France et les États-Unis : Histoire du Rugby à 7 et Préparations Olympiques

L’équipe de France masculine de rugby à VII a connu des débuts mitigés aux JO-2024 au Stade de France. Un nul décevant (12-12) face aux États-Unis lors de son premier match de poule, suivi d'une victoire difficile contre l’Uruguay (19-12) ont permis à la France de se qualifier en quart de finale du tournoi olympique de rugby à 7.

Celui qui vient de signer à Perpignan, était titulaire lors du premier match contre les USA et l’Uruguay.

Contre les USA, les Bleus ont inscrit le premier essai, par Jordan Sepho (4e), mais les Américains, plus réalistes, ont répliqué pour basculer devant à la mi-temps (7-5). Portée par quelques coups d’éclat de son « facteur X » Dupont, dont une belle chistera et un plaquage décisif, la France pensait avoir fait le plus dur avec un deuxième essai, de Rayan Rebbadj (8e), mais elle a encore laissé son adversaire revenir dans le match.

Contre l’Uruguay, les Bleus se sont rattrapés en s’imposant 19-12 et se sont qualifiés pour les quarts de finale. Ils sont assurés de terminer au pire parmi les meilleurs troisièmes avant même leur dernier match de poule jeudi contre les Fidji. Leur quart de finale aura lieu jeudi en soirée, après leur choc de la poule C contre les doubles champions olympiques fidjiens (2016 et 2021). Les demi-finales et la finale se disputeront samedi, au lendemain de la cérémonie d’ouverture des Jeux sur la Seine.

De cette première journée, on ne retiendra que la qualification en quart de finale tant le niveau de jeu du VII de France a été médiocre sur ces deux premiers matches de poule. Des performances loin des standards de la saison régulière, qu’ils ont remportée.

Victorieux de deux tournois cette saison sur le circuit mondial à VII, dont la finale de Madrid, les Bleus comptent parmi les favoris du tournoi, en compagnie notamment de l’Argentine, des Fidji ou de la Nouvelle-Zélande.

L'unique victoire de la France sur le circuit mondial remontait au tournoi de Paris en 2005. Le stade Jean-Bouin était encore dans son jus, Vincent Clerc, qui était sur la pelouse, n'avait pas encore gagné un Brennus avec le Stade Toulousain, le sept n'était pas encore un sport olympique (il a été introduit à Rio en 2016) et Andy Timo (19 ans), le cadet et ambianceur musical de la génération actuelle, avait tout juste un an !

Depuis le succès de la bande à Thierry Janeczek, « mentor du rugby à 7 et premier supporter de l'équipe de France » comme le rappelait dimanche le sélectionneur actuel, Jérôme Daret, la France avait joué six finales. Toutes perdues.

Après avoir échoué à Hong Kong et Vancouver en 2019, à Hamilton en 2020 et à Vancouver l'an dernier, la génération emmenée par Paulin Riva et Stephen Parez-Edo Martin, enrichie de jeunes espoirs du rugby à 15 (Forner, Grandidier-Nkanang, Joseph, R. Rebbadj, Timo, Zeghdar, Epée...) mis à disposition par leurs clubs grâce aux efforts de persuasion engagés par Daret et son manager Christophe Reigt depuis 2017, a mis fin à cette traversée du désert pour un 7 français revitalisé par le rêve olympique.

« Cette finale était un match chargé d'émotions, on avait à coeur de marquer l'histoire et cette victoire est la consécration d'un travail acharné depuis quatre-cinq ans », confiait Stephen Parez-Edo Martin, élu meilleur joueur d'une finale à sens unique (21-0) face à des Britanniques mâchés par les efforts fournis pour arriver jusque-là.

