Isolées dans la mer du Nord, entre l’Écosse, l’Islande et la Norvège, les Îles Féroé forment un archipel qui regroupe environ 55.000 personnes. Malgré ce réservoir très limité, la province autonome du Danemark, longue de 1.400km2, peut espérer décrocher une place pour la Coupe du monde 2026, qui se tiendra l’été prochain aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Les Îles Féroé sont en train d’écrire l’un des chapitres les plus incroyables de leur histoire footballistique. Ce qui semblait être un rêve inaccessible il y a encore quelques années est désormais tangible : une qualification pour la Coupe du Monde est toujours possible à une journée de la fin des qualifications.
Les Îles Féroé ont créé la sensation en battant la République tchèque, ce lundi, en éliminatoires de la Coupe du monde 2026 (2-1). Un succès qui permet à la 136e nation mondiale de rester en lice pour décrocher une qualification inattendue dans le groupe L.
Pour rappel: les premiers de groupe obtiennent une qualification directe pour le Mondial 2026. Les deuxièmes participent à des barrages, tout comme certaines équipes repêchées en fonction de la dernière Ligue des nations, ce qui ne sera pas le cas des Îles Féroé.
Ce triomphe (2-1) face à la République tchèque en octobre à Torsvøll n’est pas seulement une victoire marquante, c’est un symbole. Un symbole d’un petit pays de 55 000 habitants qui défie les géants. Devant leur public, les Féroïens ont livré une bataille héroïque, s’imposant grâce à des buts d’Hanus Sørensen et de Martin Agnarsson. Ce succès, en plus de battre le record historique de points de la sélection (12 points), propulse cette génération dorée au rang de légende nationale. Cette performance s’inscrit dans une dynamique exceptionnelle enclenchée par le sélectionneur Eyðun Klakstein et son adjoint Atli Gregersen.
Moins d’un an après leur arrivée, ils ont su transformer une équipe habituée à souffrir en une formation disciplinée, ambitieuse et surtout efficace dans les grands rendez-vous. Le plan de jeu mis en place contre les Tchèques en est la parfaite illustration : pressing haut, vitesse dans les transitions, et une rigueur défensive remarquable. Même lorsque la République tchèque a égalisé en fin de rencontre, les Féroïens n’ont pas flanché. Au contraire, ils ont trouvé la force de frapper à nouveau, grâce à une action parfaitement menée et conclue par Agnarsson, symbole d’une équipe qui refuse d’abandonner.
En remportant quatre matchs sur sept dans ces éliminatoires, ils ont envoyé un message clair. «Je ne m’attendais pas vraiment à ce que le ballon arrive là, mais c’était amusant et c’était une sensation formidable. C’était dingue. Je dois le dire», a déclaré Agnarsson, qui a, une fois de plus, été décisif pour les Îles Féroé.
Il reste du chemin à parcourir, mais pour une petite île, l’évolution est déjà extraordinaire : «nous avons chanté à l’intérieur du vestiaire, alors maintenant le pouls était remonté. Nous avons joué un match nul en République tchèque, où ils ont décidé du match vers la fin, et aujourd’hui, la situation a basculé dans l’autre sens, et nous marquons immédiatement après qu’ils aient marqué. Cela nous a permis de tenir bon pendant 90 minutes et de ne pas abandonner collectivement. On se voit en Amérique», a souri Brandur Hendriksson Olsen.
Au-delà des chiffres et des résultats, ce parcours raconte une véritable épopée. Celle d’un archipel de 55 000 habitants qui, grâce à une génération talentueuse et à une vision claire, s’offre le droit de rêver d’un Mondial. L’enthousiasme qui s’est emparé de Tórshavn n’est pas qu’un feu de paille, puisque c’est le fruit d’un travail minutieux, d’une progression constante et d’une foi inébranlable dans leurs capacités.
Avec 80 000 moutons pour 50 000 habitants et 300 jours de pluie par an, les Îles Féroé ne sont pas réellement prédisposées à jouer au football.
