Le Forfait du Hyères Rugby : Une Liquidation Judiciaire aux Conséquences Sévères

C'était l'un des gros coups durs de l'été pour le rugby français et la région PACA. Au mois d'août, alors que les périodes de mutation sont normalement bouclées ou presque, le RCHCC, déposait officiellement le bilan.

En ce début de saison, l'USBPA, qui devait recevoir le RCHCC le 6 septembre, est l'un des premiers clubs concernés par cette situation.

En proie à des difficultés économiques, l’entité varoise n’est pas parvenue à trouver les fonds nécessaires pour combler un trou de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Selon nos informations proches du dossier, le RC Hyeres Carqueiranne La Crau n’évoluera pas en Nationale la saison prochaine. En effet le club varois vient de voir le tribunal de commerce de Toulon enclencher, ce vendredi, une procédure de liquidation à son encontre et sera donc dans l’impossibilité de concourir dans l’antichambre de la Pro D2.

Toujours selon nos sources, les 2 nouveaux Co-Pdt seront ce lundi après midi devant le juge pour se voir prononcer officiellement la liquidation du Rugby Club Hyeres Carqueiranne La Crau.

Un séisme dans le landerneau rugbytisque local mais pas une surprise en soit pour les suiveurs assidus de la Nationale, tant l’ambiance crépusculaire et électrique qui régnait au Stade Veran depuis quelques mois ne laissait augurer rien de bon.

Avec un passif d’au moins 500 000 euros, et des joueurs non rémunérés depuis au moins deux mois, les nouveaux dirigeants se voient contraints d’entamer une procédure de liquidation et de facto de libérer les joueurs de leurs contrats.

Montée de fédérale 2 à Nationale en moins d’une décennie, le club aux 350 licenciés a totalement explosé économiquement lors de cette saison 2023/2024 et voit l’œuvre sportive de Greg Le Corvec et ses hommes s’effondrer faute de ressources financières suffisantes.

Mais alors que Patrice Teisseire a tenu bon an mal an l’intérim durant 9 mois, les problématiques hyeroises se sont emballées au cœur du printemps avec la vraie/fausse ou la fausse / vraie arrivée du duo Dracénois (Lorimier / Bouchet).

David Penalva, le manager de l’équipe première (arrivé le 1er juillet 2024) , nous concédait récemment , avoir vu en 3 semaines dans le Var « des désastres humains » jamais observés auparavant dans sa carrière.

Toujours selon nos informations, le président de la Métropole Toulon Méditerranée et maire de Hyeres, Jean Pierre Giran, grand artisan de l’opération commando pour sauver le RCHCC, devrait tenir ce mardi une conférence de presse aux côtés des Co-Presidents Laurent Mazzella et Hervé Saussol.

Dans tout les cas, la Nationale reprendra donc avec 13 équipes le 23 août 2024, car la Fédération Française de Rugby étant dans l’impossibilité tant temporelle que statutaire de repêcher un club.

La Fédération française de rugby a alors pris une décision, le RCHCC est forfait général, donc logiquement dernier de la poule avec déjà une relégation actée.

C’est donc ainsi que tous les clubs de Nationale ont commencé le championnat avec 10 points dans leur escarcelle.

Et deux victoires bonifiées dans le bilan du début de saison.

Chaque équipe aura donc deux week-ends de repos supplémentaires dans la saison, lorsqu’elle aurait dû se confronter au club varois.

Et c’est également pour cette raison, qu’aucun des 13 clubs ne peut vivre une descente immédiate.

Le 14e sera forcément Hyères-Carqueiranne, il ne reste donc que la 13e place synonyme de barrage contre le finaliste de la Nationale 2.

Une situation similaire à celle vécue la saison dernière, lorsque Blagnac avait déclaré forfait en cours de saison.

En début d’année, Blagnac avait disputé son dernier match de Nationale face à Hyères-Carqueiranne-La Crau.

Sept mois plus tard, comme un mauvais signe du destin, les pensionnaires du stade André-Véran ont rejoint les Caouecs dans cette fin difficile.

À vrai dire, ce n’est pas vraiment une surprise tant les Jaune et Vert n’ont cessé de repousser l’inévitable depuis le départ en juin 2023 du président et principal mécène Alain Brenguier.

