Florian Grill : Biographie d'un Joueur et Dirigeant de Rugby

Florian Grill, figure de proue du rugby français, s'est illustré tant sur le terrain qu'en tant que dirigeant. Cet article explore son parcours, de ses débuts en tant que joueur à son ascension à la présidence de la Fédération Française de Rugby (FFR).

Un Parcours de Joueur Passionné

Très vite, le rugby fut une évidence pour Florian Grill. Il a été deuxième ligne au PUC (Paris Université Club), club pour lequel il a joué de ses 12 ans jusqu’à la catégorie Seniors.

« J’ai été vice-champion de France et capitaine avec les Reichels », se souvient l’intéressé auprès d’Actu Rugby. Mais en raison des études, il a assez vite arrêté sa carrière Seniors au sein de son club de cœur.

Florian Grill a « privilégié les études au rugby », comme il nous l’a dit. Il a fait HEC Paris, dont il est diplômé depuis 1988. « J’étais président du bureau des élèves à HEC et j’ai fait partie de l’équipe de rugby de l’école en tant que 3e ligne centre », précise l’intéressé.

Après HEC, Florian Grill a rejoint quelque temps les États-Unis, après avoir décidé de faire son service militaire en VSNE (Volontaire au service national entreprise). Sur place, il joue au rugby au sein du Manhattan Rugby Club. « J’avais comme entraîneur Pierre Chaix, qui a géré les équipes de France Universitaires. Je me souviens qu’il y avait une plaque d’égout au milieu du terrain que l’on recouvrait d’un bout de pelouse synthétique.

De Joueur à Dirigeant : Engagement et Ambition

Ancien deuxième ligne passé par le PUC, Florian Grill est diplômé de HEC. L’idée le séduit. Je pensais mettre mon fils au PUC, mais je l'ai amené à l'ACBB (Athletic Club de Boulogne-Billancourt) pensant me mettre à l'aviron dans ce club. Au premier entraînement de mon fils, il n'y avait pas d'entraîneur. La suite ? Éducateur et dirigeant au sein de l’école de rugby de l’ACBB. Un jour, on m'a piégé (rires) en me demandant si je ne voulais pas entrer au bureau. J'ai dit oui.

Florian Grill a fait partie du camp Pierre Camou, ancien président de la FFR battu en 2016 par Bernard Laporte. Grill, « qui n’a pas une minute » dixit sa femme, a poursuivi sa route, au point de devenir président de la Ligue d’Île-de-France de rugby. Poste qu’il occupe toujours. « La première fois, j’ai obtenu 68% des voix, la seconde 91%. Cela laisse à penser que quand on bosse, les clubs le voient ».

Après avoir lancé le collectif Ovale Ensemble, dont il est le leader, Florian Grill se lance dans la course à la présidence de la FFR en 2020. Membre de l’opposition, il défit le sortant Bernard Laporte, pas tendre envers lui. « Florian Grill, personne ne le connaît à part sa mère, donc on s’en fout », avait lancé l’ex-sélectionneur du XV de France.

Grill, lui, n’avait pas surenchéri, préférant largement un débat sur les idées. Sa première course à la présidence s’est traduite par un échec, puisque battu par Bernard Laporte. Toutefois, les scores serrés ont laissé espérer de belles choses pour le leader d’Ovale Ensemble. Il sentait déjà que le coup était proche. Motivé, il a continué, avec les 500 adhérents de son collectif, à sillonner la France pour aller au contact des clubs.

Florian Grill, qui veut dépolitiser le rugby français, mise beaucoup par une reconstruction par la base et dont le rugby amateur. Outre sa volonté de « dépolitiser » le rugby français, le président de la Ligue Ile-de-France souhaite relancer le rugby amateur, et tout ce qui gravite autour de lui. Il mise beaucoup sur le local.

Ses principales préoccupations ? Le rugby scolaire, le RSE, créer une Régionale 4, revoir les indemnités kilométriques pour les phases finales, augmenter le nombre de titres de champion de France dans le rugby territorial et renforcer les liens de proximité entre les clubs et les Comité Départementaux et les Ligues.

Président de la FFR : Une Nouvelle Étape

À 57 ans, il accède à la plus haute fonction du rugby français. Un sport au sein duquel il baigne depuis toujours.

Aujourd’hui, Florian Grill est le président de la FFR. Une nouvelle réussite pour l’homme qui a lancé, en compagnie de son compère Olivier Delavoye, le 26 août 1994 - « le jour de la date de naissance de ma fille » - CoSpirit. Cette entreprise est spécialisée dans le conseil média.

