Amandine Suzanne Monique Leynaud, née le 2 mai 1986 à Aubenas, est une figure emblématique du handball français. Handballeuse internationale, elle a évolué au poste de gardienne de but, marquant de son empreinte l'histoire de ce sport.

Débuts et Ascension à Metz Handball
Amandine Leynaud commence le handball à l'Entente Saint-Étienne Aubenas Handball. Après les championnats de France -18 ans avec l'UGAP Bourg-de-Péage, elle est recrutée à 18 ans par le Metz Handball. Dans le club le plus titré du handball féminin français, elle s'impose rapidement comme la titulaire indiscutable à son poste.
Dès son arrivée à Metz, Amandine Leynaud marque les esprits, s’impose rapidement dans les buts lorrains, et se retrouve convoquée avec l’équipe de France. Le début d’une épopée fantastique, qui la propulsera sur les sommets du handball international. « Metz est le club qui m’a permis de devenir Amandine Leynaud, d’évoluer dans les plus grands clubs européens.
Championne de France à six reprises avec le Metz Handball, désignée meilleure gardienne du championnat de France de 2008 à 2011, Amandine Leynaud était installée dans un fauteuil en France, intouchable.
Expériences à l'Étranger
Au sommet de son art, elle va alors prendre la décision de partir à l’étranger en 2012, avec la volonté de progresser encore et toujours, « Je voulais me mettre en danger, pour apprendre et progresser, avec la volonté de gagner le plus beau titre : la Ligue des Champions. J’ai toujours eu ce besoin d’apprendre« .
En mars 2012, elle annonce son départ pour le club roumain d'Oltchim Râmnicu Vâlcea. En février 2013, du fait de difficultés financières du club roumain, elle fait valoir une clause de son contrat qui lui permet de rompre son engagement. Elle quitte donc Vâlcea sans avoir joué le moindre match officiel et rejoint pour une année le club macédonien du ŽRK Vardar Skopje, club ambitieux mais alors sans joueuse internationale.
Arrivée au Vardar Skopje en 2013, Amandine Leynaud va enchaîner les campagnes européennes avec une obsession : gagner la Ligue des Champions. Brillante dans les buts du champion macédonien, le graal va lui échapper à plusieurs reprises, malgré cinq participations au prestigieux Final 4 avec le Vardar (2014, 2015, 2016, 2017, 2018).
Lors de la saison 2018-2019, elle s'engage avec le club hongrois de Györ, vainqueur de la Ligue des champions en 2017. Recrutée par Györ en 2018, le destin va enfin lui sourire l’année suivante avec une Ligue des Champions remportée en finale contre Rostov, et une performance XXL réalisée par la gardienne tricolore.
« Cela va faire dix ans que je joue à l’étranger. Ces années ont été une vraie expérience handballistique et humaine. Des périodes difficiles aux grandes épopées, elle s’est imposée comme un élément déterminant dans la construction des succès que les Bleues ont connu.
Carrière Internationale
Sélectionnée en équipe de France pour la première fois en 2005 à 19 ans, elle est peu à peu devenue gardienne de but numéro 1 après la retraite internationale de Valérie Nicolas en 2008. Elle a également participé aux Jeux olympiques en 2008, en 2012 et en 2016, année où la France décroche une médaille d'argent. En fin d'année, elle devient championne d'Europe avec l'équipe de France lors de l'Euro de handball organisé en France.
Après de nombreuses années de bons et loyaux services, elle a décidé de prendre sa retraite internationale après les Jeux-Olympiques de Tokyo. Une retraite dorée sur les toits de l’olympe, « C’est totalement fou d’avoir terminé ma carrière internationale sur un titre olympique. » admet l’intéressée, avant d’ajouter : « Quand on gagne des médailles comme nous l’avons fait ces dernières années, tu en veux toujours plus. Mais la médaille d’or des Jeux Olympiques reste la plus belle des médailles, que tout sportif rêve d’avoir une fois dans sa carrière. Finir sur ça c’est un honneur, et je me sens chanceuse.« .
Un timing parfait, et un retrait en toute sérénité, conforté par une relève assurée par des gardiennes de talent comme Cléopatre Darleux et Laura Glauser, « J’ai eu la chance d’évoluer avec Cléopatre et Laura en l’équipe de France. C’est un nouveau binôme et elles ont réalisé un très beau Mondial. Elles ont été performantes, dans des moments importants. J’ai toujours été attachée aux deux, et humainement ce n’était jamais facile de voir une co-équipière déçue ou triste.
