L'Histoire du Hockey du Samedi Soir en France

Le hockey sur glace est un sport intense où vitesse, précision et stratégie s’unissent pour offrir un spectacle palpitant. Son histoire en France est riche et pleine de rebondissements, marquée par des pionniers et des moments clés.

L'hiver 1890/91 marque en effet la première trace attestée du hockey sur glace en France. Un hiver rigoureux qui commence très tôt : le dimanche 30 novembre 1890, on recense déjà plus d'un millier de patineurs sur le Grand Canal du parc du château de Versailles.

Les patineurs sont avides de nouvelles activités, et le 4 janvier 1891, l'hebdomadaire L'Écho de Versailles lève le voile sur le nouveau sport à la mode : "Une partie quotidienne du jeu anglais le huggy est organisée sur le bras du canal qui est au pied du Trianon et où se donnent rendez-vous les plus grands patineurs : MM. Girardet, G. Lacombe, Liébaut, etc. On sait que ce jeu consiste à lancer, à l'aide d'un bâton terminé en crochet, une boule de bois et à la faire pénétrer dans le camp des adversaires."

Liébaut désigne le médecin versaillais Edmond Liébaut ou peut-être son jeune frère pépiniériste René. Georges Lacombe, en fait prénommé Paul à l'état civil, accèdera à la célébrité par le surnom de "nabi sculpteur" quand il rejoindra en 1892 les nabis, mouvement post-impressionniste d'avant-garde.

Il s'agit forcément du mot "hockey", déformé par une oreille peu habituée à ces sonorités étrangères. Pour s'en convaincre définitivement, il existe un autre document, issu du mensuel (édité par Coubertin) La Revue Athlétique, paraissant le 25 de chaque mois.

En 1892, on apprend ainsi dans que les parties de "Hocky" ont repris, et en 1893, le nom du sport sera retranscris sous sa forme définitive "hockey". Au fil de ces articles, les règles deviennent plus claires. On apprend que ce sport se joue à onze contre onze, et que le but est de faire passer la balle le plus de fois possible entre les poteaux du camp adverse.

En 1893, la presse versaillaise commence à émettre le vœu qu'une rencontre puisse avoir lieu entre Versailles et Paris. Une organisation potentielle se crée lorsque le Cercle des patineurs de Versailles est reconstitué en janvier 1894, avec comme président le Baron Adalbert de Sauville, un ancien sous-préfet, et comme trésorier Henri Grossœuvre.

Alors qu'à Versailles la pratique du hockey sur glace est attestée pendant quatre hivers de suite, ce sport semble moins pratiqué dans la capitale. Une seule mention a pu être retrouvée pour l'instant. Le Jour de Noël 1891, Le Matin annonce une "grande partie de hockey" pour le lendemain matin, sur le grand Lac, entre les membres des cercles et associations.

Ce qui permet son implantation, ce n'est pas seulement l'ouverture d'une patinoire artificielle, le Pôle Nord, le 14 octobre 1892 : cette piste de 40 mètres sur 18 est attenante au Casino de Paris - fameuse salle de spectacles - et a son entrée propre sur la rue de Clichy. C'est la première fois que le hockey "canadien" (héritier du bandy qui a retraversé l'Atlantique) fait son entrée en Europe.

Au HCP, on joue au hockey trois fois par semaine, le lundi, le mercredi et le vendredi, de 17h30 à 18h. Les abonnés du Pôle Nord viennent exprès assister à ce jeu mondain, et le succès est tel que deux séances supplémentaires de hockey sont ouvertes le mardi et le jeudi à 22h. On finit donc par jouer au hockey tous les jours de la semaine au cours de cet hiver.

Au début de la saison 1897/98, après deux saisons sans hockey, Paul Wasse recrée le Hockey Club de Paris avec quelques habitués du Pôle Nord. Un mois après avoir recommencé à s'entraîner à ce nouveau sport, deux fois par semaine, les joueurs français reçoivent le Prince's Club de Londres, qui a déjà une saison entière de pratique.

Meagher est professeur de patinage dans l'autre patinoire artificielle de la ville, le Palais de Glace : encouragé par le succès commercial fulgurant du Pôle Nord, il a ouvert ses portes le 24 décembre 1893 dans un lieu très prestigieux et excellemment situé, le Rond-Point des Champs-Élysées.

Entre le 24 et le 30 décembre 1897, des démonstrations de hockey sont organisées tous les jours du 24 au 30 décembre.