Actuellement, elle compte 240 membres environ. « On a une vraie vision sur le local, par rapport à nos concurrents que sont Havas ou Publicis. Les médias locaux sont sous investis, et j’estime qu’il faut toujours avoir des approches qui partent du terrain », nous souligne Florian Grill.

Âgé de 57 ans, Florian Grill est marié, et a 2 enfants (une fille aînée, et un garçon). Au sujet de son fils, le nouveau président de la FFR nous fait cette petite confidence. « Il me surnomme le nain. C’est vrai, il est plus grand que moi ».

Et l’ex-deuxième d’enchaîner : « Mais il ne pèse pas le même poids.

Chef de file de l'opposition, Florian Grill a annoncé samedi qu'il serait candidat pour succéder à Bernard Laporte à la tête de la FFR. Deux jours après l'annonce de la candidature de Patrick Buisson à la présidence de la FFR, Florian Grill a également indiqué qu'il briguerait la succession de Bernard Laporte.

Dans un premier temps, Grill sera candidat à un premier scrutin (prévu du 24 au 26 mai), destiné à remplacer les postes vacants au sein du comité directeur de la FFR, après les démissions en janvier dernier des représentants de la LNR et des membres de l'opposition, dont la sienne.

Pourquoi annoncer sa candidature avant même le temps 1 des élections ? « Il nous a semblé qu'il fallait immédiatement donner la perspective aux clubs, ça aurait été compliqué dans un calendrier très court de commencer par faire campagne (pour le comité directeur), puis de déclarer une candidature à la présidence de la FFR. Il y a un risque pour moi de ne pas être élu (au comité directeur). Et Patrick Buisson a déjà déclaré sa candidature.

Florian Grill a par ailleurs indiqué qu'il envisageait de collaborer avec Patrick Buisson, s'il remportait les élections : « Si j'étais amené à être président de la FFR, nous confierions la responsabilité de la Coupe du monde à Patrick Buisson. On pense en notre âme et conscience qu'il serait irresponsable à trois, quatre ou cinq mois de la Coupe du monde de changer d'équipe. Il faut avoir l'humilité de reconnaître que c'est la gouvernance en place qui a gagné la Coupe du monde. Patrick Buisson pourrait constituer une équipe en charge de la Coupe du monde.

Serge Blanco et Jean-Claude Skrela, qui faisaient partie du comité directeur jusqu'en janvier mais qui ont démissionné d'Ovale Ensemble cette semaine, ne font donc pas partie des candidats du collectif, pas plus qu'Eric Champ.

À l’approche du scrutin qui verra l’élection du prochain président de la Fédération française de rugby (19 octobre), le « Petit Prince », adversaire du président sortant Florian Grill, détaille ses points de vue dans un contexte marqué par plusieurs épisodes tumultueux.

Les Assises Territoriales : Un Projet Phare

Pour nous, ça représente le socle des réflexions pour le rugby de demain, en réfléchissant ensemble et en mettant tout à plat. Si on est élus, le 20 octobre au matin, l’idée est d’organiser sur sept week-ends des assises territoriales sur les thèmes qui nous semblent importants, sur les problèmes de mobilité ; de santé, liés à l ‘alcool, aux commotions, à la drogue ; sur les infrastructures ; le handicap, bien vivre ensemble et sur les fractures territoriales. Avec une méthode participative. Je suis très attaché à la démocratie participative. Et le huitième week-end, sera celui de la consolidation pour écrire le « livre bleu » de la France sur les 15 prochaines années.

Le Statut des Bénévoles : Une Priorité

Nous avons des pistes de travail, par exemple sur la crise des bénévoles. Un engagement que je prends, c’est celui de définir et de consolider le statut officiel des bénévoles. Ce statut devra reprendre les acquis d’expérience afin que des points puissent être comptabilisés dans la retraite. Beaucoup de bénévoles ont 40 ans, 50 ans… Et pour certains, cela fait 15 ou 20 ans qu’ils sont bénévoles.

Par ailleurs, on constate une baisse de 12 % du nombre de cadres au sein des clubs entre 2016 et 2022. Ils n’ont pas été renouvelés. Conséquences : moins de cadres, des bénévoles usés, des problèmes administratifs - les clubs sont noyés par la paperasse - des problèmes de mobilité pour se rendre aux matches… Le chantier est énorme, mais il n ‘est pas compliqué !

Un chiffre : en France, on compte 3240 installations sportives déclarées en lien avec la discipline du rugby. 2548 terrains de rugby, 1250 mixtes. Au football, c ‘est 37 000. 20 % de ces installations ont été mises en service après 1995. Ce que je suis entre vous dire, c ‘est que 80 % de ces infrastructures sont vieillissantes. Mon équipe et moi voulons donc lancer un plan Marshall.

