Jeux Olympiques de Tokyo 2021 : Triomphe Historique de l'Équipe de France de Volley-Ball Masculin

Pour la première fois de leur histoire, les volleyeurs français sont champions olympiques. Ils ont disposé de la Russie en finale des Jeux, samedi 7 août à Tokyo. Les Bleus ont remporté la médaille d’or en battant la Russie en finale des Jeux Olympiques de Tokyo 2021, un moment historique pour le volley-ball français.

Ce sacre olympique est l'aboutissement d'un parcours exceptionnel, marqué par des moments de doute et une résilience à toute épreuve.

Un Parcours Improbable vers la Gloire

Imaginez une équipe qui perd deux de ses trois premiers matchs, contre les Etats-Unis et l’Argentine, et redoute de se faire éliminer dès le premier tour, comme aux Jeux de Rio, en 2016. Imaginez ensuite cette même équipe, toujours en phase de poules, dominer la Russie (déjà) et arracher un point du tie-break contre le Brésil, champion olympique en titre. « On est des survivants », s’exclamait Laurent Tillie, qui n’en avait pas fini. En quarts de finale, victoire sur les doubles champions du monde polonais, après avoir été menés deux sets à un ! C’était avant un succès sur l’Argentine, retrouvée en demi-finales, puis avant cette seconde victoire de l’été sur la Russie. La plus belle, à n’en pas douter, de toute l’histoire du volley-ball français.

Pour parvenir à ce stade de la compétition, Earvin Ngapeth et ses coéquipiers ont d'abord dû se relever d'un début de compétition compliqué. Auparavant, les hommes de Laurent Tillie avaient perdu deux matchs sur quatre, contre l'Argentine (2-3) et en ouverture face aux Etats-Unis (0-3). Ils avaient arraché leur qualification en remportant deux sets contre le Brésil (2-3), le champion des JO de Rio, lors du dernier match de la phase de groupes.

« Dès fois, je n'arrive pas à nous expliquer. On a commencé le tournoi crispés », expliquait le leader de l'équipe, Earvin Ngapeth, après la victoire contre la Pologne en quarts de finale. « Quand on a été dos au mur, on s'est dit 'les gars, on n'a rien à perdre, soyons nous, kiffons'. C'est ça qui fait la différence et puis le groupe (...) Tout le monde apporte. C'est un groupe magique. »

La Finale : Un Match Haletant

Victoire trois sets à deux (25-23, 25-17, 21-25, 21-25, 15-12), presque deux heures et demie après le coup d’envoi. Le match terminé, les Bleus peuvent entamer une danse de la joie. Mais qu’il aura fallu batailler ! D’abord au premier set : les Bleus sont menés de trois points (16-19) lorsque le sélectionneur, Laurent Tillie, demande un temps mort. Première explication, premières solutions : les Français reprennent l’avantage (23-22), sur le tard, passant devant grâce à un smash d’Earvin Ngapeth. Smash contré par les Russes, mais en dehors du terrain.

Le deuxième set est plus limpide, face à des adversaires encore sonnés d’avoir laissé échapper le premier. Tout l’inverse des troisième et quatrième manches, lors desquelles les Russes reprennent des forces, encouragés par une délégation peu avare en « Davaï » (allez) et autres exhortations. Et que dire du tie-break… Intenable. Un mano a mano, point contre point, smash pour smash, auquel même les remplaçants et les membres du staff français semblent avoir envie de participer. Côté adverse, de la seule tribune occupée de l’Ariake Arena, les sifflets ne sont pas rares pour déconcentrer les Français au moment de leur service.

« A deux sets partout, on s’est dit : “Les gars, c’est pas grave, ce sera encore plus beau de gagner trois sets à deux que trois sets à zéro” », raconte Kévin Tillie, dont le père n’est autre que le sélectionneur. « On a eu un coup de barre, on n’avait plus d’énergie, mais on est allé chercher avec le cœur la médaille d’or », apprécie Trévor Clévenot. Avec aussi « beaucoup de lucidité », insiste son coéquipier Benjamin Toniutti.

Il en fallut, en effet, pour rattraper les trois points d’avance pris par les Russes en début de cinquième manche.

Menant 22-18, les Russes ont vu revenir leurs adversaires en boulet de canon. Grâce aux attaques d’Earvin Ngapeth et deux excellents services d’Antoine Brizard, la France infligeait un cinglant 5-0 pour arracher la première manche 25-23. Mis sur orbite, les Bleus tutoyaient les sommets lors du deuxième set, remporté 25-17. Earvin Ngapeth, bien loin de son niveau de jeu de début de quinzaine olympique, faisait la démonstration de tout son talent : services gagnants, smashs en rupture et dans des angles improbables, défense impénétrable... Mais les Russes sont revenus, progressivement, dans la partie.

Menés deux sets à zéro et au bord de la défaite, Maksim Mikhaylov, le coéquipier de Ngapeth à Kazan, sonnait la révolte. D'un seul coup, leur block est devenu inflexible et les missiles au service ont commencé à toucher les lignes. Dès le début de la quatrième, Egor Kliuka et Ivan Iakovlev ont pris le relais de leur leader, mettant en difficulté le block français. Au coude-à-coude à 17-17, les deux hommes sont parvenus à remettre leur équipe devant pour ne plus lâcher l'avantage (25-21). Rapidement menés 0-3 dans cet ultime set, difficile d'imaginer les Bleus avec l'or autour du cou quelques minutes plus tard. Mais Trevor Clevenot, Jean Patry et leurs coéquipiers se sont accrochés.

