Ils sont lycéens ou étudiants et s'adonnent à un sport resté confidentiel en France : le football américain. Leur équipe ? Les Dockers de Nantes. Cet article vous plonge au cœur de cette passion grandissante pour le football américain à Nantes, à travers le portrait de ses adeptes et l'histoire du club local, les Dockers.

Schéma des positions de base au football américain.
L'ascension des Dockers et l'influence américaine
Le mois d'octobre aura vu l'inauguration d'un nouveau terrain en synthétique réservé à la pratique du football américain, une petite victoire pour le club créé en 1983. Depuis février 2012, un club de "cheerleading", les Duchess, se produit notamment pour eux. Quelles personnalités se cachent derrière ces disciplines directement importées des Etats-Unis ? Portraits de quelques-uns d'entre eux, adeptes de l'exotisme américain.
"Hut, hut, hut, go, go, go !" Sous les projecteurs, l'entraînement des Dockers bat son plein. Avec la réorganisation du club, les objectifs de victoire ont été revus à la hausse, et lorsque l'on sonde la motivation des joueurs, les réponses semblent évidentes.
La genèse d'une passion : Séries TV, Mangas et Super Bowl
Absent des médias français, le football américain est passé par sa propre représentation pour convaincre le jeune public. Ainsi Sullyvan Lecomte, 18 ans, y a pris goût en regardant les séries télévisées. C'est notamment Friday Night Lights qui a motivé Reynald Guillet, 22 ans, à suivre le SuperBowl, la messe sportive célébrée partout aux États-Unis.
"Le manga Eyeshield 21 m'a donné envie de pratiquer ce sport", explique quant à lui Clément Billet, étudiant en deuxième année de Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives).
Un esprit d'équipe retrouvé
Au sein des Dockers, le terme de "football" est sans ambiguïté, il désigne avant tout leur sport. Pourtant beaucoup d'entre eux viennent du soccer. "J'ai joué douze ans dans un club de foot. La mentalité du sport, les joueurs qui simulent et la peur de la faute ont fini par me lasser", raconte Kévin.
Sullyvan témoigne à son tour : "J'ai fait du football de six à dix ans, mais je n'aimais pas l'esprit d'équipe, très individualiste. Au football américain, si un joueur baisse les bras, c'est toute l'équipe qui glisse. J'aime ce sport pour le bien-être qu'il me procure." Reynald poursuit : "J'ai pratiqué le football pendant douze ou treize ans. Ça me plaît encore d'y jouer avec des amis, mais plus pour la compétition."
L'attrait pour le spectacle et les modèles de la NFL
La mythologie qui accompagne chaque équipe américaine s'est également exportée en France. Ainsi, le championnat français compte ses Flash de la Courneuve, ses Argonautes d'Aix-en-Provence ou encore ses Spartiates d'Amiens, ville qui accueille le pôle espoir. Pour autant, le principe d'identification reste, sans équivoque, en faveur des équipes américaines.
"J'aime le sport-spectacle", avoue sans retenue Clément, avant d'ajouter : "C'est difficile de suivre le championnant français sans retransmission TV. Je soutiens les 49ers de San Fransisco, seule équipe dont je suis avec assiduité les résultats." Kévin prend lui plaisir à soutenir les Dolphins de Miami, ville qui l'attire. Sullyvan, quant à lui, suit de près la carrière de LaDainian Tomlinson, qui occupe son poste, celui de running-back (joueur polyvalent, souvent porteur du ballon) : "C'est un vrai modèle pour la NFL (ligue majeure du sport aux État-Unis)."
Les Duchess : L'esprit Cheerleading à la Nantaise
"Go Hard or go home. Dockers, Duchess, together we fight 'ill the end. Dockers, we want a win !" ("Soyez durs ou rentrez chez vous. Dockers, Duchess, ensemble nous nous battrons jusqu'au bout. Dockers, nous voulons la victoire !") Premier match de la saison, les Duchess de Nantes choisissent l'américain pour soutenir les Dockers. Intégré à la Fédération française de football américain, le cheerleading est une discipline qui combine danse, acrobatie, gymnastique et chant.
Pour Camille, c'est une manière de se rapprocher des Etats-Unis dans une équipe aux allures de seconde famille. Marine Delaunay, 18 ans également, s'entraîne elle avec sa cousine revenue d'un séjour au Canada et explique :"Mes parents m'ont poussée à le faire et continuent de me soutenir." Marine Cadoret, à l'initiative de l'association, milite avec conviction pour changer l'image d'une discipline parfois incomprise ou mal perçue en France. Ses projets de développement ne manquent pas : un voyage culturel à Liverpool, scène importante du cheerleading, et une participation en mars prochain à une compétition en Suisse.
L'expansion du club et perspectives d'avenir
Attirés par "la part de show" que revêt le football américain, ils sont de plus en plus nombreux à concrétiser leur curiosité. Les Dockers de Nantes comptent aujourd'hui deux cents licences et une section flag, sport sans contact dérivé du football américain. Depuis cette saison, un nouvel entraîneur, d'origine mexicaine, Jonathan Herrera, a intégré le club. "Il s'adresse à nous en anglais et nous impose de mettre le genou à terre lorsqu'il parle à l'ensemble du groupe. Je comprends cette marque de respect qu'il veut imposer", dit Reynald.
"Même blessé, j'allais suivre les entraînements depuis le banc", affirme Sullyvan. Kévin lui conclut simplement : "Je jouerai jusqu'à ce que je ne puisse plus en faire."
Tableau: Évolution du club des Dockers de Nantes
| Année | Événement | Nombre de Licenciés |
|---|---|---|
| 1983 | Création du club | Inconnu |
| 2012 | Création de l'équipe de cheerleading "Les Duchess" | Inconnu |
| Actuel | Le club compte une section "flag" (sport sans contact) | 200 |