L'histoire des rencontres entre le Samoa et l'Espagne au rugby est jalonnée de moments mémorables, de défis relevés et de qualifications historiques. Ces confrontations ont souvent été décisives, marquant des tournants importants dans le parcours des deux nations sur la scène internationale.

Un Match Historique aux Qualifications Olympiques
Un moment phare de cette rivalité est sans doute la finale du tournoi de qualification olympique de Monaco. Les joueurs espagnols ont réalisé un exploit héroïque en battant les Samoa (22-19), qui étaient pourtant les grands favoris. Cette victoire a permis à l'Espagne de décrocher sa place aux Jeux Olympiques, un moment de bonheur intense pour toute l'équipe.
Les Espagnols ont fait trembler leurs adversaires avec une entame parfaite (12-0, 5'). Ces derniers se sont repris juste avant la mi-temps pour virer en tête (12-14). Sur toute la journée, l'Espagne a réalisé un parcours sans faute. Aucune équipe n'a résisté à la « grinta » espagnole. Lors de la demi-finale contre la Russie, les Espagnols avaient déjà arraché la victoire grâce à un essai dans les dernières secondes.
Pour le numéro 5 espagnol, Angel Lopez, ce qui a permis de faire la différence est « L'esprit de solidarité ». Quant aux objectifs au Brésil, ce sera de « produire du beau jeu et surtout, profiter de chaque minute ».
La Quête de la Qualification pour la Coupe du Monde 2027
Plus récemment, la Belgique a eu une opportunité historique de valider son billet pour la Coupe du Monde 2027 en Australie, affrontant également les Samoa à Dubaï. Pour s'incruster parmi le gratin mondial pour la première fois, les Diables Noirs devaient battre les Samoa pour le dernier match du tournoi qualificatif.
« Mais quand tout s'assemble et quand l'histoire devient irrationnelle... Il faut accepter de rêver », veut croire Bruno Verscheure, rédacteur pour sportkipik, site de référence du rugby belge. « Les Samoans ne sont pas dans ce tournoi de repêchage par hasard, estime Michiel Leysen, président de la Fédération belge de rugby. Ils ont été battus par les États-Unis et deux fois par le Chili. Si eux l'ont fait, pourquoi pas nous ? »
La sélection belge avançait confiante, forte de ses succès contre la Namibie (22-15), nation qualifiée lors des 7 dernières Coupes du monde, puis le Brésil (30-27). Une dernière victoire acquise jeudi dernier au prix d'un duel étouffant et avec un essai à la 79e minute, malgré un carton rouge.
« L'essai vient de Maxime Jadot, un ancien qui a connu des années de galère, relève Guillaume Ajac, sélectionneur de la Belgique entre 2014 et 2020. Il faisait partie de ces joueurs qui mettaient de leur poche pour venir jouer avec la sélection. L'image est tellement belle. »
Ce pilier droit d'Arcangues, club basque de Fédérale 2 (6e division française), est un baroudeur des divisions inférieures françaises à Lille, Vannes, Dijon ou Anglet. À 34 ans, il est allé jusqu'à perdre 24 kg pour se mettre à niveau et est l'un des rescapés de l'époque où l'idée même de défier les Samoa pour un billet au Mondial faisait sourire.
« On n'était pas respectés, poursuit l'ex-sélectionneur. Quand tu appelais des entraîneurs pros pour leur demander de libérer un joueur pour affronter la Suède, ou la Moldavie, ils te riaient au nez. »
2023 : Une Année Charnière pour le Rugby Belge
Longtemps dans l'ombre, le rugby belge fonctionnait alors en silos. « Il y avait trois niveaux : la Fédération, une ligue francophone et une ligue néerlandophone, qui ne tiraient pas toujours dans la même direction », explique Verscheure. En 2023, tout ce beau monde se rassemble derrière la bannière « One Belgium Rugby », afin de clarifier et professionnaliser la discipline, sur le modèle du hockey sur gazon, devenu sport de référence dans le pays.
La même année, un nouveau sélectionneur, Laurent Dossat, arrive avec un projet pour s'appuyer sur une génération montante, incarnée par l'ouvreur Matias Remue (22 ans) - aperçu à six reprises avec le Stade Toulousain depuis l'an passé et auteur de 15 points face au Brésil - pour compléter un pack dense. Et l'ouverture du Mondial de 20 à 24 équipes, décidée cette même année 2023 pour l'édition 2027, est vue comme une fenêtre de tir idéale.
Sur le pré, l'équipe pose une première pierre en février 2024, en battant le Portugal (10-6), pourtant sensation de la Coupe du monde et tombeur des Fidji (24-23) quelques mois plus tôt. Une tournée en Amérique du Sud - une première favorisée par l'arrivée de nouveaux sponsors - plus tard, les Diables Noirs terminent 5e du Rugby Europe Championship 2025 (ex-Tournoi des 6 Nations B), avec une dernière victoire contre les Pays-Bas (31-10) synonyme de participation au tournoi qualificatif au Mondial.
