Finale de la Coupe du Monde de Football 2002 : Un Triomphe Brésilien

La Coupe du Monde 2002, la première à se dérouler en Asie, a été marquée par des surprises et des performances inattendues. Le Brésil, arrivé discrètement, et l'Allemagne, surprenante, ont réussi à se hisser jusqu'à la finale, éliminant les grandes nations habituelles.

Le match final, qui s'est déroulé à Yokohama, a vu s'affronter ces deux géants du football pour la première fois de leur histoire en Coupe du Monde. Le Brésil, grand favori, a tenu son rang et a remporté son cinquième titre grâce à un doublé de Ronaldo, la star incontestée de la compétition. En face, Oliver Kahn, malgré un excellent Mondial, n'a pu empêcher la défaite de son équipe.

Bilan de la finale : Brésil - Allemagne (2-0)

Cette finale voit se rencontrer pour la première fois les deux plus grandes nations de l'Histoire de la Coupe du Monde le Brésil et l'Allemagne. Les deux sélections avant le tournoi étaient en plein doute mais rapidement ont balayés ceux-ci lors du Premier Tour pour ensuite réussir à éviter les bavures, les erreurs d'arbitrage en leurs défaveurs et même pour l'Allemagne les "gros morceaux" disons du Top 5 mondial.

Si Scolari peut compter sur son équipe-type ce n'est pas le cas pour Völler a qui il manque son meilleur élément Michael Ballack, suspendu. C'est le Brésil qui démarre sur les chapeaux de roues avec une première accélération de Ronaldinho forçant un corner. Les attaques sont sud-américaines dans ces trois minutes mais les allemands répondent vite en tenant la balle et en calmant le jeu. Les Auriverdes font valoir leur technique individuelle sur quelques phases. Roque Junior est averti, c'est tôt pour un arrière central ! Coup-franc à droite joué hors du rectangle sur Bode qui allume à ras de sol, c'est bloqué par un défenseur environ au point de réparation. Mauvaise passe au coeur de la défense allemande à une vingtaine de mètres de leur but, Kleberson en profite mais écrase totalement son envoi sur Kahn. Miroslav Klose prend une jaune pour un coude en plein visage d'un adversaire. La nervosité se fait ressentir dorénavant mais le match n'est pas fermé. Centre rasant de Schneider vers le petit-rectangle, Marcos au premier piquet surgit devant Klose qui était prêt. Plutôt l'Allemagne qui dicte le jeu en cette fin de premier quart d'heure, elle ne lâche plus la possession. Cela dit le jeu est haché à cause de nombreuses petites interventions irrégulières. Centre similaire au précédent et avec les mêmes protagonistes sauf que cela se passe à gauche et avec un même résultat, c'est-à-dire un coup de coin pour l'Allemagne. L'animation offensive allemande en l'absence de Ballack est différente mais fonctionne tout de même.

La plus belle occasion jusqu'à présent à lieu alors pour le Brésil, Ronaldinho à l'entrée de la surface allemande d'une passe laser isole Ronaldo face au but mais le buteur se rate complètement sur son petit coup de pied, ce qui est rare venant de lui et manque même le cadre. La vingtième minute. Le jeu continue à se passer dans la moitié brésilienne dans ce deuxième quart d'heure, or les allemands n'atteignent jamais les zones réellement dangereuses. Les phases arrêtées se suivent pour la Mannschaft. Edmilson se plaint du genou mais reprend le jeu. De temps en temps pendant une minute le Brésil prend la main, sans que cela ne dure . À nouveau Ronaldinho qui dans l'axe à une vingtaine de mètres du but allemand fait sauter la balle vers la surface ou Ronaldo s'est infiltré pour s'offrir une autre face-à-face avec le portier du Bayern, le meilleur buteur du tournoi touche du bout du pied mais ne peut contrôler cela finit entre les gants de Kahn. Un coup de coin de plus pour l'Allemagne à la demi-heure. Pour le moment, Rivaldo est complètement éteint, c'est Ronaldinho qui dirige le secteur offensif ce soir.

