Vainqueur de l’Écosse 35-16 au Stade de France, le XV de France a décroché le Tournoi des 6 Nations, mais aussi battu de nombreux records dans une édition où sa puissance offensive a dépoussiéré de nombreuses statistiques. Grâce à son septième titre dans le tournoi depuis le passage à six nations en 2000, l’équipe de France égale l’Angleterre en tête du palmarès. Au total, c’est son 27e sacre, Cinq et Six nations confondues. Les Bleus terminent avec un point d’avance sur l’Angleterre et deux sur l’Irlande, double tenante du titre.
Au bout d'un match disputé, dans lequel les deux équipes ont longtemps évolué à 14 contre 14, le XV de France est parvenu à se défaire de l'Écosse au Stade de France (32-21).
Yoram Moefana, trois-quarts centre de l’équipe de France a été désigné homme du match après la victoire 35-16 face à l’Écosse, synonyme de sacre dans le Tournoi des six nations.
🇫🇷 *19 YORAM MOEFANA LE PETIT PRINCE
« Ça fait du bien, on est tous contents. On a échoué en Angleterre, on est rentrés, on s’est reposés et on est revenus avec une belle mentalité pour aller chercher la gagne ce soir et on l’a fait. C’était dur parce que l’Écosse est une équipe qui joue, il ne fallait pas s’endormir, il fallait toujours être réveillé mais on l’a fait. Je suis très content pour l’équipe. », a déclaré Yoram Moefana.
Un match sous tension
« Ce match était très difficile, admet Fabien Galthié, le sélectionneur du XV de France. On ne s’attendait pas à ce scénario de match même si on avait bien identifié leurs forces. Ils ont joué sans pression, pour se faire plaisir. Nous, on a joué tendu, mais bon ça finit bien avec quatre essais encore. »
Louis Bielle-Biarrey, ailier du XV de France : « Il y a eu des mots forts à la mi-temps parce que ça a été dur, cette première mi-temps (la France ne menait que 13-10 à la pause, NDLR). C’est vrai qu’on était un petit peu en-dedans, on prend ces deux cartons jaunes, on fait pas mal de petites erreurs techniques comme moi sous le ballon, donc c’est vrai que ça nous a mis un peu dedans, et puis on est tombé face à une très belle équipe d’Écosse aussi, qui nous a vraiment posé de gros problèmes. »
Damien Penaud : « Il y a eu des hauts et des bas. On a pris un coup sur la tête en Angleterre. La force du groupe fait qu’on n’a rien lâché. On a cru en nous, au projet. On a été récompensés. »
« Le début de match a été compliqué, sûrement à cause de la pression. On avait du mal à se lâcher. En deuxième mi-temps, on l’a fait. Le banc nous a fait énormément de bien. On est contents d’avoir gagné. C ’est la force de ce groupe. On travaille à 42, voire plus, car il y a malheureusement des blessés. L’émulation fait que tout le monde hausse son niveau et je pense que c’est le plus important pour le collectif et la performance. »
Des propos ont été relayés par Maxime Lucu : « Ça fait du bien. Il y a beaucoup de fierté, de bonheur. Ce sont des moments qui sont beaux à voir et à vivre. C’est cool de gagner ce tournoi, après les moments qu’on a traversés. Après la Coupe du monde, c’est bien de venir gagner, chez nous ici. Ça a été un match difficile. On l’a vu en première mi-temps, il y avait beaucoup de pression.
Le film du match
Les Français avaient studieusement préparé cet affrontement face aux Écossais. Pas le droit à l'erreur au Stade de France, pour oublier l'échec subi en Irlande et rebondir. Le doute n'était plus permis après un essai précoce des Français de Ntamack en bout de ligne, suite à une séquence intense infligée sur la ligne (7-0, 5 ème). Alors que Gilchrist voyait rouge, consécutif à une percussion de l'épaule sur la tête de Jelonch, les Bleus accentuaient leur mainmise.
Dumortier démarqué sur son aile, profitait d'une passe sautée à l'origine de Dupont, et d'une fixation de Ntamack pour doubler la mise pour les hommes de Fabien Galthié (12-0 7 ème). Un début en fanfare, à vocation de rassurer les plus sceptiques. Sauf qu'Haouas dérapait sur un déblayage à la tête auprès de White largement évitable. Pas forcément remuée par cette décision, la France poursuivait son approche tactique, avec une envie débordante de jouer les extérieurs.
Si l'Écosse possédait une belle opportunité, Russell était lisible sur une passe vissée sur laquelle Ramos se distinguait en l'interceptant pour allonger la foulée jusqu'aux poteaux (19-0, 20 ème). Le Stade de France chavirait. La réplique des troupes de Gregor Townsend ne tardait guère, sur une passe au cordeau de Russell à destination de Jones qui marquait en force (19-7, 25 ème). Avec un écart conséquent, les Français n'étaient pas en mesure d'être dans le confort.
