La passion des Français pour les jeux de hasard et d'argent ne se dément pas. L'an dernier, nos concitoyens ont misé 36,736 milliards d'euros, un chiffre en progression constante. Telle est l'ambition de ce projet de loi novateur, qui entend procéder à l’ouverture à la concurrence et organiser la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne.
Du point de vue du Rapporteur au fond, l'ouverture du secteur des jeux d'argent et de hasard, dont le Parlement est saisi avec le présent projet de loi, est indubitablement subie dans la mesure où le système des droits exclusifs français est remis en cause sous la pression des joueurs séduits par l'offre illégale de jeux et des autorités communautaires.
Instituée par un décret du 6 novembre 1934 modifié, la Commission supérieure des jeux a pour fonction de donner un avis au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales sur toute demande d'ouverture, d'extension ou de transfert de casinos. Elle est présidée par un conseiller d'État et se compose de quinze représentants de l'État et de cinq élus.
Dans ce contexte en constante évolution, le monde du sport, et plus particulièrement le basket-ball, a connu des transformations significatives, notamment en ce qui concerne les tenues des joueurs. Si l’on considère les sports collectifs et en particulier le premier d’entre eux, le football, la tunique portée par les joueurs est même devenue la métonymie de l’équipe tout entière et plus largement du club, de la ville voire de la nation pour lesquels ils descendent sur le pré.
Ainsi, chacun sait en Italie que les bianconeri désignent ceux qui défendent les couleurs noires et blanches d’une des formations les plus prestigieuses du pays, la Juventus de Turin, de même qu’on parle en Angleterre des Reds de Liverpool ou qu’on célèbre parfois en France les exploits des Bleus.
Les Origines et l'Évolution des Maillots de Football
Au tournant du xxe siècle, on y parle en effet parfois encore de chemise (shirt) - portée effectivement par les premiers footballeurs issus de la grande bourgeoisie et de l’aristocratie -, que ce soit dans les clubs londoniens huppés ou, exemple parmi bien d’autres, à Barcelone. Avec le syntagme « camiseta de fútbol », la langue espagnole a d’ailleurs gardé la trace de ces temps anciens où la pratique d’un sport britannique constituait une marque de distinction sociale.
Dans ce processus d’éloignement vis-à-vis du vêtement primitif, parallèle à la démocratisation du football, l’élément qui résiste le plus longtemps sont les manches longues. Il faut en réalité voir dans ce phénomène la persistance de considérations liées à la bienséance et à l’affirmation d’un statut social où la nudité et le manque de pudeur corporelle renvoient à la vulgarité de classes populaires qu’il s’agit de contrôler.
Comme on l’a vu, la tunique du footballeur est faite de coton jersey, qui s’est substitué à la laine initiale - toutefois encore de rigueur en hiver. Seul leur échappe le marché nord-américain, qui fonctionne de manière autarcique, les trois grands sports états-uniens (baseball, football américain et basket-ball) étant approvisionnés par les plantations de coton du sud de l’Union.
Les industriels du textile de Troyes se sont en effet lancés depuis le début des années 1920 dans la mécanisation de leur production, notamment du tissage et du filage, et ont acquis une excellente maîtrise de la transformation de la matière première. Deux personnes acceptent de se lancer dans l’aventure du « jersey petit piqué » : le tennisman René Lacoste et Émile Camuset.
Les Italiens Kappa et Fila, qui émergent dans les années 1970, disposent d’une surface financière bien moins importante, mais de structures industrielles ayant fait leurs preuves dans le prêt-à-porter, à savoir un réseau de petites entreprises familiales sous-traitantes, véritables virtuoses dans l’art du tricot.
Couleurs et Identité : Une Question d'Héraldique et de Culture
On peut néanmoins dégager deux traits caractéristiques principaux : le noir et le blanc sont les deux couleurs les plus employées et les rayures, majoritairement verticales, sont fréquentes. Tout ceci coulerait de source, selon l’historien Michel Pastoureau, qui rappelle qu’à la fin du xixe siècle, « seuls le noir et le blanc étaient considérés non seulement comme des couleurs “morales”, mais aussi comme des couleurs salubres.
Ce fonctionnement métonymique s’explique aisément lorsque les couleurs du club s’inscrivent dans une logique héraldique, reprenant les teintes du blason de la cité, comme à Rome où les giallorossi (les jaunes et rouges) sont à la fois la Roma (le club) et par extension Rome (la ville), l’autre équipe du lieu (la Lazio) affichant un ancrage régional (le Latium).
Marion Fontaine a par exemple montré comment les couleurs du Racing Club de Lens (RCL), le rouge et le jaune, sont de nos jours souvent présentées par ses supporters comme exprimant une symbolique minière (l’or des compagnies et le sang du sacrifice des mineurs). Pourtant, lors de la création du club, les mineurs et leur famille, cantonnés dans les cités minières appartenant à la Société des Mines, étaient bien loin du football, culturellement - ils lui préféraient la colombophilie, entre autres - et spatialement - le Racing avait été fondé en 1906 par des « établis » du centre de Lens (des commerçants, des petits entrepreneurs, des fonctionnaires).
Un processus obéissant à la même logique peut être repéré en Italie, au milieu des années 1960, lorsque les intellectuels de gauche contribuent à politiser le tifo, l’expression de la passion footballistique.
Il faut faire crédit à Soldati de la sincérité : sa relecture politique de la rivalité entre la Juventus et le Torino s’effectue dans le cadre d’un imaginaire culturel structuré par de fortes oppositions politiques. Peu importe au fond que tout ceci soit inventé : ce qui compte est l’influence que l’imaginaire finit par avoir sur la réalité.
