Le mercredi 26 février 2025, le Stade Briochin a affronté le PSG en quart de finale de la Coupe de France. Ce match marquait le point culminant d'une aventure exceptionnelle pour le club breton. Retour sur le parcours d'une équipe qui n'a presque jamais rien laissé à ses adversaires.
Le Stade Briochin (Côtes-d’Armor) a démarré son épopée en Coupe de France, à Plouvorn, en septembre 2024. Les coéquipiers d’Artur Zakharyan ont disputé et gagné huit matchs en Coupe de France cette saison. Face au PSG, le Stade Briochin disputera son 9e match en Coupe de France cette saison.
L’équipe trégorroise entraînée à l’époque par Nicolas Laspalles (remercié depuis) était en proie à des difficultés en N3. Solides, les coéquipiers de Christophe Kerbrat, laissé au repos, avaient disposé de leur adversaire sur le score de deux buts à zéro. Christian Konan et Artur Zakharyan s’étaient chargés de faire trembler les filets.
En 32e de finale, premier exploit retentissant des Costarmoricains. Trois divisions séparaient le Stade Briochin et Le Havre AC (L1). Mais la coupe de France est celle de tous les possibles. C’est le pensionnaire de N2 qui a vu les 16e de finale. Il n’avait pas laissé une miette à une équipe en grande difficulté cette saison en championnat.
La décision s’était faite attendre jusqu’à la 80e minute de jeu. Janno, entré en jeu 15 minutes plus tôt, avait placé un coup de casque à jamais gravé dans l’histoire du club. Puis, c’était au tour d’Annecy de faire les frais d’un groupe de copains unis. L’équipe de L2 avait ouvert le score en début de match mais Christian Konan n’avait pas manqué de remettre les compteurs à égalité sur pénalty peu avant l’heure de jeu.
Cet exploit XXL face à Nice, équipe du top 5 de L1, a marqué les esprits. Valeureux et poussés par le public, les Briochins ont livré une prestation à la hauteur de l’évènement, mercredi 26 février, éliminant trois clubs professionnels (Le Havre, Annecy et Nice).

Malgré la lourde défaite (0-7) à Rennes dans ce quart de finale de Coupe de France, Saint-Brieuc aura marqué les esprits. James Le Marer et les Briochins ont fêté la fin de leur superbe épopée. Mercredi 26 février, vers 21 h, il y a comme un air de gladiateurs entre deux adversaires qui se battent pour rester en vie dans une arène chauffée à blanc par 26 000 spectateurs.
Un match historique face à un adversaire de taille
Mais hier, contre ce Paris Saint-Germain, c’est un miracle qu’il fallait. Invaincus depuis plus de trois mois (Bayern Munich), les joueurs de Luis Enrique ne laissent, en 2025, que des miettes à leurs adversaires. Les costarmoricains ont été éliminés mercredi de la Coupe de France, battus (7-0) par le PSG en quart de finale. "Il n'y a rien de déshonorable à perdre contre le PSG, relativise Guillaume Allanou, le président-entraîneur du Stade Briochin. L'aventure est magnifique."
Le match entre le Stade briochin et le Paris Saint-Germain ne fait pas vibrer la France entière, mais il raconte un tas d’histoires dont celle-là : à quelques secondes du coup d’envoi, les pensionnaires de National 2 arriveront sur la pelouse du Roazhon Park accompagnés de leurs enfants ou, pour certains, de leurs neveux ou nièces. Une nouvelle tradition initiée dès le 32e de finale contre Le Havre en décembre jusqu’au dernier exploit en date face à Nice, qui a encore été autorisée par la FFF pour ce quart de finale historique.
À une semaine de basculer dans autre chose face à Liverpool en Ligue des champions, ce qui doit être une formalité pour les Parisiens se présente comme une rencontre unique et une parenthèse enchantée pour les Bretons.
Loin des visioconférences chaotiques, des chapeaux de cow-boy et de tout le reste, le Stade briochin est un club que l’on peut situer entre le niveau amateur et celui professionnel. « Il y a plein de choses qu’on doit faire comme un club pro sans en être un en ce moment », confirmait dans un sourire Coralie Labbé ce mardi, sur les coups de 18h30, à la veille du grand jour, pendant que les filles des U18 s’occupaient de la vente des écharpes.
« Pour gérer ce quart de finale, on a enchaîné les journées de travail de 8 heures à 23 heures, précise celle qui fait tout ou presque chez les Griffons. On a avancé à trois salariés et on a eu beaucoup d’aide de la part de bénévoles. Celle du Stade rennais pour la billetterie aussi, c’était précieux. Pour eux, organiser un match dans un stade plein, ça peut paraître banal, mais c’est tellement d’organisation. »
Une semaine à part et, au fond, la réalité de milliers de clubs dans l’Hexagone, qui avancent et fonctionnent comme ils peuvent. C’est aussi celui de Guillaume Allanou, qui cumule les fonctions de président, directeur sportif et entraîneur à Saint-Brieuc, sa ville de naissance, où il avait vu son rêve de devenir professionnel brisé en 1997 par la liquidation judiciaire du Stade, comme on l’appelle.
