Le cricket est un sport qui, bien que confidentiel dans de nombreux pays, est une véritable institution en Inde et en Nouvelle-Zélande. En Inde, ce jeu, inventé en Angleterre au XVIe siècle, passionne les foules et déchaîne l'enthousiasme. On y joue dans les clubs chics, dans les bidonvilles, devant les temples hindous, dans les écoles coraniques…
Comme l'écrit Ashis Nandy, un célèbre écrivain et psychologue indien : « Le cricket est un sport indien découvert accidentellement par les Anglais. »
Pour la quatrième fois, l'Inde est pays hôte de la Coupe du monde. Le cricket est pratiqué là-bas depuis le 18e siècle, arrivé avec les colons anglais, et est aujourd'hui le sport le plus populaire du pays. L'Inde possède le championnat le plus relevé de la planète avec l'Indian Premier League (IPL), qui se joue sous un format de matches très courts, le Twenty20 (deux heures et demie de jeu), et attire toutes les stars internationales.
Cette édition se veut l’affirmation de la nouvelle puissance de la péninsule dans le monde. Dix-huit sponsors se sont bousculés pour être de la fête et avancer leurs pions sur l’un des seuls grands pays affichant encore une forte croissance dans le monde, damant le pion à la Chine. Beaucoup d’entre eux sont indiens, des jeunes pousses du numérique comme des magnats des télécoms ou de l’audiovisuel.
En ce début de novembre 2023, l’Inde vit au rythme de la Coupe du monde de cricket. « Sa » coupe, qu’elle organise dans une dizaine de villes hôtes. Au stade, pour une minorité, ou sur les chaînes de télévision spécialisées, ils suivent les exploits de l’équipe nationale, guidée par son capitaine. Adulé comme une vedette du cinéma « bollywoodien », Virat Kohli sature affiches publicitaires et programmes télévisés. Ses admirateurs ne manquent pas une occasion de se pâmer devant l’idole. À l’instar de ce 5 novembre, jour de son anniversaire, où l’Inde défait l’Afrique du Sud à Calcutta.
Dans les tribunes du stade Eden Gardens, des supporteurs extatiques brandissent une banderole à sa gloire : « Virat, longue vie à la mère qui t’a donné naissance ». « Joyeux anniversaire, roi Kohli », hurlent des fans en transe devant des caméras gourmandes. Gros plans sur le monarque d’un jour, multipliant autographes pour ses sujets et marques d’affection en direction des enfants, tel un politicien en campagne.
La veille à Bangalore, capitale de l’État du Karnataka, dans le sud de l’Union indienne, des files monstres se forment autour du stade Chinnaswamy, où vont bientôt s’affronter la Nouvelle-Zélande et le Pakistan. Un marchand de tuniques propose ses articles à la cantonade. « Je ne suis pas autorisé », murmure le vendeur au visage adolescent, tête baissée.
Avec 2,5 milliards de fans, c’est la deuxième compétition sportive la plus suivie sur Terre : la Coupe du monde de cricket bat son plein jusqu’au 19 novembre en Inde.
En 2019, lors de la précédente Coupe du monde de cricket, alors que l’Angleterre affrontait l’Inde à domicile, à Birmingham, les supporteurs anglais étaient moins nombreux que ceux qui portaient les couleurs bleues de l’équipe indienne. Même si l’Angleterre a finalement mis un terme à l’invincibilité de l’Inde dans le tournoi, le public, comme le spectacle, ont été phénoménaux.
Et pour cause : le soutien massif apporté à l’Inde, équipe visiteuse, s’explique notamment par le fait que Birmingham compte une forte population de personnes originaires du sous-continent indien [Afghanistan, Bangladesh, Bhoutan, Inde, Maldives, Népal, Pakistan et Sri Lanka - également appelé Asie du Sud].
L’énorme intérêt que le cricket suscite dans la région est confirmé par les chiffres : une étude de l’International Cricket Council (ICC), l’instance dirigeante de ce sport, estime que 90 % des amateurs de cricket résident en Asie du Sud.
Dix équipes (Afghanistan, Afrique du Sud, Angleterre, Australie, Bangladesh, Inde, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Pays-Bas et Sri Lanka) prendront part à la Coupe du monde, dans une poule unique. Chacune affrontera une fois toutes les autres et les quatre premières se qualifieront pour les demi-finales. Pour la première fois de leur histoire, les « West Indies » sont absents de l'événement. En recul depuis plusieurs décennies, elles ont dû passer par les qualifications et n'en sont pas sorties. Le match d'ouverture, ce jeudi, sera la revanche de la finale 2019 entre l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande. La rencontre la plus attendue aura lieu le 14 octobre entre l'Inde et le Pakistan, les voisins ennemis. La finale est prévue le 19 novembre à Ahmedabad. Quatre millions de dollars (soit 3,8 millions d'euros) seront remis à l'équipe victorieuse.
