Hockey sur Glace aux Jeux Olympiques: Une Histoire de Triomphes et de Surprises

Le hockey sur glace a une riche histoire aux Jeux Olympiques, marquée par des moments de tension, de surprise et de triomphe. Des débuts modestes aux compétitions modernes, ce sport a toujours captivé l'attention du monde entier.

Match de hockey sur glace aux Jeux olympiques d'hiver de 1960.

Les Débuts Olympiques du Hockey sur Glace

Après un premier tournoi lors des Jeux d'été, le hockey sur glace est tout naturellement incorporé au programme des Jeux Olympiques d'Hiver disputés à Chamonix.

Jusqu'à l'ouverture des Jeux, rien n'était acquis.

1,70 mètre de neige tombée en 24 heures (du jamais vu !) ont fait craindre une annulation, mais l'armée et des centaines d'habitants ont relevé leur manche pour déneiger.

Les pays scandinaves - craignant la concurrence de leurs Jeux Nordiques organisés eux aussi tous les quatre ans - n'acceptent leur participation que si label olympique n'est pas employé.

La presse nord-américaine n'est pas dupe et considère sans ambiguïté qu'il s'agit d'une compétition olympique (avec le même directeur que les JO d'été de Paris qui suivent, Frantz Reichel).

L'organisation est un franc succès.

"Heated Rivalry" : le hockey sur glace à l'honneur pour les JO

Le Hockey sur Glace à Grenoble 1968

Après quelques décennies de relations tendues avec le CIO d'Avery Brundage, qui le juge trop proche du professionnalisme, le hockey sur glace retrouve à Grenoble son rôle majeur dans les Jeux Olympiques d'hiver.

12000 spectateurs se pressent dans le Stade de Glace pour assister aux rencontres, dont beaucoup sont diffusées en direct sur l'unique chaîne de la télévision française.

Sans surprise, les trois nations qui étaient dernièrement dans le groupe A se qualifient.

Le Canada abandonne ses espoirs de titre dès son deuxième match, où il se fait surprendre par la surprenante Finlande, appliqué dans le repli défensif comme dans la relance, et comptant sur Urpo Ylönen impeccable dans les cages.

Les étonnants Finlandais de l'entraîneur tchèque Gustav Bubnik confirment ensuite leurs progrès quand des buts de Ketola et Oksanen remontent le score de 1-4 à 3-4 face à une équipe de Tchécoslovaquie qui ne préserve la victoire que grâce à son expérience qui lui permet de conserve le palet en utilisant sa supériorité technique.

Par conséquent, le tournoi se résume à un duel entre les deux plus sérieux prétendants au titre : l'URSS et la Tchécoslovaquie.

Restant sur cinq années et 39 matches sans défaite, les Soviétiques se sont affirmés comme les maîtres du hockey mondial, mais leurs adversaires tiennent à leur rappeler que ce sont eux qui leur ont appris les bases de ce sport.

L'entraîneur tchèque Jaroslav Pitner connaît le point faible de l'adversaire russe, son gardien Viktor Konovalenko, vulnérable quand il n'est plus dans son rythme.

Il remarque en outre que sept joueurs russes ne portent pas de protection en plastique au bout des lames métalliques de leurs patins.

Il demande donc à décaler le match jusqu'à ce que ces patins soient mis en conformité.

La rencontre commence avec une demi-heure de retard, trente minutes fatales à la concentration et aux nerfs de Konovalenko, gardien secret qui se prépare intérieurement et qui fait de longues marches solitaires après un mauvais match.

Mais l'énergie dépensée ce jour-là leur fait défaut par ailleurs.

Déjà battus par des Canadiens ayant retrouvé fair-play et envie, ils concèdent le dernier jour contre la Suède un nul synonyme d'adieu à la médaille d'or.

Ils peuvent encore espérer un faux-pas russe contre le Canada, où les Soviétiques décident initialement de titulariser Viktor Zinger dans les cages.

Mais Konovalenko demande à jouer.

Suivant la démocratie participative qui existait paradoxalement dans le système rigide de Tarasov et Chernyshev, les deux entraîneurs demandent alors leur avis aux principaux joueurs, qui s'accordent pour dire qu'il faut faire confiance à Konovalenko, qui ne fait jamais deux contre-performances de suite.

Le gardien de Gorki est aligné et blanchit les Canadiens.

De toute façon, un tel monde sépare ceux-ci de l'URSS en ce qui concerne la vitesse de jeu et la créativité qu'il n'y a plus guère de suspense.

Après une défaite 0-11 contre la Suisse, même pas qualifiée, en match amical à trois mois des JO, le secrétariat à la jeunesse et aux sports avait exigé que l'équipe de France soit composée de joueurs de moins de vingt-quatre ans afin de préparer une formation plus compétitive pour les JO de 1972.

