Les confrontations entre la France et la Suisse en handball ont souvent été synonymes de matchs serrés et disputés. Si l'équipe de France est une habituée des sommets mondiaux, la Suisse a souvent montré un esprit combatif et une capacité à surprendre.

Un match piège au Mondial 2021
Lors du Mondial 2021, l'équipe de France a affronté la Suisse dans un match que beaucoup considéraient comme un piège. Les Bleus se sont imposés de justesse sur le score de 25-24, un résultat qui leur a permis d'aborder le tour principal avec le maximum de points au compteur.
Ce France - Suisse fut effectivement très difficile à maîtriser pour les Bleus qui n'ont jamais réussi à creuser l'écart, ce qui a permis à une sélection suisse décidément surprenante de rester en vie pendant toute la partie. Avec un Andy Schmid, stratosphérique et un Nikola Portner diablement efficace, la Suisse a même malmené la France en prenant les devants à de très nombreuses reprises.
À 14-14 à la pause, les Tricolores ne s'en sortaient finalement pas si mal mais perdaient sur blessure Wesley Pardin, sérieusement touché au genou et qui pourrait déclarer forfait pour la suite de ce Mondial 2021 de handball. La fin du match, un peu folle, souriait finalement à la France, grâce notamment à un arrêt de Vincent Gérard à 2 secondes du terme de la rencontre qui permettait aux Bleus de conserver un but d'avance au coup de sifflet final (25-24). Le tour principal leur tend désormais les bras avec le maximum de points imaginable (4 points).
L'équipe de France n'aura toutefois pas le temps de se reposer, puisque l'Algérie sera au programme dès ce mercredi. "Lors de ce premier tour, on a montré un niveau de jeu cohérent" expliquait le sélectionneur français, hier à la fin du match. "Mais on mesure le travail qu'il nous reste à faire" a-t-il nuancé ensuite. Tutoyer les sommets demandera encore davantage de cohérence et de justesse. Mais les Bleus connaissent la recette.
Les réactions après le match
Le pivot des Bleus a fait part de son soulagement à l'issue de ce France - Suisse victorieux, qui permet aux Bleus d'envisager la suite du Mondial de handball avec un peu plus de sérénité : "L’essentiel est assuré mais on s’est clairement fait peur ce soir, face à une équipe dangereuse et qui nous a proposé un faux rythme déroutant. Nous avons multiplié les erreurs qui nous ont empêché de se mettre à l’abri. Tel est le sport de haut niveau et il faut être capable de tout remettre à zéro à chaque match. On va retenir que l’on part au tour principal avec quatre points, ce n’était pas gagné d’avance en arrivant en Égypte, mais nous devons rester sur nos gardes à tout instant.
La réaction de Kentin Mahé, le demi-centre de l'équipe de France : "Nous n’avons pas réussi à convertir nos opportunités dans le premier acte et nous sommes restés à la merci de genre de match galère jusqu’au bout. Les Suisses nous ont bien embêtés jusqu’à la fin avec ce sept contre six qu’ils maîtrisent à merveille. Nous avons fait preuve de caractère et nous sommes restés lucides, c’est ce qu’il faut retenir de ce soir. Sur de tels matchs chauds, c’est rageant, car les arbitres entendent tout et le perçoivent de manière différente que s’il y avait un peu de bruit et cela influe sur leurs décisions. Maintenant, il faut s’en accommoder et s’adapter aux conditions et surtout restrictions. C’est l’équipe qui le fera le mieux en tout cas qui devrait aller le plus loin possible. Forcément en face, Andy Schmid est une inspiration pour moi et il a été à la hauteur de sa réputation. Ce n’est pas facile pour un demi-centre face à lui de mettre sa propre équipe dans le rythme.
Le capitaine de l'équipe de France de handball, hier soir, toujours sur beIN Sports : "C’était compliqué mais malheureusement pas surprenant, on savait en effet à quoi s’attendre. Nous n’avons pas su poser notre jeu et peut-être qu’il y a eu un peu de relâchement après la victoire contre la Norvège. Il faut aussi comprendre que nous sommes dans un contexte particulier, nous avons une heure de bus pour venir à la salle, on joue sans public, les journées sont longues… À nous de savoir rester concentré au maximum dans ces conditions. Ce soir nous avons eu une belle piqûre de rappel et je suis très content que l’on s’en soit sorti malgré tout. Cela fait 23 jours déjà que l’on est dans notre bulle, c’est inédit et intense, j’essaie de donner tout dans ces ultimes compétitions pour accompagner ce nouveau staff et ce groupe. J’étais venu en Egypte avec l’espoir d’avoir du public, cela m’a mis un petit coup et les spectateurs me manquent énormément.
