NBA 2K23 sur Switch : Un Test Complet

Reine incontestée de la simulation de basket, la franchise NBA 2K a connu des hauts et des bas ces dernières années. Si les ajustements sont toujours présents, la question est de savoir s'ils vont dans la bonne direction. Avec NBA 2K23, un numéro emblématique dans le monde du basket, les attentes sont élevées.

Monsieur Jordan, le Bourreau de Travail Gentleman

Comment parler de basket sans évoquer Michael Jordan, celui qui a propulsé ce sport dans la stratosphère médiatique mondiale ? Pour cette édition 23, NBA 2K met à l'honneur le plus légendaire des numéros 23 avec les Jordan Challenges, un mode Histoire entièrement dédié à sa carrière. Ce sont quinze moments clés, de 1982 à 1998, qui sont proposés, chacun avec des défis spécifiques à relever. Certains objectifs sont plus difficiles que d'autres, mais tous sont motivants. L'impact nostalgique est indéniable et il est difficile de ne pas être ému en jouant le match Pass the Torch. Chaque match est introduit par une courte vidéo d'un acteur ou témoin de l'époque.

Ces Jordan Challenges donnent le ton d'une édition 23 placée sous le signe de l'héritage et de la légende. C'est pourquoi le mode Ma NBA a été remodelé autour d'un concept simple : remonter le temps à des périodes spécifiques : l'ère Magic vs. Bird, l'ère Jordan, l'ère Kobe ou encore l'ère moderne. Le but est de revivre ces différentes périodes et d'en explorer toutes les possibilités. Les joueurs pourront modeler la ligue selon leurs désirs pour créer leur propre multiverse de la balle orange. Ici aussi, le travail de reconstitution est impressionnant, joueurs, emblèmes, salles, événements marquants, ambiance sonore et visuelle… Tout est fait pour chatouiller la corde sensible ou le désir de revanche. Ces ères légendaires offrent la petite flamme qu'il manquait aux effrayés de la gestion brute, faisant de cette mouture 2023 de Ma NBA un mode solo incontournable, capable d'absorber toutes vos heures de temps libre.

Bruit de crépitement d’un vieux tourne-disque Né en 1891 de l’imagination de James Naismith, un professeur d’éducation physique au Springfield College, dans le Massachusetts, qui voulait occuper ses étudiants pendant l’hiver, la balle-au-panier est un sport collectif se jouant à cinq contre cinq, sur un terrain en parquet de vingt-huit mètres de long par quinze mètres de large.

Bruit d’avance rapide d’une K7 Nous voilà en 1984 et l’équipe des Bulls de Chicago choisit, lors d’une cocasse cérémonie appelée draft par les Anglo-Saxons, un certain Michael Jeffrey Jordan pour rejoindre leurs rangs.

Bruit de Puyo criant “C’est pas bientôt fini tes conneries ?”

Best of Michael Jordan’s Playoff Games | The Jordan Vault

Pick and Role Playing Game

Si vous avez encore quelques heures qui traînent, il existe toujours le mode Ma Carrière, solo mélangeant sport et RPG. Cela commence par la création de votre avatar, où vous répartissez vos capacités de basketteurs : finition, tir, organisation, rebond. Ces catégories sont désormais interdépendantes, ce qui rend le développement plus contraint mais aussi plus cohérent. Dommage que le scénario articulant votre Carrière s’avère l'un des moins inspirés depuis bien longtemps. Les développeurs ont beau clamer que c’est la carrière qui comporte le plus de cinématiques de la série, ça ne suffit pas à en faire la plus intéressante. En parallèle, elle permet de développer un sympathique système d’alignements, général ou précurseur, qui octroie des bonus pour la gestion relationnelle de l’équipe selon nos réactions lors des dialogues.

