Hope Solo: Histoire d'une Gardienne Américaine de Football, Entre Gloire et Controverses

Aujourd’hui âgée de 40 ans, Hope Solo est une légende du football féminin. 202 sélections, deux médailles d’or olympique (2008 et 2012), une Coupe du monde (2015) et une sacrée collection de trophées individuels. Hope Solo, c'est LA première vedette mondiale au poste de gardienne. Plus de 200 sélections avec les USA.

Hope Solo en 2016

L'Envers du sport : Hope Solo, gardienne indomptable, nouvel épisode de la série documentaire, explore la carrière tumultueuse et les défis personnels de l’une des gardiennes de but les plus célèbres du football féminin.

Une Carrière Brillante Entachée par des Scandales

Depuis quelques années, son image est toutefois entachée par une série de casseroles et polémiques. Auteure d'une brillante carrière sportive (championne du monde en 2015, double championne olympique en 2008 et 2012), l'ancienne gardienne n'en est pas à sa première sortie de route.

En 2014, la gardienne américaine avait été arrêtée pour une histoire de violences domestiques, accusée d’avoir frappé sa demi-sœur et un neveu lors d'un rassemblement familial. À l'époque, elle avait expliqué avoir agi en état de légitime défense et l'affaire avait été classée. Ils avaient été contrôlés dans un état avancé d'ébriété.

Plus récemment, début avril, elle a été interpellée et poursuivie pour ivresse au volant et maltraitance d'enfants. Moteur allumé, elle s’était évanouie au volant pendant plus d’une heure, alors que ses jumeaux de deux ans se trouvaient à bord du véhicule. Elle est attendue devant le tribunal le 28 juin, inculpée pour conduite en état d'ébriété, refus d'obtempérer et négligence parentale.

Ancienne gardienne des États-Unis, Hope Solo vient d’écoper d’une peine de prison de deux ans de prison avec sursis pour conduite en état d’ivresse, en présence de ses deux jumeaux. Arrêtée en mars dernier pour conduite en état d'ivresse alors qu'elle était avec ses jumeaux de deux ans, Hope Solo a été condamnée à deux ans de prison avec sursis ainsi que d'une amende de 2.500 dollars (2.450 euros) plus 600 dollars (590 euros) de frais de laboratoire.

Pendant deux ans, elle devra consulter un expert en toxicomanie agréé par le tribunal et suivre tout autre traitement imposé par le tribunal, selon le bureau du procureur, cité par le New York Times. Elle a également dû rendre son permis de conduire et ne pourra pas conduire une voiture tant qu'elle ne l'aura pas récupéré.

En juin 2014, elle a été arrêtée pour violences domestiques. Lors d’une soirée un peu trop arrosée, la gardienne américaine s’en est pris physiquement à sa sœur et son neveu, jugeant ce dernier « trop gros » pour devenir sportif professionnel. Et lorsque les flics sont venus l’arrêter, Hope Solo les a insultés. « Vous êtes des salopes.

En 2015, elle est suspendue par la fédération américaine pour avoir quitté un rassemblement, en pleine nuit, en prenant au passage une voiture du staff. En 2016, les américaines sont éliminées en quart de finale des Jeux Olympiques à Rio, par la Suède. Hope Solo traite alors les suédoises de "bande de lâches". Elle persiste et signe, maintient ses propos. Le dérapage de trop. A 34 ans, elle écope alors de six mois de suspension, pour l'ensemble de son œuvre, qui signent sa fin de carrière. Mais pas la fin des ennuis.

Lutte Contre l'Alcoolisme et Report de l'Intronisation au Hall of Fame

Confrontée à de graves problèmes liés à l’alcool, l'ex-gardienne américaine a prévu d'entamer une cure hospitalière pour lutter contre son addiction. Pour prendre le temps de se soigner, elle a même demandé le report de son intronisation au Hall of Fame du football américain qui était prévue dans les prochaines semaines.