Si la Coupe du monde de cricket ne va pas bouleverser la vie en France, on parle tout de même d'un des événements sportifs les plus suivis au monde. L'épreuve figure dans le Top 10 des compétitions les plus regardées, aux côtés de la Coupe du monde de foot, des Jeux Olympiques d'été et d'hiver, de la Ligue des champions de foot ou encore du Super Bowl au football américain.
En 2019, à l'issue de la dernière Coupe du monde, l'International Cricket Council (ICC), la Fédération internationale, avait annoncé le chiffre d'1,6 milliard de téléspectateurs. Lors de la Coupe du monde de rugby qui avait eu lieu la même année, il y avait eu 857 millions de téléspectateurs.
Non contente d'accueillir la Coupe du monde, l'Inde est actuellement la meilleure équipe du monde. Elle truste la première place dans tous les classements de l'ICC : test-match, match d'un jour et Twenty20. Dans le format utilisé en Coupe du monde, elle devance le Pakistan et l'Australie. Championne en titre, l'Angleterre est cinquième.
Les stars de l'édition 2019 seront encore là : l'Anglais Ben Stokes, héros de la victoire en finale, le Néo-Zélandais Kane Williamson, élu meilleur joueur du tournoi, l'Indien Rohit Sharma et l'Australien Mitchell Starc, meilleurs batteur et lanceur il y a quatre ans. L'Inde a un autre excellent batteur avec Shubman Gill ainsi que le lanceur Mohammed Siraj. Mais le meilleur à la batte, c'est actuellement le Pakistanais Babar Azam.
Le scénario était écrit : la victoire devait être retentissante et le succès total pour Narendra Modi. Plusieurs sources politiques l'assurent, le Premier ministre indien avait écrit l'un de ses plus beaux discours pour célébrer la victoire de son équipe en finale de la Coupe du monde de cricket. Las, l'incertitude du sport est parfois cruelle.
C'est l'Australie qui s'est imposée le 19 novembre à Ahmedabad et le speech sur la toute-puissance de l'Inde a été reporté. Modi, qui connaît bien le cricket, a vite compris que la fête allait être gâchée. Le tour d'honneur qu'il avait prévu d'effectuer à mi-match a lui aussi été annulé. Quand il remet finalement le trophée au capitaine australien, Pat Cummins, il tente de faire bonne figure. Mais derrière le podium monté sur la pelouse, le stade est déjà aux trois quarts vide. Pour l'Inde et son Premier ministre, la déception est à la hauteur de l'espoir.
De l'avis général, les « Men in Blue » (le surnom de l'équipe nationale) étaient les meilleurs du tournoi. Invaincus jusqu'en finale, ils avaient battu toutes les grosses nations (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Angleterre…). La finale aurait dû être le point d'orgue d'une Coupe du monde parfaite. Tous les vols en direction d'Ahmedabad affichaient complet les jours précédant le match. Des convois de voitures avaient été mis en place depuis Delhi et Mumbai (Bombay). Le grand soir, plus de 300 millions de personnes ont regardé la finale.
Au moment de l'indépendance, en 1947, les leaders nationalistes espéraient que le sport quitterait le sous-continent avec les colons. Surtout que le cricket vient panser une blessure narcissique pour un peuple peu réputé pour ses compétences sportives. Le pays n'a gagné que 10 médailles d'or depuis le début des Jeux olympiques modernes, en 1896. À titre de comparaison, la Chine en a remporté 262, les États-Unis, 1 061. En football, le sport le plus populaire à l'échelle du monde, l'équipe nationale est classée derrière l'île de Curaçao (150 000 habitants). Les Indiens s'en moquent. Comme pour le cinéma, le pays se suffit à lui-même. Son marché local - 1,4 milliard d'habitants - permet de faire tourner une industrie florissante. L'une des dernières grosses productions de Bollywood, 83, retrace d'ailleurs la première victoire de l'Inde en Coupe du monde, en 1983, au Royaume-Uni.
Car, depuis quelques années, l'ex-colonisé a dépassé l'inventeur anglais, qui préfère le football ou le rugby.
Malgré sa défaite en finale, l'Inde occupe la première place du classement international. Son championnat, l'Indian Premier League, est le plus regardé et celui qui propose les plus gros salaires. Un afflux d'argent qui dénature l'esprit du sport, selon certains.
Passé par les instances dirigeantes du cricket, l'écrivain et historien Ramachandra Guha dénonce le contrôle qu'y exercent « des politiciens férus d'intrigues et de prétendus ex-maharajas », dans son livre The Commonwealth of Cricket (non traduit). Le fils du puissant ministre de l'Intérieur a récemment été nommé à l'un des postes clés de la fédération nationale. Un mélange des genres que déplore également l'écrivain Salil Tripathi. Lui aussi féru de cricket, il trouve un motif de satisfaction à la défaite de son équipe en finale. « C'est un bon retour à la réalité pour le pouvoir.
La première Coupe du monde de cricket s'est jouée en 1975 et a été gagnée par l'équipe des « West Indies », une sélection des îles anglophones des Caraïbes. Elle se dispute tous les quatre ans, sous un format de matches se jouant en une journée (sept ou huit heures de jeu). Loin du format historique des test-matches où une rencontre s'étale sur plusieurs jours.