Vincent Gérard, le gardien de but des Bleus, s'est également exprimé au micro de beIN Sports, hier soir, à l'issue de ce match France - Suisse : "On ne prend pas énormément de buts ce soir, mais ce qui est difficile avec ce genre de match, c’est que nous n’avons jamais vraiment maîtrisé le rythme. C’est compliqué, car à part sur la fin où les bras des arbitres se sont levés un peu plus vite, nous avons subi de longues, longues attaques adverses. Et forcément c’est très frustrant. D’autant qu’en première période, on rate quelques situations à six mètres qui auraient dû nous permettre d’être devant au score avec plus de facilité à la mi-temps. En fin de compte, on s’est embarqué dans un match un peu bourbier. Il faut toujours retenir le positif, et ce soir on s’est battu même à quatre contre six à deux minutes de la fin. Avec le métronome Andy Schmid et cette attaque à sept, nous n’étions pas dans nos schémas habituels. Mais nul doute en revanche que l’on peut compter sur notre abnégation ce soir. Nous avons la chance de continuer à faire notre métier, même si le public et les fans nous manquent. Notre défense a montré de vrais signes encourageants et l’on monte en puissance. J’espère que ce ne sera pas trop grave pour Wesley (Pardin), car il était parfaitement rentré dans sa compétition.
La réaction de Guilaumme Gille, le sélectionneur de l'équipe de France de handball, après cette victoire face à la Suisse : "De manière générale, ce soir, nous n’avons pas su trouver les bons ingrédients pour démarrer le match, et nous avons laissé les Suisses s’installer tranquillement dans la partie et donner leur tempo finalement, très très lent. D’autant que le corps arbitral leur a permis de faire durer encore et encore leurs attaques. Nous avons su rester patients et trouver de la qualité aux bons moments, mais cela ne me fait pas oublier tous les problèmes rencontrés lors de ce match, notre manque d’efficacité et de rythme en attaque notamment sur grand espace. Il est important d’avoir su le gagner dans ces conditions-là, c’est à mettre au crédit des joueurs et de leur état d’esprit. Cette difficulté à imposer notre jeu est circonstancielle et liée sans doute aux états de forme des uns et des autres, dans les duels et les choix, voire une moindre mobilisation. Il ne faut pas oublier les ingrédients de base, l’agressivité et la concentration, nécessaires à toute performance. Or aujourd’hui, ces absences nous ont fait dérailler dans notre entame.
Le coup d'envoi de ce match entre la France et la Suisse sera donné à 18h (heure française), ce lundi 18 janvier 2021, depuis la Halle des Sports de la Ville-du-6-Octobre, proche de Gizeh, en Egypte, où se dispute ce Championnat du monde de hand. Mauvaise nouvelle pour les amateurs de handball et pour les supporters de l'équipe de France : aucune diffusion en clair n'est prévue à la TV française à l'occasion du troisième match de l'équipe de France dans ce Mondial 2021. Dans le cas où préférez regarder France - Suisse en streaming, il faudra vous tourner vers le site Internet beIN Connect. L'accès au flux vidéo est également réservé aux abonnés.
La contre-performance peut toutefois demeurer sans conséquence. "Contre l'Allemagne, l'envie sera la même, je pense : gagner le match et essayer de rejoindre le tour principal avec deux points. On a encore notre destin entre les mains.
Pour son ultime tournoi, le vétéran de 40 ans Andy Schmid, quintuple meilleur joueur de Bundesliga (2014-2018), a perforé les Français par ses passes (12 décisives) souvent pour son pivot Lukas Laube (9 buts). Il faudra aux Bleus montrer plus mardi : sans doute avec un tour de clef dans le verrou défensif et un ajustement de la mire en attaque. "On a été en dessous de nos standards en marquant aussi peu, observe le pivot Ludovic Fabregas. En effet, presque un an jour pour jour et une courte victoire contre la Pologne (26-24) au Mondial 2023.