Philippe Lacarrière fait exception en étant retenu dans l'effectif, mais d'autres joueurs confirmés comme Alain Bozon (Chamonix) et Jean-Claude Eymard (Villard-de-Lans) sont absents de la sélection.

Lake Placid 1980: Le Miracle sur Glace

Alors que depuis 30 ans une Guerre froide oppose les États-Unis et l’Union soviétique, les Jeux olympiques d’hiver 1980 sont organisés aux États-Unis, à Lake Placid dans l’État de New York, non loin de la frontière canadienne.

Depuis décembre 1979 et l’entrée en Afghanistan de l’Armée rouge, les tensions entre les deux puissances sont revenues intenses.

L’arbitre québécois François Larochelle, choisi pour la rencontre, déclarera plusieurs années plus tard avoir subi des pressions des deux fédérations pour n’avantager ni l’une, ni l’autre…

En 1980, les joueurs éligibles à la sélection américaine sont exclusivement des universitaires, âgés de 17 à 20 ans, et non pas les professionnels de la NHL.

L’entraîneur Viktor Tikhonov dirige des légendes telles que Boris Mikhailov, Aleksandr Maltsev, Vladimir Petrov, Valeri Kharlamov et le gardien Vladislav Tretiak, sans oublier des jeunes talents comme Viatcheslav Fetissov ou Sergueï Makarov.

Une semaine avant le début du tournoi olympique, un match de préparation pour les deux équipes avait été organisé au Madison Square Garden de New York et les États-Unis s’étaient inclinés… 10-3 !

Le match, retransmis en direct à la télévision dans le monde entier, débute dans une atmosphère quelque peu pesante et dans une patinoire acquise à la cause des Américains.

Au bout de neuf minutes, les Soviétiques, qui dominent largement, ouvrent le score grâce Vladimir Kroutov qui détourne un tir d’Alekseï Kassatonov, hors de portée du gardien américain Jim Craig (1-0).

Quelques secondes après, les Américains égalisent par Buzz Schneider !

Le gardien américain maintient son pays dans le match ensuite, en repoussant plusieurs attaques.

Et les Américains égalisent à nouveau, par Johnson après un tir lointain de Christian mal repoussé par Tretiak.

Au retour des vestiaires, l’entraîneur soviétique surprend tout le monde en remplaçant son gardien Tretiak, réputé le meilleur du monde, par Vladimir Mychkine, événement rarissime chez les Soviétiques.

Mais ils reprennent l’avantage assez rapidement, sur un but de Maltsev.

En début de troisième période, les États-Unis surprennent encore leurs adversaires en égalisant une troisième fois, à nouveau par l’intermédiaire de Johnson.

Les Soviétiques ont beau se ruer de plus belle sur le but des Américains, ceux-ci ne lâchent plus rien et conservent leur avantage jusqu’au bout.

Incroyable, la grande équipe de l’URSS est tombée !

Le groupe des hockeyeurs universitaires dirigés par Herb Brooks suscite alors un élan de fierté nationale énorme aux États-Unis.

La plupart feront ensuite carrière en NHL ou dans d’autres ligues professionnelles.

Du côté de l’URSS, si les joueurs ont pu se consoler avec une médaille de bronze, face à la Suède, leur fierté a été clairement touchée.

L’URSS continuera cependant à dominer ce sport jusqu’à sa dissolution en 1991, avec deux médailles d’or, en 1984 à Sarajevo et 1988 à Calgary.

L'Évolution du Hockey sur Glace

Le Canada doit être considéré comme le berceau du hockey.

Le premier match s’y déroula, en 1855, mettant aux prises des soldats d’une garnison britannique, à Kingston.

La Fédération internationale, l’IIHF (International Ice Hockey Federation) a été fondée en 1908 et en Amérique du Nord, la NHL (National Hockey League), en 1917.

Avec le hockey, tout se déroule à un rythme sidérant et une vitesse affolante (près de 60 km/h) avec les raids incessants vers les buts, sans parler du full-contact permanent, toujours à la limite de l’agressivité, entre joueurs casqués (obligatoire depuis 1980), rembourrés, extrêmement déterminés, qui se ruent vers la cage… autant que sur l’adversaire.

Les Règles du Jeu

Six contre six !

Un terrain de jeu de 60 mètres de long sur 30 mètres de large, ceinturé de balustrades et de parois en plexiglas.

Trois tiers-temps de vingt minutes.

Trois arbitres sur la glace et en chemise à rayures noires et blanches dont un arbitre en chef qui peut infliger des pénalités de deux, cinq ou dix minutes de prison, voire l’expulsion.

Un palet en caoutchouc vulganisé de 7,62 cm de diamètre, 2,54 cm d’épaisseur, pesant 160 grammes.

Des crosses en bois, fibre de verre ou carbone pour projeter le palet (appelé aussi puck ou rondelle) vers le but ou adresser des passes aux partenaires.