Nouvelle intermède dominant pour la Seleçao entre la 32e et 34e. Une mi-temps compliquée techniquement parlant pour Ronaldo, qui rate des contrôles et autres gestes. L'Allemagne se remet à avancer avec à la clé un énième corner à la 36e mais qui ne donne toujours rien comme toutes les phases arrêtées allemandes depuis le début ! Encore cinq minutes en première mi-temps avec une Allemagne monopolisant le ballon mais loin des perches de Marcos. Frappe de Jeremies hors du rectangle et décalé à gauche, il loupe la lucarne opposée assez nettement. Réplique brésilienne avec Cafu qui donne dans l'axe en profondeur ou Kleberson s'est immiscé, arrivé à l'arc-de-cercle le médian frappe au sol, cela roule un bon mètre à côté, Metzelder étant bien revenu lui cacher la vue.

Action tournant autour de la surface allemande sur laquelle Kleberson à dix huit mètres brosse son ballon qui va heurter la transversale ! Fin des quarante cinq premières minutes, avec une en supplément. Le Brésil attaque et obtient un coup de coin, mal joué. Puis sur un ultime tir de R. Carlos décentré à gauche du rectangle, la balle se faufile à travers les joueurs restés dans la surface pour aboutir entre les pattes de Ronaldo à proximité du penalty ou l'attaquant instinctivement enchaîne à toute allure mais voit son ballon aller droit sur Kahn qui a le réflexe du pied pour stopper.

La première action intéressante est allemande et vient d'un corner joué court, Schneider trouve sur un centre au petit-rectangle Jeremies qui d'une tête plongeante croise, c'est détourné par la pointe du pied d'Edmilson avant d'atteindre le but. Toujours du même côté, un coup-franc très lointain (environ trente cinq mètres) semble être voué à être botter en plusieurs temps mais Neuville en décide autrement et envoie un boulet de canon qui va rebondir sur la face externe du piquet, Marcos semblait battu ! C'est bien la Mannschaft qui pousse à la 50e, obtenant plusieurs coups de pied arrêtés. Ca manque quelque peu de precision à l'approche du grand-rectangle pour l'Allemagne dans cette Finale. Faute offensive dans la surface allemande sur un coup de coin, Rivaldo aurait d'après Mr. Collina poussé son opposant alors que G. Silva avait repris de la tête à bout portant en plein sur Kahn qui avait eu le réflexe pour écarter. Au tour de la Seleçao d'attaquer. Tir contré de Ronaldo aux seize mètres tandis qu'en face d'un peu plus loin Klose dévisse complètement le sien ! C'est très partagé comme rencontre. Tir trop enlevé de Frings depuis le coin droit du rectangle. Dix minutes en seconde période. Lourde tentative environ à l'arc-de-cercle d'Hamann mais trop haute aussi. Ensuite un coup-franc idéalement situé est sifflé pour le Brésil, Ronaldinho voudrait le donner mais R. Carlos l'en dissuade, c'est Ronaldo qui surprend tout le monde en tirant ... en plein dans le mur !Une heure de jeu. C'est le Brésil qui se montre offensif à cet instant de la partie.

Action manqué de Cafu qui rate son centre à ras de sol passant loin devant Ronaldo et Rivaldo dans le rectangle. Passe tranchante de Schneider vers le coin droit du petit-rectangle ou Neuville est un brin trop tard, Marcos l'attrape. Cafu et Jeremies tacklent les pieds en avant sur un même ballon, l'allemand reste au sol et doit sortir pour stopper le saignement de son genou. Alors que Jeremies est à peine revenu au jeu, Rivaldo à environ vingt mètres frappe en force au milieu du cadre ou Kahn essaie de saisir le cuir mais le relâche sur Ronaldo qui avait bien suivi et fusille dans le but, la récupération de balle avait été faite par Ronaldo au pressing sur Hamann, 1-0. Irréprochable depuis le début de la compétition Kahn commet une erreur sur ce but. Envoi de plus de trente mètres tenté par Frings, loin au-dessus du but. Septantième minute. La Mannschaft va de l'avant. Jeremies frappe depuis l'entrée du rectangle, c'est touché par un adversaire et passe largement à côté; deux coups de coin de suite manque de justesse pour l'Allemagne. À la 72e le Brésil prend la balle et appuie sur le champignon pendant quelques secondes. Montée au jeu de Bierhoff, bonne idée à la base mais est-ce que Klose n'aurait pas du rester sur le terrain ? Il reste quinze minutes.