Quelques années plus tard, les jeunes composant les groupes d’ultras se font les relais de cette vision des choses, démontrant que la nouvelle culture de masse portée par le football était devenue assez puissante pour être le support de représentations la dépassant, susceptibles d’être acceptées et relayées par une bonne partie de la société.
L'Intégration du Marketing et de la Publicité
C’est sans doute pour cette raison qu’ils ont été les derniers lieux du stade à faire l’objet de stratégies commerciales, alors que tout autour d’eux, des joueurs au public en passant par l’enceinte elle-même, était inséré dans des logiques industrielles. Que la formation soit située en Amérique du Sud ne doit pas étonner, l’économie du football du continent tout entier étant fortement extravertie et dépendante des exportations de ses meilleurs joueurs pour survivre financièrement.
Elles suivent l’exemple du basket-ball, où la chose est possible depuis 1967, et précède d’un an le cyclisme. Un seul club, le FC Barcelone, résiste longtemps à la tentation, même s’il finit par y céder en 2011, en raison de la gravité de la crise économique qui finit par l’affecter. De manière étonnante, si le pli est vite pris en Europe, ce n’est pas le cas, encore aujourd’hui, aux États-Unis, où le monde du sport est pourtant bien plus structuré par des logiques de rentabilité financière.
Le club londonien d’Arsenal suit en 1928, puis les autres clubs européens dans les années 1930 et enfin les équipes nationales à l’occasion de la Coupe du monde 1954. À partir de 1931, le club de rugby de Leicester utilisa un autre système d’identification, avec des lettres - de A à O -, mais il ne fit pas d’émules et finit par se convertir au système numérique lors du passage au professionnalisme, au milieu des années 1990.
La seconde mutation apportée par le sport américain consista à coudre le nom des joueurs dans le dos, au-dessus ou en dessous du numéro, pratique inaugurée dans les années 1960, mais qui se répandit seulement au cours des années 1990 en Europe. Nike, la multinationale états-unienne, était alors à la manœuvre : elle était en effet partie à la conquête de nouveaux marchés dans le sillon de la NBA, la ligue de basket-ball, engagée pour sa part depuis le milieu des années 1980 dans une logique de mondialisation.
Chaque année, les supporters guettent avec impatience puis commentent avec passion les nouvelles tenues de leur équipe préférée, généralement au nombre de six (trois tenues pour les matchs à domicile et trois tenues pour les matchs à l’extérieur).
Dans le monde du sport, l'impact des contrats de sponsoring et des droits télévisés est indéniable. Une illustration frappante de cette réalité est l'histoire des frères Silna et de leur accord avec la NBA. Comment récupérer un milliard de dollars de royalties en 30 ans sur le dos de la NBA ? C'est l'incroyable pari gagné par les frères Silna. Explications.
En effet, à la suite d'un contrat concernant des droits télé qu'ils ont signé en 1976, les Silna ont accumulé, en un peu plus de 30 ans, environ 300 millions de dollars de la part de la NBA, dont 19 millions de royalties rien que la saison dernière.
Mais les Silna sont plus que de simples investisseurs, ce sont des amoureux de la balle orange. Ils ne pensent qu'à une chose : voir leur franchise jouer en NBA auprès des meilleurs.
Les Saint Louis Spirits sont la plus grande fierté des frères Silna. Ils ont dépensé beaucoup d'argent et d'énergie pour construire une équipe forte le plus vite possible.
Après des semaines de négociations acharnées, Ozzie et Daniel acceptent de dissoudre leur franchise en échange de 2,2 millions de dollars et... environ 14 % des futurs revenus télévisuels générés par les quatre franchises passées de l'ABA à la NBA : les Spurs, les Nuggets, les Nets et les Pacers.
Si les contrats télévisés de la NBA valaient 1,5 million de dollars dans les années 1970, les chaînes ABC, ESPN et TNT déboursent aujourd'hui la bagatelle de 7,4 milliards de dollars au total pour diffuser des rencontres de NBA.
D'après les documents officiels de la Ligue, le premier chèque reçu par les frères Silna en 1980-1981 était de 521 749 dollars alors que pour la saison 2010-2011 ils ont encaissé 17 450 000 dollars ! Un taux de croissance de 3 240 %...
En offrant un parachute doré mirobolant aux deux frangins, il nettoie en partie sa plus grosse bavure envers la NBA et s'acquitte de sa dette envers les propriétaires des franchises.
De leur côté, avec 500 millions de dollars en poche, les Silna font leur deuil et acceptent d'enterrer la hache de guerre.
Une ovation pour les danseuses, une autre pour les coups d’éclats de la superstar Dwyane Wade et l’explosion sur le dernier panier raté du Miami Heat, qui donne la victoire aux New Jersey Nets, au terme d’un match au couteau... La salle de Bercy s’en est donnée à cœur joie jeudi soir pour le match de pré-saison entre les deux franchises américaines.
Pré-saison oblige, les deux équipes ont parfois eu du mal à mettre en place leur jeu, ce qui a parfois agacé les deux entraîneurs, mais pour le reste de la salle, l’essentiel était ailleurs. Le basket à la sauce NBA, c’est des dunks, de la musique, et des stars au kilomètre.
Tableau récapitulatif : Évolution des revenus des frères Silna
| Saison | Revenus des frères Silna (en dollars) | Croissance par rapport à 1980-1981 |
|---|---|---|
| 1980-1981 | 521 749 | - |
| 2010-2011 | 17 450 000 | 3 240% |
Le parcours des maillots dans le sport, particulièrement en NBA, est un reflet de l'évolution des cultures sportives, des impératifs économiques et des identités collectives. De simples vêtements fonctionnels, ils sont devenus des symboles puissants de passion, de loyauté et d'appartenance.