Voilà plus d’un siècle que le football est joué aux Îles Féroé. Avec un taux de chômage très bas et un niveau de vie élevé, l’archipel s’estime capable de prendre ses distances avec la couronne danoise. C’est cette raison qui va pousser les Îles Féroé à candidater aux épreuves de l’UEFA et de la FIFA.
Il existait déjà une équipe nationale mais cette dernière ne disputait pas d’épreuves internationales. Elle était alors considérée comme une sélection régionale. Mais l’adhésion aux instances internationales du ballon rond change totalement la donne. Désormais, la sélection nationale jouera des matchs officiels face à des équipes du monde entier.
Les Îles Féroé sont membres de la FIFA depuis 1988. La sélection nationale n’a jamais réussi à se qualifier pour l’Euro ou la Coupe du Monde et ne peut pas participer aux JO.
Une participation à un événement de cette ampleur constituerait un exploit historique pour un pays où le football n’est pas totalement professionnel : « 50 % des entraîneurs et 10 % des joueurs sont professionnels. Beaucoup travaillent la journée et s’entraînent le soir, c’est un rythme auquel on est habitués. Le pays ne compte que 5 000 licenciés. Ce chiffre est trompeur, puisque cela signifie que 10 % de la population féroïenne joue au football, sport le plus pratiqué de l’archipel.
« Le football est le sport numéro 1 ici. Les Féroïens suivent pas mal le championnat et l’équipe nationale. L’équipe nationale a tout de même réussi quelques coups marquants. Le premier a lieu lors du premier match de qualification pour l’Euro 1992. Pour leur premier match officiel, les Féroïens reçoivent l’Autriche. Du fait du manque d’infrastructures, le match a lieu en Suède.
La sélection autrichienne part favorite, et a participé à 3 des 4 dernières Coupe du Monde. Au terme de ce match, Jens Martin Knusden se construit une réputation honorable. Grâce à ses nombreuses parades, il garde sa cage inviolée, mais c’est surtout grâce à son bonnet blanc à pompon qu’il marquera les esprits. Ce dernier est une icône du pays, du fait de sa carrière footballistique mais surtout car il est aussi gardien de l’équipe nationale de handball et champion national de gymnastique.
Au rayon des exploits, on trouve aussi une double victoire face à la Grèce lors des éliminatoires de l’Euro 2016. L’équipe nationale est actuellement 107ème au classement FIFA et est en progrès constant.
La Ligue des Nations, compétition regroupant l’ensemble des sélections européennes, est une opportunité rêvée pour ce petit pays de se qualifier pour l’Euro ou la Coupe du Monde. Victorieux d’Andorre puis de Malte, les Îles Féroé sont en tête de leur poule de Ligue des Nations.
Le championnat féroïen compte 10 clubs et a officiellement vu le jour en 1942. Parmi les têtes de proue de la Betri Deildin, on retrouve les deux clubs de la capitale, le HB Torshavn et le B36 Torshavn ainsi que le KI Klasvik.
Réputées très physiques et disputés, les rencontres tournent à 3 buts par match en moyenne, soit plus que la Premier League, la Serie A ou la Liga par exemple : « Les entraînements, c’est beaucoup de courses. Le championnat est différent de ses homologues européens car il n’a pas lieu à la même période : « le championnat a lieu de mars à octobre, c’est la période où la météo est la plus agréable.
« Il nous arrive parfois de voyager pendant 3 heures en ferry pour jouer » explique Kevin Schindler, entraîneur adjoint du HB Torshavn. Et qui dit petit pays dit surtout peu de clubs : « Beaucoup de villages ont fusionné, donc il n’y a qu’une quinzaine d’équipes. Les meilleurs clubs alignent 3 ou 4 équipes sur plusieurs divisions. Pour lui, facile de suivre le championnat, les billets ne coûtent que 80 Couronnes Danoises, soit 10 €. « Le niveau n’est pas extraordinaire car les meilleurs partent au Danemark. L’ambiance est assez calme. Les matchs de l’équipe nationale sont animés car un groupe de supporters les suit.
