers325.21.61.20.5

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