L'histoire du football américain à Montargis: Entre espoirs et défis

Le football américain à Montargis a une histoire riche, marquée par des moments d'enthousiasme et des défis constants. Cet article explore le parcours de ce sport dans la région, en mettant en lumière les espoirs suscités par des compétitions comme la Coupe de France, ainsi que les ambitions des clubs locaux comme les Titans de Blois.

Une perspective qu'on comprend et qu'on regrette à la fois à Montargis et à Saint-Jean-de-Braye, 2 des 3 clubs du Loiret encore en lice.

La Coupe de France: Une source d'espoirs et de déceptions

La Coupe de France de football représente une opportunité unique pour les clubs amateurs de se mesurer à des équipes de niveau supérieur. Pour l'US Montargis (National 3) et la SMOC Saint-Jean-de-Braye (Régional 2), cette compétition est synonyme d'émulation et de rayonnement potentiel. Cependant, les incertitudes liées à la pandémie ont jeté une ombre sur la 104e édition de la coupe.

Ce mercredi matin, sur BFMTV, le Premier ministre a confirmé que l'épreuve "pourrait ne pas se tenir", et à la question "La coupe de France est-elle morte ?", Jean Castex a fini par répondre : "Oui." Trop de retard pris dans l'épreuve. Cette déclaration intervient alors que Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football, avait lui-même estimé, vendredi dernier, que "c'était presque cuit" pour la coupe de France cette saison : trop de retard a été pris, il faudrait jouer la Coupe jusqu'en juillet pour aller jusqu'au bout - alors que l'Euro de football est censé démarrer le 11 juin...

Cette possible annulation est évidemment un coup dur pour les équipes encore en lice - il y en a 3 dans le Loiret : l'USO (National), l'US Montargis (National 3) et la SMOC Saint-Jean-de-Braye (Régional 2). Même si chacun fait preuve de fatalisme.

Réactions des clubs locaux

Pour Benoît Lesage, l'entraîneur de la SMOC, l'annulation de la Coupe serait une grosse frustration. Le club abraysien s'était qualifié pour le sixième tour de la coupe de France pour la deuxième fois de son histoire et devait aller défier le FC Tours (N3). "Il n'y a pas d'autre épreuve qui permette de se mesurer à de gros clubs, cela a créé une grosse émulation au sein du club et on se faisait une joie de disputer ce match car en cas de qualification, cela aurait été historique pour le club."

Julien Dubois, vice-président de l'US Montargis, partage ce sentiment : "Ce serait clairement une déception pour les joueurs et l'ensemble du club, parce que ce genre d'événement resserre les liens et peut faire rayonner à l'extérieur." Mais pour le dirigeant montargois, la priorité est de pouvoir finir cette fois-ci le championnat.

La SMOC, une qualification "historique" en ligne de mire. "Ce serait d'autant plus une déception que ces derniers jours, on avait quelques lueurs d'espoir venant de la Fédé qui semblait vouloir à tour prix finir la Coupe, réagit Benoît Lesage, l'entraîneur de la SMOC.

"Si la décision se confirme de ne pas jouer la suite, poursuit Benoît Lesage, ce sera clairement une grosse frustration. On pourra toujours se dire qu'on aura été invaincu dans la compétition cette saison, mais je ne suis pas sûr que cela console tous les joueurs. Maintenant, si cela peut sauver la poursuite du championnat, ce sera peut-être un mal pour un bien."

L'USM veut surtout finir le championnat. "Je n'ai pas planché personnellement sur les dates qui restent, explique Julien Dubois_, mais si continuer la Coupe signifie jouer tous les trois jours, cela serait problématique pour certains clubs. J'espère d'abord que les joueurs pourront reprendre le championnat le plus tôt possible, et c'est sans doute déjà un casse-tête à organiser._"

Ce 6e tour de la coupe de France aurait dû se dérouler le week-end du 31 octobre. Pour sa part, l'US Orléans, qui possède toujours le statut professionnel, devait se déplacer à Vierzon (N3). Le feuilleton n'est peut-être pourtant pas terminé, car en fin de matinée, Noël Le Graët, interrogé par Ouest-France, a changé de position et a affirmé : "Pour moi, la coupe de France aura lieu". Toute la question est en fait de savoir quand pourront reprendre les entraînements pour le football amateur : le 20 janvier, comme l'a répété Jean Castex aujourd'hui, ou le 15 décembre, comme l'espère toujours la FFF ?

Pour la Fédération française de football, il s'agit aussi d'un enjeu financier, puisque la Coupe de France lui rapporte 36 millions d'euros (droits télé et sponsors).

Le Comité exécutif de la Fédération Française de Football a adopté ce jeudi un nouveau format pour la suite de la Coupe de France. Les clubs amateurs et les professionnels seront séparés et joueront chacun de leur côté jusqu'aux 16e de finale. Les clubs loirétains sont pour la plupart "rassurés".

La Coupe de France va pouvoir reprendre pour les amateurs. La Fédération française de football a acté ce mardi sa reprise fin janvier pour la branche "amateur", ce qui veut dire dans le Loiret que la SMOC Saint-Jean-de-Braye et l'US Montargis peuvent reprendre dès maintenant leurs entraînements.