Des membres du "Cycle Amateur Versaillais" sont invités le jour de Noël pour constituer un "Hockey Club de Versailles". Ils jouent deux rencontres sur le Grand Canal du parc du château, la première le jour de Noël à 6 contre 5, la seconde le lendemain à 9 contre 9 car plusieurs joueurs qui se sont rajoutés le dimanche.

Du 5 au 21 mai 2017, Paris co-organisera avec Cologne le Championnat du Monde de Hockey sur Glace de l’IIHF. Un événement historique pour la Ville Lumière, qui avait accueilli cette compétition une seule fois, il y a 66 ans.

Toutefois, dans son reportage le journaliste soulignait que le hockey sur glace français devait faire face à une difficulté puisque parmi les quatre patinoires qui existaient à l’époque dans la capitale, deux d’entre elles n’avaient pas les formes et les dimensions règlementaires. Il s’agissait de la piscine-patinoire de Molitor proche du Parc des Princes, qui ressemblait plus à un trapèze qu’à un rectangle, et celle du Palais de Glace du rond-point des Champs-Elysées, qui était de forme ronde.

C’est après avoir fait ce constat de carence que tous les dirigeants du hockey sur glace français de l’époque cherchèrent une solution afin de préparer dans de bonnes conditions le tournoi mondial parisien.

En effet, après la publication de ce premier article qui faisait un inventaire des patinoires parisiennes, et alors que le coup d’envoi du Championnat du Monde approchait, le journaliste André Bozon évoqua à nouveau la préparation des hockeyeurs tricolores en annonçant le 7 décembre 1950, toujours dans le journal L’Equipe, « qu’un projet sportif audacieux allait se réaliser dans l’ouest de la capitale. L’annonce que le célèbre temple du tennis français accueillerait ainsi tard le soir les « rudes hockeyeurs », pour reprendre l’expression employée, provoqua l’étonnement général.

Pour comprendre la raison du lancement de ce projet surprenant, il faut savoir que le directeur de la patinoire Saint-Didier, Jean Renault (piste sur laquelle se disputaient pendant l’hiver presque tous les matches de hockey de la région parisienne), exigea un prix de location beaucoup trop exorbitant dès lors qu’il faudrait multiplier le nombre des rencontres préparatoires au détriment des séances publiques lucratives et des heures réservées au patinage artistique.

Une fois l’accord obtenu, c’est Marcel Daury, spécialisé à l’époque dans l’installation de patinoires artificielles (il avait construit celle de Chamonix), qui fut désigné comme responsable de ce nouvel aménagement aux portes de la capitale.

Concrètement cette patinoire artificielle provisoire nécessitait l’utilisation de dix-huit kilomètres de tuyauterie, quatre bacs à saumure, quatre machines réfrigérantes et un groupe électrogène. Un total de 30 m3 de saumure à circulation ultra-rapide permettait la formation d’une couche de glace de sept centimètres d’épaisseur.

Un ancien tricolore est toujours vivant à ce jour : René Cailler de Chamonix.

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Avec un engouement croissant pour le hockey féminin, la Coupe du Monde de Hockey sur Glace Féminin devient un événement majeur.

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Le Hockey Club de Caen : 50 Ans d'Histoire

Le Hockey-club de Caen fête ses 50 ans, samedi soir, à domicile contre Mont-Blanc. C’est un étudiant en médecine d’origine lyonnaise, Armand Demma, qui est à l’origine du club de hockey-sur-glace de Caen.

Nous sommes en décembre 1968 et la France découvre ce sport d’origine canadienne, grâce aux Jeux olympiques d’hiver. Les pionniers normands du hockey s’entraînent sur la glace bien tendre du parc des expositions.

« Pendant les hivers très froids, ils vont même jouer sur l’eau gelée de La Prairie » , raconte avec un brin d’envie Brice Chauvel, manager général du club. « Patiner en décor naturel, c’est le rêve de tout hockeyeur », raconte l’ancien joueur professionnel.

Deux ans plus tard, une équipe fanion, Les Léopards, est créée avec le renfort d’universitaires canadiens. La patinoire municipale de Caen est inaugurée en décembre 1971.

Le club se structure et l’équipe fanion accède à la D2 en 1973, puis à la D1 l’année suivante. Cette même année (1974), Alain Vinard, joueur de Gap et capitaine de l’équipe de France, décide de relever le niveau des équipes de plaine. Il choisit de s’installer à Caen.