Avec des températures peu clémentes et 300 jours de pluie par an, organiser un match peut s’apparenter à un casse-tête : et quand ce n’est pas la météo qui empêche de jouer, c’est le matériel qui peut s’y mettre. En effet, en 1944, le championnat a tout simplement été annulé du fait du manque de ballons sur l’archipel.
Le championnat permet à 4 clubs de disputer l’Europa League. Le vainqueur de la Coupe et les 3ème et 2ème de la Betri Deildin disputent un tour préliminaire précédant le 1er tour. Le champion dispute le 1er tour préliminaire de la Ligue des Champions.
Néanmoins, cette saison n’est pas comme les autres et le parcours du champion en titre, le KI Klaksvík, est inédit. En effet, le club féroïen devait accueillir le Slovan Bratislava mais le match n’a jamais eu lieu. La faute ? Ni la météo ni le manque de ballons, mais le coronavirus qui a touché en nombre le club slovaque qui s’est retrouvé dans l’impossibilité de disputer le match. L’UEFA a donc accordé la qualification au 2ème tour au champion féroïen sur tapis vert.
Le championnat féroïen a été l’un des premiers championnats européens à reprendre après la crise sanitaire. Mais la suite n’a pas souri au KI Klaksvik, éliminé par les Young Boys de Berne, champion suisse en titre.
Pour la première fois de l’Histoire, deux clubs féroïens seront présents à ce stade de la compétition. Et, c’est un exploit retentissant ! Auparavant, seul un club de l’archipel de l’Atlantique avait atteint ce stade, le GI Gova en 2015.
De leur côté, le B36 Torshavn réalise une véritable épopée. Ensuite, les 2ème du championnat 2019 ont reçu les Estoniens du Levadia Tallinn. Le match s’est terminé aux prolongations alors que les Estoniens menaient même 3-2 à quelques minutes du terme du match. Enfin, au 2ème tour, ce sont les valeureux Gallois des New Saints, autre petit poucet de la compétition qui se sont frottés aux Féroïens. Résultat ? Une nouvelle victoire en 120 minutes, avec une égalisation à la dernière seconde. C’est la séance de tirs aux buts qui a permis aux hommes de l’Atlantique de se qualifier pour le 3ème tour. Désormais, c’est le CSKA Sofia qui sera sur la route du B36.
Avec 2 clubs au 3ème tour d’Europa League, les Îles Féroé s’imposent de plus en plus comme une valeur sûre des championnats mineures européens.
On pourrait parler de Klaemit Olsen, légende du football féroïen, né avec un pied gauche déformé et concierge du lycée de Runavik. On pourrait aussi parler d’Allan Simonsen, Ballon d’Or 1977, et sélectionneur de l’équipe nationale pendant 7 ans. Les petites histoires de comptoir se comptent sur plusieurs mains. L’engouement pour ce sport force le respect.
Les Îles Féroé sont réputées pour être « l’archipel aux moutons », avec des décors somptueux composés de fjords, falaises et cascades. Sport de prédilection et élément fort de la culture féroïenne.
Cette saison, le champion en titre féringien, le KÍ Klaksvík, aura 22 joueurs dans son effectif.Sur les 22 joueurs, 15 ont un métier à côté.
Amed Davy Silla, ancien attaquant franco-ivoirien désormais retraité, qui est passé en France par l’équipe réserve du LOSC, Cesson ou encore Istres en Ligue 2, a évolué durant 3 ans aux Îles Féroé de 2005 à 2007.
En effet, alors sous tutelle britannique suite à l’invasion du Danemark par les nazis, l’archipel ne comptait pas assez de ballons pour pouvoir pratiquer une saison de football. Le championnat reprendra l’année suivante en 1945, avec le retour sous autorité danoise.
433 : c’est la moyenne du nombre de spectateurs par match dans le championnat lors de la saison 2018. Soit un peu moins de 1% de la population. Avec 755 spectateurs de moyenne, le KÍ Klaksvík est l’équipe la plus soutenue.