Jones marquait un doublé après une nouvelle action robuste des visiteurs au large et surtout par le travail des avants, colossaux dans ce deuxième acte (22-14, 47 ème). Ramos éloignera le danger au pied momentanément (25-14, 57 ème), mais les temps faibles se multipliaient. Russell, toujours aussi déroutant balle en main, cassera la ligne d'avantage pour l'essai du doute dans les esprits (25-21, 67 ème).
Alors que les Écossais tentaient parfois l'impossible, les Bleus se réorganisaient face à une telle imprévisibilité. Attendus au tournant, les hommes de Fabien Galthié ont négocié comme il se devait cet affrontement même si des pistes d'amélioration seront à scruter. Parce qu’il y avait une forme de crainte face à un XV du Chardon, performant dans le désordre et capable de vous retourner les esprits avec un appétit offensif féroce.
La déception est perceptible pour les troupes de Gregor Townsend. La croyance était forte pour tout un peuple, à la recherche d’un éventuel Grand Chelem depuis 1990. Ce jeu si attrayant, comporte aussi des devoirs. Et face aux Français, les Écossais ont rompu sur certains principes qui demeurent intransigeants.
Ce fut laborieux, longtemps. Jamais totalement maîtrisé. Il y a eu même un soupçon d’inquiétude juste avant la mi-temps. Et puis, finalement, grâce à la puissance destructrice de son double pack, à la solidité de Yoram Moefana aux deux bouts du terrain (plaquages et 2 essais), à quelques accélérations auxquelles Louis Bielle-Biarrey nous a désormais habitués, les Bleus ont fini par venir à bout des Écossais, à prendre le large, pour s’offrir le sacre tant espéré.
Mais si la seconde mi-temps fut meilleure que la première - on n’ose imaginer la soufflante passée par Fabien Galthié à ses joueurs dans l’intimité des vestiaires à la pause -, la première fut un mauvais brouet. La faute, certainement, à ce maudit trac. Celui qui embrouille les idées, qui agace, qui fait perdre les nerfs. On espérait les Bleus à l’abri de cette fébrilité. On l’a même cru durant les quinze premières minutes.
Une démonstration de puissance des avants tricolores. On s’est alors dit que les Écossais allaient passer une mauvaise soirée quand, à la 18e minute, Fickou esquive deux défenseurs et sert son partenaire du centre, Yoram Moefana qui file à l’essai. 10-0, tout va bien.
Ça commence par un geste d’énervement inutile de Thomas Ramos dans son en-but qui pousse Ben White dans le dos. Le demi de mêlée de Toulon tombe sur Peato Mauvaka. Celui-ci s’agace et esquisse un coup de tête. La menace du rouge plane (20e). Ce sera jaune mais les Bleus, à 14 pendant dix minutes, se sont déréglés. Ils ne dominent plus, passent leur temps à défendre.
L’agacement monte, les gestes d’humeur se multiplient, les errements défensifs, les bêtises dans le jeu au sol aussi. Le pilier Jean-Baptiste Gros prend un carton jaune à son tour, payant pour l’ensemble de l’œuvre tricolore (35e). Finn Russel en profite pour remettre les deux équipes à égalité (13-13). Juste avant la pause, le buteur toulousain redonne une mince avance à la France (16-13). Qu’on croit balayée par un essai de Jordan. Finalement annulé pour un en-avant.
La seconde mi-temps commençait sur les mêmes bases. Deux minutes à défendre sur sa ligne face à des Écossais volontaires mais trop légers. Et puis le miracle. Une passe mal assurée, Ntamack s’en saisit, part dans une cavalcade avant de servir Bielle-Biarrey qui s’en va inscrire son 8e essai de cette édition, égalant un record vieux d’un siècle. Le tournant du match, le coup de trop sur la carafe des Écossais (23-13, 43e minute).
Les Highlanders ne baissent pas la tête mais leur volonté ne suffit plus ; les plaquages des Bleus sont toujours plus appuyés, les charges toujours plus rudes. Les finisseurs de devant démolissent tout pour permettre à Thomas Ramos d’aller inscrire un essai à son tour. À la 62e minute, profitant d’un Chardon ayant perdu tout son piquant, Yoram Moefana, à grands coups d’épaule, s’en va aplatir pour la seconde fois (62e, 35-16), assurément l’homme du match. Un 4e essai pour les Bleus synonyme de bonus offensif mais, surtout, de record historique. C’est le 30e inscrit par les Bleus dans ce Tournoi, dépassant le record qui appartenait à l’Angleterre depuis 2001 (29 essais).
Ce succès valide-t-il un cycle ? « Oui. La dernière frustration remontait à ce quart de finale de Coupe du monde. Depuis, on n’avait pas gagné.
Les notes des joueurs
- Thomas Ramos : 7
- Le nouveau recordman de points inscrits pour le XV de France (450) a mis les formes.
- L'arrière toulousain a inscrit un essai et réalisé un 6/7 face aux perches.
- Sa remise intérieure pour Gaël Fickou entraîne le premier essai du match.
