« La force d’un emblème, c’est de motiver les troupes. Et c’est valable pour Germain, comme pour n’importe quel lynx en tribunes… », assurait début août Gilles Moyne, directeur du centre Athénas, spécialisé dans la sauvegarde et la protection des lynx.
Aujourd'hui en Europe, chaque club se doit d'avoir sa mascotte. C'est en quelque sorte la vitrine du club lors des matchs à domicile.
Germain, un lynx, est la mascotte du PSG! Mais alors pourquoi un lynx ? Quel est le rapport avec le PSG ? Et pourquoi cette tête de nounours ?
Pour comprendre l'histoire de Germain le lynx, il faut se pencher sur son rôle et son évolution au sein du club parisien.

Les Débuts de Germain et l'Expérience de Remo
Être un lynx, c’est le métier de Remo, supporter du PSG, alias la mascotte Germain. Avant lui, le poste avait été occupé… par son cousin. Ce dernier l’a fait entrer au PSG, d’abord en tant que vacataire.
Puis, un jour où le Germain de l’époque n’était pas disponible, Remo a pu se glisser dans le costume de ce lynx souriant aux yeux bleus pour soutenir l’équipe féminine du PSG au stade Charléty: «Il y avait une très, très bonne ambiance, se souvient-il, attablé dans un café en face des locaux du PSG. C’était sympa, on a dansé, j’ai pris plein de photos avec les petits.»
Un bon souvenir qui se répète régulièrement, puisque Remo a pris la place du «Germain titulaire» depuis trois saisons. Au Parc des Princes, avant et pendant le match, il a pour mission de divertir et de préparer le public, notamment le Junior Club, qui rassemble les supporters âgés de 8 à 14 ans.
Un boulot prédestiné pour ce supporter «à fond depuis tout petit» de l’équipe parisienne: «Je suis entré au PSG parce que j’adorais le club. Quand j’ai commencé à faire Germain, ça a été le kif total, je rencontrais les joueurs, je voyais comment cela se passait de l’intérieur.
Depuis l’année dernière, Germain ne foule plus la pelouse et est cantonné aux coursives, au plus près du public parisien pour la coupe de la ligue et la coupe de France. Le jour de chaque match à domicile, il arrive un peu plus de deux heures avant le coup d’envoi, puis revêt son habit de félin: «Mon travail vise surtout l’avant-match: il faut occuper les gens, qu’ils n’attendent pas trop.
Dans le civil, Remo abandonne le costume et les tâches du lynx. Etudiant en génie industriel, le jeune homme originaire de Bobigny s’apprête à enchaîner un nouveau cursus universitaire -et une nouvelle saison dans les crampons de Germain: «Tant que j’aurai le temps, je serai Germain! Il doit être disponible un peu tout le temps, que ce soit avec le Junior Club ou pour les matchs», explique-t-il. S’il venait à manquer des missions, il en sera «très triste»: «C’est une super bonne expérience d’être Germain».
Il partage cette tâche avec d’autres employés du club parisien, mais tâche d’être le plus souvent possible présent. Si ses amis voient surtout dans ce travail la proximité avec les joueurs, Remo a appris à prendre du recul: «Au début, se souvient Remo, cela m’avait vachement attiré. Mais, progressivement, ça a changé: c’est surtout rendre les enfants heureux qui m’intéresse.»
Poser avec les membres du Junior Club, les divertir et les amuser sont sa priorité numéro 1. Il peut s’appuyer sur un collègue qui le guide, organise les séances photos et de jeu. Être Germain, c’est un travail physique. Il faut pouvoir se déplacer dans l’imposant costume… et faire des pompes dans cette tenue avant le début de chaque match, une tradition.
Évolution de la mascotte de la Coupe du monde de la FIFA de 1966 à 2022
Souvenirs et Anecdotes de Remo en Tant que Germain
Cette position a permis à Remo de se fabriquer d’intenses souvenirs, comme après la finale de la ligue contre Lyon, en 2014: «C’était mon premier match au Stade de France. On avait gagné, et je suis allé sur le terrain avec les joueurs. Ils m’ont tous sauté dessus et plaqué par terre!»
S’il concède que la scène «a l’air un peu bizarre», c’était pour lui «un moment unique»: «Je suis supporter du club. Donc à cet instant, je partageais la victoire avec eux, je sautais, je dansais, je chantais.» Il a pu bénéficier de l’aide de Pastore et d’Edinson Cavani pour se relever, ce qui lui était impossible seul.