Peut-être aussi que l’intégration de The City à Ma Carrière rend ce qui était la rolls des modes solo dans les jeux de sports diablement moins intéressant. Plus petite que l’année précédente, The City, sorte de hub gigantesque faisant le lien entre vos matchs NBA et la pelletée d’activités annexes disponibles, semble accentuer la lourdeur de vos aventures. En effet, le scénario y intègre certaines quêtes annexes et ce ne sont clairement pas les moments les plus agréables ou bien pensés du mode. Du reste, la navigation s'en ressent : les distances sont parfois importantes pour aller d'un point A à un point B, les déplacements sont rigides et l’utilisation du métro, nouveauté 2023, exige en réalité de déjà très bien connaître la carte puisque les indications sur les stations ne sont absolument pas claires. Tout ça parce qu’on est forcé de participé à des quêtes annexes peu intéressantes pour progresser ou gratter quelques misérables VC. On apprécie l’idée de donner une vie au scénario, c’était d’ailleurs le bel espoir qui naissait l’année dernière, mais on finit par regretter le temps de Mon Quartier, qui apportait ce surplus de vie sans les longueurs fastidieuses.

Mais il faut aussi voir le verre à moitié plein puisque The City permet aux amateurs d’expérience sociale multijoueur d’avoir un endroit où toutes les activités s’interconnectent plutôt naturellement. Certains trajets restent pénibles mais c’est vraiment sous cette forme que le concept prend son sens, avec des activités ou défis un peu partout pour qui aime flâner ou créer sa session de jeu. Evidemment, il faut tout de même accepter les caprices d’un matchmaking pas toujours très équilibré mais, comme le dit très bien Boyz’n the Hood, c’est la loi de la rue. Cependant, ça ne diminue pas les problèmes dus aux VC, puisque les rues de The City sont infestées de tentations en tout genre, et il faut se frapper une belle ambiance de centre commercial, un samedi de décembre en banlieue provinciale.

Money Time !

La progression en carrière va se heurter au mur des VC et à la connexion permanente et obligatoire. Une fois encore, la monnaie virtuelle, qui sert autant à personnaliser votre expérience qu’à huiler les mécaniques de certains modes, vient polluer l’expérience NBA2K. La quantité de VC nécessaire pour un archétype un peu sympa à jouer est énorme et le salaire des matchs en saison est vraiment ingrat. D'où une progression terriblement laborieuse, qui nécessitera une motivation en béton armé. Et le jeu ne se privera pas de vous rappeler qu’il existe des raccourcis miracles, en vous privant de quelques euros supplémentaires. Une logique de grind pénible, qui étouffe le solo et érode, à chaque itération, son capital sympathie. Constat que l’on peut d'ailleurs aussi appliquer au mode Mon Equipe qui continue de surfer joyeusement sur la mode du casino virtuel : tout est rare, tout est précieux et tout est nécessaire… Vite vite achète, achète ! Nous voilà sollicités à la moindre action, stimulés pour ne pas passer à côté du deal du moment. Le nombre de paramètres économiques ou évolutifs manque vraiment de clarté mais le jeu se charge de nous faire comprendre qu’il faut courir après l’amélioration ultime. Et on ne réussit pas à se défaire de cette sensation désagréable qu’une bonne partie des mécaniques de ces modes n’existent que pour nous détrousser au moindre moment de faiblesse.

Cependant, le mode Mon Equipe connaît aussi des évolutions dans sa structure qui vont dans le bon sens. Déjà, au lieu de commencer à poil, vous commencerez à poil mais en connaissance de cause. En effet, il est désormais possible de tester ses starters avec un match en 3v3, pour être certain de trouver celui qui colle le mieux à votre façon de jouer. D’ailleurs, il nous a semblé qu’il était plus rapide et facile d’obtenir au moins deux ou trois cartes pas trop nazes que par le passé ; un réglage moins absurde de la loterie, qui sait ? Ensuite, les fameux contrats ont disparu. Désormais quand vous possédez une carte vous la… et bien possédez quoi, elle n'expire pas après un nombre limité d’utilisation. Les cartes à usage temporaire existent toujours, mais elles ne constitueront plus le cœur de votre jeu. Ouf, merci. Ensuite, le mode s’ouvre au coop' (en 3v3). Enfin, il est désormais possible en match de ne contrôler qu'un seul joueur. Tout simplement parce qu’on est plus à l’aise avec cette façon de jouer, ou parce qu’on veut se focaliser sur les objectifs rattachés à la carte. Si on passe outre l’interface hystérique comme un ado hyperactif, on fait face un mode qui équilibre mieux son démarrage et ses récompenses pour nous absorber dans son vortex de contenu.

