Histoire et Ambitions du Pau Billère Handball

Le Pau Billère Handball, club professionnel de deuxième division, poursuit l’écriture de son histoire sous sa désormais nouvelle identité. Le repositionnement de Pau dans l’intitulé n’est pas anodin. Depuis quelques années, le club de Billère avait déjà été officiellement renommé Billère Handball Pau Pyrénées. Billère occupait encore la pole position.

« Mais ce n’est pas une déchirure, cette nouvelle identité va dans le sens de l’histoire », a souligné le maire de Billère, Jean-Yves Lalanne. « Notre souci, c’est que ce club soit reconnu comme club de l’agglomération paloise », a rappelé l’édile de gauche, qui a rappelé qu’il avait même un temps été imaginé que le bâtiment du Sporting d’Este, où s’entraîne et joue le club, soit transféré à l’agglo. « Je suis content du caractère locomotive de Pau, et que dans le même temps le club préserve aussi le nom de Billère qui rappelle son histoire, ses racines », s’est enthousiasmé pour sa part François Bayrou, lors de la conférence de presse organisée hier au Sporting d’Este pour présenter le nouveau projet du club.

Le président de l’agglomération paloise a aussi félicité le club pour avoir « réussi à se structurer » et parce qu’il joue un rôle de « pépinière sportive, qui compte dans ses effectifs de grands joueurs issus de notre territoire ».

Le changement d’identité s’accompagne d’un nouveau blason qui prendra ses marques à partir de la saison prochaine. Fini la silhouette de handballeur, et bienvenue en Béarn. Le Pic d’Ossau y figure, ainsi que les deux vaches cornées et à collier symbole du Béarn. Les noms des villes apparaissent en grand , Pau surtout, Billère de façon un peu plus alléger. La date de création du club - 1949 - apparaît de part et d’autre des deux vaches. Les couleurs ne changent pas radicalement : le bleu est un peu plus profond. Le rose et le blanc demeurent.

Seul le secteur professionnel du club est concerné par ce changement d’identité. L’association, forte de quelque 250 licenciés, du baby hand au centre de formation, garde le nom de Billère Handball Pau Pyrénées. Le club demeure au Sporting d’Este, à Billère. “Ce qui avec une capacité de 1200 spectateurs correspond actuellement à l’identité du club, souligne François Bayrou. Et s’il y a besoin d’une jauge à 6 000, il y a le Palais des sports” a encore commenté le président de l’agglomération paloise.

Pas plus de subventions de l’agglo. « La dernière fois que l’on s’est vu au sujet de notre projet et du changement d’identité, raconte le président du club Christian Laffitte, François Bayrou m’a dit : ‘ c’est super, mais combien tu veux en plus ? ’ Je lui ai répondu : ‘ pour l’instant rien, hormis l’investissement, par contre si on monte, on se reverra.’ »

L’investissement consiste en une enveloppe attribuée par l’agglo pour rénover les visuels du club.

Le Billère Handball pourrait bientôt changer de nom. Une décision qui ne plait pas au maire de Billère, Jean-Yves Lalanne. Et si le BHB devenait bientôt le PHB ? P, pour "Pau Handball" ou "Pyrénées Handball". Si le B reste, ça pourrait être pour "Béarn Handball".

Des réflexions et des négociations sont en cours pour changer le nom. "Mais rien n'est fait, et si ça se fait ça n'est pas avant la saison 2024-2025", assure le président du club. Pourtant, un logo est déjà en conception et l'agglomération de Pau a déjà été sollicitée. Christian Lafitte promet que le nom de Billère restera sur les visuels.

"Même si l'histoire du club est à Billère, l'avenir économique du BHB passe plus par l'agglomération de Pau que par la ville de Billère proprement dite".

Une annonce qui n'est pas du tout du goût du maire de Billère, Jean-Yves Lalanne. Pour lui, ça ne serait pas du tout logique de changer de nom, sans changer d'infrastructures.

"C'est comme si je vous donnait ma carte bleue et mon code. Si on veut s'appeler Pau Agglo ou je-ne-sais quoi, il faut que l'agglomération assume ses responsabilités".

