Bruno Germain, natif d’Orléans, fait partie de ces personnes qui savent taper dans un ballon avant de savoir marcher. « Je jouais tout le temps. Je ne pensais qu’à ça. J’ai la chance d’avoir des qualités sportives. J’ai vite progressé. »
Né à Orléans le 28 avril 1960, Bruno Germain est formé au club et intègre l’équipe première dès la montée en Division 2 en 1978. Il devient rapidement titulaire en défense centrale sous Jacky Lemée. Entre 1978 et 1982, il dispute 129 matchs et inscrit 11 buts, et fait partie de l’équipe finaliste de la Coupe de France 1980. Après l’USO, il poursuit une carrière professionnelle riche (Nancy, Toulon, Marseille, PSG, Angers), totalisant 592 matchs et une sélection en équipe de France en 1987.
Doté d’un gros physique, d’un bon touché de balle et d’une vision du jeu honnêtes, il peut jouer aussi bien défenseur central que milieu défensif. Très combatif il s’impose comme une pièce essentielle de l’US Arago. Ses efforts sont payés en retour puisqu’il atteint la finale de la Coupe de France en 1980, certes après avoir sorti que des équipes de D2, mais bon.
En finale, face au rocher, Bruno et ses potes, Jacky Lemée, André Bodji, Patrick Viot et autre Joseph Loukaka ne font pas un pli : 3-1 score final, merci et au revoir. Il signe alors à Nancy, solide équipe de milieu de tableau de D1.
Après des débuts dans des clubs orléanais, le sportif signe, à 16 ans, son premier contrat professionnel avec le club de Nancy puis rejoint le Matra Racing quatre ans plus tard. Les débuts son idylliques. L’équipe est jeune, ne joue pas vraiment le maintien puisqu’elle finit souvent en première moitié de classement. Au bout d’une saison la mécanique ne suit plus. Nancy sauve sa tête en barrage, puis se stabilise autour de la 15ème place. Bruno devient un pilier de l’équipe, enchaine les saisons pleines, avec notamment 5 buts lors de sa 2ème année à Nancy.
Alors que le club lorrain plonge de plus en plus, Bruno lui monte et sentant le vent tourner, signe au Matra en 86. Il passe 2 saisons dans le club de la banlieue parisienne, durant lesquels il se fera une place au soleil, dans un effectif de rêve. Malgré cette feuille de match qui fait pâlir plus d’un entraineur, l’équipe ne tourne pas et le club est détesté. Cela ne l’empêche pas de faire une apparition chez les Bleus, pour un match face à la RDA en novembre 87. Bruno se croit enfin arrivé mais sans le savoir il vient de jouer son unique match en bleu.
En 1987, il est sélectionné, pour un match, en équipe de France. « C’était à la fois un honneur, une fierté et une récompense pour tout le travail que j’avais accompli. Mais c’était aussi une sacrée pression ! J’ai été un peu trop discret pendant cette rencontre. Il aurait fallu que je me montre un peu plus. »
Après 2 saisons, Bruno quitte le navire et rejoint le Sporting Toulon. L’aventure tourne court, sans doute une question de mentalité. Les frasques de Rolland Courbis et ses potes le saoulent vite et avec les supporters ce n’est guère mieux. Rapidement pris en grippe l’Orléanais, tend le doigt en l’air en direction des tribunes du Stade Mayol.
Le jeune défenseur met le cap vers le sud. D’abord Toulon puis Marseille. « L’Olympique de Marseille était l’un des meilleurs clubs français. La ville entière vivait pour son club. » Le joueur loirétain enchaîne trois grosses saisons dans la cité phocéenne. « Le public nous adorait. C’est une époque qui a marqué le club. Nous* faisons partie des légendes de l’OM. »
Sous les couleurs phocéennes, Bruno se crée un palmarès : 3 titres de champion de France, 1 Coupe de France et 2 finales perdues en 3 saisons (Coupe de France et C1 1991). A chaque saison, l’OM recrute portant des joueurs à son poste (Jean-Philippe Durand, Franck Sauzée, Bernard Pardo), mais il réussit toujours à s’imposer au milieu. Dans un 5-2-3, il forme la charnière du milieu avec Laurent Fournier qui fait parfaitement le lien avec le trio offensif.