Depuis, les Varois ont connu trois changements de présidence avec notamment Patrice Teisseire et les fantomatiques Bouchet et Lorimier.

Il y a un mois, nous vous révélions la venue d’un nouveau tandem composé de Laurent Mazzela et Hervé Saussol.

Ces deux investisseurs locaux n’ont pas été en mesure de relever une situation désespérée (des salaires non versés depuis deux mois, des dettes auprès de prestataires privés et d’organismes publics…) : "Nous sommes en cessation de paiement sans possibilité de redresser la situation, a avoué le deuxième nommé ci-dessus.

Le juge a liquidé l’association.

Aux côtés des deux hommes, le président de la Métropole Toulon Provence Méditerranée et maire de Hyères Jean-Pierre Giran s’est exprimé avec déception après avoir œuvré en coulisses pour maintenir le club en Nationale : "On aurait préféré évoquer avec vous un autre sujet.

Tout le monde, collectivités comme sponsors, a été présent pour accompagner le club, mais les surprises ont été nombreuses avec un dernier intermède difficile, ces dernières semaines, qui a accru le passif.

J’apprécie que les présidents ne partent pas en courant.

Ils assument des responsabilités alors qu’ils n’y sont pour rien.

Il faut repartir et reconstruire en se concentrant sur les jeunes.

Je lance un appel à la Fédération pour qu’il puisse jouer à leur niveau.

De facto, tous les éléments de l’équipe fanion (peu ou prou 30 joueurs) sont ainsi libérés de leur engagement avec le RCHCC.

Ce dernier n’existera d’ailleurs plus sous ce nom actuel.

La création d’une nouvelle association, dont l’identité n’a pas été encore été déposée, est attendue sous peu pour que les catégories de jeunes puissent jouer à la rentrée.

L’association dissoute va perdre "ses droits sportifs", comme évoqué par la secrétaire générale de la Ligue Sud Rugby Marie-Pierre Ayglon.

Le nouveau-né doit ainsi repartir, en théorie, de la Régionale 3 sauf "décision du bureau fédéral" qui a une dimension statutaire.

Les trois édiles ainsi que les présidents vont défendre un dossier pour que la nouvelle association puisse repartir en Fédérale, à l’instar du Stade Niçois il y a quelques années.

Une réunion est programmée avec les instances en fin de semaine, et une décision doit être prise d’ici les prochains mois.

RUGBY. Bilan ?

Une trentaine de joueurs au chômage alors que la Nationale 1 s’apprêtait à reprendre.

Quelques mois plus tard, que devient donc le club d’Hyères/Carqueiranne/La Crau et que reste-t-il de l’aventure en Nationale ?

En somme, à part André Gorin et le stade André-Véran, pas grand-chose.

"Nous souhaitons retrouver cet esprit de clocher qui permettra aux jeunes de Hyères, La Crau et Carqueiranne de grandir dans leur club tout en évoluant à un bon niveau sénior", affirme Laurent Mazzella, président du club, pour Var-Matin.

Une équipe hyéroise qui a tout de même été inquiétée pour la première fois de la saison, ce dimanche, en déplacement chez le 2ème de la poule, La Ciotat.

Mais les coéquipiers du capitaine Gorin (37 ans), ancien joueur de Top 14 (2 saisons à Bayonne) et futur manager sportif, ont fait valoir la supériorité de leur banc et leur organisation pour l’emporter finalement 18 à 33.

"C’est une très belle équipe, face à qui ça tape fort comme rarement, pour ne pas dire jamais, à ce niveau-là", reconnaît Kamal Aissaoui, entraîneur de La Ciotat qui connaît bien les divisions supérieures de la région après ses aventures à Aubagne et Marseille notamment, en Fédérale 3.

Et l’ancien numéro 9 au caractère de feu de poursuivre : "on regrette d’avoir eu quelques absents qui nous auraient peut-être permis de rivaliser encore un peu plus et d’accrocher un point de bonus défensif.

Pour autant, Hyères a été plus réaliste que nous et force est de reconnaître que son organisation et sa conquête étaient supérieures à ce que nous sommes capables de proposer aujourd’hui.

