Jeux Olympiques : Critères de Qualification pour le Football

Les Jeux Olympiques sont un événement sportif majeur qui réunit les meilleurs athlètes du monde entier. Pour les passionnés de football, les tournois olympiques, tant masculins que féminins, sont particulièrement attendus. Mais comment les équipes nationales se qualifient-elles pour cet événement prestigieux ? Quels sont les critères de sélection des joueurs ? Cet article vous dévoile les coulisses des qualifications pour les épreuves de football aux Jeux Olympiques.

Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques modernes.

Les Spécificités des Tournois Masculin et Féminin

Deux tournois, deux mesures. Si Hervé Renard peut, sans limite d'âge, aligner ses internationales, à l'instar de Wendie Renard, Marie-Antoinette Katoto ou Grace Geyoro, la tâche aura été bien plus complexe pour Thierry Henry, le coach des espoirs masculins. "Chaque équipe doit être entièrement composée de joueurs nés le ou après le 1er janvier 2001", précise l’organisation de Paris 2024 dans son règlement, à trois exceptions près (en l'occurrence Alexandre Lacazette, Jean-Philippe Mateta et Loïc Badé). Mais les Jeux ne comptant pas comme une compétition estampillée Fifa, les clubs n'ont pas l'obligation de mettre à disposition leurs joueurs pour les équipes nationales. Et de Kylian Mbappé (Real Madrid) à Khephren Thuram (Juventus), les refus se sont multipliés.

"C'est un peu le monde à l'envers. La dernière fois que j'ai pris autant de rejets, c'était au collège", s'en désolait le champion du monde 1998 lors de l'annonce de sa pré-liste, le 3 juin.

Une Histoire de l'Amateurisme

Une partie de la réponse remonte à une centaine d'années, alors même que le football féminin n'a fait son entrée aux JO qu'en 1996, à Atlanta (Etats-Unis). Imaginés par le baron Pierre de Coubertin, les Jeux prennent dès le début du XXe siècle l'amateurisme comme valeur cardinale. Une manière de créer à l'époque un entre-soi pour la bourgeoisie, qui refuse l'idée d'être rémunérée pour pratiquer une activité physique. Présent au programme depuis 1900, le football se retrouve vite dans le viseur du Comité international olympique (CIO).

"Le problème, c'est que les joueurs présents sont ce qu'on appelle des 'amateurs marrons', des quasi-professionnels. Cela a fortement déplu aux dirigeants du CIO qui durcissent ensuite la notion d'amateurisme.

Organisé en 1930 sous l'impulsion des Français Jules Rimet et Henri Delaunay, le premier Mondial s'ouvre à tous les joueurs, sans restriction. Après une sortie temporaire du programme pour les Jeux de 1932, le football fait son retour à Berlin quatre ans plus tard avec un distinguo : les amateurs aux JO, les professionnels à la Coupe du monde, gérée par la Fifa. Une règle qui prévaut jusqu'en 1984, en dépit d'une faille dont les pays du bloc soviétique profitent pour truster tous les titres olympiques à partir des années 1950.

Pas officiellement professionnels malgré des conditions semblables dans les faits, les joueurs convoqués par ces nations bénéficient d'un statut d'athlète d'Etat avec "des emplois de complaisance dans l'armée, dans les entreprises publiques", explique Paul Dietschy.

"C'était des gars beaucoup plus âgés que nous, ils arrivaient avec quasiment leur équipe nationale A au complet", se souvient Olivier Rouyer, présent aux JO de Montréal en 1976, avec notamment le jeune Michel Platini.

"En équipe de France, la plupart d'entre nous étaient issus de centres de formation avec des contrats stagiaires. Malgré des "relations difficiles" entre les deux instances, un compromis avec la Fifa est trouvé par le CIO pour modifier la formule en 1984.

"Les dirigeants de la Fifa étaient en position de force : c'était important pour eux d'être aux Jeux comme chaque grand sport, mais la priorité restait de ne pas dévaloriser leur compétition reine", rappelle Paul Dietschy, directeur de la revue Football(s). "Il était temps de réajuster les équilibres et puis cela a eu de bonnes conséquences pour la France puisqu'ils ont gagné à Los Angeles", juge Olivier Rouyer.

Mais après une nouvelle victoire de l'URSS à l'édition suivante, le CIO modifie de nouveau son tournoi en amont de Barcelone 1992 pour arriver au format actuel. Dès lors, seuls les joueurs âgés de moins de 23 ans sont éligibles, avec l'ajout lors des Jeux suivants de la possibilité de recourir à trois jokers plus vieux.