Il ne se risque pas à donner le nom du joueur le plus sympa, mais a de drôles d’anecdotes avec eux: «L’année dernière, quand Marquinhos m’a mis un coup, la tête de Germain s’est envolée», se souvient Remo.
Ce sont les stars du club qui lui ont permis de redevenir pleinement un lynx, sans briser la magie: «Cavani m’a caché, Lucas Digne a ramassé mes lunettes, et Pastore ma tête. C’était un sacré moment à vivre!» Il profite d’un anonymat complet: «Même si les gens ne me reconnaissent pas sur les photos, je sais que c’est moi», s’amuse-t-il.

Le PSG et l'Amélioration de l'Expérience des Spectateurs
Dans dix jours, le PSG donnera le coup d'envoi de sa nouvelle politique. Le club profitera en effet du Tournoi de Paris* pour lancer son plan visant à « pacifier les tribunes ».
Des mesures qui ne se résument pas seulement à la fin des abonnements dans les virages ou au placement aléatoire, mais qui entendent aussi faire du Parc des Princes un stade festif.
« L'enjeu de ce tournoi, c'est évidemment de fêter nos 40 ans, mais aussi d'une certaine façon d'inaugurer un nouveau Parc des Princes, précise Michel Mimran, directeur marketing du club. Cette saison, nous voulons en effet offrir des moments de détente à nos spectateurs et nous ouvrir à un nouveau public. »
Des animations dédiées aux enfants. Les tribunes hautes (bleues) des virages, réservées jusqu'à présent aux membres des kops d'Auteuil et Boulogne, seront dédiées aux familles.
« Nous avons mis en place une politique tarifaire incitative (NDLR : un passe famille à 18 â?¬, soit 12 â?¬ pour le père, 6 â?¬ pour l'enfant et gratuit pour la mère), indique Michel Mimran. Par ailleurs, nous comptons inviter à chaque match entre 1500 et 2000 enfants issus des clubs amateurs d'Ile-de-France. »
Dans les coursives, des jeux (baby-foot, ateliers de maquillage, stands de tirs au butâ?¦) seront mis à la disposition des plus jeunes. Disney, avec qui le PSG vient de s'associer, Electronic Arts et probablement une marque alimentaire participeront à ces animations.
Enfin, le club prévoit de distribuer aux enfants des drapeaux et des « objets de vacarme », comme des cornes de brume.
« C'est un lynx, sourit Michel Mimran. Son rôle sera d'être aux côtés de l'animateur pendant l'échauffement des joueurs, peut-être aussi d'aller les taquiner un peu et parfois de passer dans les tribunes familles pour voir les enfants. C'est une pratique très courante dans les pays anglo-saxons. » Pour l'instant, aucun comédien n'a été recruté pour jouer le rôle du lynx. Le club prévoit e de donner ce privilège à ses salariés.
Cette saison, le PSG aura aussi son hymne officiel. Il s'agit de « Go West » des Pet Shop Boys. « Les paroles ont été récrites, mais c'est un air que les supporteurs connaissent déjà très bien », affirme Michel Mimran.
Pour mettre en place l'ensemble de ces animations, le PSG s'est notamment inspiré des clubs anglo-saxons et allemands. « Ils ont une vraie culture de l'entertainment, poursuit-il. Le spectacle sera avant tout offert par les joueurs sur le terrain.
Conclusion
L'histoire de Germain le lynx est intimement liée à celle du PSG et de ses supporters. De ses débuts modestes à son rôle actuel d'ambassadeur du club auprès des jeunes fans, Germain incarne l'esprit festif et rassembleur que le PSG souhaite promouvoir. Grâce à des initiatives comme le Junior Club et les animations au Parc des Princes, Germain contribue à créer une expérience mémorable pour tous les spectateurs.