Joan Edmundsson (1991) est le seul joueur féringien à évoluer en professionnel en dehors des pays nordiques. Il évolue en Allemagne à l’Arminia Bielefeld en 2. Bundesliga, où son équipe est pour l’instant leader du championnat. Avant lui, il y avait eu Gunnar Nielsen gardien de but, qui évoluait en Angleterre et qui a pu disputer un match de Premier League avec Manchester City face à Arsenal.
Joan Edmundsson a d’ailleurs un petit frère, Andrias Edmundsson (2000), second joueur féringien a évoluer actuellement en dehors des pays nordiques. Défenseur central, il joue pour l’instant avec les U23 de Sunderland, et est considéré comme un des plus grands espoirs footballistiques au pays. Et dans la famille Edmundsson, il y a également un 3e frère, Hákun (1996), qui évoluera cette saison dans l’élite féringienne avec l’ÍF Fuglafjördur, bon dernier du championnat la saison passée.
On pourrait croire que le football aux Îles Féroé est récent, mais la création des plus anciens clubs remontent déjà à très longtemps. En effet, les clubs les plus anciens sont le TB Tvøroyri (1892), puis le KÍ Klaksvík et HB Tórshavn (1904).
Klæmint Olsen est le meilleur buteur de l’histoire du championnat féringien. Il a 29 ans et a évolué pour le moment dans un seul club : le NSÍ Runavík. Néanmoins si aujourd’hui Olsen est l’une des stars du football dans son archipel, cela n’aurait pourtant jamais dû être le cas. Les médecins lui avaient en effet annoncé qu’il ne pourrait pas pratiquer de sport et encore moins le football, suite à une malformation des pieds.
Imaginez. Vous sortez de chez vous, ballon en main, crampons aux pieds, comme un poussin se rendant à son entraînement du mercredi. Sauf que là, vous allez poser votre sac au pied du banc des Bleus, au Stade de France et vous allez enchaîner les frappes sur le but où Zizou a ajusté par deux fois Claudio Taffarel en finale de la Coupe du Monde 98. Le rêve, non ?
Alors OK, les conditions ne sont pas les mêmes, entre la France et les Féroé. D’accord, les dimensions ne sont pas les mêmes non plus, entre le Stade de France et le Tofta Leikvøllur. Mais dans l’idée, on y est ! Parce que sur l’archipel, figurez-vous que les grands stades sont en libre accès en dehors des matchs.
Marquer sur le même but que vos joueurs préférés est donc possible ! De même, à la mi-temps des rencontres, les enfants ont le droit de monter sur la pelouse et de s’amuser au milieu des remplaçants qui s’échauffent.
Qu’il semble loin, le temps où les îles Féroé étaient la risée de l’Europe, repartant souvent bredouille des qualifications aux compétitions internationales. Opposées à la Tchéquie, dans le cadre des qualifications à la Coupe du monde 2026, les îles Féroé ont signé une victoire retentissante à domicile (2-1), ce dimanche 12 octobre. Il faudra cependant un miracle pour que les hommes d’Eyðun Klakstein se qualifient en barrages. Avec seulement un point de retard sur la Tchéquie, ils devront battre la Croatie et miser sur une improbable contre-performance des Tchèques face à Gibraltar lors de la dernière journée.
Des scénarios plus qu’hypothétiques pour les insulaires, mais qui témoignent d’une progression fulgurante pour ceux qui ne se sont jamais retrouvés dans pareille position à un match du terme de la campagne.
Les Iles Féroé ont été affiliées à la FIFA en 1988, année lors de laquelle le pays a joué son premier match officiel. Mais pour une compétition internationale, c’est bien le 12 septembre 1990 contre l’Autriche que les Féringiens jouent officiellement leur première rencontre. Et le résultat pourrait vous surprendre.
