À 100 ans, la Coupe de France, épreuve reine du football français, n’a pas pris une ride ! C’est l’occasion idéale de découvrir les anecdotes les plus insolites de sa longue histoire. Des faits croustillants à rapporter aux autres supporters ce week-end lors des 32e de finale de la Coupe de France.

« La coupe Charles Simon » : Un hommage poignant
« La coupe Charles Simon », tel était le nom de la Coupe de France entre 1917 et 1919. Charles Simon n’est nul autre que le fondateur du Comité français interfédéral, l’ancêtre de l’actuelle Fédération Française de Football (FFF). La Coupe de France, c’était son idée.
Seulement, en 1915, il part combattre au front et tombe au champ d’honneur. Sans attendre la fin de la guerre, le Secrétaire général Henri Delaunay met alors tout en œuvre pour créer sa compétition. M. Chovillon, un ouvrier joaillier de Ménilmontant, est chargé de créer le trophée. Il fixe 3,2 kg d’argent sur un socle de marbre blanc des Pyrénées. En hommage à son inventeur, le trophée est baptisé la Coupe Charles Simon.
Quand les Anglais jouaient la Coupe de France !
Le 7 octobre 1917, alors que des milliers de soldats tombent au front, le coup d’envoi de la première Coupe de France est lancé. La guerre faisant rage, seuls 48 clubs sont inscrits (contre plus de 7 000 en 2013). Parmi eux, deux équipes anglaises : la British Aviation FC et le London County SC. Inimaginable aujourd’hui !

Pile ou face ? Une anecdote véridique
L’anecdote est véridique. Le 10 mai 1967, après trois matchs nuls en demi-finales, l’Olympique lyonnais et l’AS Angoulême sont départagés au pile ou face pour accéder à la finale ! Un pile ou face que l’OL remporte.
Jusqu’en 1967, les prolongations et tirs au but n’existaient pas en cas d’égalité. Après trois matchs nuls, les matchs étaient rejoués, voire tirés au sort. Une règle est ensuite instaurée en 1964 à la suite d’un marathon opposant le Racing Club Agathois et l’AS Pierrots Vauban. À l’époque, quatre matchs avaient été nécessaires pour les départager.
Où est la coupe ? Un vol rocambolesque
1979. Après la première victoire nantaise, impossible de retrouver le trophée. La coupe a été volée ! Elle sera retrouvée rapidement. Ouf !
Attention au petit poucet
La plus vieille compétition du football français tire sa popularité du fait qu’elle permet de confronter les amateurs aux professionnels. Régulièrement, des surprises se produisent. On pense évidemment au Havre AC (Ligue 2), en 1959, et l’En Avant de Guingamp (Ligue 2), en 2009, qui ont tous deux remporté la coupe en étant pensionnaire d’une division inférieure.
9 mai 2009. Guingamp bat le Stade Rennais, 2 à 1, en finale de la coupe de France. Au total, dix clubs de deuxième division ont disputé au moins une finale, ainsi que trois clubs de National et un club de CFA, Calais RUFC en 2000.
N’en déplaise à certains… Rappelez-vous, Guy Lacombe, entraîneur du club professionnel de l’AS Monaco, s’est énervé publiquement de cette logique en 2011 après l’élimination de son équipe par le Stade olympique de Chambéry en 32e de finale. Il avait notamment qualifié la compétition de « dérive populiste ». Mauvais perdant ?
De Gaulle, joueur ? Une tradition présidentielle
Remettre le trophée au capitaine vainqueur est une tradition inaugurée par Gaston Doumergue en 1927 que tous les présidents de la République suivants s’attacheront à suivre. L’image la plus célèbre ? Retour en mai 1967, au Parc des Princes à Paris. La finale oppose l’Olympique lyonnais et FC Sochaux (finale remportée par l’OL, 3-1). À la suite d’un dégagement du joueur lyonnais Hector Maison, le ballon atterrit dans les mains du président. Tranquillement, il le renvoie depuis la tribune aux Sochaliens.
29 secondes : Un record de précocité
C’est le temps qu’il a fallu pour qu’un joueur de champ ouvre le score lors d’une finale de la Coupe de France. Un but marqué par le Lillois Roger Vandooren, lors de la finale remportée 2-0 par Lille contre Strasbourg en 1947. Efficace !
Parmi les autres chiffres, on retiendra la plus large victoire, 32-0 lors du match RC Lens - Auby-Asturies en 16e de finale lors de la coupe de 1942.
