L'histoire captivante des "Sorcières de l'Orient" : L'équipe féminine de volley-ball qui a conquis le monde

Dans l'histoire du sport japonais, peu d'équipes ont atteint le niveau de popularité et d'impact culturel de l'équipe féminine de volley-ball des années 1960. Surnommées les "Sorcières de l'Orient", ces athlètes ont non seulement dominé la scène internationale du volley-ball, mais ont également marqué à jamais la psyché du Japon, un pays en pleine reconstruction après la Seconde Guerre mondiale. Leur histoire, faite d'abnégation, de rigueur et de triomphe, continue d'inspirer et de fasciner.

Un documentaire sublime raconte leur histoire, à voir sur OCS. Un grand geste de cinéma, pour tenter de percer le mystère d'une épopée sportive ahurissante. J’ai été attirée comme un aimant par ce documentaire, Les Sorcières de l'Orient, pour deux raisons. D’abord, son auteur : Julien Faraut. On lui doit un film sur John McEnroe, L'empire de la perfection. Un film éblouissant, qui raconte les failles du gaucher le plus adroit de l’histoire du tennis. Voilà qui m’incite à surveiller de près tout ce que propose ce cinéaste passionné de sport.

Et la deuxième raison se fredonne. Jeanne et Serge, coup de foudre pour le volleyball, Jeanne et Serge, l'amour dès le premier regard... Figurez-vous que ce dessin animé, « Jeanne et Serge », est inspiré par « les Sorcières de l’Orient ». C’est ainsi qu’on surnommait l’équipe japonaise de volley féminin, qui a réalisé des exploits dans les années 1960. Il est incroyable qu’elles soient si peu connues aujourd’hui. Julien Faraut est allé à leur rencontre, soixante ans plus tard.

"Les Sorcières de l'Orient", sur OCS : le volleyball japonais au sommet - Capture d'écrans

Un Contexte Particulier : Reconstruction et Espoir

La fin de la Seconde Guerre mondiale a laissé le Japon dévasté. Moins de vingt ans après sa capitulation, le pays aspirait à retrouver sa fierté et à se reconstruire sur tous les plans. Les Jeux Olympiques de Tokyo en 1964 étaient perçus comme une opportunité de démontrer la puissance retrouvée du Japon et de marquer son retour sur la scène internationale.

Deux événements allaient d'ailleurs, et irrévocablement, marquer sa psyché. En hommage à Jigoro Kano, fondateur de cet art martial, le judo avait obtenu le label olympique à Tokyo. Mais c'est bien en ce 23 octobre 1964 que le Japon espérait se gonfler d'orgueil, achever la quinzaine en démontrant toute la puissance retrouvée, moins de vingt ans après sa capitulation à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.

Pleurs au Judo, Espoirs au Volley

Le judo avait obtenu le label olympique à Tokyo. Il ne faisait aucun doute qu'Akio Kaminaga décrocherait l'or dans l'épreuve reine des « toutes catégories ». Une illusion douchée par Anton Geesink, géant néerlandais de 114 kg, qui finit par immobiliser l'idole. Une défaite qui fit pleurer de honte tout un peuple. Lequel reporta ses espoirs sur l'équipe féminine de volley-ball, autre sport introduit dans le concert quadriennal.

Trois heures plus tard, les protégées de l'iconoclaste Hirofumi Daimatsu réveilleraient effectivement la foi et le nationalisme de toute une île, en dominant sévèrement l'Union soviétique en finale trois sets à zéro. Avant leur échauffement, les futures héroïnes avaient assisté devant un écran à l'échec de Kaminaga. « On s'est dit que, si nous aussi nous perdions, on ne pourrait plus vivre au Japon », se souvient la receveuse Yoshiko Matsumura dans un documentaire intitulé Les Sorcières de l'Orient.

La Naissance d'une Équipe d'Exception

Dans un Japon en reconstruction, la pratique du volley-ball s'intensifie à partir de 1945 pour devenir le sport de la classe ouvrière. Les patrons de l’usine Nichibo de Kaizuka décident alors, en 1947, de construire un gymnase pour leurs 1 300 travailleuses, une équipe se met en place en 1953.