A défaut d’avoir un stade adéquat aux Iles Féroé, la rencontre a lieu en Suède. Mais ce n’est pas n’importe quelle rencontre pour les Féroïens, celle-ci compte pour les éliminatoires des Championnats d’Europe 1992. C’est la première grande compétition internationale pour la nation et pour une première, celle-ci se transcende. Déjà, elle tient le coup défensivement alors que l’Autriche est grande favorite et que les spectateurs s’attendaient plutôt à un score fleuve. Mais en plus de garder leurs cages inviolées, les Iles Féroé ouvrent la marque à l’heure de jeu. Cette réalisation est signée Torkil Nielsen qui n’est pas passé loin d’inscrire un doublé. Les Autrichiens ne parviennent pas à égaliser, l’arbitre siffle la fin du match sur ce 1-0.
Info : Cette défaite face aux Iles Féroé suivie de l’élimination pour l’Euro 1992 coûte sa place à l’entraîneur de l’Autriche Josef Hickersberger.
« Les îles Féroé ? Fastoche. » C’est la réaction qu’avaient la plupart des sélections au moment d’affronter celui qui était le deuxième membre de l’UEFA le moins peuplé jusqu’à la récente intégration de Gibraltar (et après Saint-Marin). C’est vrai quoi, pour des pays comme la France, l’Italie, l’Angleterre ou même des plus modestes comme les Scandinaves, les Balkaniques ou les Baltiques, jouer ces drôles de Vikings étaient l’occasion d’une victoire quasi assurée tout en soignant sa différence de buts.
L’intégration de cette petite province autonome du royaume du Danemark au tout début des années 90 a longtemps eu tout du cadeau empoisonné pour la poignée de joueurs de foot du coin. Il y a bien eu quelques exploits clairsemés de-ci de-là pendant les deux premières décennies, des victoires miraculeuses contre à peine plus grand que soi (Malte, l’Estonie…), des nuls heureux contre l’Autriche, l’Écosse, la Lituanie ou la Bosnie… Et puis déjà plus récemment quelques résultats positifs contre des nations qui pèsent sur le continent, comme cette très honorable défaite 0-1 face à la France en 2009 lors des éliminatoires de la Coupe du monde sud-africaine.
Mais c’est surtout ces deux dernières années que les progrès ont été les plus marquants, avec seulement deux défaites par plus de deux buts d’écart à déplorer : 0-3 contre l’Allemagne, puis encore 0-3 contre l’Autriche, les deux fois en septembre 2013. Rien d’infamant, aucun gros carton à signaler. Et lorsqu’il s’est agi de bizuter le petit nouveau Gibraltar, les Féroé ne se sont pas privés de les cogner 4-1 en mars 2014, histoire de montrer qu’au jeu des plus petits d’Europe, il s’établit désormais une hiérarchie claire : oui, actuellement, les Féroïens sont les plus grands des petits de la zone UEFA.
La mini-sélection du Nord de l’Europe voudrait même bien ne plus se contenter d’être la plus forte des « petits » , mais postule désormais à l’intégration durable dans la cour des grands. Elle peut justifier cette ambition par une double performance remarquée : deux victoires dans ces éliminatoires face à la Grèce, 1-0 le 13 novembre dernier au Pirée, exploit confirmé huit mois plus tard par un nouveau succès 2-1 à domicile. Les champions d’Europe 2004 ont beau être plongés dans une grosse crise, ce n’est pas une raison pour minimiser les performances répétées de l’adversaire.
L’issue du premier match a coûté sa place au sélectionneur grec Claudio Ranieri et a été considéré par son homologue Lars Olsen comme « la plus belle victoire de l’histoire de la sélection » . Olsen qui serait, aux dires du journaliste sportif local Leivur Frederiksen, l’un des artisans du succès actuel de la sélection féroïenne.
« Depuis qu’il a été nommé en 2011, il a changé les mentalités en estimant que les Féroé doivent essayer de jouer plutôt que de chercher à faire déjouer l’adversaire, ce qui passe par une meilleure possession de balle, analyse-t-il. Beaucoup ici pensaient qu’il était naïf de ne pas considérer que le fighting spirit était la seule qualité des joueurs locaux, mais les résultats lui donnent raison. Le réservoir dans lequel puiser est pourtant minuscule, les Féroé ne comptant même pas 50 000 habitants au total, mais Olsen, ancien international danois aux 84 sélections, est parvenu depuis quelque temps à composer une équipe solide et soudée.
