L'histoire du club de hockey sur glace d'Aix-en-Provence a de grandes similitudes avec celle du club voisin d'Aubagne, situé à 40 kilomètres, qui a connu la même fin regrettable.
En effet, l'ancien club d'Aix a débuté également beaucoup plus tard que la majorité des autres clubs français puisque les premiers claquements des crosses et des palets ont retenti dans cette belle ville sudiste à partir de 1994 seulement.
L'autre originalité de ce petit club du département des Bouches-du-Rhône, c'est son existence très éphémère. Car ses hockeyeurs n'ont pu malheureusement jouer que pendant sept ans seulement avant d'être contraints de mettre un terme à leurs carrières ou s'exiler vers d'autres pistes de glace à cause de la fermeture définitive de la patinoire dès 2001.
Lorsque le patron de la patinoire Cantini à Marseille décida de fermer les portes de son établissement en 1995 après seulement deux ans d'exploitation, cela a permis paradoxalement la naissance du club d'Aix-en-Provence.
En effet, Richard Balian, qui était membre du club de patinage artistique de Marseille, décida alors de réagir avec d'autant plus de conviction après cette faillite que sa fille était une patineuse et qu'elle regrettait beaucoup cette cessation d'activité.
Son père évoqua alors le problème avec son ami Jean-Pierre Garabedian et ils décidèrent très rapidement de financer ensemble la construction d'une nouvelle patinoire.
La nouvelle piste de glace, baptisée officiellement " Patinoire Méditerranéenne Aixoise Megaglace " était située au numéro 45 de l'avenue Guillaume du Vair dans la zone commerciale la Pioline, située au-delà du hameau des Milles (connu comme camp d'internement pendant la Seconde Guerre mondiale) à l'ouest d'Aix-en-Provence.
Les documents attestant de la création du Hockey Club Aixois furent déposés à la préfecture le 8 juin 1995.
C'est Michel Germain (au centre sur la photo), un ancien dirigeant du club de Garges-lès-Gonesse, qui fut le premier président du HCA, tandis que le poste stratégique d'entraîneur-joueur fut confié dès le départ à un jeune Canadien de 23 ans, Éric Gagnon (à gauche sur la photo).
Ce dernier a dû se faire une raison lors de son arrivée dans cette ville universitaire.
En effet, le club d'Aix-en-Provence fut obligé, à cause de sa piste qui n'était pas aux normes, de louer des heures de glace à la patinoire de Nîmes afin de pouvoir disputer ses matches du championnat de Division 3.
L'ancien joueur Édouard Pagni, qui deviendra plus tard le président et l'entraîneur du club voisin d'Aubagne, se souvient de ces débuts en fanfare des Alligators : " En tant que joueur à Aix, j'ai vécu une épopée fantastique ! On s'entraînait sur notre toute petite patinoire, mais cela ne nous a pas empêché d'effectuer un parcours sportif incroyable.
Pourtant notre équipe senior tournait avec deux lignes seulement. Je me souviens que notre renfort suédois, Christer Brattlöf, est arrivé en survêtement après le début de la saison. C'était un gars super-gentil et très fair-play, la classe quoi ! On avait également deux joueurs du bataillon de Joinville notamment Laurent Jeandet (à droite sur la photo).
Pour l'anecdote, notre entraîneur canadien Éric Gagnon portait toujours une surculotte qu'un hockeyeur professionnel des Rangers de New York avait soi disant offert à son père. Ce porte-bonheur a-t-il eu des effets positifs sur l'entraîneur-joueur et ses camarades ?
Toujours est-il que lors de la saison 1996-1997, l'équipe fanion d'Aix-en-Provence débuta le championnat de la Division 3 en trombe en remportant haut la crosse dans un premier temps la compétition de la poule Sud, puis le championnat de la deuxième phase (devant Valence, Poitiers, Limoges et Toulon) ce qui leur permit de se qualifier pour la grande finale nationale qui fut disputée comme un petit championnat avec six journée au total.
Dans cette ultime épreuve, Aix-en-Provence termina brillamment en deuxième position juste derrière Asnières.
"C'est sur cette belle saison que j'ai décidé de quitter le club d'Aix car j'avais déjà 32 ans, raconte Édouard Pagni. Il ne faut pas oublier qu'avant cet exploit, j'avais déjà joué pendant dix ans à Avignon, et encore quinze ans à Toulon.