André-Pierre Gignac, Florian Thauvin et Téji Savanier étaient les trois joueurs de plus de 23 ans dans l'équipe de France olympique aux Jeux de Tokyo en 2021. Ce changement vise d'abord à écarter les principales stars, et ainsi permettre à la Fifa de protéger son Mondial auxquelles elles participent déjà. Tout en évitant que le football, déjà plus médiatisé, ne prenne définitivement toute la lumière aux autres sports. Enfin, le but est de ne pas trop déséquilibrer la compétition en offrant la possibilité à des sélections moins habituées à briller sur la scène internationale de se montrer.

Le Football Féminin aux JO

Et le tournoi féminin dans tout cela ? Inclues aux Jeux olympiques à l'occasion d'un congrès du CIO en 1993, les équipes nationales classiques sont conviées dès l'édition suivante à Atlanta, en 1996. A cette date, la Coupe du monde féminine n'avait eu lieu qu'à deux reprises.

"Le Mondial féminin n'avait pas le même prestige médiatique que celui des hommes, qui est une véritable poule aux œufs d'or au niveau des droits TV. Si les audiences de la Coupe du monde 2023 étaient encore loin de son homologue masculine de 2022, le quart de finale des Bleues contre l'Australie a par exemple réalisé dans l'Hexagone 70% des parts d'audience à la mi-journée. Gage d'un intérêt grandissant du public, quand celui des partenaires de Kylian Mbappé face à l'Angleterre au Qatar chiffrait à 63% en soirée.

De quoi envisager une évolution des critères olympiques chez les femmes pour coller à ceux des hommes, alors que la professionnalisation s'accélère dans les principaux championnats féminins ? Ce n'est pas encore à l'ordre du jour.

"Nos clubs oublient parfois que nous continuons à nous entraîner lorsque nous jouons pour notre pays. J'aimerais que vous voyiez ce que nous faisons dans notre 'temps libre', c'est du non-stop. Vous comprendrez alors pourquoi nous avons besoin d'un temps de récupération supplémentaire et pourquoi nous demandons des changements de programme qui profiteront à tout le monde", interpellait-elle début mai via le syndicat des joueurs Fifpro. Au point même d'y voir du positif à la non-qualification de l'équipe britannique à Paris 2024, ce qui aurait été sa troisième compétition internationale en trois ans.

Comment se Qualifier pour les JO ?

Les athlètes des JO 2024 sont sélectionnés dans les quatre coins du monde pour décrocher les prix les plus prestigieux. Pour cette compétition au rayonnement international, chaque sport est soumis à des critères adaptés à ses spécificités. Ainsi, les athlètes peuvent se qualifier par différents procédés strictement encadrés.

Les Différents Moyens de Qualification

Comme évoqué, il existe différents moyens de se qualifier pour les Jeux olympiques de Paris 2024. Effectivement, les athlètes peuvent être sélectionnés après avoir remporté des compétitions nationales, continentales ou internationales. Pour y parvenir, il leur faut respecter des critères de performance strictement établis qui peuvent considérablement varier selon les disciplines. Les athlètes, hommes comme femmes, peuvent également se voir sélectionner par leur fédération sportive nationale en fonction de leurs performances sportives ou de leurs classements lors de diverses compétitions de grande envergure.

Par ailleurs, certains athlètes bénéficient d’invitations spéciales pour participer aux Jeux olympiques. Tous les quatre ans, les Jeux olympiques réunissent les meilleurs athlètes du monde dans une trentaine de disciplines sportives. On distingue les Jeux olympiques d'hiver, qui sont réservés aux sports de neige et de glace, des Jeux olympiques d'été, bien plus impactants à l'échelle internationale, qui sont consacrés à toutes les autres disciplines.

L’ampleur de cette manifestation sportive n’a jamais cessé d’évoluer et les disciplines ainsi que les critères de sélection des athlètes également, mais l'essentiel à retenir est que les Jeux olympiques sont ouverts aux plus grands sportifs du monde.

Processus de Qualification par Discipline

Le processus de qualification pour les JO de Paris 2024 varie en fonction des disciplines sportives. Chaque fédération sportive nationale est responsable de déterminer les critères de qualification pour ses athlètes. Ces critères peuvent comprendre des compétitions nationales et internationales, des classements, des performances individuelles, des limites d’âge, des genres (hommes ou femmes), etc. Les épreuves de qualification varient également selon qu’il s’agit de sports collectifs ou individuels, de sports d’été ou d’hiver, etc. Il est donc important pour les athlètes de s’informer auprès de leur fédération sportive nationale pour connaître les épreuves de qualification propres à leur discipline.