Si sportivement Amandine Leynaud a pris ses distances avec l’équipe de France, elle est resté au plus prêt des Bleues pendant le Mondial 2021 organisé en décembre dernier en Espagne, avec un rôle de consultante pour beIN SPORTS, diffuseur officiel de la compétition. « Les choses se sont faites un peu au dernier moment. J’ai été invitée par beIN en tant que consultante et c’est vrai que dans ma tête, je n’y avais pas forcément pensé. Je m’entraînais avec Györ, et c’était tout nouveau pour moi de ne pas être avec l’équipe de France. Je n’avais pas calculé que j’allais avoir mes week-ends de libre, ça ne m’était jamais arrivée depuis 20 ans. » explique t-elle.
Une nouvelle expérience qui a beaucoup plu à la gardienne de Györ, qui connaît parfaitement les rouages de l’équipe d’Olivier Krumbholz, « Ça a été une superbe expérience, j’ai été très bien entourée par l’équipe de beIN et Mary Patrux, et j’ai pu évoluer dans de très bonnes conditions. J’étais là pour parler de l’équipe de France, qui représente beaucoup pour moi. Parler des filles, de ce qu’elles font… J’ai énormément apprécié cet exercice. Je sais comment les choses se déroulent à l’intérieur, c’est l’un des plus beaux sports au monde« .
Une consultante de luxe, qui a eu le temps de prendre du recul sur sa décision de se retirer de la sélection, « Je me suis posée plusieurs fois la question pendant le Mondial, pour être sûre de la décision que j’ai prise de prendre ma retraite avec l’équipe de France. La sensation que j’ai eue c’est que j’étais à ma place tout simplement. Je suis très heureuse d’avoir pu arrêter sur un titre olympique. Je me sens hyper privilégiée et je sais tous les efforts qu’il faut accomplir au quotidien, pendant une longue période, loin de ma famille… J’ai très bien vécu le fait d’être de « l’autre côté », et en même temps j’ai été très fière de leur parcours.
Rôle au sein du staff de l'équipe de France
Au sein du nouveau staff en équipe de France, Amandine Leynaud est désormais adjointe du nouveau sélectionneur, Sébastien Gardillou. Auparavant en charge des gardiennes, "Doudou" a vu son champ d'action élargi.
Présente dans le staff de l'équipe de France féminine depuis novembre 2022, Amandine Leynaud (38 ans) apporte sa force tranquille et son vécu au sein d'un collectif où elle a joué avec la majorité des joueuses actuelles, présentes à l'Euro de handball co-organisé par la Suisse, l'Autriche et la Hongrie, et qualifiées pour le tour principal après leurs victoires contre la Pologne (35-22), l'Espagne (24-22) et le Portugal (28-16).
Désormais adjointe du nouveau sélectionneur Sébastien Gardillou, qui a succédé à Olivier Krumbholz après la médaille d'argent aux JO de Paris 2024, le rôle de Leynaud a bien grandi. "Séb m'a confié d'autres tâches. Il n'hésite pas à me solliciter sur la défense notamment, à intervenir un peu plus auprès des filles en tant que conseillère bien sûr, explique l'ancienne internationale. La défense était jusque-là l'un de nos gros points forts et elle l'était moins sur les JO. On a bien défini les rôles. Sébastien est quelqu'un de précis et sait ce qu'il attend.
Pour Gardillou, il était impensable de ne pas s'appuyer davantage sur Leynaud surtout après des premiers mois très positifs dans le staff sous l'ère Krumbholz (2013-2024, après 1998-2013)."C'est ce qui m'anime de m'entourer et de laisser la place aux gens qui sont plus compétents que moi, a confié le sélectionneur de 49 ans. Quand on a la chance d'avoir des athlètes, parce que je la considère comme une athlète de ce gabarit-là, c'est quand même "master class", ce n'est pas une joueuse internationale quelconque. Elle fait autorité partout où elle est passée. Elle a un savoir-faire dans le relationnel. Elle a une connaissance accrue de ce qui s'impose aux athlètes dans beaucoup de choses. Elle est précieuse aujourd"hui dans le staff."
Parmi les grandes améliorations, il y a aussi les penalties. Les gardiennes tricolores (Hatadou Sako, Laura Glauser et Floriane André) en ont arrêté cinq, soit le meilleur total de la compétition, et les tireuses de penalty que sont Tamara Horacek, Grâce Zaadi ou Sarah Bouktit sont à 100% (10/10). "Je ne vais pas dire que c'est ma responsabilité, complète Leynaud. Ce sont surtout les joueuses qui font un bon travail. Je pense qu'on en parle beaucoup et c'était aussi un objectif. Nos gardiennes étaient moins performantes sur les penalties et là, il y a eu beaucoup d'arrêts.
Mon quotidien est de regarder tous les matchs où jouent des filles qui sont potentiellement sélectionnables en équipe de France. Ce qui en fait un paquet, dans beaucoup de championnats différents. Je m’occupe aussi de la filière féminine, avec Eric Baradat, sur les RIG [Regroupement Inter-Générationnel], je pars sur les compétitions avec les jeunes. Ca fait beaucoup de temps à la Maison du Handball, mais ma palette est super large. Et j’adore ça. Ca fait maintenant un petit bout de temps que j’ai arrêté de jouer. Au fur et à mesure, Sébastien m’a donné un peu plus de place, ça fait également un certain temps que j’interviens au sein de la filière féminine fédérale. Et c’est passionnant !
