Les affrontements entre la France et l'Italie sont un classique du volley international, une affiche qui fait des étincelles entre deux équipes spectaculaires. Retour sur l'histoire de cette rivalité passionnante, marquée par des moments de gloire et des déceptions.

Des confrontations mémorables
Au fil des ans, la France et l'Italie ont accumulé une liste de griefs, rendant chaque match particulièrement intense. Les Italiens ont en mémoire la rencontre de l’Euro 2015 où les Bleus, fort mal embarqués, se sont « mis à faire les cons, à s’amuser, à se mettre à les énerver », rappelle le leader français Earvin Ngapeth, avant de lancer leur compétition victorieuse. Quant aux Français, c’est l’épisode des Jeux de Rio qui leur est resté dans la gorge. Lors de l’ultime journée de la phase de groupe, les Transalpins, déjà qualifiés, avaient lâché leur match contre le Canada, éliminant de facto les Bleus.
« Depuis Rio, on s’est promis qu’un jour on allait leur rendre la pareille », insiste Ngapeth. Car l’Italie est devenue au fil des ans une terre d’exportation de choix pour les Bleus. Dix des quatorze joueurs composant l’équipe de France à cet Euro y ont déjà évolué, ou s’apprêtent à le faire.
Les Bleus ont offert une démonstration, notamment grâce à un Trevor Clevenot des grands soirs. Les Transalpins, eux, sont privés d'une troisième finale olympique, et joueront la médaille de bronze face aux États-Unis. Samedi, les joueurs d'Andrea Giani affronteront la Pologne en finale avec la possibilité de conserver leur titre olympique.
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Les Bleus en route vers un doublé historique
Ce mercredi, la France a complètement dominé sa demi-finale face à l'Italie (25-20; 25-21; 25-21) à l'Arena Paris Sud. Trois ans jour pour jour après leur sacre olympique à Tokyo, les Bleus devaient s'imposer face à leurs rivaux italiens pour pouvoir continuer à rêver d'un back-to-back olympique qui n'a pas été réalisé depuis les États-Unis en 1984 et 1988.
Dans ce duel de miraculés des quarts de finale, l'entame de match a été logiquement équilibrée entre le champion olympique en titre et le champion du monde et vice-champion d'Europe en titre. Dans un premier temps, les joueurs d'Andrea Giani ont insisté sur le jeu au centre, ce qui a semblé surprendre les Italiens tant les Français avaient peu utilisé ce secteur de jeu depuis le début du tournoi. Nicolas Le Goff et Barthélémy Chinenyeze se sont donc chargés de conclure les premiers points français, avant que Earvin Ngapeth et Trevor Clevenot ne prennent le relais par la suite. Et ils n'y sont pas allés de main morte.
Si le premier était forcément le plus attendu dans une rencontre à tel enjeu, et par sa proximité avec le volley italien, c'est surtout le second qui a brillé de mille feux dans cette demi-finale. Le natif de Royan a semblé inarrêtable tout au long de la rencontre, en attaque évidemment, mais également au bloc parfois. Clevenot termine son match avec une réussite affolante de 15/24 en attaque et même un 2/3 non négligeable au bloc.
Au milieu de tout cela, il faut également ajouter un Antoine Brizard particulièrement inspiré à la passe, notamment pour relancer Jean Patry lors de ses temps faibles. Le passeur des Bleus a parfaitement su alterner le jeu pour continuer d'étouffer l'équipe italienne tout au long de la rencontre et ainsi empêcher une possible remontée.

Les joueurs de Ferdinando De Giorgi ont surtout eu beaucoup de difficulté au service, malgré une période de mieux dans le deuxième set, le plus serré des trois. C'est justement au moment où le jeu allait mieux pour les Italiens que les Français ont su montrer tout leur caractère et rattraper un déficit de trois points (13-16). À ce moment-là, c'est l'énergie de Earvin Ngapeth qui a permis aux Bleus de rester dans la rencontre, poussés par un public de l'Arena Paris Sud évidemment acquis à leur cause. Ensuite, Trevor Clevenot s'est chargé de conclure le deuxième set grâce à plusieurs duels remportés avec brio face au bloc adverse.
Pour l'entame du troisième set, les champions olympiques en titre sont repartis sur les mêmes bases que les deux précédents, pour se procurer une avance de quatre points (5-1). Quelques erreurs dans le bloc français ont tout de même permis aux Italiens de recoller, mais ces derniers sont retombés dans leurs travers avec une nouvelle série de services manqués. Les Bleus n'avaient alors pas besoin de bien plus pour se procurer une première balle de match avec six points d'avance (24-18).
Mine de rien, c’est le quatrième succès en l’espace d’un an pour l’équipe de France contre l’Italie, après les deux obtenus en VNL l’an passé, et la demi-finale des Jeux Olympiques.
Les chiffres clés des confrontations France-Italie
Voici un aperçu des statistiques des rencontres entre la France et l'Italie :
| Statistique | Chiffre |
|---|---|
| Matchs joués | 23 |
| Victoires de la France | 13 |
| Défaites de la France | 10 |
| Sets marqués par la France | 48 |
| Sets encaissés par la France | 41 |
Quelques matchs marquants
- Euro 2003 (Finale) : Italie 3-2 France (25-18 ; 40-42 ; 25-18 ; 27-29 ; 15-9)
- Euro 2015 (1er tour) : France 3-2 Italie (23-25 ; 21-25 ; 25-19 ; 25-17 ; 15-13)
- Euro 2019 (Quarts de finale) : France 3-0 Italie (25-16 ; 27-25 ; 25-14)
- Mondial 2022 (Quarts) : Italie 3-2 France (26-24 ; 21-25 ; 25-23 ; 22-25 ; 15-12)
- Euro 2023 (Demi-finale) : Italie 3-0 France (25-21 ; 25-19 ; 25-23)
Le CNVB de Montpellier : Pépinière de Talents
La quasi-totalité de l’équipe de France qui dispute les quarts de finale de l’Euro de volley à Nantes contre l’Italie a été pouponnée au CNVB de Montpellier. Créé en 1983, le centre national du volley-ball fut la première structure en Europe consacrée à la formation au haut niveau des jeunes joueurs les plus prometteurs.
Douze des quinze membres de l’équipe de France qui participent à l’Euro de volley y ont affûté leurs armes. « Quand on est un jeune joueur et qu’on arrive ici, on sort d’une structure amateure », souligne l’ex-international Loïc Le Marrec (140 sélections), passé par le CNVB avant de boucler la boucle comme entraîneur, une fois sa riche carrière de joueur terminée. « La première chose qu’on y apprend, c’est qu’il faut travailler, car le talent ne suffit plus. Avant d’arriver, les joueurs sont les meilleurs de leur club ou de leur région. Mais là, ils doivent sortir de leur zone de confort, ça fait mal. Mais à la sortie, l’adaptation à un groupe est assez facile. »
Le CNVB est une véritable usine à champions : 90 % des joueurs en sortent avec un contrat professionnel en poche. « A 17, 18 ans, le rythme et l’hygiène de vie sont ceux d’un professionnel. Il y a de la rigueur, c’est primordial à cet âge-là. »