Le football normand est riche en histoires de clubs passionnés et d'exploits sportifs mémorables. Cet article met en lumière le parcours du FC Roumois Nord, héritier du CS Bourg-Achard, et l'épopée du FC Ezy-sur-Eure en Coupe de France.
Le FC Roumois Nord : Un Siècle d'Histoire
Le CS Bourg-Achard (Eure), ancêtre du FC Roumois Nord, aurait fêté ses 100 ans en 2023. En 1923, le club de football de Bourg-Achard voyait le jour. Aujourd’hui, le club est devenu le FC Roumois Nord, fruit de la fusion entre le CSBA et le club de Saint-Ouen-de-Thouberville. C’était en 2007.
Pour marquer cet événement, des festivités ont été organisées le samedi 1er juillet 2023 au stade de Bourg-Achard. Les anciens joueurs du CS Bourg-Achard ont été invités à se retrouver pour célébrer ce centenaire. Pour les dirigeants actuels, il était inconcevable de ne pas célébrer ce centenaire. Nous avons contacté d’anciens joueurs du CS Bourg-Achard. Soixante anciens joueurs ont d’ores et déjà été contactés pour participer au centenaire du club.
Ce 1er juillet, les jeunes ont ouvert les festivités. Les U18, pensionnaires de Régionale 3, ont affronté les joueurs du FC Rouen. Ce sont ensuite les vétérans qui ont foulé le pelouse du stade Dannetot. Un film revenant sur l’histoire du club a été diffusé. Certainement que la victoire en Coupe de La Dépêche y sera en bonne place. Il y a une trentaine d’années, le CS Bourg-Achard avait remporté l’équivalent de la Coupe de l’Eure.
Cette saison, le club a engagé vingt-et-une équipes en championnat. « Nous avons environ 350 licenciés », précise Audrey Davot. Toutes les catégories d’âge sont représentées. Chaque équipe est encadrée par un voire plusieurs dirigeants. L’équipe première senior évolue en Départementale 1, mais n’est pas certaine de se maintenir.
L'ÉPOPÉE DE NANTES EN LDC (1996)
Depuis de nombreuses années, le FC Roumois Nord sollicite la mairie ou la communauté de communes pour installer l’éclairage sur le terrain principal. Seul un terrain d’entraînement est éclairé et permet aux joueurs de pratiquer leur sport favori lors de la période hivernale.« Nous allons faire une demande au district pour obtenir une aide financière », indique la présidente.
Louis Castel était l’un des fondateurs du FC Roumois Nord. Il avait présidé le club pendant 3 ans. Il est décédé à 70 ans. Louis Castel, à gauche, en 2013, avait passé le témoin à Philippe Bénard. C’est dans cette commune qu’il s’était investi, au sein du club de football. Il faisait en effet partie des dirigeants à la naissance du FC Roumois Nord, club né de la fusion du Club sportif Bourg-Achard et du club de Saint-Ouen-de-Thouberville.
Ancien président du club, Philippe Périer a rencontré Louis Castel dans les années 80 : « Nos enfants jouaient tous les deux au CS Bourg-Achard. On a commencé à encadrer les jeunes ensemble », se souvient-il. « Louis est devenu mon vice-président en 2001, lorsque je suis devenu président du club », explique Philippe Périer. Son rôle ? « Il était responsable du sponsoring.
« En 2009, j’ai décidé de passer la main. Louis a accepté de prendre la suite. Il ne voulait pas laisser tomber le club », ajoute Philippe Périer.

L'épopée du FC Ezy-sur-Eure en Coupe de France
La Coupe de France réserve décidément bien des surprises. Qualifié au 4e tour de la Coupe de France pour la première fois de son histoire, le FC Ezy-sur-Eure, pensionnaire de Départemental 3, s'apprête à recevoir l'Olympique Pavillais (Régional 2) pour un match qui s'annonce mémorable. Cette semaine, notre rédaction met à l'honneur les deux Petits Poucet normands du 4e tour de la Coupe de France, tous deux pensionnaires de Départemental 3.
Lorsque l'entraîneur Christophe Delaplanche s'est lancé dans l'édition 2025-2026 le mois dernier, il n'imaginait pas qu'un 4e tour historique l'attendrait face à l'Olympique Pavillais (Régional 2). Il n'était même pas certain que son équipe franchirait le premier tour contre le FC Du Roumois Nord, lui aussi pensionnaire de Départemental 3. "Dans ces divisions-là, les gars n'hésitent pas à partir en vacances, même pendant l'après-prépa, ce qui est normal", rappelle le coach de 53 ans.
"On avait quand même eu quatre ou cinq semaines de prépa, mais pour organiser des matches amicaux, ça a été compliqué. On est arrivés avec un seul match dans les jambes et je vous avoue que je ne savais pas trop à quoi m'attendre". Depuis ce 24 août, tout a souri ou presque aux Eurois dans la compétition nationale. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, le pensionnaire de D1 a posé davantage de problèmes aux Eurois que leurs voisins de R3.
"C'est une équipe du Calvados qu'on ne connaissait absolument pas", rembobine Christophe Delaplanche. "Quand on a vu leurs résultats en amical - ils ont gagné 10-0, 9-1 - qu'ils avaient sorti une R2 (Falaise) en gagnant 4-1 et qu'ils avaient remporté leur premier match de championnat 6-1, je dois reconnaître qu'on ne faisait pas les fiers". Et pourtant, là encore, le technicien passé par le Paris Saint-Germain étant jeune a été épaté par ses joueurs, auteurs de l'égalisation dans le temps additionnel face à un adversaire plombé par un carton rouge précoce.