Carton bleu ! Une initiative éphémère
Après le carton jaune et le carton rouge… il y avait le carton bleu ! Mis en place par la FFF entre 1995 et 1999, il ne sanctionne pas mais récompense le club le plus fair-play. Des points sont attribués à chaque club en fonction du nombre de cartons reçus ou encore du comportement du public.
Top Buts Coupe de France 2024/2025
Le 2-0 : Un score emblématique de l'équipe de France
2-0 est un score très courant dans le monde du foot. Moins nette qu’un 3-0, moins crispante qu’un 1-0, la victoire 2-0 permet d’affirmer sa supériorité du moment sur un adversaire d’égale valeur.
2-0, c’est avant tout le score emblématique des années 1980, celui avec lequel les Bleus de Michel Hidalgo puis d’Henri Michel remportèrent les premiers titres : France-Espagne 1984 en finale de l’Euro, France-Uruguay 1985 en Coupe Intercontinentale et même, en élargissant un peu, la finale des Jeux Olympiques de 1984.
En plus des titres, c’est aussi le score qui qualifie les Tricolores pour les phases finales de Coupe du monde 1982 (France-Pays Bas) et 1986 (France-Yougoslavie), lancé à chaque fois par un coup franc de Platini. C’est le score de quelques matchs amicaux mémorables disputés au Parc des Princes quelques mois avant les grandes compétitions : France-Italie 1982, France-Angleterre 1984, France-Argentine 1986. C’est un huitième de finale à Mexico contre l’Italie.
La génération actuelle (depuis l’arrivée de Deschamps comme sélectionneur) en est à 21 victoires 2-0, mais certaines ont été déterminantes : le Nigeria lors de la Coupe du monde 2014, l’Allemagne à l’Euro 2016, l’Uruguay à la Coupe du monde 2018, le Maroc lors de la Coupe du monde 2022, la Croatie en match retour des quarts de finale de la Ligue des Nations 2025.
L’équipe de France ne pouvait trouver une meilleure année que l’année 20 pour enregistrer le premier 2-0 de son histoire. Une victoire acquise au Parc des Sports de Genève face à la Suisse qu’elle rencontrait pour la septième fois. L’équipe avait aligné une attaque de feu avec Dubly, Bard, Dewaquez et Nicolas, les deux derniers signant les deux buts, le joueur de l’Olympique à la 43’ et celui du Gallia Club à la 78’.
Au pied du mur, les hommes de Michel Hidalgo arrachent leur qualification pour la Coupe du monde espagnol grâce à un coup franc de Platini qui contourne le mur orange et se loge dans les filets de van Breukelen. Ensuite Six, en profitant d’un rush de Rocheteau, valide pour de bon le ticket pour l’Espagne. C’est la fin, définitive d’une magnifique génération néerlandaise et de son football total.
C’est sur le score de 2-0 que l’équipe de France a remporté le premier titre de son histoire. Le 27 juin au Parc des Princes, les hommes de Michel Hidalgo ne réalisent pas leur meilleur match de l’Euro 1984 mais assurent le plus important en remportant la victoire. Platini ouvre le score à la 57’ minute sur coup-franc, avec la complicité involontaire du malheureux Arconada.
Une belle soirée de fin d’été au Parc des Princes pour la première Coupe intercontinentale des nations qui oppose les champions d’Europe français à leurs homologues uruguayens, champions d’Amérique du Sud. Une équipe de France éblouissante face à une Celeste un peu trop brutale malgré le superbe Francescoli.
Tous les éléments sont réunis pour faire de ce France-Yougoslavie 1985 un classique de l’histoire du foot tricolore. Comme si le cahier des charges avait spécifié une victoire 2-0 au Parc des Princes avec un coup franc de Platini... Ce qui fut fait sans le moindre accroc, le capitaine français, qui allait recevoir son troisième Ballon d’Or dans la foulée, inscrivant lui-même le deuxième but.
C’est au stade olympique de Mexico, à 2250 mètres d’altitude, que l’équipe de France vient défier les champions du monde italiens en huitième de finale de la Coupe du monde 1986. Face à des joueurs qu’il a l’habitude d’affronter chaque dimanche, Michel Platini ouvre le score à la conclusion d’un beau mouvement collectif initié par Fernandez et relayé par Rocheteau. En deuxième période, c’est Yannick Stopyra double la mise sur une nouvelle passe décisive de Rocheteau.