Ces performances rencontrent un certain enthousiasme. « Sur le live stream du match contre la Namibie, il y avait 90 000 spectateurs, soit 6 % de part de marché », se réjouit le président de la Fédération belge. Mardi, la « finale » contre les Samoa sera même diffusée en direct sur la RTBF et sur Sporza, les chaînes publiques wallonnes et flamandes.
« Mais il m'arrive encore d'entendre des proches me demander : "Ah bon, il y a du rugby en Belgique ?" ou "on a une équipe nationale ?" », tempère le spécialiste Bruno Verscheure, avant de rappeler que le Plat Pays ne compte que 14 000 rugbymen, soit autant que la Bretagne.
« La prochaine étape, c'est de professionnaliser notre Championnat, explique Michiel Leysen, qui décrit un niveau équivalent aux Fédérale 1 ou Fédérale 2 françaises, les 5e et 6e divisions. Même si 95 % de nos joueurs sont en France, certains comme Basile van Parys, Seppe Verelst ou Felipe Geraghty évoluent en Belgique et sont amateurs. On aimerait devenir semi-pro et donner des contrats fédéraux comme au Portugal ou en Espagne, mais on n'a pas les finances. Si on se qualifie pour le Mondial, ça pourrait changer. »
Le Championnat des Nations : Un Enjeu Supplémentaire
Comme si la qualification au Mondial ne suffisait pas, le match contre les Samoa va revêtir un deuxième très gros enjeu pour la Belgique. Le vainqueur de la rencontre va en effet obtenir le dernier billet pour la 2e division du Championnat des nations, la nouvelle compétition réunissant les 12 équipes du Tier 2*, annoncée ce lundi. En jeu, la possibilité d'affronter six de ces nations chaque année sur les fenêtres de juillet et novembre et de bénéficier de financements de World Rugby.
« C'est très bien pour nous, mais il y a un risque pour le 25e mondial, avoue Michiel Leysen. S'il ne peut plus jouer contre le top 24, l'écart va grandir, même s'il peut exister d'autres solutions comme affronter l'Irlande A ou l'Italie A. »
*Géorgie, Roumanie, Espagne, Portugal, Canada, États-Unis, Uruguay, Chili, Zimbabwe, Hongkong, Tonga.

Ce mardi, les Diables Noirs ont longtemps cru pouvoir décrocher une qualification historique pour la prochaine Coupe du monde de rugby 2027. Longtemps menés, les Samoans peuvent remercier le Castrais Abraham Papali'i, qui a donné l'avantage aux siens peu après l'heure de jeu (63e, 13-6). Grâce à un essai du troisième-ligne Jean-Maurice Decubber en fin de rencontres (73e, 13-13), les Belges sont revenus dans la partie, mais ils n'ont pas trouvé la force d'un ultime coup de rein pour reprendre l'ascendant sur leur adversaire du jour, qui se qualifie de son côté grâce à un point de bonus offensif remporté durant ce tournoi de qualification.
Les 24 équipes qualifiées pour la Coupe du monde 2027 : Australie, France, Nouvelle-Zélande, Italie, Irlande, Afrique du Sud, Écosse, Pays de Galles, Fidji, Angleterre, Argentine, Japon, Géorgie, Espagne, Roumanie, Portugal, Hongkong, Zimbabwe, Uruguay, Tonga, Canada, États-Unis, Chili, Samoa.
Après sa défaite contre l'Afrique du Sud, le XV de France a retrouvé le chemin de la victoire contre les Fidji (34-21). Ce succès permet aux tricolores de conforter leur place dans le top 6 du classement mondial, un paramètre important pour le prochain Mondial. Mais une large défaite contre l'Australie pourrait tout remettre en cause.
Affaibli par une cascade de blessés et en plein doute après la lourde défaite contre l'Afrique du Sud (17-32), le XV de France a tout de même trouvé les ressources pour l'emporter contre les Fidji (34-21). Malgré un scénario défavorable et la pression de sa série de défaites (quatre avant le duel contre les Îliens), les Bleus ont su serrer le jeu pour dompter les imprévisibles joueurs du Pacifique. Ce succès est loin d'être anodin sur le plan comptable, car il permet aux tricolores de ne pas perdre de points au classement World Rugby et de se maintenir à la cinquième position.
La place dans le top 6 mondial, primordiale pour bénéficier du statut de tête de série lors du tirage au sort du Mondial 2027 et donc se rendre la compétition plus facile, n'est toutefois pas assurée. Un dernier coup de collier est nécessaire contre l'Australie, ce samedi 22 novembre (21h10, en direct sur TF1, en streaming sur TF1+ et en live commenté sur TF1info), au Stade de France.
L'Afrique du Sud (93.06 points) occupe le sommet de la hiérarchie. La Nouvelle-Zélande (90.33), l'Angleterre (89.09) et l'Irlande (88.85) se tiennent derrière en quelques points. Viennent ensuite la France (5ᵉ, 87.07), puis l'Argentine (6ᵉ, 85.30), l'Australie (7ᵉ, 81.69) et les Fidji (81.03). Du fait des règles complexes de calcul, les Pumas sont assurés de terminer parmi les six premières positions à l'issue de la tournée d'automne, et ce quel que soit leur résultat contre l'Angleterre le week-end prochain. Les Fidji sont, de leur côté, hors course. De ce fait, le dernier strapontin de tête de série au Mondial 2027, qui se disputera en Australie, sera distribué à la France ou... à cette même Australie.