A Kind of Magic Johnson

D’ailleurs, il faut aussi souligner que My NBA permet d’incarner un jouer spécifique si on le souhaite et, surtout, si on trouve comment l’activer dans les options.

Vieille rengaine, là encore, mais la navigation dans les différents menus du jeu à de quoi rendre fou. Il ne faut pas se laisser berner par l’efficacité de la présentation du menu principal. On réalise vite que, derrière, les interfaces et philosophies de navigations ne sont toujours pas unifiées. Une touche pourra tantôt vous renvoyer au menu principal, tantôt ouvrir un sous-menu où se trouvent toutes les options utiles, alors même que dans un autre mode ces mêmes infos sont accessibles via un système d’onglet à passer avec les boutons de tranche. Même Kyrie Irving qui vous explique sa vision du monde, c’est plus limpide. C’est dire.

On va terminer ce tour d’horizon du contenu par deux points. Le premier est évidemment la beauté plastique du jeu sur les supports de dernière génération. La modélisation est parfois bluffante et semble plus homogène encore qu’auparavant, avec moins de tronches au rabais et une gestion plus subtile des lumières. L'attention portée aux transitions d’animations et à la richesse des mouvements parachève un tableau qui gagne en finesse chaque année. Le deuxième est la présence d'une ligue féminine au contenu nettement étoffé, comme un second jeu dans le jeu. Il manque toujours pas mal d'équivalent au contenu masculin mais ça va dans le bon sens.

Raquette en Bande Organisée

Maintenant, il va falloir causer sérieusement puisque nous allons nous intéresser au cœur du gameplay. NBA 2K22 manquait un peu de rythme dans ses phases de jeu les plus courantes et c’est très exactement ce que cherche à corriger NBA 2K23. En effet, les phases d’attaques sont plus fluides et plus ouvertes que l’an passé. Bien sûr, tout n’est pas permis mais on a un bien meilleur équilibre entre les shooteurs (qui ont moins d'occasions gratuites) et les bulldozers de la raquette (qui retrouvent leur caractère dominant). Les tirs, même ouverts, demandent plus de travail sur les timings mais donnent aussi la sensation de mieux contrôler sa prise de décision. C’est moins binaire et plus réaliste. De la même façon, un joueur chaud n’entraîne plus le boost systématique de ses collègues, il faut que toute l’équipe soit au diapason. Là aussi, moins binaire mais plus gratifiant. Les tactiques un peu audacieuses peuvent s’avérer payantes pour nous sortir d’un mauvais pas et cela donne des matchs moins verrouillés, plus variés que l’an passé.

Les sensations en attaque sont donc bien plus satisfaisantes, peut-être aussi grâce à un système de feedback plus clair. La roue sous le joueur, qui passe du rouge au vert par secteur selon l’ouverture pour bien planifier son tir ou sa passe, se révèle bien pratique. La jauge de fatigue est à deux étages dont un, scindé en 3 morceaux pour limiter les actions spectaculaires de notre joueur. Au bout de trois dribbles des enfers, votre joueur va s’épuiser et pourra ne pas faire le finish attendu. Trois, ça paraît peu, mais comme l’attaque est plus fluide et que plus de choses passent, ça semble au contraire un bon moyen de contrebalancer. L’idée globale reste de fournir clairement les informations pour favoriser la prise de décision rapide en attaque, le rythme de jeu demeurant la priorité. Cette année encore, la jauge a changé. Arrondie, plus petite et positionnée plus intelligemment en hauteur, avec une accélération et une décélération, elle nous a semblé un peu plus lisible et exploitable que les autres années. Vous pouvez d’ailleurs changer sa position et sa forme dans les options...