Lors de l’été 91, Bruno Germain est au cœur d’une tractation machiavélique. En compagnie de Bernard Pardo et Laurent Fournier, il est échangé contre Jocelyn Angloma, alors chez l’ennemi intime, le PSG. En 1991, il signe au PSG. « J’ai été nommé capitaine dès la première année, nous avons terminé la saison à la deuxième place du Championnat de France derrière… l’OM. »
Au PSG, Bruno est comme le vers dans le fruit. Bien que toujours aussi combatif, il est assez content des défaites lors des derbys houleux de l’époque. Ainsi, au match aller en 1993, après avoir ouvert le score, il avouera des années plus tard être soulagé de l’égalisation marseillaise. Il poussera l’intégration jusqu’à porter le brassard du PSG. Cette saison 92/93restera comme un point noir puisqu’il se blesse gravement.
En fin de contrat il n’est pas reconduit et part alors pour le SCO qui vient de remonter. Capitaine courage d’une équipe de faible niveau, la première place après le 4-1 contre Sochaux de la première journée, n’est que le mirage d’une saison catastrophe. Quitte à jouer en D2, autant le faire dans un club qu’il aime. Bruno retourne à Marseille disputer la Coupe d’Europe et gagner le titre de champion. Une équipe sympa celle de la saison 94/95 : Marcel Dib, Jean-Philippe Durand, Bernard Casoni, Marc Libbra, Jean-Marc Ferreri.
En 1995, Bruno Germain met un terme à sa carrière. « Je suis resté un ou deux ans dans le sud avant de remonter dans le Loiret où vivait ma famille… »
Bruno ne sait pas trop quoi faire après le foot alors comme son ancien coéquipier Daniel Bravo, il opte pour une carrière de consultant sur TPS. Malgré un pedigree certain, il n’arrive pas à émerger dans la jungle du satellite. Du cou parallèlement, il mène une carrière dans l’immobilier où il fait fructifier ses gains de joueurs.
En avril 2007, devant le spectacle désolant d’un US Orléans à la dérive en CFA, il décide de remettre le bleu de chauffe et devient Directeur technique. Sa mission porte sur 2 axes. D’une part le recrutement « un secteur où l’on n’a pas été bon ces dernières années et sur lequel, on va faire un gros effort », promet le président du club. D’autre part, il est « responsable des éducateurs du club et travaillera en compagnie de Pascal MOULIN au niveau de la première. Sa présence est également un gros plus pour le club en terme d’image et de sponsoring ».
Deux trajectoires similaires au service du club. L’histoire de l’US Orléans a été marquée par deux hommes portant le même nom : Bruno Germain et Joël Germain. Joël Germain rejoint à son tour l’histoire du club, d’abord comme joueur entre 1988 et 1990, où il dispute 70 matchs et inscrit 23 buts.
Nommé ensuite entraîneur en 2000, il prend rapidement contact avec le groupe au stade de La Source avant la trêve estivale. Accompagné de Bruno Germain et de Didier Barge, Joël Germain a dirigé une séance essentiellement composée de petits jeux. Sur le plan tactique, Joël Germain a également dévoilé ses principes de jeu.
A 65 ans, Bruno Germain reste un passionné de football - lui qui a connu une belle carrière en tant que joueur professionnel, débutée à Orléans où il réside toujours, et dont l'apogée a été son passage à l'Olympique de Marseille - avec à la clé la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions perdue contre Benfica en 1991. Mais Bruno Germain a aussi joué au Paris Saint-Germain, de 1991 à 1993. C'est donc avec un regard enthousiaste qu'il suivra samedi soir la finale du PSG en Ligue des Champions face à l'Inter Milan.
Si aujourd’hui c’est dans une balle… de golf qu’il tape volontiers sur les greens loirétains, Bruno Germain aime se remémorer ses 19 années de carrière au plus haut niveau. Il reconnaît n’avoir qu’un regret : ne pas être devenu entraîneur à la fin de sa carrière de joueur. « Le foot, c’est mon univers, ma vie, ce que j’aime le plus au monde ! Quand tout s’arrête, c’est un manque terrible, même si on pense être préparé. Il faut tout faire pour rester dans le milieu.
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