Il faut d'abord savoir que les joueurs de Fabien Galthié ont entièrement leur destin entre leurs mains : une victoire ou un match nul contre l'Australie leur assurerait de passer l'hiver au chaud, parmi les six premières places du classement World Rugby. Ils conserveraient ou accroîtraient alors leur avance sur les Wallabies. En revanche, en cas de défaite, cela se complique. Un court revers ne serait pas rédhibitoire pour la bande à Grégory Alldritt, grâce à leur petit matelas actuel au classement. En revanche, une victoire australienne de 16 points ou plus renverserait la table. Dans ce cas-là, les Australiens marqueraient 2.76 points au classement, tandis que les Français en perdraient le même nombre. Les hôtes du prochain Mondial compteraient alors 84.45 unités, contre 84.32 pour leurs rivaux. Dans le même temps, l'Argentine chiperait la cinquième place, voire la quatrième si elle bat nettement l'Angleterre.
Pour rappel, le statut de tête de série garantit aux six premiers pays au classement World Rugby de ne pas se croiser lors de la phase de poules de la prochaine Coupe du monde. Sans cette "garantie", la France pourrait donc rencontrer l'Afrique du Sud ou la Nouvelle-Zélande dès le premier tour, ce qui obscurcirait grandement les perspectives tricolores dans la compétition.
Pour l’instant, 23 équipes ont déjà validé leur ticket pour l’Australie. Les Diables Noirs montent en puissance. Cinquièmes du dernier Rugby Europe Championship, la Belgique (22e nation au classement mondial) reste sur une victoire majuscule face au Canada (25-18) et une défaite encourageante contre les États-Unis (36-17). Les Belges peuvent s’appuyer sur un collectif à l’accent français. Cinq joueurs évoluent en Top 14 ou Pro D2 : Matias Remue (Stade Toulousain), Charlesty Berguet (RC Vannes), William van Bost (Béziers), Maxime Vacquier (Béziers), Jean-Maurice Decubber (Charente Rugby)... À leur tête, un Haut-Pyrénéen, Laurent Dossat, qui a notamment dirigé le Niort Rugby Club (2018 à 2023) avec lequel il est monté en Nationale 1. Le sélectionneur des Diables Noirs se rend à Dubaï avec un objectif en tête : «Un tournoi réussi, c’est un ticket pour l’Australie ! On est capable de renverser des montagnes», a-t-il affirmé dans une interview pour RMC Sport.
Surprise par le Zimbabwe en finale de la Coupe d’Afrique (30-28), la Namibie a obtenu son ticket pour le tournoi de repêchage sans trembler face aux Émirats arabes unis (86-29). Pour conserver sa belle série, la nation africaine, qui figure au 27e rang mondial, peut compter sur le retour de son capitaine Johan Deysel (31 sélections). Le nom de l’ancien joueur de Colomiers en Pro D2 rappelle de mauvais souvenirs aux supporters du XV de France... C’est lui qui avait blessé Antoine Dupont (fracture au visage) lors de la dernière Coupe du monde.
Les rugbymen du petit État Polynésien auront un poids lourd sur leurs épaules. Les Samoans n’ont jamais manqué une édition de la prestigieuse compétition depuis 1991. Mais la 16e nation au classement mondial vit une année 2025 cauchemardesque. Tout a commencé dès le 6 janvier, le sélectionneur Mahonri Schwalger, accusé d’agressions sexuelles sur mineurs, a présenté sa démission. Depuis, rien ne va. Pour le rendez-vous de la dernière chance à Dubaï, sept joueurs évoluant en France ont été appelés : Michael Alaalatoa (Clermont), Sama Malolo (Perpignan), Duncan Paia’aua (Perpignan), Luteru Tolai (Biarritz), Iakopo Muna (Stade Français ), Abraham Papali’i (Castres Olympique) et Tumua Manu (Section Paloise). L’ancien international australien Scott Sio (74 sélections), qui vient de changer d’allégeance, sera également de la partie.
Le pays du ballon rond commence à se forger une place dans l’ovalie mondiale. Les rugbymen brésiliens veulent s’inspirer de l’équipe féminine qui a participé pour la première fois à la Coupe du monde cette année. La présence des Os Tupis au tournoi de qualification tient déjà du miracle. Dominé par le Paraguay en barrage (70-43 sur l’ensemble des 2 rencontres), le Brésil peut encore rêver du Mondial grâce à une erreur de son adversaire qui a aligné un joueur inéligible... La nation sud-américaine possède dans ses rangs une pépite d’origine française : le jeune Carlo Mignot (22 ans). Le centre évolue avec Biarritz en Pro D2 depuis la saison dernière.