Franck Maurice : Parcours d'un Entraîneur de Handball de Gagny aux Terrains Internationaux

La carrière de Franck Maurice dans le handball a débuté à la fin des années 70. Né en 1971, le jeune Franck et ses amis habitent Gagny, et se retrouvent vite à pousser les portes du gymnase Marcel-Cerdan. À cette époque, Gagny était la capitale française du handball. Dans les écoles, les jeunes étaient orientés vers ce sport pour s'amuser entre amis, sans forcément penser à une carrière professionnelle. Franck, lui, préférait collectionner les figurines de la Guerre des Etoiles !

Franck Maurice a été formé au Gagny et a joué ses premiers matchs professionnels avec ce club. Il a ensuite rejoint l'US Ivry, remportant la Coupe de France en 1996 et le championnat en 1997.

En piste à partir de ce vendredi au Championnat du monde des clubs, les Bleus du Barça et de Veszprem vont croiser un compatriote beaucoup moins attendu dans le grand théâtre de la Nouvelle capitale administrative de l'Égypte, dans la banlieue du Caire : Franck Maurice, ancien coach de Nîmes (2014-2022) et de Dunkerque (2022-2025), disputera la compétition sur le banc du club cairote de Zamalek, qualifié en tant que représentant du pays hôte.

Il sera l'un des rares entraîneurs français à y avoir participé, avec notamment Denis Lathoud (Espérance Tunis, 5e en 2016) et Patrice Canayer (deux fois 3e, en 2012 avec le club qatarien d'Al-Sadd et en 2018 avec Montpellier).

FAIT DU SOIR - Franck Maurice (USAM) : "Je n'avais pas l'énergie sur cette fin de saison"

Reconversion en Entraîneur

En 2002, alors qu'il lui restait un an de contrat à Nîmes, Franck Maurice apprend que le Pôle Espoir de Besançon cherche un technicien pour le pôle masculin. Il décide de saisir cette opportunité et en 2006, il dirige l'ES Besançon. En 2008, il prend la direction de Saintes pour cinq saisons.

Élu coach de l'année en ProD2 en 2010, il est contraint de quitter le club en 2013 après un dépôt de bilan.

En formation à l'INSEP avec Jérôme Chauvet, l'entraîneur de l'USAM Nîmes Gard, ce dernier lui apprend que Nîmes cherchait quelqu'un pour diriger son centre de formation. Il intègre donc le club, notamment dans le but « d’être connu de tout le monde si jamais un jour il [Chauvet] venait à quitter son poste ».

Et effectivement, en novembre 2014, Jérôme Chauvet est démis de son poste au profit de Franck Maurice qui prend alors la tête de l'équipe élite.

Pendant près de 8 ans, il est entraîneur principal de l'USAM Nîmes Gard. Il permet ainsi au club Nîmois de retrouver de meilleurs résultats, avec notamment une deuxième place à l'issue des matchs aller en Championnat de France 2017-2018 puis une finale de Coupe de France en 2018.

La saison suivante, l'USAM termine cinquième du Championnat, synonyme de qualification en coupe d'Europe, 25 ans après leur dernière participation.

Si le club parvient à atteindre la phase de groupe et est en course pour une qualification en quart de finale, la coupe de l'EHF comme toutes les autres compétitions sont arrêtées à cause de la pandémie de Covid-19.

Dès le début de saison 2021/2022, la question de son départ de Nîmes est évoquée et après plusieurs semaines de rumeurs, sa signature au Dunkerque Handball Grand Littoral à partir de l'été 2022 est confirmée, formant un duo avec Tarik Hayatoune.

Le Francilien (53 ans) ne l'avait pas vu venir, lui non plus. Sa pénible dernière saison dans le Nord lui avait fait perdre le goût du métier et il s'était inscrit pour la rentrée au Centre de droit et d'économie du sport de Limoges afin de se reconvertir en manager général. Mais au début de l'été, un coup de fil inattendu de son agent a dévié la trajectoire de l'ancien ailier gauche et demi-centre international (21 sélections entre 1994 et 1996).

Aventure au Zamalek SC

Libre après son départ de Dunkerque, il rebondit en 2025 dans le club égyptien du Zamalek SC, l'un des plus grands d'Afrique, où il s'engage pour une saison (plus une deuxième année en option).

Zamalek, l'un des plus grands clubs d'Afrique, recherchait un entraîneur ayant déjà dirigé des Égyptiens, comme lui avec Mohammad Sanad et Ahmed Hesham à Nîmes. « On s'est dit que c'était le moment de tenter l'aventure à l'étranger, de voir autre chose : mes enfants sont grands, mon épouse travaille à Dunkerque et est autonome », dit le technicien.