Grâce à lui, le HCC accède à la Nationale A (équivalent de l’actuelle ligue Magnus), en 1977. Entre montées et descentes, le club va naviguer de la ligue Magnus à la D3. Sa dernière saison parmi l’élite était en 2010-2011.

Le HCC compte à son palmarès cinq titres de champions de France de D1 (1979, 1983, 1989, 1998, 2010), un titre de champion de France de D2 en 1994, une coupe de France en 2000 et une coupe de France féminine en 2015.

La formation est inscrite dans l’ADN du HCC. En 2005, Luc Chauvel (ancien joueur et actuel entraîneur), structure et professionnalise le hockey mineur. Le club compte aujourd’hui un pôle espoir, composé de trois sections sport études : U13, U15 et U18.

Certains sont retraités comme Pierre-Marc Janil, Denis Pérez (5 participations aux JO et 14 championnats du monde), Pierrick Maia et Mickaël Babin (1 JO et 3 championnats du monde chacun) ou encore Brice Chauvel (3 championnats du monde).

Le match de championnat qui oppose Caen à Mont-Blanc, samedis soir à la patinoire de Cae, sera le support d’une belle soirée d’anniversaire. Championnat de France de D1, samedi, à 20 h 30 à la patinoire de Caen-la-Mer : Caen-Mont-Blanc.

Les Brûleurs de Loups de Grenoble : Une Équipe Dominante

Grenoble est champion de France et, pour l'ensemble de son oeuvre cette saison, c'est largement mérité.

Les Brûleurs de Loups avaient dominé la saison régulière, terminant avec 14 points d'avance sur Angers, leur dauphin. Le club possédait la meilleure attaque et la meilleure défense et, en play-offs, il a atteint la finale sans encombre (quatre matches contre Nice, cinq face à Amiens).

Mais samedi soir, dans leur antre de Pole Sud, avec un public qui allait faire fondre la glace, les Brûleurs de Loups ont été sacrés et ont décroché le neuvième titre de leur histoire (le premier en 1981, le huitième en 2022).

« On avait beaucoup d'énergie, a commenté le capitaine Sacha Treille. On s'était fait bouffer en fin de match à Angers (mercredi). Ce soir, on s'était juré de se donner à fond, d'avoir une agressivité de malade. »

Grenoble était un temps en course pour un triplé mais a été battu en finale de la Coupe de France (par Angers, 2-3) et a joué la poule finale de la Coupe Continentale, la deuxième coupe d'Europe. Belles performances cependant.

En 2023, Grenoble avait survolé la saison mais cédé en finale face à Rouen, son éternel rival. L'an passé, les Brûleurs de Loups avaient échoué en demies, loin de leur standing.

Alors, l'été dernier, le club isérois ont mis les petits plats dans les grands. Un coach réputé, le Suédois Per Hanberg qui a dirigé des formations en SHL (l'élite suédoise) ou en Suisse, a pris les commandes.

Damien Fleury et Kyle Hardy, eux, ne reviendront pas. Avant les play-offs, ils avaient annoncé qu'ils arrêteraient leur carrière après la finale. Fleury aura été pro pendant vingt-deux ans, dont près de la moitié à Grenoble. Hardy a presque passé une décennie chez les Brûleurs de Loups.

« Ça fait bizarre, a glissé Fleury. Je finis sur un titre. Il y a quand même peu de joueurs qui arrivent à faire ça. J'ai la chance de le vivre. Je suis heureux. »

La relève, elle, pousse bien : en plus du titre en Ligue Magnus, les Grenoblois ont enlevé les titres nationaux en U18 et U20 cette saison.

L'organisation des Brûleurs de Loups est rodée et a toutes les chances de perdurer.

Pendant plus de trente-sept ans, quand on allait voir un match de hockey sur glace à Grenoble, on disait familièrement : "On va à Clémenceau !".

La patinoire municipale de Grenoble, située boulevard Clémenceau, en bordure du Parc Paul Mistral, est inaugurée officiellement le lundi 23 septembre 1963 à 19 heures. À l'époque, il n'y a encore dans le quartier ni Palais des Sports, ni anneau de vitesse, ni mairie. Ces trois bâtiments seront construits pour les Jeux Olympiques de Grenoble de 1968.

Cette patinoire est un vrai événement en ce début d'automne 1963. À Grenoble, bien sûr, où c'est la première de l'histoire de la ville, mais également au plan national. C'est en effet la seule patinoire couverte dans une grande ville française, en dehors de la patinoire fédérale de Boulogne-Billancourt dans la proche banlieue de Paris.