Que cette équipe de France touche à l'or, dans la foulée d'une troisième place à Vancouver, au moment même où Antoine Dupont la rejoint et alors qu'elle n'était pas entrée dans le dernier carré sur les trois premiers tournois de la saison n'est évidemment pas totalement un hasard. Par son aura et sa puissance, son expérience et son exigence, ses fulgurances et sa capacité à faire jouer les autres, le plus bleu de ces Bleus (27 ans), auteur de six essais en deux tournois, a évidemment porté ce groupe vers le haut.

Antoine Dupont avec des supporters français à Los Angeles.

Sur et en dehors du terrain.« Antoine est un aimant à journalistes, à communication, à spectateurs, observait Daret entre les deux tournois nord-américains. C'est nouveau pour nous tout ça, mais c'est une opportunité extraordinaire de faire découvrir notre discipline et ça nous fait une bonne préparation pour le mois de juillet car nous serons soumis à la pression médiatique lors de ces JO à la maison. On grandit dans ce domaine-là aussi. On est en route vers un futur excitant et passionnant. »

« Il nous a beaucoup apporté, on l'a tous vu, mais il est aussi arrivé au bon moment », faisait remarquer Pasquet. Le nouveau venu, à qui l'on prêterait volontiers le don de transformer tout ce qu'il touche en or, ne disait pas le contraire : « Que ça gagne quand j'arrive est plutôt le résultat d'un concours de circonstances. L'an dernier, ils ont terminé la saison à la quatrième place mondiale alors que je n'étais pas là, et à Perth cette année, ils ont mis trente points aux Blacks en poules sans moi. Cela prouve bien de quoi ils sont capables. Je me suis engagé dans ce projet olympique pour aller chercher une médaille, évidemment de cette couleur (en montrant l'or autour de son cou), et je savais que les mecs en étaient capables. Ça fait plusieurs saisons qu'ils progressent, je savais qu'il y avait ce potentiel-là. »

Alors que Dupont va reprendre le fil décousu de sa saison en Top 14 avec le Stade Toulousain, ses équipiers des quinze derniers jours vont avoir l'opportunité, à Hong Kong puis à Singapour, de prouver qu'ils sont aussi capables de briller sans lui. « Ce qui est important, c'est l'esprit d'équipe et quels que soient les joueurs il n'y a pas de raison qu'on ne puisse pas rééditer ce genre de performance, entrevoit Daret, façonneur de ce 7 d'or. C'est un collectif qui va continuer à avancer, à pousser fort. »

« Il faudra être solides et continuer à jouer notre rugby fait de changements de rythme. On va y aller avec la même énergie et toujours aussi soudés », complète son capitaine Paulin Riva. Dupont retrouvera les Bleus à Madrid. Puis aux Jeux, dans un Stade de France qui affiche déjà presque complet pour le tournoi olympique de 7. Avec des tribunes qui, depuis dimanche, rêvent de quitter les lieux avec de beaux souvenirs.

L’équipe de France féminine de rugby à VII a largement battu les États-Unis (31-14) lors de leur dernier match de poule du tournoi olympique, grâce à un quadruplé de Séraphine Okemba. Ce succès, lundi au Stade de France, permet aux Bleues d’aborder en confiance leur quart de finale en soirée.

Malgré avoir concédé leurs premiers points du tournoi face aux Américaines, les Françaises ont rapidement repris l’avantage avant la mi-temps avec deux essais d’Okemba, avant d’en marquer trois autres en seconde période, dont deux supplémentaires pour Okemba et un pour Chloé Jacquet.

Les Bleus ont enfin soulevé le trophée sur un tournoi du circuit. Ce n’était plus arrivé depuis 2005 ! Tout vient à point à qui sait attendre. Cette phrase ne peut pas mieux définir l’équipe de France de rugby à 7. Après six finales perdues, les Bleus ont enfin renoué avec le succès à Los Angeles, en l’emportant en finale 21 à 0 face à la Grande-Bretagne. Une victoire historique, puisqu’il ne s’agit en effet que du deuxième tournoi remporté par les Tricolores sur le circuit.

