Le football féminin anglais a pris une ampleur considérable ces dernières années. Au sommet de cette ascension, Chelsea Women s’impose comme l’équipe à battre. Assister à un match de Chelsea Women, c’est vivre l’intensité d’un football en pleine expansion, porté par des joueuses d’exception et une ferveur croissante.

Sonia Bompastor et son équipe de Chelsea ont marqué l'histoire de la Women's Super League. (J.Feeney/Presse Sports)
Domination Nationale et Ambitions Européennes
L'équipe féminine de Chelsea a remporté le titre de champion d'Angleterre pour la cinquième fois consécutive. L’Anglaise de 47 ans, nommée sélectionneuse des États-Unis, referme son aventure chez les « Blues » de l’ouest londonien avec un septième titre en Women’s Super League (WSL), en comptant ceux de 2015 et 2018. Les joueuses du club féminin de Chelsea ont remporté ce samedi le championnat d’Angleterre, pour la troisième fois d’affilée.
Sous la direction de Roman Abramovich, le club a mis en place des infrastructures de pointe, des budgets conséquents et un plan de développement pensé pour la performance sur le long terme. Aucune domination ne se construit sans un entraîneur exceptionnel, et Chelsea a trouvé son guide en la personne d’Emma Hayes. Son palmarès parle pour elle : plusieurs titres de WSL, des coupes nationales et des campagnes européennes impressionnantes. En 2024, son départ pour prendre en charge la sélection féminine des États-Unis a marqué la fin d’une ère, mais son héritage reste intact.
Chelsea Women s’est imposé comme une destination privilégiée pour les meilleures joueuses du monde. Contrairement à d’autres clubs qui empilent les individualités sans forcément bâtir une équipe cohérente, Chelsea recrute intelligemment. Sous Hayes, Chelsea a développé une approche tactique moderne et agressive, combinant pressing haut, construction rapide et transitions éclaires. Chelsea sait aussi s’adapter à ses adversaires, en ajustant son plan de jeu selon le contexte.
Si Chelsea domine l’Angleterre, la Ligue des champions reste un défi majeur. Après une finale en 2021 perdue contre Barcelone, le club n’a pas encore réussi à décrocher le Graal européen, contrairement à des clubs comme Lyon.

Ji So-Yun après son but lors du match opposant Chelsea au Bayern Munich en Ligue des champions féminine. Crédit: Getty Images
Saison 2023-2024 : Entre Triomphe National et Désillusion Européenne
Le Chelsea de Sonia Bompastor, déjà sacré champion d'Angleterre le mois dernier, vient de conclure sa saison en étant invaincue, une première dans l'histoire du Championnat, en empochant également le plus haut total de points (60 points). Avec 19 victoires et 3 nuls, elles deviennent la première équipe à rester invaincue sur une saison complète à 22 journées, totalisant un record de 60 points.
Toutefois, après 28 matchs sans défaite toutes compétitions confondues, les Blues de Sonia Bompastor ont connu leur première défaite de la saison contre Manchester City, en quarts de finale aller de la Ligue des champions. « Vous voulez que je réponde honnêtement ? Je m'en fiche, a répondu, tout sourire, celle qui vient de faire son coming-out avec son adjointe Camille Abily. Nous avons juste perdu, c'est le plus important. Maintenant, je me concentre sur le prochain match, en m'assurant que nous renversons la situation au match retour et que nous gagnons. Le fait d'être invaincu est évidemment une bonne chose, mais ça n'apporte pas de trophée. Cela ne nous intéresse pas, je l'ai déjà dit. »
Pour Lucy Bronze, également ancienne Lyonnaise, les Londoniennes n'ont tout simplement « pas été assez bonnes. On n'a pas suffisamment pressé, on n'a pas assuré nos passes..., a-t-elle regretté pour la BBC. A la mi-temps, Sonia nous a dit qu'on était loin de notre niveau.
L'Ascension de Chelsea : Facteurs Clés
L’essor du football féminin passe aussi par sa popularité et son attractivité commerciale. Sur ce point, Chelsea a pris une longueur d’avance. Le club a su développer une identité forte autour de son équipe féminine, attirant un public fidèle et passionné. Chelsea a également su convaincre des sponsors prestigieux d’investir massivement dans l’équipe féminine.
Saison 2020-2021 : Une Finale Historique
L'armada galactique de Chelsea ou le séduisant FC Barcelone. Ce dimanche, à Göteborg (21h00), la finale de la Ligue des champions féminine va sacrer l'une de ces équipes, après des années de domination lyonnaise. En Suède, les Barcelonaises pourraient hisser l'Espagne sur le toit de l'Europe pour la première fois de l'histoire chez les filles, deux ans après leur finale perdue contre l'OL. Les Anglaises, jamais parvenues à ce niveau, essaieront d'imiter leurs voisines d'Arsenal, lauréates en 2007, à l'époque où la C1 s'appelait Coupe féminine de l'UEFA.
Dans tous les cas, le vainqueur sera inédit et il deviendra le premier club à avoir remporté la Ligue des champions masculine et féminine. "C'est un trophée qu'on n'a pas encore gagné, donc on croise les doigts pour écrire une page d'histoire", a dit à l'AFP Bethany England, attaquante d'un club, Chelsea, qui vise un doublé historique avec l'autre finale des messieurs le 29 mai contre Manchester City. Pas qualifiées la saison dernière, les Londoniennes réalisent une saison de feu sur le Vieux Continent, où elles ont éliminé Wolfsburg et le Bayern Munich, comme sur le plan domestique.
En Championnat, elles ont conservé leur titre dimanche, avec une seule défaite au compteur, grâce à la meilleure défense (10 buts), la meilleure attaque (69 buts), la meilleure marqueuse (Sam Kerr, 21 buts) et la co-meilleure passeuse décisive (Fran Kirby, 11 passes). Encore amateur à son arrivée en 2012, Chelsea s'est transformé ces dernières années sous l'impulsion de la coach Emma Hayes, sacrée cinq ans plus tôt en C1 en tant que membre du staff d'Arsenal, dernière équipe non française ou allemande à être devenue championne d'Europe.
Chelsea a construit une armada. Pour arriver jusqu'au stade Gamla Ullevi de Göteborg, le club a investi massivement dans sa section féminine avec le recrutement clinquant de l'Austalienne Sam Kerr puis de Pernille Harder, arrivée en début de saison de Wolfsburg. A Londres, l'attaquante danoise, élue deux fois meilleure joueuse UEFA (2018 et 2020), a rejoint sa compagne Magdalena Eriksson, capitaine suédoise de Chelsea, et une floppée d'autres internationales comme l'Allemande Melanie Leupolz, la Canadienne Jessie Fleming et la Sud-Coréenne Ji So-yun.
Pour Bethany England, cette stratégie offensive a payé car Hayes "est très douée pour apporter le genre de personnalités dont l'équipe a besoin. Nous sommes un groupe très équilibré d'individualités qui, collectivement, forment une grande équipe", dit-elle à l'AFP. Face à Chelsea, le Barça du jeune entraîneur Lluis Cortes présente un visage bien différent, patiemment construit en s'appuyant sur une majorité de joueuses espagnoles, agrémentée d'une pincée d'internationales étrangères.