L'effet Nikola Portner peut-être, sur lequel ont souvent buté les Bleus (10 arrêts pour 34 tirs, 29%). "Il a fait une très bonne partie. Portner a été très présent aussi dans cette partie", a souligné le sélectionneur Guillaume Gille. Même si côté Bleu, Samir Bellahcene, lancé pour la première fois dans le grand bain d'un tournoi international, n'a pas juré (11 arrêts pour 24 tirs, 46%). L'ex-Dunkerquois, qui était en tribunes lors de la large victoire contre la Macédoine du Nord (39-29) en ouverture du tournoi, a stoppé d'entrée deux premiers tirs. Le portier à l'éclosion aussi fulgurante que tardive (28 ans, 5 sélections) peut postuler à un rôle majeur dans ce tournoi en l'absence de l'habituel N.1 Vincent Gérard (37 ans). Et pourquoi pas plus longtemps ? "Il est rentré très franchement dans ce match en étant très présent, a salué Guillaume Gille. C'est au final, malgré tout, un match que l'on ne gagne pas. "Bien sûr que les premières secondes ont été un peu bizarres, un peu émouvantes, parce que c'est ma première compétition internationale", a livré l'intéressé. "On n'est pas abattus. Si on gagne le mardi, on finira premier du groupe.
Ce fut dur, mais les Bleus sont en route vers les quarts : l’équipe de France masculine de handball a battu la Suisse lundi (25-24). Place désormais au Portugal, et probablement l’Islande et l’Algérie. Un forfait du portier aixois serait un coup dur pour la sélection de Guillaume Gille, tant Pardin a régné sur le choc d’ouverture face à la Norvège (28-24) avec ses 18 arrêts. Et en ont eu aussi dans la tête, pour venir à bout du maître suisse Andy Schmid, déjà auteur de 7 buts (78 % de réussite) en première période.
Le piège était de ne se concentrer que sur le demi-centre, avaient prévenu les Bleus. Déployant comme prévu un jeu à 7 joueurs de champ, les Suisses ont aussi trouvé la faille par le pivot Alen Milosevic (4 buts) et l’arrière gauche Roman Sidorowicz (5 buts). Malgré l’efficacité de Kentin Mahé (7 buts sur 9 tirs), les Français n’ont jamais réussi à prendre le large. Au bout d’un quart d’heure, Pardin a réalisé son premier arrêt sur l’ailier gauche Marvin Lier et la France a passé un 6-1 pour reprendre l’avantage (11-9). L’avantage des Bleus en seconde période est resté mince (19-17), la faute à quelques approximations comme ce tir raté de Michaël Guigou dans la cage vide. Dans une fin de match au couteau, Luc Abalo a redonné un avantage à la France malgré les exclusions de Romain Lagarde puis de Dika Mem (25-23).
Le tableau ci-dessous résume les statistiques clés du match France-Suisse lors du Mondial 2021 :
| Équipe | Score | Arrêts du gardien | Meilleur buteur |
|---|---|---|---|
| France | 25 | Gérard | Mahé (7 buts) |
| Suisse | 24 | Portner | Schmid (7 buts) |
Mondial 1970 : une confrontation historique
Les Bleus, tombés dans un groupe impossible où ils ont concédé deux revers honorables contre la Roumanie (9-12), à Paris, et l'Allemagne (12-15), à Évreux, n'ont sauvé l'honneur que contre la Suisse (15-12), à Caen.

«Quelle catastrophe cela aurait été», glissera le président de la FFHB, Nelson Paillou, qui voyait déjà le pays organisateur prendre la dernière place du tournoi.
La compétition rassemblera au total plus de 100 000 spectateurs, dont 7000 rien que pour la finale, au Palais du Handball, un gymnase municipal situé Porte de Choisy et agrandi pour l'occasion. Un tour de force inattendu, que Nelson Paillou saluera en évoquant «un succès total», assurant que «toutes les villes ont rempli leurs salles». «Nous pouvons envisager l'avenir avec confiance», s'était-il félicité. Il ne croyait pas si bien dire : dans les années 1970, la pratique du handball fédéral se développera sur l'ensemble du territoire français avec une croissance des effectifs de près de 15% par an en moyenne.