Que sont-ils devenus ?

Pêle-mêle et en dehors des transferts déjà prévus comme celui de Théo Lachaud à Colomiers, citons quelques uns des joueurs restés en Nationale 1 comme les jeunes Spike Salman (Tarbes), Paul Gadéa (Carcassonne) et Yan Tabarot (Chambéry), ou l’ancien capitaine Joachim Beaumont, retourné chez lui, dans le Nord, à l’OMR.

D’autres joueurs du RCHCC ont renforcé des clubs de Nationale 2 comme Samuel Roche, retourné à Nîmes, tandis que de nombreux Espoirs du club ont rebondit en Fédérale 1, avec plus ou moins de réussite, notamment du côté de La Valette.

Les supporters du Rugby Club Hyères-Carqueiranne La Crau sont décidément soumis à toutes les émotions depuis un an.

Depuis le départ inattendu de l’ancien président Alain Bringuier, et l’annonce des difficultés financières du club varois, plusieurs projets de reprise ont été mis sur la table.

Le dernier en date, mi-mars s’était soldé par une douche froide.

Un mois après celui de Blagnac, le dépôt de bilan était alors évoqué dans la presse, tout comme le forfait sportif.

Mais hier, le RCHCC a annoncé une reprise par Florian Lorimier et Stephen Bouchet, deux entrepreneurs gérants de la société LB INVEST.

De quoi être optimiste tout en restant méfiant, compte tenu des derniers épisodes…Florian Lorimier et Stephen Bouchet, Gérants de la Société O2TOIT (Groupe LB INVEST). ont pris les rênes du club et la parole hier (photo club)« Nous avons le plaisir de vous annoncer que le Club a été repris par Florian Lorimier et Stephen Bouchet, Gérants de la Société O2TOIT (Groupe LB INVEST) » voilà comment débute le communiqué du club publié ce jeudi soir.

Les deux hommes ont ainsi évoqué non pas le projet de reprise, mais bien une reprise actée, avec une projection à court et moyen terme de leurs intentions.

Avec « une volonté de faire de l’école de rugby le centre névralgique du projet global.

» De même que le centre de formation.

Le tout pour maintenir l’équipe fanion au niveau actuel, ainsi représentative du travail effectué en amont par et pour les jeunes.

Florian Lorimier et Stephen Bouchet parlent d’une même voix : « De manière générale, il est important pour nous de recréer une symbiose à tous les niveaux du club, bénévoles, école de formation, centre de formation et équipe première.

Nous sommes et devons rester un club solidaire et uni.

Ces derniers mois et leurs difficultés doivent servir à prendre conscience de l’importance de ne former qu’un.

Notre base doit être solide et doit servir de moteur à l’ensemble de nos catégories.

»Les deux entrepreneurs et nouveaux présidents donc, savent aussi mettre en avant les partenaires du club, et les collectivités locales, tout en soulignant que leur engagement est total, et que l’unité est et sera toujours leur priorité.

Actuel 9ème au classement avec un match en moins, le RCHCC (vainqueur de Narbonne le weekend dernier 27-24) est, à trois journées de la fin de la saison régulière, toujours en course pour jouer la 6ème place qualificative.

Une performance quand on imagine dans quelles conditions le staff et le joueurs subissent la situation extra sportive.

Encore une spécifité cette saison rendant la Nationale spéciale.

Le classement actuel n’est pas faux, même s’il est étrange de lire que les clubs ont déjà 14 points, 11 ou 10 alors qu’une seule journée de championnat a été disputée.

Mais la raison est toute simple, quelques jours avant le début de la Nationale, Hyères-Carqueiranne-La Crau a été placé en liquidation judiciaire.

Battus sur le terrain par Hyères Carqueiranne La Crau (28-22) en quarts de finale du championnat de France de Régionale 3, les joueurs du Panjas Athletic Club refusent de baisser les bras.

Ils dénoncent la présence de six joueurs adverses en double licence, en infraction avec le règlement.

Une irrégularité dans la feuille de match pourrait-elle remettre en cause la victoire d’Hyères Carqueiranne La Crau 83 en quarts de finale du championnat de France de Régionale 3 ?