Adieu les bancs de l'école, bonjour les Pyramides et la plus grande nation non européenne du handball (5e des JO de Paris). « Tout est différent : la culture, la langue, la façon de fonctionner des gens et des clubs. Je suis vraiment surpris par l'énergie du pays et par la sympathie, la disponibilité des gens, s'enthousiasme-t-il. Je prends le métro tous les jours. Dès qu'une femme ou une personne âgée entre dans la rame, un homme lui laisse son siège ; et dès qu'une place se libère, les gens se tournent vers moi, l'étranger, pour me proposer de m'asseoir. »

Mais la « belle aventure » tourne court puisqu'il est remercié après la sévère défaite (25-47) face au FC Barcelone en phase de groupes de la Coupe du monde des clubs.

Zamalek, c'est une institution omnisports au coeur de la mégalopole, un vaste ensemble de stades, gymnases et piscines dans une grande île sur le Nil. En handball, c'est le plus glorieux du continent, du haut de ses 12 Ligues des champions d'Afrique, 7 Coupes des Coupes et 19 titres de champion d'Égypte, entre autres. Mais depuis trois ans, il a perdu son sceptre au profit de son voisin et grand rival Al-Ahly.

« Depuis mon arrivée, j'ai rencontré trois fois les dirigeants du club et ils m'ont répété trois fois la même chose : c'est important de gagner des titres, c'est important de battre Al-Ahly ! »

Franck Maurice, entraîneur de Zamalek« C'est un peu comme Montpellier, qui dominait tout en France, quand le PSG est arrivé et a pris le leadership, résume Franck Maurice, qui a signé pour une saison plus une deuxième en option. Le challenge est là. Je sais où sera le couperet : je serai évalué uniquement sur les titres qu'on aura gagnés et sur les matches contre Al-Ahly. Depuis mon arrivée, j'ai rencontré trois fois les dirigeants du club et ils m'ont répété trois fois la même chose : c'est important de gagner des titres, c'est important de battre Al-Ahly ! »

Le Mondial des clubs n'est en revanche pas un objectif prioritaire, plutôt une préparation pour la Ligue des champions africaine qui arrive juste après (10-22 octobre à Casablanca au Maroc). Placée dans le groupe le plus relevé du premier tour, avec le Barça et les Brésiliens de Taubaté (son adversaire en ouverture ce vendredi à 16h45, heure française), son équipe de jeunes talents locaux, guidés par l'éternel arrière droit Ahmed El-Ahmar (41 ans), aura sans doute du mal à atteindre les demi-finales (il faut finir premier du groupe ou être le meilleur deuxième). Mais Maurice aura ensuite six autres compétitions nationales ou continentales, et au moins autant de derbies enflammés contre Al-Ahly, pour faire le bonheur de ses patrons et de ses supporters.

Son équipe enchaîne souvent deux matches en 24 heures. Le programme peut changer du jour au lendemain et l'effectif aussi. « Les joueurs sont pleins d'énergie, mais ils ont besoin de cadre, de discipline. Ici, l'entraîneur est un chef, pas un DRH comme en Europe, constate Maurice. Mais c'est hyper enrichissant et je prends beaucoup de plaisir. Je retrouve l'énergie que j'avais à Nîmes, avec cet engouement et le challenge. Je me donne à 200 % et je m'éclate au quotidien. »

La pression est bien là, cependant. Zamalek, c'est une institution omnisports au coeur de la mégalopole, un vaste ensemble de stades, gymnases et piscines dans une grande île sur le Nil. « Comme une ville à l'intérieur de la ville, décrit l'ex-Dunkerquois. Ça grouille de monde à partir de 19 heures, tu sens le poids d'un club historique et populaire. » En handball, c'est le plus glorieux du continent, du haut de ses 12 Ligues des champions d'Afrique, 7 Coupes des Coupes et 19 titres de champion d'Égypte, entre autres. Mais depuis trois ans, il a perdu son sceptre au profit de son voisin et grand rival Al-Ahly.

« Depuis mon arrivée, j'ai rencontré trois fois les dirigeants du club et ils m'ont répété trois fois la même chose : c'est important de gagner des titres, c'est important de battre Al-Ahly ! »

Franck Maurice, lors de sa présentation à la presse, ce samedi 21 février. Il sera l’entraîneur de la JS Cherbourg lors de la saison 2026-2027. L’histoire entre la JS Cherbourg et Franck Maurice - qui sera sur le banc lors de la saison 2026-2027 - aurait pu s’écrire 13 ans plus tôt. En 2013, Vincent Férey, le président des Mauves, avait déjà fait une proposition au technicien. Depuis cet épisode, les deux hommes sont toujours restés en contact. Et, cette fois, c’est Franck Maurice, libre depuis son départ anticipé de Zamalek (Égypte) en octobre dernier, qui a fait acte de candidature.