Le camp sud-américain est occupé par les allemands, on y donne plusieurs passes vers les seize mètres mais toutes sont repoussées. Clairement l'Allemagne accélère le mouvement. Asamoah rentre à son tour. Puis sur une remontée de terrain par le côté droit de Cafu et Kleberson, ce dernier transmet au sol vers l'intérieur du jeu en direction du rectangle ou Rivaldo laisse filer entre ses jambes surprenant les défenseurs, Ronaldo derrière lui contrôle et place son droit hors de portée de Kahn, 2-0. Tout est dit dans cette Finale. Dix minutes à jouer. Les allemands ont pris un coup sur la caboche mais réagissent. Lucio est assommé en contrant avec l'arrière du crâne une pêche de Frings du seuil du rectangle. Toujours Frings qui donne une passe dans la surface adverse ou de nombreux joueurs étaient toujours situés après un corner, Bierhoff reprend en un-temps mais Marcos se détend bien vers son piquet pour pousser dehors; sur le coup de coin joué court, Schneider sur le ligne de fond donne en retrait sur Hamann à l'extérieur du rectangle mais celui-ci croque sa demi-volée qui rebondit à côté du but. Dernier changement pour Völler avec la rentrée de Ziege.

La Mannschaft mène le jeu. Juninho monte aussi au jeu. Inattention dans la défense du Brésil lorsque sur un coup-franc lointain envoyé au second poteau, Lucio laisse passer la balle n'ayant pas vu derrière lui Metzelder, heureusement pour le brésilien le joueur de Dortmund n'a pas l'instinct du finisseur ! À la 86e phase intéressante pour la Seleçao mais la passe vers Rivaldo filant dans les seize mètres allemands est trop profonde. Dernière minute. L'Allemagne est résignée. Denilson rentre pour l'anecdote mais se met en évidence immédiatement grâce à un solo sur l'aile gauche qui est stoppé à l'entrée du rectangle. Ce sont Rivaldo, Juninho et Denilson qui ont les opportunités en contre-attaque, ils ne les mènent pas à bien. Ultime action germanique à la 93e mais une fois de plus bloquée par Roque Junior. Le Brésil est pour la cinquième fois vainqueur de la Coupe du Monde. En conclusion, si l'on observe attentivement ce Mondial, le titre du Brésil ne fait pas de doute. Sur l'ensemble du tournoi la Seleçao a été la meilleure équipe. Ronaldinho a sans doute été l'attaquant le plus dangereux en première période mais s'est effacé par la suite. Donc le choix se porte sur Kleberson, joueur moins célèbre que les autres mais qui a fait une très belle compétition et à élevé son niveau tout le long du tournoi. Il a même eu plusieurs fois des possibilités pour marquer.

Carte des pays participants à la Coupe du Monde 2002

Les moments clés de la compétition

  • Le but d'Ahn Jung-Hwan : Lors du huitième de finale contre l'Italie, Ahn Jung-Hwan a marqué le but en or à la 116e minute, envoyant la Corée du Sud en quart de finale (2-1). Ce but a déclenché une nuit de folie dans les rues coréennes.
  • La star : Ronaldo : Après trois années difficiles en raison de blessures, Ronaldo a réalisé une Coupe du Monde exceptionnelle, marquant huit buts, dont les deux de la finale, et terminant meilleur buteur du tournoi.
  • La stat : 11 secondes : Hakan Sukur a marqué après seulement 11 secondes lors de la petite finale contre la Corée du Sud (3-2), devenant ainsi le buteur le plus rapide de l'histoire de la Coupe du Monde.