MONTARGIS S'IMPOSE A BOURGES

Les Titans de Blois: Une ambition grandissante

En dehors de Montargis, le football américain se développe également dans les environs, notamment avec les Titans de Blois. Ce club, bien que récent, affiche de grandes ambitions et s'appuie sur un mélange de joueurs novices et expérimentés.

« On s'attendait à voir peut-être une dizaine de personnes autour du terrain… Là, j'en reviens pas ! », s'étonne Julien Amartino, le trésorier du tout nouveau club blésois de football américain, les Titans de Blois. Et comment ! Près de deux cents personnes s'étaient massées le long de la main courante du stade de Saint-Claude-de-Diray, hier après-midi, à l'occasion du premier match officiel de l'équipe blésoise qui recevait pour l'occasion la Horde de Cholet en championnat régional (lire ci-contre). Pour l'essentiel des curieux. De tous âges. Et quand les États Unis débarquent en France, c'est toujours un spectacle. Tout dans la démesure à l'image de ces joueurs harnachés comme des pilotes de moto-cross, et même un peu plus encore. Du rythme, du bruit, des cris, des chocs…"

Un projet de club pérenne

Les titans sont arrivés à Blois en 2009. Mais le club a réellement commencé à exister la saison passée. On n'y pratiquait cependant que du flag, du foot américain sans équipements ni placages. « L'équipement coûte cher et nous n'avions pas le budget à l'époque pour ça », confie Julien Amartino. Mais ça, c'était avant. Le club s'est depuis trouvé un partenaire et a pu s'engager cette saison en championnat régional, le premier échelon. Et comme les clubs ne sont pas encore si nombreux, la ligue du Centre a dû croiser son championnat avec celle des Pays de Loire pour rendre la compétition plus étoffée.

Le club, encore à l'état de nouveau-né, n'a pas l'intention de gravir les divisions immédiatement, mais c'est un objectif qui devrait rapidement se profiler. Il faut dire que si certains des joueurs de l'équipe sont novices ou viennent d'autres sports comme Nicolas Cuvier, un ancien du RCRS (le club de rugby de Romorantin), beaucoup d'autres très expérimentés montrent que les Titans n'ont pas vraiment l'intention d'en rester là. C'est le cas notamment d'Alexandre Franco et Alexandre Lepie, deux anciens joueurs d'Élite (la 1 redivision), ou encore d'Emmanuel Fort (vice-président du club et entraîneur de l'équipe), Sébastien Faure et Alexandre Lecomte, des anciens joueurs des Chevaliers d'Orléans (D2). Sans compter que l'entraîneur Emmanuel Fort a joué en universitaire aux États Unis et a également fait partie de l'équipe de France. Bref, un groupe taillé pour l'ambition, mais chaque chose en son temps.

« En effet, confie l'entraîneur des Titans Emmanuel Fort, du fait de l'expérience de beaucoup de nos joueurs qui tirent tout le monde vers le haut, on aurait sportivement le niveau pour évoluer plus haut, mais c'est administrativement que ça ne suivrait pas. Donc même si on ambitionne les play-off cette saison, et pourquoi pas une finale, et même si on avait la possibilité de monter en D3, on resterait quand même en régional la saison prochaine où on espère trouver une entente avec la mairie de Blois pour avoir un terrain et des subventions. Car si cette année, on se déplace à Dreux, Montargis ou La Roche/Yon, en D3, les déplacements nous emmèneraient à Brest ou en région parisienne et ce n'est plus le même budget. Mais quoi qu'il en soit, notre projet est de pérenniser le club. Il ne s'agit pas de faire deux ou trois saisons avec des mercenaires.

Une première victoire encourageante

Premier match officiel de l'histoire des Titans de Blois, première victoire. Ça commence fort. « On est très satisfait en effet car on a pu jauger tous nos nouveaux joueurs en situation ce week-end,explique l'entraîneur Emmanuel Fort. On a pas mal d'anciens joueurs d'expérience qui ont joué à haut niveau, donc tous les nouveaux étaient dans des conditions optimales pour se rendre compte de ce qu'est un match. »

« Il y a eu un peu de cafouillage en attaque, mais très vite, les joueurs d'expérience ont remis tout le monde dans la bonne direction. Même lorsque l'on était mené 3-6 en tout début de match, on savait qu'on avait ce qu'il fallait pour reprendre les devants. On ne s'est donc pas inquiété. C'est vrai que les plus expérimentés apportent du souffle et de l'assurance sur chaque action. On ne peut que progresser. Avec l'équipe qu'on a, on peut essayer de jouer les play-off en fin de saison, et pourquoi pas une finale. La saison prochaine, on verra avec la mairie de Blois si elle nous attribue un terrain et une subvention. »

Les Titans s'entraînent à La Chapelle-Vendômoise les mercredis et vendredis de 19 h à 21 h.

Tableau récapitulatif des clubs mentionnés

Club Niveau Localisation Ambitions
US Montargis National 3 Montargis Finir le championnat, rayonner à l'extérieur
SMOC Saint-Jean-de-Braye Régional 2 Saint-Jean-de-Braye Qualification historique en Coupe de France
Titans de Blois Régional Blois Pérenniser le club, viser les play-offs

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