Le parcours de Jef Lettens, gardien de but international belge, est marqué par une progression constante et une détermination sans faille. De ses débuts modestes à Hasselt à ses performances remarquées en StarLigue, Lettens a su franchir les étapes et se faire un nom dans le monde du handball.
Les débuts à Hasselt et la transition vers les cages
Jef Lettens a commencé le handball à l'âge de 8 ans à Hasselt, sa ville natale. Initialement attiré par le football et le basketball, il s'est finalement tourné vers le handball, sport phare de sa région. À 10 ans, il a accepté de devenir gardien de but, un poste qu'il n'a plus jamais quitté.
« Je devais avoir 12 ans. Avant cela, j’étais sur le terrain. Ca commencé avec un entraînement, on a testé chacun notre tour et puis sur un match où l’on avait pas de gardien, j’ai décidé d’y aller. Je ne suis plus jamais ressorti. »
Malgré les difficultés initiales à gérer ses émotions après chaque but encaissé, Lettens s'est rapidement adapté et a gravi les échelons pour devenir le gardien numéro 1 de son club formateur, l'Initia Hasselt, dès l'âge de 16 ans. Avec sérieux et implication, il franchit les étapes, y compris avec les sélections jeunes belges.
« Dès que j’ai commencé à m’entraîner et à jouer sérieusement, c’était mon objectif et je l’ai atteint dès que l’âge me l’a permis, à 16 ans ».
Il roule sa bosse dix-sept ans durant au club d'Hasselt (Belgique), une structure non professionnelle. « Il n'y en a pas en Belgique, informe celui qui partage sa vie avec la joueuse de Saint-Grégoire, Judith Franssen. J'étais pourtant avec l'équipe la plus titrée du pays. Il fallait partir pour progresser. Et si je n'avais pas été exigeant, je ne serais peut-être pas en France, là. »

L'arrivée en France et l'ascension en StarLigue
En 2015, Jef Lettens fait le grand saut et quitte la Belgique pour rejoindre Saran, en deuxième division française. Poussé par Yérime Sylla, ancien entraîneur cessonnais et alors entraîneur de l'équipe des Red Wolves, il saisit l'opportunité de progresser et de se faire connaître sur la scène française.
« Yérime m’a repéré et a fait de moi son numéro 2 en sélection. Puis ensuite, lors d’un match international en Belgique, il a fait venir son ancien agent et ami, Yannick Gers.
Engagé par Saran, Jef Lettens quitte sa Belgique natale, emmenant avec lui celle qui va bientôt devenir sa femme, bien connue aujourd’hui du public du Saint-Grégoire Rennes Métropole Handball, Judith Franssen.
« Nous nous sommes rencontrés à Hasselt, où elle est venue conjuguer sa pratique du handball avec ses études de kiné, comme moi. Nous avions 19 ans. Cela fait plus de huit ans que nous sommes ensemble. »
Avant d'être engagé à Cesson l'année suivante par... Sylla. Et deux ans plus tard, donc, à Nantes. « Je suis heureux d'avoir toujours réussi à franchir un cap. Je me mets tout le temps des objectifs. Ma carrière s'est construite là-dessus.
Après une saison à Saran, il rejoint Cesson-Rennes, où il découvre la StarLigue. Malgré une première saison d'adaptation, il parvient à se distinguer et à attirer l'attention de plusieurs clubs, notamment grâce à ses performances de haut vol face à des équipes comme Nantes, Dunkerque et Montpellier.
Malgré cela, ses prestations de haut vol à Nantes, Dunkerque ou face à Montpellier permettent de découvrir un Jef Lettens qui crève l’écran à l’automne et tape dans l’œil de nombreux clubs, au courant de sa fin de contrat en 2019.
Le passage avorté à Nantes et le rebond à Toulouse
En 2019, Jef Lettens s'engage avec le HBC Nantes, un club ambitieux qui sort d'un Final4 de Ligue des champions. Cependant, son passage à Nantes ne se déroule pas comme prévu. Confronté à la concurrence et aux rumeurs de l'arrivée d'un autre gardien, il décide de quitter le club avant même d'y avoir joué un match.
« J’ai signé à Nantes lorsque j’ai joué le Hand Star Game, pour l’été 2019. Et puis, sur la saison suivante, j’ai senti que quelque-chose ne tournait pas rond. C’était difficile à vivre car j’avais envie de jouer dans cette équipe, qui sortait d’un Final4 de Ligue des champions. Et puis je lisais de plus en plus de rumeurs comme quoi ils cherchaient un autre gardien. Je trouvais que c’était bizarre, que ça puait un peu. (sourire) Et puis ils ont annoncé la signature d’Emil Nielsen. Forcément, je n’avais plus envie d’arriver en tant que troisième gardien, je voulais continuer à jouer, à progresser.