"J'ai contacté le Hall of Fame et demandé respectueusement un report de ma cérémonie d'intronisation à 2023. Je vais entrer volontairement dans un programme de traitement de l'alcoolisme afin de résoudre mes problèmes. A l'heure actuelle, je consacre toute mon énergie et mon attention à ma santé, à ma guérison et à ma famille. Je tiens à remercier le Hall of Fame pour son soutien et pour avoir compris ma décision", a-t-elle écrit vendredi sur ses réseaux sociaux.

Une position comprise par le Hall of Fame, qui lui a répondu via un communiqué: "Nous soutenons pleinement sa décision. Nous nous réjouissons d'honorer sa carrière l'année prochaine lors d'une cérémonie."

A 40 ans, Hope Solo a donc décidé d'entrer en cure de désintoxication. En fait, tout a basculé le 31 mars dernier, elle est retrouvée au volant de sa voiture. Inconsciente. Sur le parking d'un supermarché, à Winston-Salem, en Caroline du Nord. Le moteur allumé. Ses jumeaux de 2 ans sur la banquette arrière. Elle est interpellée par la police, mais elle aurait alors refusé de descendre de son véhicule et de se soumettre à un éthylotest.

« Je vais entrer volontairement dans un programme de traitement de l’alcoolisme afin de résoudre mes problèmes. À l’heure actuelle, je consacre toute mon énergie et mon attention à ma santé, à ma guérison et à ma famille."

Parcours Sportif et Réalisations

Bien que Hope Solo n’ait commencé à devenir gardienne de but qu’à son entrée à l’université de Washington, attaquante jusqu’alors, elle avait inscrit 109 buts en trois saisons dans son lycée de Richland, l’Américaine est l’une de celle qui a révolutionné son poste. « Avant elle, on ne voyait pas ce genre de gabarit [1,75 m]. Et, en plus, elle est très agile, comme un chat. Elle est atypique et a prouvé son niveau. Une grande équipe a besoin d’une grande gardienne », analyse Sandrine Roux, ancienne gardienne internationale et, désormais, entraîneuse nationale.

Selon Albert Rust, entraîneur des gardiennes bleues et champion olympique aux JO de 1984, Hope Solo est sans conteste « l’une des meilleures » à son poste. « Son jeu au pied a beaucoup progressé et elle possède d’énormes qualités techniques en plus de son physique », avance l’ancien joueur de Sochaux.

Loin de se contenter de ses indéniables qualités physiques, Hope Solo a, en effet, travaillé et réfléchi à l’évolution de son jeu. « Par rapport à mes débuts, je suis devenue une gardienne beaucoup plus tactique. J’ai appris à lire les courses de mes adversaires vers le but, à positionner mes défenseuses, à voir les angles. Le côté intellectuel fait de ce poste quelque chose de bien plus passionnant », raconte-t-elle.

Avant d’affronter les Japonaises, pour la revanche de la finale du précédent Mondial (2-2, 3 t.a.b. 1), Hope Solo rêve d’ajouter un trophée qui manque à son palmarès. En 2011, en Allemagne, l’Américaine avait été élue meilleure gardienne de but de la compétition.

Habituée aux récompenses individuelles, elle avait également été en 2009 la première gardienne à recevoir le prix de la joueuse américaine de l’année aux Etats-Unis. Déjà double championne olympique (2008 et 2012), elle entrerait donc encore un peu plus dans l’histoire de son sport en cas de premier sacre mondial.

Hope Solo, qui a un temps joué à l’Olympique Lyonnais, est l’une des joueuses les plus titrées du football féminin. Championne olympique en 2008 et 2012, vice-championne du monde en 2011 et sacrée meilleure gardienne dans la Women's Professional Soccer en 2009, Gant d’Or Adidas en 2011 et meilleure gardienne de la Coupe du Monde en 2011, la belle brune aux yeux clairs n’a concédé que 79 buts en 165 matchs.