Au début des années 1960, l'usine de textile Nichibo de Kaizuka embauche de jeunes volleyeuses repérées par Daimatsu, son entraîneur. Le technicien les choisit pour leur potentiel mais ne les dissocie pas des autres ouvrières. « Le volley ne justifie pas de traitement particulier », soutient-il. On les découvre donc se réveillant à 6 heures du matin, pointant à l'usine à 8 heures, ne déboulant au gymnase qu'après le déjeuner.

Elles mesurent moins d’1,50 mètres en moyenne, travaillent dans une usine textile et vont devenir championnes olympiques. Au début des années 1960, l'usine de textile Nichibo de Kaizuka, à trente minutes d'Osaka, embauche ainsi de jeunes volleyeuses repérées par Daimatsu, son entraîneur.

En 1953, l’entreprise Nichibo, l’un des leaders de l’industrie textile au Japon, décide comme ses concurrents industriels de se doter d’une équipe de volleyball de haut niveau. Ce sport déjà fortement implanté dans l’industrie textile depuis le début du xxe siècle va prendre durant la période d’après-guerre une nouvelle dimension compétitive.

Hirobumi Daimatsu, employé chez Nichibo et ancien joueur de volleyball, est nommé pour prendre en charge le recrutement et l’entraînement de cette équipe élite. Il commence par regrouper les meilleures joueuses employées chez Nichibo sur un même site, l’usine de Kaizuka située au sud d’Osaka. Puis recrute des joueuses plus jeunes, sorties notamment du Lycée de Shitennoji connu pour son haut niveau en volleyball, à qui l’entreprise offre un contrat de travail au sein du groupe.

Un Entraînement Rigoureux et des Innovations Techniques

La méthode du coach Hirofumi Daimatsu s'appuyait sur un entraînement intensif, empreint de rigueur parfois violente. L'une des forces du documentaire tient dans ces images de séances qui s'éternisent tard dans la nuit, empreintes d'une rigueur parfois violente. De ballons frappés à l'infini, ce qui est accentué par une musique répétitive et entêtante.

Sous les ordres de Daimatsu, elle a modifié son jeu. Le technicien a initié un service qui déstabilise les adversaires, avec un ballon flottant, une trajectoire indécise. Il a surtout travaillé sur la mobilité, inventé une réception en roulade qui permet à la joueuse de redevenir très vite disponible, alors que les plongeons s'apparentaient alors à des sacrifices.

Et ce sont les darumas, ces figurines culbuto qui se redressent instantanément, qui l'ont inspiré. Choisie pour représenter le Japon lors des Mondiaux de 1960 au Brésil, l'équipe de Nichibo se hisse jusqu'en finale, où elle ne perd que face aux surpuissantes Soviétiques, favorites. Il reste alors encore aux Japonaises une dernière marche à gravir avant de s’asseoir sur le toit du monde.

Afin de préparer les prochains championnats du monde 1962 organisés à Moscou, l’équipe de Nichibo « devenue » l’équipe nationale du Japon parcourt alors l’Europe pour y affronter les meilleures nations de volleyball, comme la Roumanie, la Tchécoslovaquie ou la Pologne.

La tournée prévoyait de s’achever à Moscou pour y affronter l’URSS, la meilleure équipe du monde. Les Japonaises arrivèrent à Moscou après 21 victoires consécutives, la presse soviétique annonça alors qu’un Typhon est venu de l’Orient mais que ce typhon risquait bien de s’essouffler une fois parvenu en URSS. Les Japonaises remportèrent le match et empochèrent ainsi une 22e victoire de rang.

"Les Sorcières de l'Orient" : Un Surnom Qui Marque les Esprits

En atteste leur surnom, hérité d'une tournée européenne de trois mois en 1962. Partout, les Japonaises ravagent leurs hôtes. Après vingt et une victoires d'affilée, elles doivent ponctuer le voyage par un match en URSS. Un « typhon venu de l'Orient », résume la presse soviétique, convaincue que le phénomène s'arrêtera à Moscou. Mais l'incroyable se produit, le Japon balaie les géantes locales.