En plus, le maire souligne l'investissement financier de la ville notamment pour la salle du Sporting d'Este. "Le bâtiment avait coûté 21 millions de francs à l'époque. Récemment, on a fait une extension du club house qui représente 140000 euros, cofinancé avec le club et l'agglo, mais il y a toujours une partie payée par la ville. On ne peut pas effacer quelques dizaines d'années d'histoire".

Jean-Yves Lalanne déplore un manque de communication entre toutes les parties prenantes. "Ce qui va clarifier les choses, c'est une discussion constructive, mais pour ça il faut se parler. Il faut qu'il y ait une réunion tripartite entre la ville, l'agglo et le club".

Infrastructures et Ambitions Sportives

Sa salle mythique du Sporting d’Este, d’une capacité de 1300 places, ainsi que le Palais des Sports de Pau pouvant accueillir 6500 personnes en configuration handball, lui permettent désormais de se tourner résolument vers l’avenir avec l’écriture d’un projet ambitieux.

Le PBH cherche, par différents moyens, à exploiter son enceinte dans des proportions similaires à celle des autres clubs pros béarnais. À l’inverse des trois autres structures professionnelles du sport béarnais, son outil de travail est encore la propriété de la municipalité, et non de l’agglo comme le sont le Palais des sports, le Nouste Camp ou le Hameau.

Une situation, qui au-delà des impératifs qui en découlent - en termes de créneau d’entraînement notamment - empêche le club de Proligue (deuxième niveau français) de développer ses infrastructures. « On a besoin de sortir de ce modèle-là », appelle de ses vœux le directeur général du PBH Julien Olek. Qui étudie deux pistes.

La première est la plus emballante mais la moins plausible. « On est toujours en contact avec des investisseurs », comme nous le révélions le 7 mai dernier. Entre l’achat de la salle et les nouveaux aménagements, dont une nouvelle tribune portant à 2000 la capacité totale (contre 1 500 aujourd’hui, NDLR), le coût de l’opération se situerait entre 7 et 8 millions. Aujourd’hui, en termes de business plan, la rentabilité du projet est en inadéquation avec leurs exigences.

C’est-à-dire qu’on n’arrive pas à amortir les 8 millions et à sortir de cet investissement au bout de 10 ans avec du bénéfice. C’est un projet qui est très loin d’être fait, nous pourrions même nous orienter vers une autre solution.

Celle-ci consisterait - comme cela vient de se produire avec les terrains du futur centre de performances de la Section Paloise - à ce que l’agglo récupère la gestion du Sporting pour que le PBH en devienne l’exploitant quasi-exclusif. Et qui pourrait alors envisager de réaliser les aménagements nécessaires à son développement, au niveau de sa nouvelle tribune, des espaces VIP ou de l’esplanade de la salle billeroise.

« Si on engage des travaux lourds, il faudra rester les prioritaires absolus sur le Sporting d’Este, prévient le dirigeant billerois. Le fond du problème, c’est que le sport pro reste de la compétence de l’agglo, et non de la municipalité. »

Dans le sillage d’un cycle de croissance sportif qui l’a vu se qualifier pour la première fois depuis 10 ans pour les phases finales de Proligue, le PBH entend, dans tous les cas, se développer sur le plan économique. Toujours grâce à ces mystérieux investisseurs. « Qui ne sont pas intéressés par le foncier, mais par le club, renseigne Julien Olek. Avec ou sans Sporting, ils ont envie de participer à notre aventure. »

Via l’accroissement d’un budget qui passera d’1,7 à 2 millions la saison prochaine. « L’histoire de la 5e roue du carrosse palois (derrière les trois autres clubs précités, NDLR), des petits ruraux, est sympa, elle leur parle, fait savoir le dirigeant. On ouvre encore notre capital avec une dizaine de nouveaux actionnaires.

« Depuis la création de la SASP, en 2019, on est passé de 850 000 à 1,9 million de budget. On espère atteindre les 3,5 millions pour rester de manière pérenne et sereine en 1re division », là où le budget médian se situe à 4,7 millions (contre 1,6 au deuxième niveau français). C’est tout ce qu’espère le PBH pour la saison à venir. « Ce n’est pas l’objectif ultime, mais on aimerait y arriver.