Cette équipe briochine ressemble à tant d’autres dans les championnats nationaux. Il y a les darons de 38 piges, Christophe Kerbrat et Benjamin Angoua, plus de 350 matchs en Ligue 1 à eux deux ; le capitaine emblématique James Le Marer, briochin depuis treize ans, et d’autres gars du coin ; les jeunes Léo Rouillé, Boubacar Diakhaby et Antoine Nugent, tous formés au Stade rennais et qui vont vivre un moment spécial en foulant la pelouse du Roazhon Park.
Il ne faut pas connaître la grande histoire de la Coupe de France pour s’indigner de l’absence des cadors aux côtés du Paris Saint-Germain à ce stade de la compétition. Ce n’est pas cette édition qui est une exception, ce sera plutôt celle où le PSG, Monaco, Lyon et l’OM se retrouveront tous en quarts de finale, un jour (l’OL, Marseille et l’ASM comptent dix qualifications en demies à eux trois depuis 2011 et l’arrivée de QSI, par exemple).
Ce n’est pas un problème que de voir des clubs de National 2 comme Cannes ou le Stade briochin en quarts de finale, c’est essentiel et ces aventures inattendues font partie de l’histoire de la Coupe. Il y aura eu ces fiertés locales comme il y en a eu des tonnes d’autres depuis le début du siècle et l’épopée de Calais.
La Coupe de France a besoin des gros comme des petits pour exister, et ce n’est pas bien grave si le PSG ne voit pas ce match contre le Stade briochin comme une priorité, pas plus que ne l’étaient ceux face à l’héroïque Espaly et Le Mans, ou ne le sera celui face à Lille trois jours plus tard.
Rapidement devant et jamais inquiétée, la formation de Luis Enrique s'est montrée implacable (7-0) pour filer en demi-finales. À trois jours de la réception de Lille, l'Espagnol avait concocté un onze remanié, avec Ousmane Dembélé et Bradley Barcola remplaçants, alors que Donnarumma et Vitinha étaient restés à la maison. Si chaque ballon gratté, chaque incursion vers le but parisien engendrait des vivas de la foule, le PSG ouvrait le score dès le quart d'heure de jeu par Joao Neves, auteur d'une frappe imparable du gauche alors que Kerbrat venait de détourner sur la barre, de la tête, un tir de Doué (16e). Un but symbolique de la maîtrise parisienne.
Une frappe sur le haut de la transversale signée Fabian Ruiz (22e), un but d'un Gonçalo Ramos à l'affût sur un centre de Senny Mayulu (2-0, 36e), et le suspense était plié. Cela n'empêchait pas le spectacle en tribunes, avec des Ola, des insultes des supporters briochins contre leurs homologues de la capitale, et le retour des « paysans, paysans » comme réponses des ultras parisiens.
À la fin de la première période, Guillaume Allanou a immédiatement échangé sur le terrain avec Stan Janno et Christophe Kerbrat, et le président-entraîneur a évidemment tenté de remotiver ses troupes dans le vestiaire. Mais rien n'y a fait. Dès le lancement de la seconde période, Paris a corsé l'addition par Ramos (48e), avant que Doué (55e), désireux de marquer pour son retour au Roazhon Park, de nouveau Ramos (58e) puis Mayulu (66e) ne donnent un écart au score très lourd mais conforme à la différence de niveau entre les deux formations.
Le public a continué à encourager les siens, également ovationné Dembélé, de retour sur les terres de son club formateur, mais leurs encouragements n'ont pas permis à leurs protégés de sauver l'honneur, alors que Dembélé a inscrit un septième but (85e). Après avoir sorti Le Havre, Annecy puis Nice, le Stade Briochin est logiquement tombé, pour le premier quart de finale de son histoire. Tenant du titre de la Coupe, le PSG, de son côté, est toujours en course pour un quadruplé.
Sur le banc lors des grandes affiches jouées par le PSG, Gonçalo Ramos n'en reste pas moins redoutable lorsqu'il est sur le terrain. D'abord trop court d'un rien pour pousser le ballon au fond des filets (9e) puis mis en échec par Franck L'Hostis après une reprise de la tête sur un corner (9e), l'attaquant a ensuite fait parler son efficacité. Sur un centre de Mayulu, le Portugais a profité d'un oubli d'Hugo Boudin pour porter le score à 2-0 d'une reprise du droit (36e).
Si Doué a tenté de lui subtiliser le ballon pour tirer un penalty, Luis Enrique a imposé le « 9 » avec ses doigts, et Ramos n'a pas tremblé pour transformer la sentence (3-0, 48e). Pas fâché avec Doué, Ramos a décalé ce dernier pour le 4-0 (55e), avant que le Français ne le trouve à son tour pour le 5-0 (58e). L'ancien du Benfica pouvait sourire : il venait d'inscrire son premier triplé avec le PSG. Il aurait même pu signer un quadruplé, mais sa tête, sur un centre de Barcola, finissait sur le haut de la barre (76e). Quelques secondes plus tard, Ramos était remplacé (77e). Applaudi par les supporters du PSG, l'attaquant pouvait avoir la satisfaction du travail bien fait.