Hope Solo fait partie des footballeuses les plus titrées de l’histoire du football féminin : championne olympique en 2008 et 2012, vice-championne du monde en 2011 et sacrée meilleure gardienne dans la Women’s Professional Soccer en 2009, Gant d’or Adidas en 2011 et meilleure gardienne de la Coupe du monde en 2011.

Voici un résumé de ses principales réalisations:

Réalisation Année
Championne Olympique 2008, 2012
Vice-Championne du Monde 2011
Championne du Monde 2015
Meilleure Gardienne de la Women's Professional Soccer 2009
Gant d'Or Adidas (Coupe du Monde) 2011
Meilleure Gardienne de la Coupe du Monde 2011

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Une Personnalité Complexe

Si ces révélations choquent à ce point les Américains, c’est que la jeune femme de 33 ans est une habituée des scandales. En janvier dernier, elle a été suspendue 30 jours par la Fédération Américaine de Football. La cause ? Elle avait été impliquée, avec son époux, dans un (autre) incident avec la police de Los Angeles lors d’un rassemblement de l'équipe nationale à Carson en Californie.

Avant les JO de Londres, elle avait en outre été contrôlée positive à un diurétique considéré comme un produit interdit mais aussi présent dans les médicaments contre les douleurs liées aux règles. Considérant qu’elle n’avait pas cherché à améliorer ses performances, l'agence américaine antidopage lui avait donné un simple avertissement.

Née dans une famille pauvre, elle a été conçue lors d’une visite conjugale en prison et a grandi avec un père absent, une mère alcoolique et un frère violent. Dans le football, elle a trouvé une échappatoire. Et cela lui a plutôt bien réussi.

Hope Solo

Pour la culture populaire des Etats-Unis, l’enfance de Hope Solo peut sérieusement être associée à la white trash (littéralement, raclure blanche), un terme d’argot qui désignait au départ les populations pauvres blanches, qui est revenu à la mode aujourd’hui sous l’influence, notamment, du rappeur Eminem. Conçue lors d’une visite conjugale en prison, la petite fille a grandi au sein d’une famille très défavorisée.

Mère alcoolique, frère aîné violent, Hope (espoir en anglais) est enlevée à l’âge de 7 ans par son père. Retrouvée au bout de quelques jours, elle renouera à l’adolescence les liens avec son kidnappeur, qui est celui qui l’a initiée au football.

« Le foot était ce à quoi je m’accrochais. Le problème, c’est que j’ai continué à attendre du foot qu’il me fasse traverser les mauvais moments, mais ce n’était plus aussi simple que quand j’étais gamine », a-t-elle confié, toujours à ESPN.

Ce passé explique beaucoup du parcours de Hope Solo et de son présent tumultueux. Elle n’a d’ailleurs pas hésité à l’utiliser dans une autobiographie à grand succès, dont le titre est un jeu de mots : Solo, a Memoir of Hope. Preuve de sa notoriété extraordinaire, le livre où elle décrit aussi bien son enfance difficile que son premier baiser avec une fille, entre directement en troisième position de la liste des best-sellers du New York Times, catégorie non fictionnelle.

En 2011, elle participe à l’émission « Dancing with the Stars ». La sportive n’hésite pas à poser régulièrement dévêtue en couverture des magazines.

Marquée par l’ambiance particulière des Jeux olympiques, la très franche Hope Solo faisait cette observation à propos des JO de Pékin en 2008 : « Il y a beaucoup de sexe là-bas. (…) J’ai vu des gens faire l’amour en plein air. Sur les pelouses, entre des bâtiments. Peut-être bien qu’une star s’est glissée avec moi sans que personne ne s’en aperçoive. Mais c’est mon secret olympique. »

Pour autant, il ne faut pas confiner l’Américaine à ce personnage fantasque et médiatique. Son ancienne coéquipière Marinette Pichon réfute l’étiquette de « bad girl » et se souvient d’une jeune femme attachante : « Elle est très gentille, humaine et boute-en-train. Sportivement, elle est fière et a le goût de l’exigence. C’est une immense star aux Etats-Unis et je pense qu’elle s’est construit une carapace. »

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