Tu parlais de la place plus importante que Sébastien t’avait laissé. Déjà, il y a l’officialisation de ma position. Quand Olivier Krumbholz était sélectionneur, j’avais déjà beaucoup d’échange avec lui, j’ai toujours été passionnée par la défense. En partie à cause de mon poste, évidemment. Mais désormais, c’est un peu plus officiel que je m’occupe de la défense et de la relation que la défense peut avoir avec les gardiennes de but. On met en place les stratégies défensives avec le reste du staff. Elles n’ont pas changé depuis des années, la défense est une valeur cardinale. Il faut être dans la continuité du travail mis en place depuis des années, orienter aussi les jeunes sur ce travail là. Quand on arrive en équipe de France, il faut switcher avec très peu de préparation, très peu d’entrainements pour être opérationnels et entrer dans un mode différent de celui du club.
C’est sûr que les membres du staff ne dorment pas beaucoup pendant le mois de décembre ! Il faut étudier ce que fait l’adversaire, ce qu’il est aussi capable de proposer avec des joueuses différentes.
Tu parlais de switcher en mode équipe de France. Si tu le sais, j’attends la recette ! On fait de notre mieux pour essayer de gérer l’état physique des filles, qui sont dans un moment où elles ont beaucoup joué. Il y a toujours des petits bobos à droite et à gauche. Avant le Mondial, il faut arriver à amener les filles à ce qu’elles soient au top au niveau physique. La première semaine est chargée, mais elles connaissent les enjeux d’une telle compétition. On ne révolutionne pas tout en trois entrainements. On peut changer des combinaisons, on peut tenter des coups, mais il faut surtout qu’on soit excellentes dans ce qu’on sait bien faire. La 0-6, la 1-5, ce sont des systèmes qui marchent, que les filles connaissent bien, et il faut d’abord s’appuyer là-dessus.
On a des bonnes gardiennes, on a de la chance. L’absence de Laura Glauser est un fait, ça ne sert à rien de se demander ce qui aurait pu être ou ne pas être. Je me sens en sécurité avec ces trois filles, la cage de l’équipe est bien protégée. Ce sont trois joueuses complètement différentes, un handball et une manière de faire assez complémentaires. Je suis plus intéressée de voir comment ça va fonctionner, comment elles vont gérer cette compétition. Chaque compétition est différente, avec des états de forme différents. C’est sûr que la configuration est différente. C’est le moment pour les deux d’engranger de la confiance et du temps de jeu, dans des matchs à pression. Ca reste un Mondial. Ce genre de compétition est très important pour une gardienne, c’est quand même ce qui se fait de mieux au niveau international.
Pas grand-chose. On connait bien les joueuses, elles savent aussi qu’elles peuvent compter sur le staff. On les regarde deux fois par semaine jouer, ce qui est important, c’est qu’elles prennent cette expérience. Elles font de belles choses au quotidien, elles s’entrainent tous les jours dans de grands clubs. Ce sont des bonnes gardiennes, ça va être intéressant de voir dans quelle mesure elles vont être capables de répondre présentes.
Palmarès
Voici un récapitulatif des principaux titres et récompenses d'Amandine Leynaud :
| Compétition | Médaille | Année |
|---|---|---|
| Championnat d'Europe | Or | 2018 |
| Ligue des Champions | Or | 2018 |
| Championnat du Monde | Or | 2017 |
| Jeux Olympiques | Argent | 2016 |
| Championnat de France | Or | 2005, 2006, 2007, 2008, 2011 |
Elle a également été désignée meilleure gardienne du championnat de France de 2008 à 2011.
Amandine Leynaud n’a pas manqué de souligner la qualité du collectif lorrain, qui avait posé pas mal de problèmes à son club au match aller, « C’est toujours difficile de gagner à Metz, nous avons pu le voir au match aller. Elles ont une très belle équipe avec de jeunes talents et des joueuses plus expérimentées. C’est un collectif complet et elles ont vraiment les armes pour aller loin dans cette compétition, et retourner au Final 4 est quelque chose de tout à fait possible.« . Interrogée sur la longévité du club lorrain au plus haut niveau, Amandine Leynaud n’a pas tari d’éloges à propos de son club de coeur, « Toutes les jeunes joueuses françaises rêvent de jouer une fois dans leur carrière à Metz. C’est une référence dans le handball féminin. Il y a toujours eu Metz, et il y aura toujours Metz. Il y a une constante remise en question dans ce club et ils progressent toujours en allant chercher de jeunes pépites, en les formant.