Le Pitch

Les années se suivent et se ressemblent. Aussi sûrement que l'automne chasse l'été, la rentrée scolaire amène, depuis 1999 et à quelques rares exceptions près, sa nouvelle version de la légendaire simulation de basket développée par le studio Visuel Concepts.

2023 ne fait pas exception à la règle et alors que les Bleus viennent de s'incliner devant l'Espagne en finale de l'Euro, NBA 2K23 déboule une nouvelle fois sur toutes les plateformes du moment. Du PC à la Switch en passant par les dernières consoles de Sony et Microsoft. Autant dire qu'il y en a pour tout le monde. D'autant que cet opus s'acompagne, une fois encore, de différentes versions. Dont une "luxueuse" Édition championnat.

Quelle que soit l'édition choisie, NBA 2K23 vous propose une fois encore d'incarner vos équipes et vos stars préférées de la NBA et de sa version féminine, la WNBA. Au programme des réjouissances, des graphismes réalistes sans être encore parfaitement aboutis (test réalisé sur PS5), une IA améliorée, un gameplay plus réaliste et incisif... Sans oublier un roster sans équivalent. Bref, pour faire court, NBA 2K23 renforce son statut de simulation de basket de référence. Malgré ses défauts.

Les Points Forts

Amélioré au fil des opus, le mode Ma Carrière reste une fois encore une valeur sure. On prend plaisir, des heures durant, à incarner un joueur et à le faire évoluer dans tous les compartiments du jeu. Cela ne se limite pas à un système de progression linéaire sur le parquet des plus grandes arénas. Mais bien à une gestion, aussi complète que complexe, de tous les aspects du quotidien d'un futur pro rêvant de franchises renommées et de draft.

Sans surprise, My Team hausse encore le niveau en nous proposant de réunir les plus grands noms du basket pro US dans une équipe ultime et ce, quelle que soit la saison. Les amateurs de personnalisation pourront encore s'en donner à cœur joie dans ce mode évolutif fait pour l'action, les défis et la gagne. D'autant que le résultat est plus accessible, et plus réussi, que lors des épisodes précédentes. Et qu'il permet notamment désormais de jouer en 3 contre 3.

On pourrait aussi parler du gameplay qui fait la part belle à l'attaque et au tir, de la richesse du roster des ligues masucline et féminine... Mais le plus excitant reste, à coup sûr, le retour du Jordan Challenge déjà aperçu en 2011. Entièrement revu, corrigé et modernisé, cette ode au légendaire n°23 vous permet de revivre quinze performances mythiques de la star des Bulls dans un hommage aux cloueurs des années 1990. Sympa.

Plus incisif, mieux équilibré, le gameplay remanié reste l'un des points forts de la version 2023 de NBA 2K. Cet opus 2023 est évidemment plus attirant que son aîné, qui était lui même plus abouti que son grand-frère. Mais on attend encore cette claque graphique qui nous scotcherait à note fauteuil.

L'autre point faible, qui n'en finit plus d'hérisser le poils des fans, c'est encore et toujours le recours massif aux micro-transactions. Difficile, pour ne pas dire impossible, de progresser sans mettre la main au portefeuille pour acheter les précieux VC. Et en période d'inflation, compte tenu du ticket de départ, ça passe vraiment mal. Même si 2K n'a pas l'apanage de ce modèle économique qui a un peu trop tendance à se généraliser.

Tableau Récapitulatif des Modes de Jeu

Mode de Jeu Description Points Forts
Jordan Challenge Revivez 15 moments clés de la carrière de Michael Jordan. Nostalgie, défis variés, vidéos d'époque.
Ma NBA Remontez le temps à différentes époques de la NBA. Reconstitution historique, personnalisation de la ligue.
Ma Carrière Créez votre joueur et faites-le progresser en NBA. Personnalisation, système d'alignement, The City.
Mon Equipe Collectionnez des cartes de joueurs et créez votre équipe ultime. Fin des contrats, coopération, test des starters.

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