Le succès (1-1, 4 tab à 1) vaut à Ezy-sur-Eure de figurer au 4e tour de la Coupe de France pour la première fois de son histoire. Si cette qualification porte la marque de tout un club, c'est une sacrée récompense pour Christophe Delaplanche lui-même puisqu'il est à l'origine de la création de l'équipe sénior actuelle, une création opérée voilà 13 ans aux côtés du regretté Jean-François Prospert.
"En 2012, suite à différents problèmes de discipline, pour faire court, il n'y avait plus d'équipe sénior, donc on a recréé l'équipe", raconte le coach. "On m'a même demandé de rejouer. J'avais plus de 40 ans, mais j'avais un petit peu de ballon, on va dire. On a réussi à monter de deux divisions en deux ans. Et après, j'ai arrêté, la vieillesse vous savez (rires), j'ai dit 'place aux jeunes'".
Depuis, la vie du club d'Ezy-sur-Eure suit son cours à l'échelle départementale, et le rythme s'intensifie d'ordinaire non pas pour un événement en Coupe de France, mais plutôt pour le réputé tournoi de Pâques que les dirigeants et les bénévoles s'évertuent à perpétuer. Christophe Delaplanche, lui, a notamment porté un temps la casquette de vice-président.
Le secret de la réussite du FC Ezy-sur Eure cette saison réside possiblement dans le recrutement et le choix malin de Christophe Delaplanche d'enrôler son propre fils, Alexis, pour en faire l'une des locomotives de sa formation. "J'ai réussi à le récupérer cette année, il était titulaire en N3/R1 à Deux, et lui, faisant la formation de conducteur de train cette année, a dit 'bon, je ne peux pas continuer à Dreux, ce n'est plus possible', et donc je lui ai dit, 'Écoute, prends ta licence !' et c'est assez agréable de l'avoir".
Ezy-sur-Eure, c'est même une véritable histoire de famille puisque l'autre fils de Christophe Delaplanche, basé à Bruxelles, n'hésite pas à rechausser les crampons quand il est de passage dans l'Eure. Tout ce beau monde espère maintenant réussir l'exploit d'écarter Pavilly dimanche pour poursuivre une improbable aventure. "Il y aura une belle affluence comme aux deuxième et troisième tours", prédit le coach. "Depuis un match, la mairie nous a installé deux petites tribunes et il y a pas mal de pubs qui vont être faites".
Parcours du FC Serquigny Nassandres en Coupe de France
Le FC Serquigny Nassandres (R2) a marqué les esprits lors de cette édition de la Coupe de France de football, en écrivant une page mémorable de son histoire. Porté par une belle dynamique, le club a d’abord passé les étapes régionales avant d’accéder à l’échelon national. Le parcours des rouges et jaunes débute par un déplacement au FC Roumois Nord, pour un 1er tour 100% eurois. Une victoire convaincante 5 buts à 0 face au club de deuxième division départementale, leur offrant une qualification au 3ème tour.
Opposés à une équipe d’un tout autre calibre, les joueurs du FCSN recevaient le SPN Vernon, pensionnaire de R1. Pourtant inférieur sur le papier, le FC Serquigny Nassandres, probablement aidé par son public, s’impose finalement face au SPN Vernon. Victoire sur le plus petite des marges, 2 buts à 1. 4ème tour : US Mesnil Esnard F. Avec la confiance accumulée suite aux 2 victoires précédentes, les joueurs eurois se rendaient en Seine Maritime, sur les installations de l’USMEF, également pensionnaire de R2.
Au terme d’un match serré, les jaunes et rouges parviendront à inscrire l’unique but de la rencontre, à la toute fin du match. De retour à la maison, le FCSN, déjà auteur d’une très belle épopée, recevait l’AS Cherbourg, évoluant aussi en 2ème division régionale. Au terme d’un match très disputé entre deux équipes d’un niveau similaire, le club eurois finira par remporter le match aux TAB, au bout d’une séance interminable !
Arrivé à ce stade de la compétition, il n’y a pas de tirage « facile ». Celui du FCSN n’échappera pas à la règle puisque c’est un club de N3, le FC Flers, qui sera tiré pour affronter le club local. Les jaunes et rouges feront pourtant preuve de combativité et de courage, à tel point qu’ils viendront s’imposer, devant leurs supporters sur le score de 2 buts à 1 ! Une magnifique performance de la part du FCSN qui a complètement déjoué les pronostics !
Du lourd, très lourd pour le club régional puisque c’est l’EA Guingamp, club de Ligue 2 qui se dressera devant les rouges et jaunes pour ce 7ème tour ! Devant des supporters venus en masse au stade Louis Bielman de Lisieux, pour vivre aux premières loges cette fête du football, les joueurs de Serquigny Nassandres proposerons une belle opposition à l’EAG. Au retour des vestiaires, l’EA Guingamp fera respecter la hiérarchie (5 divisions d’écart tout de même !) et inscrira 4 buts supplémentaires. Mais le principal n’est pas là pour le FC Serquigny Nassandres.