Les médias les baptisent alors « les Sorcières de l'Orient ». « On n'a pas le nez crochu. Au Japon, ce n'est pas gentil, une sorcière », s'offusque la passeuse Katsumi Matsumura. Il faudra leur expliquer que les ensorceleuses détenant des pouvoirs surnaturels, ce sobriquet les valorise. Les joueuses s'en accommodent. Mieux, se l'approprient.

En 1962, les Sorcières de l’Orient continuent leur irrésistible ascension en remportant pour la première fois les championnats du monde de volleyball pourtant organisés à Moscou chez les tenantes du titre soviétiques. Après cette véritable consécration, de nombreuses joueuses souhaitèrent arrêter l’aventure du haut niveau.

Il correspond bien à la nouvelle physionomie de l'équipe, qui, dans la foulée de cette tournée, va détrôner l'Union soviétique à domicile, décrocher le titre de championne du monde avant de rafler l'or olympique.

Le Triomphe aux Jeux Olympiques de Tokyo 1964

Le 23 octobre 1964, avant-dernier jour des Jeux de Tokyo le Hollandais Anton Geesink remporte le tournoi toutes catégories de judo au dépens du Japonais Akio Kaminaga devant une assemblée de spectateurs japonais médusée. Le choc est immense.

Le Japon qui a souhaité faire de ces Jeux une vitrine internationale lui permettant d’effectuer une sorte de retour symbolique dans le concert des nations se voit battu sur son terrain, dans un sport particulièrement iconique au Japon. Quelques heures plus tard, les joueuses de volley japonaises battent sèchement les Soviétiques 3 set à 0.

Le hasard du calendrier a voulu que la finale du volleyball féminin soit juste après la finale toute catégorie de judo le 23 octobre 1964. La défaite de Kaminaga a renforcé les attentes des Japonais en mal de victoire et de célébration. Pour donner une idée de la pression que les Japonaises ont sur les épaules, elles avaient pensé à s'exiler en Europe en cas de défaite…

Le 23 octobre 1964, le dernier match de la poule unique entre les deux équipes invaincues tourne à l'avantage du Japon, qui s'impose 3-0 (15-11, 15-8, 15-13) face à l'URSS. En finale des JO 1964, les Japonaises ont battu les Soviétiques, trois sets à zéro. Sacrées championnes olympiques pour l'apparition du volley au programme des JO, les Japonaises célèbrent leur entraîneur Hirofumi Daimatsu.

Le match devient un événement national : à l'époque, il y a cinq chaînes de télévision au Japon, et elles choisissent toutes de diffuser la finale ! Les cinq chaînes de télévision nippone retransmettent en direct cette finale qui atteint des records inégalés (92 % d’audience !) de quoi offrir instantanément aux joueuses une immense notoriété dans tout le pays.

La pression était que le pays entier attendait l'or de notre part, nous avions fait une préparation idéale et nous n'avions aucune excuse. Au moment de la victoire nous avons ressenti un grand soulagement. La majorité des joueuses avaient décidé d'arrêter leur carrière à Tokyo.

« Nous n'avions pas ressenti de mauvaise pression pendant le tournoi, jure-t-elle. Il y avait une grande exigence envers nous-mêmes, nous nous étions entraînées si dur. Au moment de la victoire nous avons ressenti un grand soulagement. La majorité des joueuses avaient décidé d'arrêter leur carrière à Tokyo, moi je n'avais que 20 ans et je suis allé jusqu'à la médaille d'argent des Jeux de Munich (1972). Ma plus grande émotion a sans doute été d'avoir eu la chance de rencontrer l'Empereur (Hirohito) avec toutes mes coéquipières au palais impérial, c'était une consécration. »

Un Héritage Durable : Sport, Culture et Émancipation Féminine

Au-delà de leurs victoires sportives, les "Sorcières de l'Orient" ont eu un impact profond sur la société japonaise. Les joueuses, au premier rang desquelles leur capitaine Masae Kasaï qui bénéficiera quelques mois plus tard d’un mariage quasi princier se voient propulsées au rang d’icônes, de véritables gloires du sport nippon.