La direction du Panjas Athletic Club (PAC) en est convaincue.

"Nos investigations nous ont permis de constater que 6 doubles licences étaient sur le terrain", affirme le club à damiers dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux ce samedi.

La frustration du club gersois est d’autant plus vive qu’il avait pris soin d’alerter le représentant fédéral avant même le coup d’envoi.

"Il nous a dit que tout était en ordre", assure Thomas Ducom, coprésident du PAC, joint par La Dépêche.

"Mais quand on va sur le site de la FFR, les joueurs apparaissent bien affiliés à d’autres clubs qu’Hyères.

Quoi qu’il en soit, dimanche dernier, sur la pelouse de Villeneuve-lès-Béziers, le match s’est déroulé normalement.

Malgré "une bataille héroïque en seconde mi-temps" des Panjagais, le quart de finale a tourné à l’avantage de l’ogre varois, vainqueur 28 à 22 et grandissime favori de la compétition.

La vérité du terrain a parlé, mais celle des règlements pourrait tout remettre en cause.

Dès le coup de sifflet final, porté par un profond "sentiment d’injustice", Panjas a adressé une réclamation à la FFR "dans un souci d’impartialité et de respect".

Bien décidé à ne pas baisser les bras, le PAC a envoyé jeudi un nouveau courrier, cette fois "en bonne et due forme et avec des preuves à l’appui", avec l’aide de Laëtitia Pachoud, présidente du Comité de rugby du Gers.

Depuis ?

Silence radio de la Fédération.

Un mutisme qui a poussé le club gersois à rendre publique l'"affaire".

Dans le vestiaire du PAC, alors que les joueurs étaient encore à l’entraînement vendredi, un mince espoir subsiste.

"De ce qu’on nous a dit, si jamais on a raison, le résultat peut être annulé, et dans ce cas on jouerait la demi-finale dimanche prochain", explique le dirigeant.

Le club à damiers fonde notamment son espérance sur une affaire récente : le match de Fédérale 2 entre Annecy et Pézenas, entaché d’une bagarre générale mêlant joueurs et spectateurs.

"Si on n’a pas de réponse claire, on va se dire qu’on est passé à côté de quelque chose et c’est un sentiment d’injustice qui persistera longtemps", conclut Thomas Ducom.

Reste à attendre le verdict final.

Pendant ce temps, Hyères Carqueiranne La Crau trace sa route.

Qualifié pour la finale, le club varois laisse derrière lui un parfum d’amertume chez les Panjagais.

Les Violets n'affronteront pas Hyères-Carqueiranne cette saison.

L'USBPA ne comptera que 12 adversaires au lieu de 13 cette saison, en raison de la liquidation judiciaire du club de Hyères-Carqueiranne.

Les Bressans devaient accueillir les Varois le 6 septembre.

Le championnat de Nationale de rugby reprend ses droits ce week-end.

Mais une équipe n'y participera pas.

Pour le technicien burgien, les instances du rugby français ont leur part de responsabilité dans cette affaire : "Jouer deux matches en moins cette saison, tout le monde s'y attendait, et ce n'est pas ce que l'on espérait.

Ce qui est dommage, c'est que l'information arrive tardivement, comme souvent dans notre sport.

Le club de Hyères est dans une position difficile, mais pour moi, la responsabilité des instances est forte.

J'espère que d'autres scénarios du même type ne se répéteront pas cette année.

Economiquement, cela entraîne aussi une absence de recettes en termes de billetterie, de buvette...

Stade André-Véran, Hyères

Conséquences et Avenir du Club

La liquidation judiciaire du RCHCC a des conséquences importantes :

  • Sportives : Le club est forfait général en Nationale et relégué.
  • Financières : Un passif important et des salaires impayés.
  • Humaines : Une trentaine de joueurs au chômage et un avenir incertain pour le club.

Malgré ces difficultés, des efforts sont déployés pour reconstruire le club autour des jeunes et des valeurs locales.

Interview de Greg Le Corvec, troisième ligne au Rugby Club Hyères Carqueiranne la Crau

L'objectif est de repartir en Fédérale et de retrouver un esprit de clocher.

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