Reconverti entraîneur, il a été à la tête de l'ES Besançon puis de l'US Saintes pendant de nombreuses saisons en Division 2.

Ce samedi 21 février, la JS Cherbourg a officialisé l’arrivée de Franck Maurice (54 ans), sur le banc, à partir de l’été 2026.

Une carrière qui emmènera l’ailier gauche ou demi-centre de Gagny à Nîmes, en passant par Ivry, l’ACBB ou l’OM 13.

Une carrière de joueur qui va se stopper en 2002, presque sur un hasard.

Un hasard qui n’en est toutefois pas vraiment un puisque Franck Maurice avait soigneusement passé ses diplômes durant sa carrière.

La carrière de joueur désormais rangée dans le placard, Franck Maurice démarre celle de technicien avec une appétence non dissimulée.

Style et Approche de l'Entraîneur

C’est un très fin tacticien. Il prépare énormément ses matches. Même si tu ne fais pas de vidéo, avec lui, tu sais ce que tu vas trouver dans le match, avec les points forts et les points faibles des équipes adverses", glisse Julien Rebichon.

Il est toujours dans la recherche de nouveaux trucs, de nouvelles idées, abonde Benjamin Fadhuile. Il a de toute façon toujours aimé le jeu en lui-même, quel que soit le sport.

C’est au handball, et désormais à Nîmes que le technicien met finalement peu à peu en place son projet, celui de construire une équipe capable de trouver assez de régularité pour aller titiller le Top 5 de Lidl Starligue.

On essaie de construire un projet cohérent, en y allant étape par étape. Je pense notamment que l’apport des Islandais (Gudjonsson et Halgrimsson) nous fait basculer dans un quelque-chose de plus rigoureux. Il faut trouver le savoureux cocktail entre les valeurs de combat chères aux Nîmois et cet aspect plus froid que les Islandais développent, décrypte-t-il. J’essaie de créer un cadre pour que les joueurs s’expriment. C’est moins fermé qu’à certains endroits mais c’est une manière de responsabiliser les joueurs.

Parcours de Franck Maurice
Saisons Club Poste
Années 1980-1990 USM Gagny Joueur
1995-1997 US Ivry Joueur
2002-2006 Pôle Espoir de Besançon Technicien
2006-2008 ES Besançon Entraîneur
2008-2013 US Saintes Entraîneur
2014-2022 USAM Nîmes Gard Entraîneur Principal
2022-2025 Dunkerque Handball Grand Littoral Entraîneur
2025 Zamalek SC Entraîneur

Six Français pour un titreUne fois de plus, les trois représentants européens sont les grands favoris du Mondial des clubs, qui s'ouvre ce vendredi en Égypte. Tenant du titre, Veszprem (Hongrie) visera le doublé avec son trio de Français (Hugo Descat, Nedim Remili et le Franco-Serbe Dragan Pechmalbec, Yanis Lenne étant convalescent). Le FC Barcelone, lui aussi guidé par trois Bleus (Dika Mem, Ludovic Fabregas et Timothey N'Guessan), tentera de renouer avec un trophée qui lui échappe depuis 2019. Mais attention à Magdebourg, finaliste l'an passé et vainqueur de la dernière Ligue des champions, sans doute l'équipe la plus en forme du lot.

À noter également la présence comme chaque année de quelques Français méconnus chez le petit Poucet australien de l'Université de Sydney : le pivot Elliot Artigues, l'arrière gauche Noé Carrière et l'ailier droit Alexandre Coindevel (ainsi que Sébastien Traverso et Daphné Texari au sein du staff).

Suite de notre série « Dans la famille de » avec ce troisième épisode consacré à la famille Maurice. Nées de l’union de Franck et de Thouria, anciens handballeurs de renoms et actuel entraîneur de Dunkerque pour le premier, Meïssa et Farah sont des valeurs montantes du handball français tandis que leur petit frère, Isaac, est, lui aussi, sur la bonne voie.

Meïssa : Je m’appelle donc Meïssa, j’ai 21 ans et je suis demi-centre au Noisy-le-Grand Handball. Je suis arrivée au club durant l’été 2022, pour mon premier contrat pro, après avoir effectué un parcours très « standard » dans le handball en passant par le pôle puis le centre de formation du Metz Handball. Ensuite j’ai été prêtée à Plan-de-Cuques lors de ma dernière année de centre de formation.