Elles ont lancé le sport féminin et bercé toute une génération. Après les Jeux, un premier manga de volley féminin - Attack No. 1 - devient best-seller et la télévision nationale leur consacre un dessin animé. Les « Sorcières de l'Orient » sont des rock stars dans tout le pays, conséquence de leur succès mais aussi d'une politique ambitieuse de la Fédération visant à surfer sur la vague de popularité.

En prévision des Jeux de Mexico 1968, le fabricant de ballon de volleyball japonais Tachikara, fournisseur des ballons olympiques de Tokyo, entend susciter l’intérêt des jeunes japonaises pour la pratique du volleyball. Ce fabricant commande au magazine Shūkan Margaret un manga de volleyball s’inspirant du grand succès populaire des Sorcières de l’Orient.

Avant les Jeux Olympiques de Mexico (1968), motivé par l'incroyable popularité des Sorcières qui avaient presque toutes arrêté leur carrière, un fabricant de ballon a financé et commandé à un célèbre mangaka un récit inspiré de leur saga.

D'abord publié dans un magazine destiné aux jeunes filles, le manga est devenu un succès, et s'est décliné en dessin animé dès 1969. Avant Jeanne et Serge, il y aura cent quatre épisodes des Attaquantes. Si vous entrez dans un karaoké japonais, vous ne pourrez échapper à la chanson de son générique.

À ce jour, les 66,8 % d'audimat de la finale contre l'URSS constituent toujours le record historique du sport à la télévision japonaise. Mais l'héritage de ces volleyeuses héroïques, ce sont évidemment ces dessins animés qu'elles ont inspirés et qui leur ont échappé.

Si la télévision a permis aux Sorcières de rentrer dans tous les foyers japonais, elles avaient déjà fait parler d’elles avant ces Jeux et avaient notamment, suite à leur premier titre mondial acquis en 1962, fait l’objet d’un film de moyen métrage tout à fait remarquable, Le prix de la victoire. Les exploits de ces femmes avaient donc assez rapidement suscité la production d’images permettant ainsi d’offrir une visibilité à ces athlètes de haut niveau féminins.

L'Impact de "Jeanne et Serge" en France

Le diagramme indique une augmentation inhabituelle du nombre de licencié·e·s durant les saisons 1987/88 et 1988/89. Il n’y a pas eu de diffusion du dessin animé entre 1991 et 1994, où l’on observe parallèlement un léger fléchissement du nombre de nouveaux·elles licencié·e·s.

Plus l’âge des licencié·e·s diminue, plus l’augmentation du nombre de licencié·e·s est importante. Rappelons ici que le dessin animé Jeanne et Serge était diffusé dans le cadre d’émissions tel que Youpi !

L’impact du dessin animé Jeanne et Serge sur le nombre de pratiquant·e·s de volleyball en France me semble ici assez bien établi. La présence médiatique de Jeanne Hazuki (héroïne du dessin animé), chaque semaine et ce pendant plusieurs années, a eu visiblement un impact considérable.

Et si Jeanne Hazuki n’est qu’une héroïne de fiction, une championne de volleyball imaginaire, son occupation de l’espace télévisuelle à une époque où la télévision était toute puissante sans la concurrence d’internet a créé un véritable précédent.

Un Documentaire Pour Redécouvrir Leur Histoire

En 2021, le réalisateur français Julien Faraut leur dédie un long métrage du même nom. Faraut s’éloigne du documentaire-reportage classique et fait des Sorcières de l’Orient, surnom des joueuses, de véritables héroïnes de cinéma.

En salle le 28 juillet, ce film du Français Julien Faraut, mélange hybride et superbement maîtrisé d'images d'archives, de dessins animés et des témoignages de cinq des volleyeuses aujourd'hui septuagénaires, retrace le parcours de cette équipe hors norme.

Du Typhon aux SorcièresCette histoire nous conduit dans une usine textile au Sud d’Osaka. C’est là que les joueuses dormaient, travaillaient et s’entrainaient, je vous laisse imaginer leur rythme de vie (c’est encore pire que ce que vous pensez). Après avoir remporté tous les titres au Japon, cette équipe d’ouvrières a été choisie pour représenter le pays aux championnats du monde de volleyball en 1960 à Rio. Elles vont jusqu’en finale.