Une Coupe du monde féminine existe également, depuis 1973... soit deux ans avant les hommes.
Le football a le Brésil, le rugby la Nouvelle-Zélande, le basket les États-Unis, etc... Le blockbuster du cricket est l'équipe d'Australie, sacrée cinq fois championne du monde, dont trois d'affilée entre 1999 et 2007. Les Australiens ne sont cependant pas invincibles. En 1996, ils avaient été surpris en finale par le modeste Sri Lanka. L'Inde, également un géant de la discipline, a été titré à deux reprises.
Pays où le cricket est né, l'Angleterre n'a gagné qu'une fois, il y a quatre ans seulement.
Voici un tableau récapitulatif des vainqueurs de la Coupe du Monde de Cricket :
| Année | Vainqueur |
|---|---|
| 1975 | West Indies |
| 1996 | Sri Lanka |
| 1999-2007 | Australie |
Le magazine en ligne “The Print”, établi à New Delhi, s’intéresse à l’importance centrale qu’ont prise les joueurs originaires du sous-continent indien dans des équipes favorites comme la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud ou, bien sûr, l’Angleterre, berceau de ce sport “typically British”.
Et il n’y a pas que les fans. Que ce soit dans les 12 pays qui constituent les bastions traditionnels de ce sport [une sorte de “première ligue” mondiale] ou dans [les 94 pays qui forment] les “nations associées”, il n’est pratiquement aucune équipe qui ne compte pas au moins un virtuose originaire du sous-continent indien dans ses rangs.
Le cricket est pratiqué en France et une Fédération nationale existe (environ 2 000 licenciés). Il y a même eu une médaille aux Jeux Olympiques, en 1900, mais avec une équipe composée en majorité de Britanniques vivant en France. La Coupe du monde et le haut niveau sont regardés de très loin. Aux classements de l'ICC, la France est 53e en Twenty20 et absente ailleurs. Les Bleus n'ont pas participé aux éliminatoires de la Coupe du monde 2023.

Un joueur australien de cricket âgé de 17 ans est mort jeudi 30 octobre après avoir été atteint par une balle deux jours plus tôt lors d'un match.
Le squash, le baseball, le cricket, la crosse et le flag football ont été proposés par le comité d’organisation des Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Au moins huit personnes ont été tuées et 45 blessées vendredi dans une série d'explosions visant un match de cricket à Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan.
Les fans indiens accusent le Sri Lanka d?utiliser la pollution pour perturber un match de cricket. Au cours du dernier des trois tests match entre les deux nations le Sri Lanka aurait interrompu la partie en prenant la pollution comme prétexte. Largement dominé par l?Inde, le match a ensuite pu reprendre, avant qu?une nouvelle interruption, demandé par le Sri Lanka, ne viennent perturber les équipes.
Du capitaine de l'équipe d'Australie au 1er ministre du pays, les officiels ont vivement réagi à la mort du joueur Phillip Hughes, décédé suite à un lancer manqué durant un match.
Phillip Hughes, joueur de cricket australien de 25 ans, est décédé des suites de ses blessures.
Lors d'un match de cricket en Nouvelle-Zélande, le commentateur Ian Wright a eu la drôle de surprise de voir une balle sortir du terrain...
Lauralee Bell, qui incarne Christine Blair, dite Cricket, est de retour !
Dimanche 19 novembre 2023 a eu lieu la finale de la Coupe du Monde de Cricket entre l'équipe nationale indienne et l'équipe nationale australienne. La Coupe du Monde de cricket a lieu tous les quatre ans. Cette coupe du monde est au format T50 ce que signifie que chacune des équipes jouent 50 overs (manches). L'équipe indienne a donc commencé la partie (on la qualifie d'opener) en "battant" (frapper la balle avec la batte). Rohit Sharma et Shubman Gill, les joueurs indiens réputés pour leur "batting", ont fait preuve de beaucoup d'énergie jusqu'à ce que Shubman Gill perde son wicket (guichet) lors de la quatrième manche ce qui a entrainé son élimination. Cela a découragé l'équipe indienne. Virat kohli est rentré sur le terrain pour remplacer Shubman Gill. C'était un match long. Et pourtant l'équipe indienne était favorite car les joueurs étaient chez eux et connaissaient bien le terrain. Je suis très déçu par les résultats obtenus par l'équipe indienne, car cela fait douze ans qu'ils n’ont pas gagné. Mais, j’ai beaucoup de respect pour Virat Kohli, qui est un bon joueur.
Congratulations to Australia on a magnificent World Cup victory! Theirs was a commendable performance through the tournament, culminating in a splendid triumph. Your talent and determination through the World Cup was noteworthy.
Notre jeune journaliste n'était pas le seul déçu : sur les réseaux sociaux, beaucoup de jeunes promettent de ne plus regarder le cricket...
C’est un sport dont on ignore à peu près tout en France. Pourtant, le cricket figurera en 2028 au nombre des disciplines olympiques, et l’engouement qu’il suscite déplace des foules considérables.