Farah : Moi, je suis Farah, je viens d’avoir 18 ans et je suis demi-centre au club de Sambre Avesnois Handball. Je joue plus avec la réserve pour le moment, mais je m’entraîne tous les jours avec les joueuses de D2F. J’ai démarrée le handball au HBC Nîmes puis je suis allée à l’USAM, je suis ensuite passée par le pôle PACA, mais je n’ai pas été jusqu’au bout.

Meïssa : J’ai obtenu mon diplôme en juin ! J’ai un DU Gestion et Management d’une carrière sportive. Je l’ai fait en distanciel avec la fac de Strasbourg. C’était important pour moi d’avoir au moins un bac + 2 avant de commencer vraiment ma carrière sportive. J’ai pris du plaisir à poursuivre mes études. Ça permet de continuer de se cultiver, même si le côté distanciel est parfois difficile car il faut réussir à se motiver.

Farah : Oui, c’est sûr qu’avec la fatigue, il faut réussir à s’aménager les bons moments. Moi je viens d’avoir mon bac et je me suis lancée dans un BTS notariat, via le CNED, qui se fait en trois ans au lieu de deux. Comme je suis sportive, j’ai plus d’encadrants aussi, c’est vraiment bien.

Farah : On aimerait bien jouer avec elle mais chacune doit faire sa carrière de son côté et si on doit se retrouver, ce sera avec grand plaisir.

Meïssa : On aimerait bien jouer ensemble mais on se le dit surtout en rigolant pour le moment.

Farah : Les deux sont moteurs pour nous. On parle plus de mon père car il est encore très actif dans le milieu, mais ma mère est tout aussi impliquée. Elle un bon œil sur le hand. Ils ont du voir tous mes matchs à domicile par exemple. Ma mère est dans le debrief’ général et la positivité. Mon père, c’est parfois très pointu. Il peut revenir sur quasi tout le déroulé d’une action. Il a un œil d’expert. Mais ils ne crient jamais sur le terrain, ils encouragent simplement.

Meïssa : Ma mère est plus dans le comportement, l’attitude tandis qu’avec mon père, j’adore parler mercato car je regarde vraiment beaucoup de hand. Je lui dis : « lui, je l’ai vu jouer, il est pas mal » etc. Quand j’ai besoin, je lui demande de regarder un match, il le fait, et on en parle. Mais quand on est chez nous, on aime bien couper quand même.

Il y a une pression à s’appeler Maurice dans le handball ?

Meïssa : Il n’y a pas de concurrence entre nous. Et je ne me dis jamais, j’aurais dû faire autre chose pour leur laisser de la place. On est très soudés et on a tous envie que les autres réussissent. J’ai toujours dit à ma mère que je préférerais que ça soient Farah ou Isaac qui performent plutôt que moi. On se soutient tous à fond, c’est une richesse. Après, la comparaison, tu ne peux pas faire sans, surtout pour ceux qui sont plus jeunes. Ma sœur, on va forcément lui parler de moi. De mon côté, on m’a parfois dit que j’étais là par rapport à mes parents, que je faisais ça à cause d’eux.

Farah : Au début, on me comparait beaucoup à Meïssa… et ça m’énervait. Je me suis mise en compétition avec elle. Avec le temps, je me suis rendu compte que c’était malsain, que ça n’était pas bien. Maintenant, je suis vraiment fière de mon nom de famille, de ma grande sœur, de ma mère, de mon père et d’Isaac, notre petit frère, aussi. Ce qui est drôle maintenant, c’est qu’une joueuse comme Léa Ballureau, qui était avec Meïssa au centre de formation de Metz, me dit tout le temps qu’elle sait ce que je vais faire car elle a beaucoup fréquenté ma sœur. Ce que j’ai appris en premier, ça vient d’elle puisque, petite, je la regardais jouer.

Farah : Meïssa est très très drôle dans la vie, elle a des super réparties.

Meïssa : Je lui piquerais bien sa défense car elle est vraiment guerrière et puis elle est hyper maline.

Meïssa : On partage beaucoup de voyages ensemble. On va au Maroc car ma mère est originaire de là-bas. On a été au Mexique, en Italie. Cet hiver on va à Amsterdam. On a des vrais rendez-vous ensemble.

Farah : On découvre de nouvelles cultures.

Farah : Ah non mais moi je suis nulle (rires) ! Quand on fait des tournois entre nous, ça peut être très compliqué.

Meïssa : Mon père joue avec ma mère et je joue souvent avec mon petit frère. Farah est moins à fond. Et je peux dire qu’à chaque fois, on a envie de les battre. On est tous des très mauvais perdants. Des fois, on peut sortir du padel en s’étant bien pris la tête.

Farah : Après, c’est ce qui fait que l’on est aussi soudés. Car on se pique mais on rit beaucoup.

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