Quelques mois plus tard, le groupe part faire une tournée dans toute l’Europe. C’est le début d’une épopée spectaculaire. « Au début on était "le Typhon de l’orient", explique l’une des joueuses. En Bulgarie, en Roumanie, en Pologne et en Tchécoslovaquie, comme on a écrasé nos adversaires, on a dit qu’un typhon avait débarqué de l’Orient, mais qu’en URSS, le typhon s’épuiserait. C’est ce que disaient les médias. Et puis, en URSS, on a encore gagné. C’est à ce moment-là, à la 22ème victoire d’affilée, qu’on est devenues les sorcières de l’orient. »

Le mot « sorcière » n’est pas bien vu du tout au Japon. Mais les joueuses ont compris qu’il était employé parce qu’elles accomplissaient des exploits qui semblaient impossibles. Alors va pour les sorcières ! En 1962, elles sont sacrées championnes du monde. Et c’est à ce moment-là que le volleyball devient une discipline olympique. Les JO, qui plus est, sont organisés à Tokyo. La pression est immense. Et elles ont gagné. La séquence qui relate la finale donne la chair de poule.

Sur la forme, ce film ne ressemble pas à un documentaire sportif. Il brise tous les codes. Il est truffé de trouvailles visuelles et d'effets de montage. Le travail sur la musique, aussi, est magnifique. Des images de dessins animés s’entremêlent aux prises de vue réelles, Jeanne et Serge ne sont jamais loin. Un entraineur démoniaqueLes images d'archives, surtout, sont impressionnantes. En voyant les Sorcières de l’Orient s’entrainer, on prend la mesure du niveau ahurissant d’exigence.

L’entraineur de cette équipe, Daimatsu, fait peur, tant il pousse ses joueuses vers l’épuisement total. On les voit au bord de l’évanouissement, tandis qu’il continue à leur lancer frénétiquement des ballons, comme un automate, pour travailler leur réception. Était-il fanatique ou exigeant ? A quel prix va-t-on décrocher des médailles ? Cette équipe, comme souvent, raconte bien autre chose que du sport. Il y a là un concentré d’humanité. Il est question d'abnégation, de volonté, du pouvoir ahurissant du collectif.

Mais aussi d’histoire avec un grand H. Car le Japon des années 60 est en pleine reconstruction. Cette équipe de jeunes ouvrières, victorieuses à Tokyo, deviennent le symbole du miracle japonais. Les Sorcières de l’Orient, au total, ont enchainé une série de 258 victoires. 258 matchs d’affilée sans défaite ! Le record est toujours invaincu à ce jour. Julien Faraut, en tentant de percer le mystère de leur réussite, propose un très beau geste de cinéma. Les sorcières de l’Orient : un documentaire à voir sur OCS.

Mondial de volley féminin 2025

L’équipe de France féminine de volley-ball a vu son rêve mondial s’arrêter en quarts de finale, battue par le Brésil (27-25, 33-31, 25-19). Face à l’une des meilleures nations de la planète, les Bleues n’ont rien lâché, poussant les deux premiers sets jusqu’aux prolongations et se procurant plusieurs balles de set. Le simple fait de disputer cette compétition avait déjà valeur d’événement : la France n’avait plus participé à un Mondial féminin depuis plus de 50 ans.

En poules, elles avaient déjà défié le Brésil. Ce jour-là, elles avaient mené deux sets à rien avant de s’incliner 3-2. Le match référence restera le huitième de finale remporté face à la Chine (3-1). En dominant l’une des plus grandes puissances du volley, les Bleues ont prouvé qu’elles pouvaient tenir la dragée haute aux cadors. Cette montée en puissance ne se résume pas à un coup d’éclat. Depuis 2021, la progression est constante : une amélioration lors des championnats d’europe (21e en 2019 puis 7e et 6e en 2021 et 2023), le premier titre de son histoire en compétition officielle avec la ligue européenne en 2022.