La promotion spectaculaire en Division 2 du club d'Aix-en-Provence avait de quoi donner des idées à des dizaines de clubs qui se considéraient condamnés à cause de leurs patinoires trop exiguës et non conformes.
Malheureusement, la réalité du terrain allait cependant calmer assez vite l'euphorie ambiante et ramener les dirigeants du HCA à plus de modestie.
Il faut quand même souligner que parmi eux, il y avait le coach adjoint Pascal Petiot qui eut le grand mérite d'apporter un soutien financier non négligeable tout en s'occupant également du recrutement des joueurs. Son rôle fut donc important.
Pour l'anecdote, Pascal Petiot dirigeait une chaîne de sex-shops, ce qui l'avait empêché de s'afficher ouvertement comme sponsor.
Le président moustachu Michel Germain et ses deux entraîneurs, Éric Gagnon et Laurent Jeandet, se laissèrent emporter par la vague du succès.
Pour faire bonne figure en D2, ils firent appel à de nombreux renforts.
Deux joueurs bien connus de Gap faisaient le déplacement (150 km), défrayé par le club, pour venir jouer et s'entraîner : l'ancien international Philippe Combe (36 ans) et Serge Piras (33 ans).
Les autres étaient pour la plupart étudiants, notamment les quatre Briançonnais : trois espoirs (Anthony Fernandez, Marc Romanet, Matthias Rostolland) et surtout le buteur Mickaël Govart, qui avait été le meilleur marqueur d'Annecy en D2 lors de son passage à l'IUT de cette ville et qui complétait ses études par une année dans une école de commerce marseillaise.
Cédric Post, qui avait déjà fait sa prépa à Aix-en-Provence, rentra de trois années d'école d'ingénieur à Nancy - pendant lesquelles il avait découvert la D2 à Amnéville - pour venir travailler au CEA à Cadarache.
Sébastien Lozano arriva en voisin d'Avignon alors qu'Erwann Giraud et Jimmy Lebiez venaient de l'autre bout de la France, de Cherbourg.
En raison de sa jeunesse le club cherchait donc sa stabilité avec des joueurs si possible fidélisés.
Mais l'expérience des nouvelles recrues était bien utile même si le souhait et l'objectif avoués du président était naturellement le développement du hockey mineur pour que, dans les saisons à venir, l'équipe senior puisse se renforcer par les jeunes joueurs déjà formés au club.
On sait que malheureusement cela resta un vœu pieux car les résultats sportifs obtenus avaient surpris dans une ville de tradition culturelle, mais sans l'aide des collectivités.
Le club consacrait 70% de son budget pour payer des heures de glace, à Aix ou à Nîmes. Du coup, l'évolution ou le maintien en Division 2 étaient compromis.
Pour l'instant l'équipe senior devait recevoir ses adversaires sur la patinoire de Nîmes située 110 kilomètres plus loin...
Il était prévu à la fin de cette fameuse année de la promotion une nouvelle patinoire aux normes fédérales dans la ville d'Aubagne, plus proche (30 km).
Lors de la première phase du championnat de France 1997/98 de Division 2, l'équipe d'Aix-en-Provence fit bonne impression puisqu'elle termina en deuxième position de la poule Est juste derrière Toulouse.
De plus, les Alligators s'étaient permis le luxe d'aller s'imposer largement sur la patinoire toulousaine (8-4) mais la formation de la Haute-Garonne avait pris une éclatante revanche sur la piste d'Aix-les-Milles (10-3).
Ce revers sévère en fin de parcours ramena les dirigeants du HCA à plus de lucidité.
Michel Germain préféra quitter son poste, laissant ainsi la présidence du club à André Trucy, un gérant d'une société de transport, dont le fils Grégory jouait dans le hockey mineur.
Le deuxième président de l'histoire du HCA raconte : "Comme j'étais déjà le secrétaire du club, j'ai pu me rendre compte très rapidement que la montée en Division 2 était une grave erreur.
Elle n'était pas logique et illusoire. En effet, il n'y avait rien de cohérent. Le club était encore beaucoup trop récent. De plus, il avait un petit budget et une patinoire qui n'était même pas aux normes, ça ne pouvait pas tenir !
C'est pour cette raison que dès ma prise de fonction, au mois de juin 1998, j'ai supprimé carrément l'équipe senior et je n'ai conservé que le hockey mineur.