Le parcours désastreux des Bleus

Les champions du monde en titre, l'équipe de France, sont arrivés en Corée avec le statut d'intouchables. Cependant, dès le mois de mars, les difficultés ont commencé avec la blessure de Robert Pires. Ensuite, Zinedine Zidane s'est blessé à la cuisse lors d'un match amical.

Sans Zidane, les Bleus ont trébuché face au Sénégal (0-1), ont concédé un nul contre l'Uruguay (0-0) et ont perdu face au Danemark (0-2). Incapables de marquer le moindre but malgré la présence de grands buteurs, les champions du monde 1998 ont été éliminés dès le premier tour.

L'équipe de France lors de la Coupe du Monde 2002

La Causerie de Roger Lemerre avant France-Danemark

Le 11 juin, les mots de Roger Lemerre avant le match décisif contre le Danemark n'ont pas suffi à galvaniser l'équipe. Malgré une harangue enflammée et une composition d'équipe remaniée, les Bleus n'ont pas trouvé la solution.

« Il nous reste une chance d’entrer dans l’histoire. » Ce 11 juin, les premiers mots solennels de la causerie d’avant France-Danemark prononcés par Roger Lemerre laissent vite place à une harangue enflammée : « Partez rassurés : c’est vous les champions du monde ! Vous trouverez la solution ! Puis Roger donne les onze titulaires écrits au paperboard : Barthez, Candela, Thuram (qui glisse axe droit à la place de Lebœuf, blessé), Desailly, Lizarazu, Makélélé (pour Petit, suspendu), Vieira, puis Wiltord, Zidane et Dugarry (pour Henry, suspendu) et enfin Trezeguet.

Un 4-3-1-2 aurait constitué un bon compromis entre Roger et ses gars, avec enfin une ligne de trois récupérateurs en soutien de Zidane forcément diminué. Mais le Major veut aller au bout de ses idées. La tête un peu ailleurs, Roger conclut à la hâte :« Être dans le moment ! Y a pas un moment où il faut être spectateur. Être dans le moment… Allez ! »

Le match France-Danemark : Un Échec Cruel

Il est 15h30 au Munhak Stadium ensoleillé d’Incheon quand commence la rencontre entre Bleus en blanc et Danois rouge sang. Il est 8h30 du matin en France où cet horaire inhabituel est annonciateur de fin du monde ou d’aube glorieuse. Durant La Marseillaise, l’image TV fugitive d’Aimé Jacquet, raide et inquiet dans la tribune officielle du Munhak, semble déjà acter la dilapidation de son héritage. Même le gros bandage qui enserre la cuisse gauche de Zidane indique qu’il n’est de toute façon pas à 100%. Et le miracle n’aura pas lieu…

Les Danois défensifs, qui n’ont besoin que d’un nul pour aller en 8es après leur 1-1 face au Sénégal, vont à l’essentiel : isoler Zidane dans une prise à trois geôliers, Töfting, Poulsen et Gravesen ! Après avoir manqué quelques demi-occasions, comme ce tir trop précipité de Wiltord, les Bleus se font cueillir à la 22e minute. Sur leur première vraie offensive, les Danois inscrivent un but venu d’un centre de Töfting côté droit pour Rommedahl, surgissant derrière une défense française mal alignée : 1-0 et trois buts à inscrire désormais !

