Les équipes de France masculine et féminine de hockey sur glace disputent cette semaine la Coupe des nations et le Tournois des 4 Nations. C’est la dernière ligne droite et une revue d’effectifs importante pour les staffs.
Repêchées pour les Jeux olympiques de Milan - Cortina d’Ampezzo 2026 (à la suite de l’exclusion de la Russie), les deux équipes de France sont dans les ultimes préparatifs avant une échéance historique pour le hockey français. Le président de la Fédération française de hockey sur glace, Pierre-Yves Gerbeau, évoque ces rendez-vous cruciaux.

Les Enjeux pour les Équipes de France
Les JO, c’est vraiment l’apothéose. Pour les hommes, la dernière fois c’était en 2002, pour les filles c’est une première cet hiver. Les enjeux ne sont pas les mêmes. Chez les hommes, on est dans une démarche à moyen terme qui nous conduira jusqu’à 2030. Il faut montrer cet hiver que le hockey français a progressé, qu’on est dans une belle dynamique, mais ça va être compliqué.
Le Défi Masculin
Avec tous les meilleurs joueurs du monde, puisque les joueurs NHL seront là, et parce qu’on est dans le groupe le plus fort, ça sera dur d’aller chercher une qualif’. On aura la Suisse, vice-championne du monde, le Canada, qui pourrait faire trois équipes et elle serait encore plus forte que nous, et la République tchèque, championne du monde il y a deux ans chez elle. Après, on a déjà fait des miracles, on a battu la Finlande à Bercy, on a déjà battu la Russie, le Canada… Mais dans ces conditions-là, avec les meilleurs joueurs NHL, ça va être chaud !
Les gars sont donc aussi dans la préparation, quelque part, des championnats du monde d’après, pour remonter en élite. Il y aura l’échéance de 2028 (la France organisera les Mondiaux) et bien sûr les Jeux de 2030 dans les Alpes françaises.
L'Espoir Féminin
La petite histoire du hockey féminin au Canada | MAJ
Chez les femmes, j’ai le secret espoir, je ne le dis pas trop fort… Mais si ça veut rigoler, on a une très belle équipe, elle vient à maturité, on a nos leaders qui sont vraiment en pleine forme. Il y a un truc à faire (elles seront opposées à l’Italie, au Japon, à la Suède et à l’Allemagne). Si on pouvait faire le miracle qu’on fait les volleyeuses aux championnats du monde et aller en quart… Maintenant, la marche est haute, mais il y a quelque chose à faire. Il ne faudra pas qu’elles soient effrayées par l’enjeu. Il faudra que toutes les planètes s’alignent. Si elles performent, ça serait un grand coup de turbo pour le hockey français.
Les Françaises, coachées par Grégory Tarlé, ont un groupe délicat, aux JO, mais plus abordable que les Françaises. C’est fondamental. On a beaucoup travaillé pour créer ce cercle vertueux qui commence avec ces Jeux olympiques, ces championnats du monde en 2028 en France et les JO en France en 2030. En février, c’est la première échéance, elle est énorme. Quoi qu’il arrive, il faudra montrer les valeurs qui sont les nôtres et qui se rapprochent beaucoup de celles du rugby.
Le Développement du Hockey en France
On a vraiment un gros contingent de jeunes pousses. Dans les buts c’est très jeune, très fort. On a encore peut-être un trou d’air en défense, on a des grands anciens qui vont partir. Il y a des très bons jeunes de 20 ans qui arrivent mais là aussi, il va falloir qu’ils grandissent un peu. Par contre, devant, on a des jeunes qui rentrent et on laisse d’ailleurs beaucoup de talents à la maison.
Quand on voit l’engouement qu’a créé l’équipe de France de rugby à 7 aux JO de Paris… On a Alexandre Texier, on n’a pas Antoine Dupont, mais si on peut arriver à gratter une perf’, ou deux, ou trois… L’exposition des JO, ça ne nous est pas arrivé depuis très longtemps, on peut passer un cap médiatique.
Il y a près de vingt ans, en 2006, les subventions gouvernementales représentaient 50 % du budget fédéral. Aujourd’hui, c’est moins de 27 %. On doit vraiment penser à un cadre économique où désormais, s’il y a de l’argent de l’État, ça doit être considéré comme un bonus. Il faut qu’on soit suffisamment indépendant pour se dire que notre politique sportive, de développement, s’entoure de partenaires privés. Il faut absolument passer un cap.
Le Hockey Féminin : Un Modèle à Suivre
Pareil, nos internationales, aujourd’hui, ont énormément de mal de vivre de leur sport. Caroline Baldin, qui était la gardienne historique, s’est arrêtée à 27 ans parce qu’elle a eu une grosse opportunité de parcours professionnel chez Décathlon. C’était une gardienne incroyable, et elle a dû arrêter. Ça ne peut plus arriver, des choses comme ça… Il faut que nos femmes arrivent à vivre de leur sport beaucoup plus que ça.
Mon modèle, c’est l’hémisphère Sud en rugby où ils cofinancent les carrières de leurs joueuses internationales. Une partie est couverte par la fédération, et une autre partie est couverte par les clubs. Nous, il y a 99,9 % de nos internationales qui ne jouent pas en France car il n’y a pas assez d’argent dans le championnat français. Ce n’est pas normal. On aide beaucoup, pourtant, et l’ANS nous aide aussi. Le CNOSF, d’ailleurs, va l’aider aux JO et a trouvé un logement sur AirBnB pour qu’elle soit en famille, sur place, avec son bébé. Mais est-ce normal d’en arriver là ?
Le hockey féminin en France, c’est le rugby d’il y a 30 ans. Qu’on soit par la suite régulièrement qualifiés pour des JO, et qu’on puisse aller gratter un petit quart de finale de temps en temps aux Mondiaux. En licenciés, j’aimerais être à 30 000 licenciés. On est à 25 800 actuellement.
Évolution et Défis du Hockey sur Glace
En termes d’image, on voit qu’on a évolué. Aujourd’hui, on est redevenu un sport d’évitement, c’est dix fois plus spectaculaire. On a fait évoluer les règlements, il y a beaucoup moins d’accidents graves. Moi, j’ai terminé ma carrière en fauteuil roulant, quand même… Notre fléau, ça reste encore les commotions cérébrales, donc on y travaille. Là, aux JO, il y a un casque qui va essayer d’améliorer les choses.
Les Nord-Américains aiment la bagarre, mais il y a suffisamment d’aspects physiques dans ce sport pour aller chercher quelqu’un qui nous a fait un mauvais coup. La dimension physique sera toujours là, mais lâcher les gants, c’est pour le show, surtout qu’ils ne se touchent qu’une fois sur dix ! C’est donc juste pour le cinéma ! Idem, les charges en aveugle, c’est désormais interdit. C’est pour ça que le hockey féminin est spectaculaire et qu’il gagne à être connu. On doit aller vers ça. Regardez Stéphane Da Costa. Il aurait dû avoir une carrière de folie en NHL.
Tableau Comparatif des Objectifs
| Objectif | Statut Actuel | Ambition |
|---|---|---|
| Nombre de licenciés | 25 800 | 30 000 |
| Financement gouvernemental | Moins de 27% du budget | Indépendance financière accrue |
| Carrière des internationales | Difficulté à vivre de leur sport | Cofinancement des carrières |