En tant que vice-président de la Région, j’ai eu plusieurs responsabilités. J’ai notamment travaillé sur le Plan Littoral 21 (*). Le premier Plan Littoral 21, on a levé un milliard sur quatre ans. Et c’est 386 millions d’euros sur les trois prochaines années. En contractualisant, notamment, avec l’État. Dans le rugby, on ne l’a jamais fait. L’idée, c’est de mettre 3 millions d ‘euros par an, donc 12 au total, pour nous permettre d ‘aller rencontrer l’Agence Nationale du Sport, les collectivités, les régions, les départements. Il y a aussi des partenaires qui peuvent être intéressés sur le développement du rugby, notamment sur l’environnement, dans une démarche RSE. On peut donc lever des fonds avec des boîtes privées qui peuvent être intéressées sur le processus. On est partis sur un montant de 120 millions. Ça correspond à peu près entre 300 et 400 infrastructures dans les quatre prochaines années. C’est le deuxième engagement que je prends : on va lever des fonds, et travailler sur les infrastructures. Des fonds publics comme privés. Il y a des privés qui pour redorer un peu leur image de marque sur la biosphère et l’environnement, sont prêts à investir.

Oui parce qu’on en revient à la problématique de ce que je suis en train de vous dire. Si demain il n’y a plus de terrain, il n ‘y aura plus d ‘Antoine Dupont. Les infrastructures sont capitales. Si on ne fait pas ça, on ne peut pas développer les 20 000 jeunes, le sport féminin, le sport adapté, les axes sport santé. Je me demande si, ces dernières années, on s’est posé les bonnes questions, et si on a fait une analyse de la situation du rugby.

Effectivement, le rugby amateur et le rugby à 15. Quand on parle « rugby », il y a le rugby santé, le rugby à 7, à 5, à 12, le rugby fauteuil, le rugby adapté, etc. Tous ces sujets sont très sérieux mais les fondamentaux, c’est le rugby à 15. C’est celui qui va le plus se développer, qui doit accueillir tout le monde, tous les gabarits. Les gros, les maigres, les petits peuvent jouer.

Je considère que ce sont des personnalités énormes, à la notoriété internationale. Je veux les utiliser mais pas forcément sur ma liste. Sur un environnement beaucoup plus mondial pour Serge Blanco ; et Jean-Claude Skrela sur les obligations fédérales et le développement du rugby, du rugby féminin, du rugby a 7. Ils seront appelés à jouer un rôle déterminant dans la structuration.

Quand je me suis lancé, j’ai surpris jusqu’à mon épouse ! Je revendique cette liberté. Ça fait des mois que j’y pense, que je me prépare. Mais il fallait plusieurs éléments : conseil de famille, déjà. C’est capital et ça démontre bien ma philosophie et mon côté surprenant. Il me fallait l’avis favorable de mon épouse et de mes enfants. Et après, il faut aller très très vite donc travailler sur un programme, une équipe, beaucoup de réseaux. On a des référents sur toutes les régions et maintenant on est sur les territoires. Il faut que j ‘arrive à convaincre. Il peut me manquer du temps Mais je peux le rattraper parce que j ‘ai une grosse capacité de travail. Est - ce que ce sera suffisant ? Très sincèrement, je ne suis pas quelqu’un qui a besoin d’être en pleine lumière. Ce qui m’intéresse, c’est de rendre ce que le rugby m ‘a donné. Je n’ai rien à vendre. Je suis un homme de défis et c’est un sacré défi.

Je le confirme. C ‘est une sémantique qui est complètement désorientée et c’est une façon de faire de la politique politicienne. Il y a une célèbre phrase de Georges Clemenceau, qui illustre bien que le président sortant essaie de se sortir de toutes ces affaires : « Quand les événements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs ». Cette phrase m’a beaucoup inspiré sur tout ce qui se passe à travers les affaires qui touchent le rugby en ce moment Énormément de communication qui me dérange, qui crée des tensions.

La Fédération réagit plus qu’elle n’agit. On réagit quand il y a un problème, mais on n’est pas dans l’action. Nous, ce qu’on veut, c’est être en responsabilité.

Les Défis et les Controverses

Justement, la responsabilité de Florian Grill a été mise sur le devant de l’actualité ces dernières semaines en raison de plusieurs affaires dans le rugby. Sur le cas d’Oscar Jegou et Hugou Auradou, mis en examen pour viol aggravé en Argentine, quel regard portez-vous ?