Chaque équipe comprend vingt joueurs: deux gardiens, trois lignes de deux défenseurs, quatre lignes de trois attaquants.

Le gardien de but est toujours la mascotte de son équipe mais aussi l’homme de base, voire l’homme providentiel.

Chaque goal est littéralement « harnaché » avec un équipement qui ne pèse pas loin de 20 kilos.

Il porte un casque à grille, pour des raisons de sécurité, un plastron, d’énormes jambières larges, un bouclier d’une main pour parer les tirs violents et un gant renforcé pour saisir ou repousser le palet.

Souvent le sort du match repose sur son efficacité.

Ainsi, lors de la victoire surprise (4-3) des Américains, aux Jeux de Lake Placid (1980), les statistiques - dont on est très friand en hockey - avaient permis d’établir que James Craig, sur les sept matches du tournoi olympique, avait arrêté ou repoussé 163 tirs sur 178, soit un pourcentage de réussite de 91,6% !

Wayne Gretzky et l'Ère Moderne

Autre héros national: le Canadien Wayne Gretzky, considéré comme le joueur du siècle, le marqueur le plus prolifique, le coéquipier le plus généreux et l’équivalent en hockey de Michael Jordan au basket-ball.

A Nagano, en 1998, Gretzky eut la malchance, pour sa première participation aux Jeux, à 37 ans, de ne pas connaître la réussite avec le Canada (4e).

Le Canada, lors de plusieurs J.O. précédant ceux de Nagano, n’avait jamais pu présenter sa dream-team car chaque fois se déroulait, en même temps, la Stanley Cup et de toute façon, les stars professionnelles n’étaient pas admises aux J.O.

A la fin du XXème siècle s’est développé le hockey sur glace féminin.

Le premier titre olympique a été décerné à Nagano, en 1998, aux Etats-Unis.

Palmarès des Jeux Olympiques (Hockey sur Glace)

Voici une liste non exhaustive des vainqueurs des tournois olympiques de hockey sur glace :

Hommes

  • 2026 - Milan Cortina (ITA)
  • 2022 - Pékin (CHN) - Vainqueur : FINLANDE
  • 2018 - PyeongChang (RUS) - Vainqueur : RUSSIE
  • 2014 - Sotchi (RUS) - Vainqueur : CANADA
  • 2010 - Vancouver (CAN) - Vainqueur : CANADA
  • 2006 - Turin (ITA) - Vainqueur : SUEDE
  • 2002 - Salt Lake City (USA) - Vainqueur : CANADA
  • 1998 - Nagano (JAP) - Vainqueur : RÉP. TCHEQUE
  • 1994 - Lillehammer (NOR) - Vainqueur : SUEDE
  • 1992 - Albertville (FRA) - Vainqueur : C.E.I.
  • 1988 - Calgary (CAN) - Vainqueur : U.R.S.S.
  • 1984 - Sarajevo (YOU) - Vainqueur : U.R.S.S.
  • 1980 - Lake Placid (USA) - Vainqueur : ÉTATS-UNIS
  • 1976 - Innsbruck (AUT) - Vainqueur : U.R.S.S.
  • 1972 - Sapporo (JAP) - Vainqueur : U.R.S.S.
  • 1968 - Grenoble (FRA) - Vainqueur : U.R.S.S.
  • 1964 - Innsbruck (AUT) - Vainqueur : U.R.S.S.
  • 1960 - Squaw Valley (USA) - Vainqueur : ÉTATS-UNIS
  • 1956 - Cortina d'Ampezo (ITA) - Vainqueur : U.R.S.S.
  • 1952 - Oslo (NOR) - Vainqueur : CANADA
  • 1948 - St-Moritz (SUI) - Vainqueur : CANADA
  • 1936 - Garmisch-Partenkirchen (ALL) - Vainqueur : GRANDE-BRETAGNE
  • 1932 - Lake Placid (USA) - Vainqueur : CANADA
  • 1928 - St-Moritz (SUI) - Vainqueur : CANADA
  • 1924 - Chamonix (FRA) - Vainqueur : CANADA
  • 1920 - Anvers (BEL) - Vainqueur : CANADA

Femmes

  • 2026 - Milan Cortina (ITA)
  • 2022 - Pékin (CHN) - Vainqueur : CANADA
  • 2018 - PyeongChang (RUS) - Vainqueur : ÉTATS-UNIS
  • 2014 - Sotchi (RUS) - Vainqueur : CANADA
  • 2010 - Vancouver (CAN) - Vainqueur : CANADA
  • 2006 - Turin (ITA) - Vainqueur : CANADA
  • 2002 - Salt Lake City (USA) - Vainqueur : CANADA
  • 1998 - Nagano (JAP) - Vainqueur : ÉTATS-UNIS

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