Il faut dire que les joueurs de Jérôme Daret sont montés en puissance après leur troisième place à Vancouver. Passés tout proches d’une première finale cette saison, la volonté de combattre à nouveau pour l’or était présente dans toutes les têtes. Et même si cela ne s’est pas passé comme prévu en phases de poules, les coéquipiers de Paulin Riva n’ont rien lâché.

Après avoir dominé le Canada (24-7) et la Grande-Bretagne (19-12), tout en célébrant le 100eme essai de Stephen Parez-Edo Martin sur le circuit, les Français sombraient face aux Fidji (10-14), malgré deux réalisations du puissant Jordan Sepho et de la fusée toulousaine Nelson Épée.

S’assurant malgré tout une place en quarts de finale, mais prenant la deuxième place de la poule, ils s’offraient ainsi un duel face aux locaux américains. Pas de quoi trembler pour autant, puisqu’Antoine Dupont montrait rapidement la voie d’une course de 45 mètres dépitant ses adversaires.

Il ne fallait donc pas trembler face à l’Irlande , équipe si imprévisible, et actuellement deuxième du circuit. Malgré une entame mal embarquée, Antoine Dupont remettait une nouvelle fois les Bleus dans le droit chemin en perçant sur 70 mètres (7-7). Bien décalé, Rayan Rebbadj donnait lui l’avantage aux Bleus juste avant la mi-temps (12-7). Puis Paulin Riva, d’une feinte de passe somptueuse, accentuait l’avance après la pause (19-7). Toujours dans la partie, les Irlandais s’en remettaient à leur joueur phare Terry Kennedy (apparu avec Monaco Rugby Sevens sur l’In Extenso Supersevens 2023) pour ne pas se décrocher (19-12). Mais tout en puissance, le Castrais Antoine Zeghdar venait donner une lueur d’espoir à son équipe en inscrivant le quatrième essai à trois minutes du terme (26-12).

La tension était pourtant à son comble jusqu’à la dernière seconde, les hommes en vert marquant par deux fois (Zac Ward, puis Kennedy à nouveau) pour tenter une ultime transformation qui aurait pu permettre l’égalisation et le “golden score” (ndlr : prolongations, première équipe à marquer remporte le match).

Face à une Grande-Bretagne diminuée par les nombreuses blessures, les Bleus furent sans pitié face à leurs adversaires. Résistants dans un premier temps, les Britanniques sombraient sous les assauts français portés par Antoine Zeghdar, Stephen Parez-Edo Martin et Théo Forner (USA Perpignan). Une rencontre à sens unique qui voyait la France s’imposer 21 à 0 pour remporter le trophée en Californie.

Cette victoire, elle est aujourd’hui particulièrement due à un groupe uni, composé pourtant de plusieurs ressources diverses et variées. L’équipe de France 7 s’appuie en effet à ce jour sur 26 joueurs : 11 sous contrat avec la Fédération Française de Rugby et 15 issus des clubs professionnels.

Parmi les joueurs issus de l’univers professionnel à XV, plus de la moitié composait l’équipe victorieuse à Los Angeles : Antoine Dupont et Nelson Épée (Stade Toulousain), Théo Forner (USA Perpignan), Aaron Grandidier-Nkanang (CA Brive), Jefferson-Lee Joseph (SU Agen), Rayan Rebbadj (RC Toulon), Andy Timo (Stade Français) et Antoine Zeghdar (Castres Olympique). Résultat d’un travail accompli par l’ensemble des instances, qui avait déjà porté ses fruits la saison dernière avec trois médailles de bronze et une en argent.

Antoine Dupont et Andy Timo terminent notamment dans l’équipe type du tournoi, accompagnés par le capitaine exemple Paulin Riva.