Quatre ans plus tôt, en match amical, la France avait remporté sa première victoire sur la Squadra depuis 62 ans.
Sept mois après leur premier titre mondial, les Tricolores se rendent à Wembley pour une rencontre de gala face à l’Angleterre, qu’elle n’a jamais vaincu sur son sol et encore moins dans son vieux stade mythique. Les hommes de Roger Lemerre, qui a succédé à Aimé Jacquet, démontrent que leur titre mondial n’a rien d’usurpé en livrant un match de très haut niveau.
A Cologne, l’équipe de France doit absolument vaincre celle du Togo pour poursuivre sa route dans le mondial allemand. Cela semble à sa portée, mais les deux matchs nuls qui ont précédé cette rencontre décisive, contre la Suisse et la Corée du Sud, n’incitent pas à l’optimisme béat. En l’absence de Zinedine Zidane, suspendu pour collection de cartons jaunes, c’est Patrick Vieira, qui fête ses trente ans ce jour-là, qui prend les choses en main et ouvre le score en début de seconde mi-temps.
Au stade Vélodrome de Marseille, les hommes de Didier Deschamps ont toutes les peines du monde à venir à bout de l’équipe d’Albanie pour leur deuxième match de l’Euro 2016. Le score est toujours de 0-0 quand on entre dans la 90e minute. C’est alors que sur un centre d’Adil Rami, Antoine Griezmann, fraîchement entré en jeu, reprend de la tête et trompe enfin le gardien albanais.
Une demi-finale France-Allemagne est pour le football français l’occasion de régler quelques points avec l’histoire. Au stade Vélodrome de Marseille, qui accueille la troisième demi-finale europénne de son histoire, les Français sont bousculés par les Champions du monde en titre, mais ils obtiennent un penalty juste avant la mi-temps transformé par Antoine Griezmann. Puis à vingt minutes de la fin, un ballon mal repoussé par Neuer est repris par le même Griezmann qui signe un doublé contre le meilleur gardien du monde.
Sur la route de son deuxième titre mondial, l’équipe de France toute de blanche vêtue est opposée à l’Uruguay à Nijni Novgorod en quart de finale du Mondial 2018. Cinq minutes avant la mi-temps, un coup franc d’Antoine Griezmann est repris de la tête par Raphaël Varane, qui ouvre le score.
Les défaites 0-2 ont également marqué l’histoire de l’équipe de France, et tout particulièrement celle de la décennie platinienne. La demi-finale contre la RFA, celle de Guadalajara en 1986, qui mettait définitivement fin aux rêves de sacre mondial d’une génération. Ou celle concédée quelques mois plus tard au Parc des Princes contre l’URSS, confirmant que les lendemains allaient être difficiles.
La première défaite 0-2 a eu lieu juste avant la grande guerre, en 1914, le 29 mars à Turin contre l’Italie. Depuis, un très grand nombre ont suivi parmi lesquelles certaines très douloureuses : Celle contre la Tchécoslovaquie à Marseille en 1960 qui nous prive de la troisième place du premier championnat d’Europe.
Celle contre l’Angleterre à Wembley qui nous sort de la World Cup 1966. Celle de 1969 à Solna contre la Suède ou de 1973 à Moscou qui nous empêche définitivement de participer aux Coupes du monde 70 et 74. Celle de Bratislava qui nous écarte de l’Europeo italien. Celle de Glasgow en 1989 (deux buts du Nantais Mo Johnston) qui nous prive lui aussi de phase finale italienne. Celle de 2002 à Incheon où le Danemark met fin à une World Cup 2002 complètement ratée. Celle de 2010 à Polokwane où le Mexique fait la leçon aux caïds de Knysna.
L’ère des rencontres aller-retour a vu l’équipe de France de Didier Deschamps, à douze années d’intervalle, s’incliner sur ce score à l’aller, en 2013 en Ukraine puis en 2025 en Croatie. Ces défaites similaires ont donné chacune un match retour épique au Stade de France, avec un 3-0 contre l’Ukraine qui envoie les Tricolores à la Coupe du monde brésilienne et une série de tirs au but contre la Croatie qui qualifie pour le tour final de la Ligue des nations.
| Club | Nombre de victoires |
|---|---|
| Paris Saint-Germain | 14 |
| Olympique de Marseille | 10 |
| AS Saint-Étienne | 6 |
| Lille OSC | 6 |
| AS Monaco | 5 |
| Olympique Lyonnais | 5 |
| RC Paris | 5 |