Le célèbre alpiniste, vainqueur de l'Annapurna, premier 8000, devenu ministre du Général de Gaulle, se laisse d'ailleurs aller aux superlatifs : "Vous avez certainement la plus belle patinoire d'Europe !".

Une fois les rubans coupés, place à une soirée de gala. Au menu, du patinage artistique et bien sûr du hockey. Pour le patinage, c'est une démonstration des meilleurs du moment dont le jeune Alain Calmat, champion d'Europe et vice-champion du monde.

Pour le hockey, comme il n'y a pas encore d'équipe à Grenoble, c'est un match de prestige entre les multiples champions de France du Chamonix Hockey Club et les Suisses de Villars-sur-Ollon.

Dès le lendemain, la patinoire est ouverte au public : de 10 heures à midi trente, de 14 à 18 heures et de 20h30 à 23h.

Une rencontre amicale entre l'Athletic Club de Boulogne-Billancourt, l'A.C.B.B., à l'époque l'autre grande équipe française, et les Suisses de Lugano.

Il a des raisons de briller, il vient d'être nommé entraîneur du tout nouveau Grenoble Hockey Club.

Mais ses débuts au hockey sont difficiles. À dix ans, ses camarades estiment qu'il n'est pas assez doué pour jouer dans l'équipe de l'école ! Il en est mortifié et part s'entraîner seul. Il aura sa revanche, et pas uniquement en hockey.

En 1955, à 25 ans, il quitte le Canada pour jouer au hockey en Europe. Il débarque comme entraîneur-joueur à la Haye aux Pays-Bas.

Au milieu des années cinquante, l'A.C.B.B. est un club ambitieux avec comme président Philippe Potin, héritier des célèbres magasins Félix Potin et président de la Fédération Française des Sports de Glace. Ni une, ni deux, il engage Pete. Il reste six ans dans une équipe qui fait des ravages en France et en Europe, en remportant même deux fois la célèbre Coupe Spengler à Davos, faisant titrer à la presse locale : "ACBB, quatre lettres qui font trembler la Suisse !".

C'est donc un grand monsieur du hockey qui arrive à Grenoble. Mais pourquoi Grenoble, où il n'y a rien ? En fait, cela ne va pas si bien que cela à Boulogne-Billancourt. Le mécène se désengage du club car il sent que l'avenir du hockey n'est plus à Paris.

Son premier objectif est donc la formation. Il veut qu'au plus vite de jeunes Grenoblois jouent pour le GHC. Il crée donc avec le président Charles Mazzili une école de hockey où se précipitent d'entrée cinquante jeunes tous les jeudis et samedis.

Comme le G.H.C. n'a pas encore d'équipe senior, Pete Laliberté décide d'organiser des matches amicaux contre les meilleures équipes européennes.

Le 28, Grenoble est désigné au troisième tour par le Comité International Olympique pour organiser les Jeux Olympiques d'Hiver de 1968 !

Clémenceau devient patinoire olympique !

Pour la deuxième saison 1964/65, grand changement, le Grenoble Hockey Club s'engage en championnat de France. Il débute en deuxième série, le second échelon du hockey français.

Nouveau titre de champions de France pour les Brûleurs de Loups ! De mémoire de supporter, on n'avait rarement vu la patinoire Pôle Sud de Grenoble dans une telle ébullition.

Victorieux par 6 buts à 2 au terme d'un match grandiose, les hockeyeurs grenoblois ont pu soulever la coupe Magnus pour la 9e fois de leur histoire !

Ce cinquième (et donc ultime) match de la final signe aussi le départ de deux légendes du club saléus par le public grenoblois : l’attaquant Damien Fleury, 39 ans, et le défenseur canadien Kyle Hardy, 37 ans.

Après avoir perdu les deux premières finales qu'ils ont disputé cette saison, les hockeyeurs grenoblois défient Angers à partir de vendredi soir. Grenoble est en quête du 9e titre de champion de son histoire.

Ce vendredi soir, les Spartiates de Marseille se sont imposés face aux Brûleurs de Loups après la séance de tirs aux buts (3-2) lors de la septième journée de Ligue Magnus.

Tableau des Titres des Brûleurs de Loups

Compétition Nombre de Titres
Ligue Magnus 9
Titres Nationaux U18 1
Titres Nationaux U20 1

Les Brûleurs de Loups en finale de la Ligue Magnus

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