La question du consentement sexuel est devenue un sujet de préoccupation croissante dans divers domaines, y compris le sport professionnel. Récemment, un incident a mis en lumière l'utilisation de contrats de consentement sexuel parmi les joueurs de football de La Liga en Espagne. Cet article se penche sur les détails de cette affaire, les implications juridiques et éthiques de tels contrats, et explore le contexte plus large du consentement dans les relations intimes.
Un contrat de consentement sexuel destiné aux joueurs de La Liga a été divulgué sur X par Miguel Galán, président du Centre National de Formation des Entraîneurs de Football en Espagne. Miguel Angel Galàn a exprimé son inquiétude concernant l’accord à conclure avant un rapport sexuel avec un éventuel partenaire qui circule, selon lui, entre les footballeurs espagnols de première division.
Consentement sexuel et adhésion à des stéréotypes de genre : comment sont-ils liés ?
Il est rédigé dans ses moindres détails : les pratiques admises doivent être cochées (baisers, pénétration, sexe oral ou anal, utilisation d’objets…), les heures dédiées à l’activité sexuelle doivent être spécifiées, tout comme le type de contraceptifs à utiliser relativement à quelle pratique. Le « proposer » devant en outre expliquer ses raisons pour chaque choix de contraceptif relativement à chaque pratique.
Et s’il n’est pas encore refroidi, les clauses de résiliation arrivent : si quelque chose n’est pas convenu dans l’accord, il faudra en conclure un nouveau.
Voici un exemple de ce à quoi pourrait ressembler un tel formulaire :
| Élément du Contrat | Détails |
|---|---|
| Pratiques Admissibles | Baisers, Pénétration, Sexe Oral, Sexe Anal, Utilisation d'Objets |
| Durée | Heures dédiées à l'activité sexuelle |
| Contraception | Type de contraceptifs à utiliser, avec justification pour chaque pratique |
| Clauses de Résiliation | Nécessité d'un nouvel accord si quelque chose n'est pas convenu |
Bien que le document puisse sembler une tentative de formaliser le consentement, il soulève des questions sur sa validité juridique et son efficacité réelle. Dylan Slama, avocat pénaliste au barreau de Paris, affirme : "Disons-le très clairement, ça n’a aucune valeur juridique. Cela ne donne aucune garantie. Ça met peut-être une pression sur la personne, avec un effet dissuasif sur le dépôt de plainte mais ça n’a pas une valeur irréfragable qui viendrait prouver l’absence de viol."
Il est essentiel de comprendre que la signature d'un tel document ne protège pas contre les accusations de viol si le consentement n'est pas véritable, libre et éclairé au moment de l'acte. Comme si la signature d’un bout de papier pouvait protéger d’un viol commis dans le secret d’une chambre et de ses conséquences pour son auteur.
Le Consentement Sexuel : Plus Qu'un Contrat
Dans le contexte des relations BDSM, un contrat peut aider à établir des limites claires et à assurer le consentement mutuel. Cuir, menottes, cordes… Par l’imagerie qui l’entoure, le BDSM suscite rumeurs et fantasmes en tout genre. Pourtant, sous les fouets et la figure de la dominatrice, respect mutuel et consentement sont les mots-clés des relations BDSM.
Un tel contrat définit leurs droits, devoirs, engagements, ainsi que les pratiques sexuelles acceptées et interdites. Sans valeur juridique, un tel contrat permet surtout une meilleure communication sur les limites et les désirs de chacun, pour plus de consentement et de sécurité dans la relation BDSM.
Au premier coup d’œil, il s’agit d’un banal contrat, « semblable à un contrat de travail », remarque Léa. Sauf qu’il va encadrer leur vie de couple, du café du matin aux relations sexuelles en passant par leur dynamique en société. Pour leur couple, une relation dominant/soumise constante, il fait une douzaine de pages, paraphé, signé.
En général, le dominant va faire une première rédaction, puis la soumise va relire, corriger, enlever ou rajouter certaines choses, et ça retourne au dominant. La négociation peut ainsi durer plusieurs semaines avant que le contrat ne soit signé par les deux parties.
Comme un contrat classique, le contrat BDSM s’ouvre avec les noms et prénoms des personnes concernées, ainsi que leur éventuel pseudo et le rôle dans la relation. Des personnes « de confiance » sont également identifiées « pour se confier sur la relation, être médiateurs en cas de problème » de chaque côté.
Dans une relation de ce type, la personne soumise ne doit pas dire oui à tout. D’une part, « le dominant est le gardien du bien-être de la personne soumise », et doit veiller à son épanouissement.
Ce n’est qu’ensuite que vient toute la partie consacrée à la sexualité et aux pratiques BDSM. C’est là qu’est défini le « safeword », mais aussi « les zones et le type de marques qu’on accepte », précise Léa. Les questions d’hygiène et d’apparence physique, comme l’épilation, sont également abordées dans cette partie.
Tout comme les contrats que feraient signer les footballeurs à leurs partenaires sexuelles, récemment mis en lumière dans l’affaire Mbappé, ce document n’a pas de valeur juridique. Mais « l’idée n’est pas d’être dans une forme de contrainte mais de trouver une manière de faire fonctionner le couple », insistent Wann et Léa. La gestion des disputes ou de la séparation sont même évoquées.
Applications et Paranoïa Sexuelle
De nouvelles applications mobiles, telles que «aventure encadrée», visent à formaliser le consentement sexuel en permettant aux utilisateurs d'échanger des consentements par SMS sous forme de contrats pré-écrits. Cependant, ces applications soulèvent des inquiétudes quant à leur efficacité et à la possibilité qu'elles envahissent le marché de la paranoïa sexuelle. Elles sont, semble-t-il, très populaires aux Etats-Unis et menacent d'envahir l'Europe.
Avec Yes Is Yes, vous pouvez échanger vos consentements par SMS, sous forme de contrat pré-écrit : «Mon nom est (Andrei Popov). je suis en pleine possession de mes moyens. J'accepte d'avoir des relations sexuelles avec (Anna Naizorova), le (23 mai 2019).»
Plusieurs raisons sont évoquées pour ne jamais signer un contrat sexuel. Par exemple, elle se sent tenue par contrat de respecter l’accord, ou l'une des parties pourrait considérer qu’un contrat signé l’autorise à exercer son «droit». De plus, un consentement donné par écrit n'empêche pas les parties de se retourner l'une contre l'autre.
Il est crucial de se rappeler que le consentement doit être continu et peut être retiré à tout moment. L'application Consent Amour est présentée comme un moyen de «résoudre le plus important problème de notre époque», mais elle ne peut garantir le respect du consentement.
En fin de compte, la véritable protection réside dans la communication ouverte, l'écoute mutuelle et le respect des limites de chacun. Mieux vaut parler, apprendre à s'écouter, insistent-ils.

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