Saint-Brieuc a tenté un tir avant la 80e minute, par Léo Yobé à la 39e. Les Briochins ont terminé la rencontre avec quatre frappes, contre vingt pour les Parisiens, mais aucune cadrée. L'aventure était belle, et c'est bien ce que retiendront les supporters des Griffons. Le Stade Briochin quitte la Coupe de France en quart de finale après avoir perdu (7-0) mercredi contre le Paris Saint-Germain. Malgré la défaite, les joueurs et les supporters retiennent surtout une très belle aventure, résumé d'une journée inoubliable.

Le parcours du PSG en Coupe de France
Le Paris Saint-Germain a connu très peu d’échecs en Coupe de France ces dernières années. Plus encore, le club francilien, avant d’affronter le Stade Briochin (National 2), n’a plus été éliminé par une formation évoluant dans une division inférieure depuis 2009. En recevant le Paris Saint-Germain en quarts de finale de la Coupe de France, mercredi (21 h), le Stade Briochin affronte l’une des meilleures équipes d’Europe, rien que ça.
Vainqueur de sept des dix dernières éditions de la compétition, la formation parisienne se montre également intraitable dans cette épreuve. Si d’autres clubs de l’élite, comme l’OGC Nice ou l’Olympique Lyonnais, ont échoué face à des équipes amateurs cette année, Paris, lui, ne tremble jamais, ou presque.
Recordman de victoires en Coupe de France (15 trophées), le PSG n’a même jamais été éliminé par une équipe évoluant dans une division inférieure depuis l’arrivée des Qataris à la tête du club. Il faut remonter à la saison 2008-2009 pour trouver trace d’une élimination des Parisiens contre une formation qui n’évolue pas dans l’élite. Les Parisiens avaient alors été éliminés par Rodez (3-1), qui évoluait en National, le 4 mars 2009 en huitièmes de finale de la Coupe.
L’équipe parisienne était dirigée par Paul Le Guen et Sammy Traoré avait ouvert le score. Une autre époque. Depuis, Paris a enchaîné 32 succès consécutifs pour 98 buts marqués et seulement 14 encaissés. Les hommes de Guillaume Allanou ont conscience de la montagne qu’ils auront à gravir pour espérer réaliser un exploit monumental.
Dernières éliminations du Paris Saint-Germain en Coupe de France
- 2022-2023. Huitièmes de finale face à l’Olympique de Marseille (Ligue 1) : 2-1
- 2021-2022. Huitièmes de finale face à l’OGC Nice (Ligue 1) : 0-0, 5-6 tab
- 2018-2019. Finale contre le Stade Rennais (Ligue 1) : 2-2, 6-5 tab
- 2013-2014. Seizièmes de finale contre Montpellier (Ligue 1) : 1-2
- 2012-2013. Quarts de finale contre Évian Thonon Gaillard (Ligue 1) : 1-1, 4-1 tab
- 2011-2012. Quarts de finale contre l’Olympique Lyonnais (Ligue 1) : 1-3
- 2008-2009. Huitièmes de finale contre Rodez (National) : 3-1, a.p.
Le Paris Saint-Germain continue son parcours sans faute en Coupe de France. Opposé à Saint-Brieuc en quart de finale, le club de la capitale s'est imposé 7-0, confirmant son statut de géant du football français. Face à une équipe de National 2, le PSG n'a laissé aucune place au suspense. Avec un triplé de Gonçalo Ramos et une prestation solide de Désiré Doué, les hommes de Luis Enrique ont déroulé leur jeu avec sérieux et efficacité.
Les Parisiens se sont également montrés classe en dehors du terrain. Le club de la capitale a décidé de laisser sa part de recette à son adversaire. Le Stade Briochin va donc empocher une belle enveloppe à l'issue de ce quart de finale de Coupe de France. La rencontre face au PSG s'est jouée à guichets fermés au Roazhon Park de Rennes.
Ce n'est pas la première fois que la formation parisienne cède sa part de la billetterie. C'est même devenu une habitude lorsque l'équipe affronte un club amateur. Après cette qualification sans encombre, le PSG se tourne désormais vers ses prochains défis. Un duel face à Lille en Ligue 1 l'attend avant le choc tant attendu contre Liverpool en Ligue des champions.
Luis Enrique s'est montré satisfait du turnover effectué et de la progression constante de son équipe, tout en défendant la qualité du football français, selon lui souvent sous-estimée. Pour l'entraîneur de Saint-Brieuc, Guillaume Allanou, il n'y avait tout simplement rien à faire contre une équipe qu'il qualifie d' «injouable ». Si l'écart de niveau était évident, Saint-Brieuc peut sortir de cette compétition la tête haute.
Son entraîneur a souligné la fierté de son équipe et l'importance de cette rencontre pour les joueurs comme pour les supporters.