« C’est un défi d’obtenir de bons résultats avec une si petite nation, poursuit Leivur Frederiksen. Il est bien évident que le vivier est sans commune mesure avec celui d’autres pays comme la France, mais nous avons actuellement une jeune génération talentueuse qui travaille bien. Notre sélection U21 est également performante et permet d’alimenter régulièrement l’équipe nationale. En plus des deux victoires contre la Grèce, on aurait aussi mérité d’obtenir des points contre d’autres adversaires du groupe des éliminatoires. » Il y a effectivement eu récemment des défaites encourageantes face à la Hongrie (0-1) et la Roumanie (0-1).
« Pourtant, nous n’avons pas d’aussi bons équipements que l’Islande, note le journaliste de Kringvarp Foroya, la télé locale. Il nous faudrait des terrains indoor pour que les joueurs puissent continuer à évoluer malgré les conditions météo difficiles. » Manière de dire qu’il y a encore moyen de progresser. « On peut aussi envisager que nos meilleurs joueurs puissent s’expatrier dans de meilleurs championnats que le féroïen. Je suis sûr qu’il ne faudra pas longtemps avant que des clubs comme en Angleterre s’intéressent aux joueurs d’ici. » En attendant, sept membres de la sélection évoluent au Danemark, un en Islande et un autre en Norvège.
Et les résultats récents ont permis un engouement sans précédent autour du football sur place : Torsvollur, le stade national basé à Torshavn, la capitale, sera plein ce vendredi soir pour la réception de l’Irlande du Nord.
Les Îles Féroé ont remporté leurs trois derniers matchs lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, dont ce petit archipel de l'Atlantique Nord peut encore rêver.
Le passage de 32 à 48 équipes qualifiées à l'occasion de la Coupe du monde 2026 permet à plusieurs nations à travers le monde de rêver à une qualification historique pour la compétition qui sera disputée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. En Europe, ce sont 16 équipes (contre 13 en 2022, ndlr) qui iront en Amérique du Nord jouer la 23e édition de la Coupe du monde. Les Îles Féroé peuvent-elles créer l'exploit dans le groupe L de la zone Europe ?
Les joueurs de ce petit archipel de l'Atlantique Nord peuvent en tout cas toujours y croire, grâce à un succès la République tchèque, ce dimanche (2-1), après avoir battu dans ces éliminatoires Gibraltar à deux reprises (2-1 puis 1-0) avant de surprendre le Monténégro (4-0). Avec 12 points au compteur, les Féroïens sont troisièmes de la poule L, derrière la Croatie, à qui la première place semble promise, et la République tchèque, qui n'a plus qu'un point d'avance sur les Îles Féroé.
Jamais ce petit pays de 55 000 habitants n'avait réussi à glaner autant de points dans des éliminatoires pour une grande compétition internationale. Le mot exploit n'est pas galvaudé, quand on sait qu'il n'existe qu'environ 7000 hommes âgés de 20 à 39 ans sur l'archipel, et donc capables de jouer pour l'équipe nationale de football.
La victoire contre la République tchèque est peut-être le plus grand succès de l'histoire du football féroïen, mais cela pourrait bien ne pas suffire pour se qualifier pour la Coupe du monde 2026. Les Îles Féroé vont en effet disputer leur huitième et dernier match des qualifications sur la pelouse de la Croatie, leader invaincu du groupe L et qui n'aura besoin que d'un point pour assurer sa première place directement qualificative.
| Position | Équipe | Points |
|---|---|---|
| 1 | Croatie | À déterminer |
| 2 | République Tchèque | À déterminer |
| 3 | Îles Féroé | 12 |

Localisation des Îles Féroé.

Le stade Tórsvøllur à Tórshavn, capitale des Îles Féroé.