En juillet 2023, la France remporte la Challenger Cup, ce qui lui permet d’accéder à la ligue des nations qu’elle termine 14e en 2024, puis 9e cet été avec des victoires de prestige. Dans cette ascension, une figure se détache : Helena Cazaute. La capitaine incarne à la fois le talent, le leadership et la détermination de ce groupe. Véritable icône de l’équipe, elle est devenue la joueuse de référence, la « G.O.A.T. » (Meilleure de tous les temps) du volley français féminin.

Battues mais loin d’être vaincues, les Bleues repartent de ce Mondial avec une certitude : leur place est désormais parmi les meilleures. Le volley français féminin, longtemps resté dans l’ombre, s’offre un avenir prometteur. Pour Cezar Hernandez et ses joueuses, cette défaite n’est qu’une étape.

L'Italie championne du monde 2025

L'Italie a remporté la finale des Championnats du monde de volley en Thaïlande, ce dimanche face à la Turquie (25-23, 13-25, 26-24, 19-25, 15-8). Les Italiennes n'avaient plus remporté ce titre depuis 2002.

Un an après son titre olympique à Paris et vingt-trois ans après son dernier sacre planétaire, l'Italie est une nouvelle fois sur le toit du monde. Les Italiennes ont remporté la finale du Championnat du monde face à la Turquie, ce dimanche en Thaïlande (25-23, 13-25, 26-24, 19-25, 15-8). Après avoir profité des nombreuses fautes turques pour remporter un premier set serré (25-23), l'Italie a perdu le fil dans le deuxième.

À l'image de Paola Egonu, inexistante depuis le début de la rencontre, les Transalpines ont multiplié les mésententes. Les championnes d'Europe, très fortes en contre (5 à 1), en ont profité pour prendre le large (10-2). Mélissa Vargas a conclu ce set d'un ace (23-13). Un véritable duel de pointues s'est alors ouvert. Enfin dans son match, Paola Egonu (11 points dans le troisième set) a permis aux Italiennes de tenir tête aux Turques, dans une manche disputée (26-24).

Du côté turc, Mélissa Vargas (33 points) a, elle, poursuivi son festival au côté de sa capitaine Eda Erdem (19 points) pour s'offrir un tie-break (24-19). Cette manche décisive a tourné à l'avantage de l'Italie, efficace en contre grâce à Sarah Fahr, qui a attendu les dernières minutes du match pour s'illustrer (15-8). Le Brésil, qui s'est imposé face au Japon, complète le podium.

La Nazionale est championne du monde pour la deuxième fois de son histoire après 2002, grâce à sa génération dorée menée par Paola Egonu (22 pts dont 3 contres). Les Italiennes l'ont emporté contre la Turquie au tie-break après une longue bataille (25-23, 13-25, 26-24, 19-25, 15-8). En plus de l'Italie, c'est et l'entraîneur Julio Velasco qui agrandit son palmarès. Après avoir décroché deux titres mondiaux dans les années 1990 avec la sélection masculine italienne, l'Argentin d'origine, âgé de 73 ans, a porté la sélection féminine au sommet du monde avec deux Ligues des nations, une médaille d'or aux Jeux de Paris et désormais d'un titre mondial. Alors qu'il l'avait prise en main, en pleine crise, quelques mois avant les JO.

Après renversé le Brésil en demi-finales (3-2 après avoir été menées 1-0 puis 2-1), ses joueuses ont résisté au retour des Turques de Melissa Vargas (28 pts dont 4 aces), championnes d'Europe en titre et qui disputaient elles leur première finale mondiale. Les Italiennes ont fait parler leur expérience dans le tie-break, qu'elles ont maîtrisé après un départ poussif (0-2 puis 4-6), notamment grâce à leur supériorité au contre (5 dont deux chacune pour Ekaterina Antropova et Myriam Sylla).


Palmarès des Championnats du Monde de Volley-ball Féminin (depuis 2002)
Année Champion Finaliste Troisième
2002 Italie États-Unis Russie
2006 Russie Brésil Serbie-Monténégro
2010 Russie Brésil Japon
2014 États-Unis Chine Brésil
2018 Serbie Italie Chine
2022 Serbie Brésil Italie
2025 Italie Turquie Brésil

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