Mise en place en 2010 pour favoriser l'émergence de nouveaux talents, la réglementation sur les joueurs formés en France a depuis progressivement été consolidée. Elle est à la fois contraignante et vertueuse. À l'image de Paul Graou, Paul Costes et Anthony Jelonch, le Stade Toulousain s'appuie sur de nombreux JIFF.

Le Stade Toulousain s'appuie sur de nombreux JIFF, favorisant l'émergence de jeunes talents.
Qu'est-ce qu'un JIFF ?
Selon la définition établie par la Ligue nationale de rugby, est considéré comme JIFF tout joueur qui a passé au moins trois saisons au sein d'un centre de formation agréé d'un club de rugby ou qui a été licencié pendant au moins cinq saisons à la Fédération française de rugby avant ses 23 ans. « Le fondement est de valoriser et encourager la formation locale sans critère de nationalité », rappelle le directeur général de la Ligue Emmanuel Eschalier.
Quelques étrangers du Championnat bénéficient de ce statut, dont les Fidjiens Josua Tuisova (Racing 92) et Peceli Yato (Clermont), le Tonguien Tevita Tatafu (Bayonne) ou encore le Géorgien Vano Karkadze (Montpellier). À l'inverse, Paul Willemse, malgré ses 32 matches en bleu, ne l'est pas. Pas plus que l'ancien arrière clermontois Scott Spedding (23 sélections entre 2014 et 2017) qui, en 2019, avait été débouté par le Conseil d'État.
Instaurée, malgré des critiques, alors que les joueurs étrangers affluaient massivement en Top 14, la mesure a depuis produit les effets escomptés. « Tout le monde reconnaît aujourd'hui que les jeunes ont plus vite leur chance, qu'ils jouent davantage, que le vivier de joueurs à la disposition des équipes de France a considérablement augmenté en quantité et en qualité », se félicite Eschalier.
Évolution du règlement et contraintes pour les clubs
L'évolution du règlement a été progressive mais maintenant, les clubs ne peuvent pas comptabiliser plus de 13 non JIFF dans leur effectif. D'où la nécessité d'adapter leur recrutement. Ensuite, les staffs sont dans l'obligation d'afficher une moyenne de 16 éléments issus de la formation française sur l'ensemble de la saison, y compris en phase finale (pour les promus l'objectif à atteindre est de 14 la première saison suivant leur accession, et de 15 la deuxième).
Une précision importante : durant les périodes de mise à disposition des internationaux, chaque joueur retenu en équipe de France à quinze ou à 7 s'ajoutera au nombre de JIFF concrètement inscrits sur la feuille de match de son club le même week-end. Le but, « ne pas pénaliser les clubs fortement sollicités par l'équipe de France », précise Eschalier.
Si le compte n'y est pas à la fin de l'exercice, 6 points seront retirés au démarrage de la saison suivante en cas de moyenne comprise entre 15 et 16 JIFF. Sur le papier, la sanction pourrait même aller jusqu'à 12 points de retrait en cas de moyenne inférieure à 13.
Incitations financières pour les clubs respectant le règlement
On le sait moins mais les JIFF peuvent aussi rapporter gros. Pour faire simple, chaque équipe qui s'appuie en moyenne sur au moins 17 JIFF recevra un minimum de 220 000 euros (avec un plafonnement à 320 000 euros). Celles qui feront régulièrement jouer des JIFF issus de leurs centres de formation seront aussi avantagées.
Au total, les deux volets du fonds JIFF, dont le montant a été sensiblement revu à la hausse, s'élèvent à environ 5 millions pour le Top 14 et 4,4 pour la Pro D2. Selon les simulations réalisées par la Ligue, les meilleurs élèves pourraient globalement toucher jusqu'à 700 000 euros.
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Tableau récapitulatif des incitations financières pour les clubs
| Moyenne de JIFF | Récompense financière minimale | Récompense financière maximale |
|---|---|---|
| Au moins 17 JIFF | 220 000 € | 320 000 € |
| JIFF issus des centres de formation | Avantages supplémentaires | |

Infographie sur les JIFF en Top 14.