Au total, 32 sports seront représentés aux Jeux olympiques de Paris 2024 à travers 306 épreuves médaillées. Pour l'événement, plus de 10 000 athlètes issus de plus de 200 nations du monde sont sélectionnés par leurs Comités nationaux olympiques (CNO) respectifs, qui sont chargés de les accompagner et de les inscrire aux Jeux.

Non, le mode de qualification est choisi par les fédérations internationales, des sortes d’associations qui gèrent chacune un sport au niveau mondial. Dans des sports comme le tennis ou le golf, ce sont les meilleurs joueurs au classement mondial qui se qualifient. Pour la gym ou le trampoline, il faut surtout gagner certaines compétitions importantes, comme les championnats du monde. Dans certains cas, comme au basket, des tournois de qualification sont aussi organisés pour sélectionner certaines équipes.

Le pays organisateur bénéficie d’un certain nombre de places garanti pour ses athlètes. Ainsi, dans les sports collectifs, comme le foot ou le hand, les équipes de France ont été qualifiées d’office pour les J.O.

Répartition des Places pour le Football (JO de Paris)

A l'occasion des JO de Paris, il y aura 16 équipes d'hommes et 12 équipes de femmes. A noter que la France est qualifiée d'office d'un côté comme de l'autre en tant que pays hôte. Pour le reste, les places se répartissent comme suit :

Continent Équipes masculines Équipes féminines
Asie 3 équipes + 1 barragiste 2 équipes
Afrique 3 équipes + 1 barragiste 2 équipes
Amérique du Nord/Centrale 2 équipes 2 équipes
Amérique du Sud 2 équipes 2 équipes
Europe 3 équipes 2 équipes
Océanie 1 équipe 1 équipe

A noter que chez les hommes, le barragiste asiatique et le barragiste africain s'affrontent pour déterminer l'identité du dernier représentant aux Jeux Olympiques.

Les tournois de qualification sont organisés par la FIFA en collaboration avec les confédérations régionales respectives.

Critères de Sélection des Joueurs

A l'occasion des Jeux Olympiques, les équipes des sélections nationales sont parfois surprenantes. Les sélectionneurs des équipes olympiques ont des critères précis pour choisir les joueurs qui représenteront leur pays. En effet, si chez les femmes, chaque joueuse peut être sélectionnée, ce n'est pas le cas chez les hommes.

Côté masculin, les sélectionneurs doivent opter pour 18 joueurs dont 15 obligatoirement âgés de 23 ans ou moins. Les trois derniers joueurs du groupe peuvent dépasser cet âge.

Les Nouveaux Sports aux JO de Los Angeles 2028

Le flambeau est passé de Paris à Los Angeles. Et, avec lui, la liste des disciplines retenues pour les Jeux Olympiques de 2028. Car chaque ville hôte est libre d'ajouter, au tronc commun, une sélection de sports additionnels. La France avait jeté son dévolu sur le breaking, ou breakdance, l'escalade, le surf et le skateboard (les trois derniers étaient déjà à Tokyo, en 2021). Les États-Unis proposent, eux, cinq disciplines qui (re) découvriront l'olympisme : le flag football, la crosse, le baseball-softball, le cricket et le squash.

À première vue, la liste semble donner un « coup de boost » au pays organisateur, mais pas que. Au fameux tableau des médailles, ces ajouts vont, sans doute, renforcer d'autres nations.

Cricket

Fort de très nombreux supporters à travers la planète - la Coupe du monde figure dans le top 10 des compétitions sportives les plus regardées -, le cricket, une seule fois au programme olympique, en 1900 à Paris, sera joué sous sa forme écourtée, dite « T20 ». Sans surprise, les pays du Commonwealth surclassent le reste du monde. L'Australie, six fois championne du monde (chez les hommes comme chez les femmes), l'Angleterre et surtout l'Inde, victorieuse de la Coupe du monde dans sa version T20 devant l'Afrique du Sud cet été, sont les figures de proue.

L'équipe indienne, qui représente la deuxième nation la plus peuplée au monde, pourrait redorer des résultats en berne aux Jeux olympiques. À Paris, elle a échoué à la 71e place du tableau des médailles, avec six breloques et aucun titre.