Elles aussi vaincues une première fois en phases de poules par l’Australie (17-14), les Françaises se hissaient également en quarts grâce à deux succès sur le Japon (35-7) et l’Irlande (21-5). Encaissant quatre essais malgré les réalisations d’Anne-Cécile Ciofani (la joueuse du Stade Français Paris devenant par la même occasion la meilleure marqueuse française sur une saison avec 25 essais), de Séraphine Okemba (LOU Rugby) et de Carla Neisen (Blagnac Rugby).

Défaites 28 à 19, elles rebondissaient en écrasant l’Afrique du Sud 53 à 0 grâce notamment à un quadruplé de Séraphine Okemba, pour terminer cinquièmes. Ce qui suffit à ce jour à conserver leur troisième place au classement général. Les Black Ferns Sevens s’imposent pour le deuxième week-end consécutif. Revenues à leur meilleur niveau, les coéquipières de Portia Woodman ont survolé les débats.

Clerc, Malzieu, Jahouer… Ces noms célèbres du TOP16 étaient présents à Paris, en 2005, lors d’un succès historique pour le rugby à 7 français. En 2005, Paris avait porté bonheur aux Bleus du 7. Il s’agissait du tout premier succès de l’histoire de la discipline pour les Tricolores qui sont actuellement en lice pour obtenir la médaille olympique.

19 ans plus tard, lors de la victoire retentissante contre l’Argentine en quarts, le succès porte toujours, en partie, le sceau du TOP14. Andy Timo (Stade Français), Aaron Grandidier (Pau) et Antoine Dupont (Toulouse) ont réalisé une performance remarquable tout comme avaient pu le faire, dans une moindre mesure, leurs illustres ainés.

Sur la pelouse de l’ancien stade Jean-Bouin, l’équipe entrainée à l’époque par Thierry Janeczek, avait frappé fort à domicile en allant au bout de l’étape francilienne des Sevens World Series.

Les 10 et 11 juin 2005 des joueurs tels que Vincent Clerc (Toulouse), Julien Malzieu (Clermont) ou Rida Jahouer avaient participé activement à la conquête du titre. Parmi cette équipe de pionniers, se trouvait également Renaud Dulin (frère ainé de Brice), Johan Dalla Riva (Castres) ou encore Laurent Ferrères (Narbonne).

Deux victoires, contre la Russie (54-7) et l’Argentine (26-12) ainsi qu’une défaite contre l’Australie (19-14) et la France se retrouve en quart face à l’Afrique du Sud. Un succès 27-10 avant de s’imposer sur le fil en demie 14-12 face aux Néo-Zélandais et les Bleus se retrouvent en finale face à l’ogre fidjien. Ils déjouent alors les pronostiques en faisant tomber les rois de la discipline sur le score de 28-19.

La victoire de la France à Los Angeles marque un tournant, signalant une équipe revitalisée et prête à affronter les défis à venir, y compris les Jeux Olympiques. L'apport d'Antoine Dupont est indéniable, mais l'esprit d'équipe et le travail acharné de tous les joueurs sont les clés de ce succès. Les prochains tournois à Hong Kong et Singapour seront cruciaux pour prouver la capacité de l'équipe à maintenir son niveau de performance, avec ou sans Dupont.

L'équipe de France de rugby à 7 célébrant leur victoire à Los Angeles.

Tableau des Résultats Clés

Événement Résultat de la France
JO-2024 (Premier Match) Nul contre les États-Unis (12-12)
JO-2024 (Deuxième Match) Victoire contre l’Uruguay (19-12)
Finale de Madrid Vainqueur
Tournoi de Paris 2005 Vainqueur contre les Fidji (28-19)
Finale à Los Angeles Victoire contre la Grande-Bretagne (21-0)

Cette victoire, combinée à l'histoire riche du rugby à 7 en France et à l'émergence de nouveaux talents, laisse entrevoir un avenir prometteur pour l'équipe nationale. Les supporters français peuvent rêver de médailles et de succès continus, portés par une équipe déterminée à marquer l'histoire.

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