Il rejoint alors Toulouse, où il retrouve la confiance et le plaisir de jouer. Sous la direction de Philippe Gardent, il réalise de solides performances et contribue aux succès de son équipe.
« J’ai retrouvé une partie de la confiance que j’avais perdu sur la dernière saison à Cesson. J’ai retrouvé un côté humain ici. J’avais déjà des infos que l’équipe vivait bien ensemble, mais j’ai aussi bien accroché avec Philippe Gardent.
Avec les départs annoncés en fin de saison du gardien de but Simon Möller (Flensbug Handewitt/ALL), de l’ailier droit Edouard Kempf et du demi-centre Niko Mindegia, et alors que le dossier du polyvalent Erwin Feuchtmann n’est pas encore tranché (les négociations d’une prolongation ou pas sont encours), le Fenix Toulouse a dévoilé ses recrues.
C’est un jeune gardien dont le parcours est un peu atypique. Il boucle à Valence sa troisième saison en Proligue après avoir évolué en N2 puis en N1 auparavant. Actuel meilleur gardien de la Proligue à la trêve (174 arrêts après 14 matchs à 33 % de réussite), le club toulousain tente un pari avec Robin Kerdudo.
Style de jeu et mentalité
Jef Lettens est un gardien de but calme, serein et concentré. Il aborde son poste de manière quasi mathématique, étudiant ses adversaires et analysant leurs systèmes de jeu. Il est également connu pour son professionnalisme et sa volonté de toujours progresser.
« Je suis très scolaire dans ma façon d’être, je reste plutôt tranquille et je suis toujours concentré » détaille-t-il. « Je suis plus fort quand je suis serein dans les buts, c’est ma manière d’être. Je ne m’occupe pas trop de ce qui se passe autour ou de défier l’attaquant sur pénalty. Je préfère maitriser ce que je sais faire ».
Véritable passionné de son sport et de son poste, il aborde la chose de manière quasi mathématique : « J’étudie mes adversaires mais ça ne me permet pas de tout arrêter! C’est dans ma nature, dans ma préparation. Je regarde toujours des images avant le match, j’essaie de comprendre les systèmes. Ma mère m’a toujours dit quand tu étudies et apprends quelque chose, il ne faut pas l’apprendre une fois ou deux fois mais trois fois. C’est ainsi que l’on mémorise et retient les choses. Pour performer, je dois me sentir à l’aise, connaître mon adversaire.
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Ambitions futures
Jef Lettens est sous contrat avec Toulouse jusqu'en 2025, avec une option pour 2026. Il ambitionne de continuer à progresser avec son club, de s'installer durablement dans le Top 5 de la StarLigue et de pourquoi pas rêver de viser la Ligue des Champions.
« J’ai un contrat jusqu’en 2025 avec une option pour 2026. Ma carrière va évoluer avec Toulouse. Après, on ne sait jamais ce qui peut se passer dans le sport, mais je suis bien à Toulouse et je veux gravir les échelons avec eux pour s’installer dans le Top 5 et pourquoi pas rêver de viser la Ligue des Champions.
Il garde également un œil sur la sélection belge, qu'il a mise entre parenthèses en 2022, mais qu'il aimerait retrouver à l'avenir pour disputer une grande compétition comme l'Euro.
Vous aviez annoncé au printemps 2022 mettre la sélection belge entre parenthèses. Ce n’est pas un non définitif. Mais avec le rythme qu’on a à Toulouse, deux matchs par semaine, plus la vie de famille, ça me convient bien. Je ne dis pas que c’est fini, j’aimerais bien jouer encore un match pour mon pays, c’est toujours un honneur. Il faut trouver le bon moment. Là, avec la Ligue européenne, le championnat, tout ce qu’on joue, ce serait compliqué. Peut-être en mai, s’il y a une fenêtre internationale.
Tableau récapitulatif de la carrière de Jef Lettens
| Saison | Club | Championnat |
|---|---|---|
| Jusqu'en 2015 | Initia Hasselt | Belgique |
| 2015-2016 | Saran | D2 France |
| 2016-2019 | Cesson-Rennes | StarLigue |
| 2019- | Toulouse | StarLigue |