- Damian Penaud : 6,5
- Penaud a montré l'énergie qu'il allait mettre dans ce secteur du jeu.
- Il ne conclut pas après un coup de pied à suivre pour lui-même lors du second acte, mais c'est lui qui transmet le ballon à Thomas Ramos pour son essai.
- Gaël Fickou : 6
- Fickou a pesé positivement lors de cette victoire qui offre le Six Nations aux Bleus, par deux passes décisives pour son compère du centre.
- Yoram Moefana : 7
- Auteur d'un doublé grâce à son côté bulldozer, le n°12 de l'UBB a fait mal à l'impact, que ce soit avec ou sans le ballon.
- Son importance dans le jeu du XV de France est croissante.
- Louis Bielle-Biarrey : 7
- Son essai (record) a été libérateur.
- Un bel off-load sur le deuxième essai de Moefana et un caramel administré à Finn Russell ont ravi le Stade de France.
- Romain Ntamack : 6
- L'ouvreur des Bleus aurait pu mieux négocier un ballon de contre avec Lucu.
- Il a la lucidité de chercher Bielle-Biarrey pour l'essai en contre qui remet les Bleus sur de bons rails.
- Maxime Lucu : 6,5
- Très actif en défense, Lucu a surtout été excellent dans le jeu au pied.
- Pas de fausse note dans l'animation, mais moins d'impact ballon en main qu'à Dublin.
- Paul Boudehent : 5,5
- Un maul efficace s'est construit autour de lui.
- Grégory Alldritt : 6,5
- Bon sous les renvois adverses, le capitaine français de ce samedi soir a été rassurant.
- Un grattage crucial dans ses cinq mètres, juste avant le jaune de Mauvaka, est à souligner.
- François Cros : 6,5
- Le seul avant bleu à ne pas avoir quitté la pelouse termine sur les talons de Flament, en nombre de plaquages.
- Sa capacité à cisailler est un atout parfois discret mais à ne jamais mésestimer.
- Mickaël Guillard : 6
- Bonne complicité avec Flament, à l'exception d'un en-avant entre eux.
- Le deuxième ligne du LOU s'est démené dans les zones de combat, présentant un danger au grattage pour les Ecossais.
- Thibaud Flament : 7,5
- Emmené en touche en début de rencontre, il perturbe l'alignement écossais dans la foulée avec succès.
- La suite de son match a été une grande réussite, du fait de son aisance sous les renvois du XV du Chardon et en touche.
- Son amplitude a aussi payé en défense, avec 19 plaquages réussis (sur 20), le meilleur total du match.
- Uini Atonio : 6
- Il gratte un ballon puis fait une belle passe sur un pas pour Jean-Baptiste Gros en début de partie.
- Peato Mauvaka : 4
- Il a perdu son sang-froid.
- Alors que la précision de ses lancers avait contribué à ce que les Bleus enfoncent leurs adversaires, lors des vingt premières minutes, son carton jaune (21e) a fait mal.
Yoram Moefana, auteur de deux essais, a été désigné meilleur joueur du match. "Ça fait du bien, on est tous contents." Les mots simples d'un grand : Yoram Moefana, samedi 15 mars, au Stade de France. Le XV tricolore vient de vaincre l'Ecosse 35-16 et de remporter le Tournoi des six nations pour la 27e fois. Le trois-quarts centre a été désigné homme du match."C'était dur""On a échoué en Angleterre", a-t-il déclaré au micro de France 2, en évoquant la deuxième journée du tournoi, le 8 février dernier. "On est rentrés, on s'est reposés et on est revenus avec une belle mentalité pour aller chercher la gagne ce soir. Et on l'a fait." "C'était dur, retient-il, parce que l'Ecosse est une équipe qui joue, il ne fallait pas s'endormir, il fallait toujours être réveillé. Mais on l'a fait. Je suis très content pour l'équipe.
Les Bleus savourent. « Ce match était très difficile, admet Fabien Galthié, le sélectionneur du XV de France. On ne s’attendait pas à ce scénario de match même si on avait bien identifié leurs forces. Ils ont joué sans pression, pour se faire plaisir. Nous, on a joué tendu, mais bon ça finit bien avec quatre essais encore. »
Le technicien concède avoir durci le ton à la mi-temps du match : « Il y avait comme une sorte de fébrilité sûrement liée à l’enjeu face à une équipe qui était totalement relâché. »
| Équipe | Points |
|---|---|
| France | 35 |
| Écosse | 16 |
Tableau des scores du match France-Écosse
Le XV de France n'a pas tremblé face à l'Ecosse et remporte le Tournoi des 6 Nations pour la 7e fois de son histoire (égalité avec l'Angleterre) après sa victoire 35-16 ! Les Bleus, emmenés par Bielle-Biarrey, Ramos (20 points) et une défense de fer, ont tué toutes les velléités du Chardon.

Le XV de France célébrant sa victoire au Tournoi des Six Nations 2025