Le duel Mikhaylov-Ngapeth a fini par tourner à l'avantage du Français. Mais c'est bien tout un collectif qui a réussi l'impossible : sans les sauvetages de Jenia Grebennikov, les chances tricolores se seraient vite dissipées ; sans le sens du timing de Nicolas Le Goff, le block aurait coulé ; sans la vista et la ruse d'Antoine Brizard au service, beaucoup de points auraient été perdus...

Après un ultime moment de stress sur la balle de match, l'heure de la délivrance était enfin arrivée. À la tête de la sélection depuis 2012, Laurent Tillie ne pouvait pas rêver meilleure fin. La France est championne olympique et s'apprête à basculer, en même temps que ses héros tokyoïtes, dans l'ivresse d'une médaille d'or arrachée au courage.

Une Équipe de Copains

« On a envie d’être tous ensemble dans la lumière », expliquait Grebennikov dès le premier rassemblement pré-olympique, à Mulhouse, au mois de mai. « On essaie d’oublier l’enjeu, on est une bande de potes qui jouent au volley », précisait Earvin Ngapeth. Les années avançant, la bande de potes a grandi. « Il y a beaucoup plus de moments sérieux dans nos retrouvailles, dans nos discussions, poursuit Ngapeth, qui a signé dans le même club que Jenia Grebennikov, à Modène (Italie). Ça m’a fait bizarre de l’appeler pour lui parler de l’école des enfants. »

Grebennikov s’en amuse : « Des familles se créent, on se retrouve pour les mariages, certains me disant “Ah, Jenia, t’as des cheveux blancs”, il y en a qui vont devenir chauves. »

L'Héritage de Laurent Tillie

Aujourd’hui, Laurent Tillie n’hésite pas à comparer équipes et époques. Comme joueur, il avait disputé les Jeux 1988 de Séoul, la première des cinq participations olympiques du volley français. Jusqu’à cet été, toutes avaient échoué avant les quarts de finale. Pour le sélectionneur, « il n’y a pas photo », la génération actuelle est « dix fois, vingt fois, cent fois plus forte ». L’entraîneur de l’équipe de France s’apprête à céder ses fonctions au Brésilien Bernardo Rezende, une référence, après avoir conduit les Bleus jusqu’à leurs premiers titres : premier Euro (2015), premières Ligues mondiales (2015 et 2017) et désormais première médaille olympique, en or de surcroît.

Le sélectionneur national espère désormais que « des garçons et des filles » auront envie de se joindre à eux, bien au-delà des familles d’initiés. Le titre olympique, « magnifique vitrine », a donné à voir son sport. « Un sport sans contacts, esthétique, spectaculaire, mental », vante-t-il. Un sport « mondial ».

La Fédération internationale de volley-ball comprend encore plus de nations membres que celle du football. Depuis samedi, elle compte aussi un nouveau pays champion olympique.

PARIS 2024 - Le jour où les Français ont ROULÉ sur la Pologne pour remporter L'OR devant leur public

Composition de l'Équipe Championne Olympique

L'équipe de France, menée par des joueurs talentueux et un esprit d'équipe inébranlable, a marqué l'histoire du volley-ball français.

  • Earvin Ngapeth
  • Jenia Grebennikov
  • Trévor Clévenot
  • Jean Patry
  • Kévin Tillie
  • Antoine Brizard
  • Barthélémy Chinenyeze
  • Benjamin Toniutti
  • Nicolas Le Goff

Doublé Historique aux JO de Paris 2024

Quel exploit ! L’équipe de France masculine de volley a réussi à conserver son titre de championne olympique aux JO de Paris 2024. Les Bleus d’Earvin Ngapeth ont vaincu la Pologne en finale, trois ans après leur titre acquis à Tokyo. Un doublé historique.

La pression de l’or déjà remporté à Tokyo n’a eu aucun effet sur la Team Yavbou, qui a tout simplement réalisé le match parfait pour renverser les Polonais 3-0 (25-19, 25-20, 25-23). Les volleyeurs apportent à la France sa quinzième médaille d’or (57e médaille en tout), ce qui lui permet d’égaler son record d’Atlanta 1996.

Variant les approches, les Bleus ont notamment su déjouer la puissance du meilleur joueur polonais, Wilfredo Leon Venero, dont les service supersoniques ont été déjoués par une défense française impériale, notamment Jenia Grebennikov et Antoine Brizard. En attaque, le trio Clévenot, Patry (28 points à eux deux) et Chinenyeze (8 points) a été au sommet de son efficacité.

Composition de l'Équipe de France aux JO de Paris 2024

Voici la composition de l'équipe de France qui a brillé aux JO de Paris 2024 :

  • Antoine Brizard
  • Barthélémy Chinenyeze
  • Trévor Clévenot
  • Théo Faure
  • Jenia Grebennikov
  • Quentin Jouffroy
  • Nicolas Le Goff
  • Yacine Louati
  • Earvin Ngapeth
  • Jean Patry
  • Kevin Tillie
  • Benjamin Toniutti

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