Formation et Encadrement des Jeunes Talents

La formation reste bien sûr le leitmotiv du club depuis plus de soixante ans. Soucieux d’offrir une double qualification professionnelle et sportive aux jeunes talents, le club a créé et structuré le Centre de Formation Roger Tétin en 2010.

Le Billère Handball a officialisé ce vendredi le nom de son entraîneur à partir de la saison 2024/2025, il s'agit du franco-roumain Rares Fortuneanu.

Défis et Perspectives d'Avenir

La création de la SAS Billère Handball Pau Pyrénées en 2019, en charge exclusivement de la partie professionnelle, puis le changement d’identité en PAU BILLERE HANDBALL en 2024, constituent deux étapes supplémentaires dans la construction d’un club souhaitant atteindre rapidement la première division.

7 saisons après la création de la SAS qui gère désormais le secteur professionnel, le Pau Billère handball a doublé son budget (1M 700 K€), consolidé ses fonds propres (300 K€) et intégré 25 associés unis pour un objectif commun : faire de ce club une référence du handball français.

À court terme, la montée en première division est donc désormais l’objectif principal et affirmé de chacun des acteurs de notre club.

Pau Billère Handball, préparation de la saison 25 26

Dix-huit matches, dix-huit défaites avec un écart moyen de neuf buts, et toujours zéro point au compteur: à huit journées de la fin du championnat, Billère, qui se déplace vendredi à Cesson, est mal parti... ou tout du moins bien parti pour rentrer dans l'histoire.

Au club, situé dans l'agglomération de Pau, on s'est fait une raison et le président Christian Laffitte, fier l'été dernier de faire passer son budget de 700.000 à 1,4 million d'euros, admet que "le recrutement a été insuffisant".

"Il y avait trop d'incertitudes, je n'ai pas voulu engager les finances du club sur des hypothèses. Aujourd'hui, mais c'est trop tard, je sais qu'on aurait pu aller chercher un joueur majeur supplémentaire", juge-t-il.

Le premier match de la saison contre un Montpellier au complet et pas encore déstabilisé par l'affaire des paris suspects, joué devant les caméras de télévision dans un Palais des Sports de Pau rempli (6.500 spectateurs), avait pourtant donné une idée de ce qui pourrait l'attendre, avec un premier record, celui du plus grand nombre de buts concédés (50-24) dans l'histoire de la Ligue.

"Une série effroyable"L'échec a laissé des traces et les défaites se sont enchaînées. "C'est une série effroyable, reconnaît Arnaud Villedieu, inamovible entraîneur depuis 14 ans. J'avais sous-estimé l'importance que peut avoir la perte de confiance chez un sportif de haut niveau. Désormais, au moindre grain de sable, on plonge !"

"J'ai pourtant tout essayé. L'accompagnement psychologique, l'affrontement, la confiance, l'électrochoc par l'analyse vidéo individuelle et collective, la libération de la parole. Mais irrémédiablement, la perte de confiance revient à la première difficulté rencontrée en match", poursuit le coach d'une équipe touchée-coulée à tous les coups, avec un seul semblant d'espoir lors de la troisième journée contre Créteil (24-26).

La quête des premiers points a beau être une obsession, elle semble devenue un mirage. Du coup, en un quart d'heure, voire moins, les matches sont pliés.

"On ne peut pas accepter d'être à chaque match de la chair à canon, dit Villedieu. On se doit d'afficher jusqu'au bout les qualités incontournables du haut niveau: l'investissement sans limite, le don de soi, l'abnégation."

En coulisses, le président Laffitte, lui, regarde vers la saison prochaine, affirmant qu'en "aucun cas le club n'est en danger". "Nous préparons une équipe paradoxalement plus forte que cette année en D1", prévoit-il.

Budget du Pau Billère Handball
Année Budget
Avant 2019 850 000 €
2019 1 700 000 €
Prochaine saison 2 000 000 €
Objectif 3 500 000 €

tags: #billere #handball #resultat