Squash

Il a fallu un travail de longue haleine pour que le squash, seul sport individuel de la liste, effectue ses premiers pas olympiques à Los Angeles. Dans cette discipline, l'Égypte, un peu dans l'ombre aux Jeux (trois médailles dont un seul titre à Paris), peut rêver grand. Les Égyptiens trustent les premières places des classements mondiaux PSA (Association professionnelle du squash), féminins comme masculins avec, tout en haut, leurs stars Ali Farag et Nour el Sherbini, respectivement quadruple et septuple champions du monde.

Dans cette sélection de nouveaux sports, c'est aussi celui qui porte les meilleures chances françaises. La délégation tricolore a décroché la médaille de bronze aux Championnats du monde de squash fin 2023. Et compte dans ses rangs Victor Crouin, onzième joueur mondial. À 25 ans, le Toulonnais a conservé son titre de champion d'Europe cet été et nourrit, déjà, de grandes ambitions pour Los Angeles.

Baseball-Softball

Le baseball, introduit pour la première fois à Barcelone en 1992, a pris l'habitude d'entrer et de sortir du calendrier olympique. Le comité d'organisation des Jeux de Paris ne l'avait pas conservé, trois ans après son bref retour à Tokyo en 2021. Les Japonais étaient alors sacrés champions olympiques, en battant les États-Unis (2-0).

Historiquement, la discipline reste largement régentée par les États-Unis, le Mexique, Taipei, et le Japon, dernier vainqueur de la Classique mondiale - qui oppose les meilleurs joueurs de la planète - en 2023, devant les Américains.

Seule interrogation : la présence, ou non, de joueurs MLB. Bryce Harper ou encore Shohei Ohtani, grandes stars de la Ligue américaine, ont tous deux affirmé leur envie de représenter leurs pays aux JO. Même si cela nécessiterait quelques adaptations logistiques, afin de concilier ce grand rendez-vous avec la saison régulière.

Le nouveau GOAT du baseball est japonais 🇯🇵

Les femmes disputeront, elles, des matches de softball, cousin du baseball joué sur un terrain réduit, avec une balle plus grande et plus molle. Les États-Unis ont, cette fois, l'ascendant sur les autres nations, avec trois titres lors des trois dernières éditions des Mondiaux (2016, 2018, 2022).

Flag Football

Bien sûr, les États-Unis, à l'initiative de la sélection, ont opté pour des sports qui leur sont prolifiques. En flag football, dérivé du football américain qui se pratique sans contact, les Américains sont champions du monde sans discontinuité depuis dix ans chez les hommes (cinq titres d'affilée entre 2014 et 2024) et depuis 2018 chez les femmes. Une hégémonie précieuse pour la délégation américaine au vu de son mano a mano avec la Chine au tableau des médailles. Le Mexique, une autre nation phare du « flag », pourrait jouer les outsiders, alors que le pays aux presque 130 millions d'habitants n'a plus gagné un titre aux Jeux depuis 2012 (en football).

Crosse (Lacrosse)

La crosse (ou le lacrosse), profite aussi largement aux Américains. La discipline, déjà au programme olympique en 1904 et 1908, est très populaire outre-atlantique et se jouera, à Los Angeles, dans sa version en six contre six. Globalement, les titres majeurs de ce sport vont et viennent entre les États-Unis et le Canada. Dans la forme classique de la crosse, les deux géants nord-américains de la discipline se sont affrontés lors des sept dernières finales des Championnats du monde (cinq succès pour les USA, deux pour les Canadiens). Chez les femmes, les Américaines ont pris le dessus, avec quatre sacres sur les quatre dernières éditions des Mondiaux.

La Fin du Breakdance, la Boxe en Sursis

Au choix des disciplines, son lot de grands gagnants, mais aussi de grands perdants. Le breaking, qui avait sacré un Canadien, une Japonaise, et rapporté une médaille d'argent à la France (avec Dany Dann chez les hommes), referme sa (très) courte parenthèse à l'issue des JO parisiens. La discipline n'a pas été retenue par les organisateurs de la compétition à Los Angeles.

Pour l'instant, il s'agit de la seule discipline qui saute, bien que la boxe soit menacée elle aussi. Le Comité internation olympique (CIO), qui exige une Fédération internationale pour l'organisation, statuera sur son sort l'année prochaine. Si jamais la boxe venait à sortir du programme, ce serait un coup dur pour l'Ouzbékistan, fort de cinq titres dans la discipline à Paris, et, dans une moindre mesure, pour la Chine, trois fois médaillée d'or aux derniers JO. Enfin, l'équitation va disparaître du pentathlon moderne à Los Angeles, et sera remplacée par un parcours d'obstacles.

tags: #jeux #olympiques #football #qualification