Même si cette décision fut courageuse et pleine de bon sens, elle ne fut malheureusement pas suffisante pour sauver le club de hockey sur glace d'Aix-en-Provence.
En effet, trois ans plus tard, en 2001, le gérant de la patinoire fut contraint de fermer définitivement les portes de son entreprise qui n'était plus rentable.
Comme on l'imagine, pour plus de 450 patineurs, ce fut un drame...
André Trucy, qui fut donc le dernier président en exercice du HCA, confie : "En fait, la glace de la patinoire reposait sur un parking en béton. À force de geler l'eau et de la faire dégeler, le sol a fini par bouger et la piste s'est déformée.
De plus, le supermarché Castorama ne cachait pas qu'il était très intéressé par cet endroit et il a fini par convaincre le patron de la petite patinoire de laisser libre cette parcelle idéalement située dans une zone commerciale.
Ce dernier vestige, caché au fond de cette grande surface commerciale, témoigne donc encore en toute discrétion de l'existence d'une race d'alligators sur patins aujourd'hui disparue...
La règle selon laquelle rien ne pousse à l'ombre de l'OM aurait-elle vécu ? L'ascension-promotion des hockeyeurs marseillais en Ligue Magnus, officialisée hier par la Fédération française, tendrait à le prouver.
Toutefois, pour les Spartiates, le plus dur commence puisqu'il va falloir prouver sur la glace que cette accession au plus haut niveau national n'est pas usurpée.
"Cette décision engage le club mais aussi Marseille et nous ne voulions pas accepter de façon précipitée, assure le président Éric Lagache. Nous avons longuement échangé avec nos partenaires institutionnels et privés, avec lesquels nous avons noué une vraie relation de confiance mais aussi avec nos bénévoles qui ont un engagement remarquable pour le club.
Tout cela nous a amenés à accepter cette montée.
Les premières traces de hockey sur glace à Marseille remontent à 1969.
Après le succès des Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble, trois entrepreneurs privés installent une piste provisoire dans le hall 8 du parc des expositions. Une patinoire éphémère, démontée chaque printemps.
Il faut attendre 2009 et la création du Palais Omnisport Marseille Grand-Est pour que le hockey sur glace puisse réellement se développer à Marseille.
Le Marseille Hockey Club voit ainsi le jour en 2012, en remplacement du Hockey Club Phocéen.

La plus grande patinoire de France
Avec 5.600 places, Marseille dispose aujourd’hui de la plus grande patinoire de France.
En 2014, l’arrivée de Luc Tardif Junior, ancien international tricolore, à titre de joueur, entraîneur et manager général du club, va faire passer Marseille dans une autre dimension.
En 9 ans, les Spartiates sont passés de la D3 au sommet de la D1.
Et si la crise sanitaire s’estompe un jour, les hockeyeurs bleus et blancs pourront à nouveau compter sur un public fidèle pour aller encore plus loin.
Avec une affluence moyenne de 2.600 spectateurs, le club est le plus suivi de la ville derrière l’Olympique de Marseille.
Le président du club l’avoue "Le plus difficile, c'est de faire venir les gens une première fois à la patinoire. Mais en général, ils accrochent car le spectacle est sympa. On organise ça comme un show. C’est familial".

Qui sont les Marseillais champions de France ?
Chez les Spartiates de Marseille, les hockeyeurs n’ont pas l’accent du sud. "Notre centre de formation est jeune et il faut du temps pour former des joueurs", justifie Jonathan Zwikel. "Nous avons quelques bons jeunes de 13-14 ans mais il va falloir attendre encore un peu avant de les voir évoluer en D1".
Cette saison, les Bleus et Blancs se sont appuyés sur 8 joueurs étrangers (Russes, Canadiens, Américains) et 14 Français.
Parmi eux, il y a quand même quelques régionaux. Les frères Raby et Villiot sont originaires de Briançon. "Avec Louis, nous avons une « licence bleue". Elle permet à des joueurs de moins de 22 ans de faire la navette entre la Magnus et la D1 ou la D2", développe Paul Joubert qui a débuté le hockey à l’âge de 3 ans à Saint-Pierre-et-Miquelon.
"Quand la saison de Ligue Magnus s’est terminée, j’ai quitté Gap pour rejoindre Marseille où j’ai joué les 3 derniers matchs de championnat avant d’aller disputer le "Final Four".