Je ne vais pas commenter une affaire avec la partie juridique, les avocats… C’est beaucoup plus les conséquences. J’ai fait une dizaine de tournées. Il y a toujours eu en tournée, un chef de liaison, un directeur de tournée, un vice-président de la Fédération… Un chef de liaison en contact avec l’ambassade et une bonne connaissance des territoires où l’on va. L’Argentine, je connais j’y suis allé trois fois. Quand on se retrouve dans ces pays - là, c’est assez chaud, et vous êtes obligé de faire attention. Mais il y avait une sécurité renforcée.

Pour la suite de cette affaire (il marque un temps d’arrêt). Avec sang-froid et avec autorité, il faut sanctionner. Par le comportement. J’emploie ces mots durs parce que je pense qu’il faut restaurer l’autorité, l’ordre. Il y a des dérives, depuis des années, sur la troisième mi-temps au niveau du management de l’équipe de France, passées sous-silence. Il faut se dire les choses. C’est un problème de fond, pas lié à ces deux joueurs. Si on n’a pas d ‘autorité, on n’est pas crédible. Il faut vraiment rétablir cette autorité. En vous disant ça, je comprends mieux les successions d ‘échec au niveau de la Coupe du monde. Dans le monde professionnel, tout est millimétré, ça se joue au détail. Et les détails ont de l ‘importance. Des choses nous ont échappé pendant cette Coupe de monde sur des détails, au-delà des compositions choisies, de la blessure d’Antoine Dupont… Ce sont des sujets importants à discuter aussi avec le staff, pour que le staff soit aussi en responsabilité.

Des règles de confiance. Mais aussi des modules avec des professionnels du monde sociologique, psychologique, etc. Afin d’arriver à sensibiliser ces jeunes qui ne mesurent pas tout ce qui pourrait se passer. Et pas forcément des gens de l »environnement du rugby. Je verrai beaucoup plus des personnes qui sont beaucoup plus sur le côté psy, qui peuvent détecter.

L’équipe de France n’est pas le joujou d’un président ou d’un entraîneur national, quelle que soit sa notoriété ou ses qualités intrinsèques. C’est un tout. Et c ‘est collectivement qu’il faut gérer tous ces problèmes. J’en reviens à notre slogan, c’est : « Réenchanter le rugby ». Je veux réenchanter le rugby, je veux faire rêver les gosses.

C’est un sujet délicat et personnel. On est envahis par l’émotion. Je pense que quel que soit le président, on n’est pas formé à cela. On est beaucoup plus sur les réflexes. Je sais ce que j ‘aurais fait par rapport à ma sensibilité. En étant en France, je prends la voiture ou l ‘avion, et je vais voir la famille. Voilà. Après, ça dépasse l’entendement. Il y a eu une tragédie, le monde du rugby s ‘arrête. On est tous en souffrance. Ces sujets, selon moi, sont trop graves pour en parler dans le cadre de l’élection. J’interdis à mon équipe et mon entourage de s’entretenir sur ces sujets.

Dans le monde politique, j’ai connu un peu la même situation avec Georges Frêche attaqué et accusé de racisme. L’homme n ‘est pas du tout raciste, et je l’ai soutenu. L’affaire Jaminet, c’est un peu la même chose. Il est avec des copains, il plaisante, il a des amis maghrébins, tout se passe bien avec eux, ils s ‘amusent là-dessus. Mais voilà, il se trompe d’application et ça part. Et là effectivement, il est raciste. Je connais Jaminet, je l’ai rencontré, et j ‘ai eu peur qu’il fasse une bêtise tellement la peine était rapide, sévère, lourde. Je suis prêt à revoir sa peine. C’est une situation qui mérite débat avec des responsables de la Fédération, le comité d ‘éthique. Je crois à l’école de la deuxième chance et ce sujet m ‘interpelle.

Un mort, une action litigieuse. On pourrait penser que les institutions sportives et judiciaires ont tout fait, depuis six ans, pour éclairer ce drame afin de tracer, pour le bien du rugby et la sécurité de ses pratiquants, une frontière claire entre ce qui est acceptable sur un terrain et ce qui ne l’est pas. Le Stade Français, la Fédération française de rugby (FFR) et le ministère des Sports ont, les uns après les autres, détourné les yeux.

Leader du collectif Ovale Ensemble, membre de l'opposition, Florian Grill est le nouveau président de la FFR. Découvrez ce personnage qui a toujours œuvré pour le rugby.

Florian Grill est le nouveau président de la FFR. Et ce de manière très confortable, avec plus de 58% des voix.

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