Les Bleus avec un Zidane juste valeureux vont dès lors s’épuiser face au bloc scandinave. À la mi-temps, Lemerre, extatique, donne des consignes tactiques lunaires à Duga, Liza et Vincent que personne ne semble capter. Il conclut en faisant semblant d’y croire à mort : « Première chose : remonter un but ! Après, on sait pas… Dans les cinq dernières minutes, une équipe peut exploser, ça peut être aussi eux… À un-un, c’est possible ! Y a la place pour deux autres ! » Au moment d’y retourner comme on va à l’abattoir, un cri fuse :« Manchester-Bayern, les gars ! »

Mais en seconde période, comme un scénario cata pré-écrit, la tête de Desailly sur corner de Zidane s’écrase évidemment sur la barre, et à la 67e, sur un contre forcément « assassin » , Tomasson plante un épieu dans le cœur tricolore : 2-0 ! Là, il faut marquer quatre buts pour passer. Mission impossible. Le banc français est abattu. Isolé, pétrifié, Roger a pris 20 ans de rides sur le visage. Et puis, allez : bing ! La reprise à bout portant de Trezeguet est bien sûr repoussée par la barre. Cinquième fois sur les montants… Alors David en sourit, fataliste. Les entrées de Cissé (54e), Micoud (71e) et Djorkaeff (83e) n’apporteront rien.

Le match s’achève sur la victoire sans feeling du Danemark (2-0), premier du groupe A et qualifié avec le Sénégal, auteur d’un 3-3 face à l’Uruguay. Vers 10h30, en autre pays du matin calme, la France part au boulot sans un mot : ses Bleus tant chéris ont été éliminés. Le caractère inhabituel de ce Mondial disputé en matinée accentue aussitôt le dérèglement sensoriel causé par le trauma de l’élimination. Les après-midi et soirées sans adrénaline foot créent un cruel état de manque.

Éliminés et derniers du groupe avec un point et zéro but, les Tricolores tenants du titre créent une sensation mondiale. Pire que le Brésil 1966, champion du monde sortant et sorti aussi au premier tour ! La puissance de feu de Henry-Cissé-Trezeguet-Wiltord n’a pas incendié les stades… « La fin d’une histoire » , titre L’Équipe du lendemain au-dessus d’une grande photo de Marcel Desailly vaincu, bras ballants, et Zinédine en arrière-plan, tête baissée.

Déboussolés par cette sortie de route précoce, les médias français se rabattent alors sur les Lions de la Téranga, rebaptisés à la hâte les « Sénégaulois ». Ils ambianceront le public français jusqu’à leur fin de parcours en quarts face à la Turquie… Si cette élimination n’a pas la violence sèche du France-Bulgarie de Kostadinov, elle charrie les mêmes reproches de suffisance, d’arrogance et d’aveuglement que le souvenir de « L’Amérique » de Joe Dassin diffusée sur la sono du Parc en novembre 1993.

Incorrigibles Français, partis dans le rêve d’un fabuleux triplé Mondial-Euro-Mondial en bafouant la « vérité du terrain » , celle qui indiquait depuis l’automne 2001 que la Coupe du monde en Asie ne serait pas le glorieux aboutissement promis, mais le triste épilogue d’une longue séquence antérieure en forme de chronique d’une mort (symbolique) annoncée. Le grand public le visualisera pleinement le 7 septembre 2002, lors de la diffusion en clair sur Canal + du documentaire Les Yeux dans les Bleus 3 - La désillusion.

Tout semblait écrit d’avance… Le foot français renoue soudainement avec cette lose grossière ante-France 1998 qu’elle croyait avoir éradiquée pour de bon ! La fameuse jurisprudence Jacquet qui avait épargné Roger Lemerre avait fini par déteindre sur les joueurs eux-mêmes, oscillant entre parfaite lucidité et déni du réel. Le coup d’arrêt brutal d’Incheon pousse ainsi Djorkaeff, Lebœuf et Dugarry à mettre officiellement fin à leur carrière internationale.

Roger et ses Bleus étaient devenus intouchables, comme le déplorait Arsène Wenger dans L’Équipe du 13 mai 2002 : « Je prétends qu’on ne rend pas service à l’équipe de France en n’osant plus élever la moindre critique. » Avec l’élimination conjointe au premier tour du Portugal et surtout de l’Argentine, autre méga favori, les Bleus peuvent se prévaloir de l’excuse recevable d’avoir disputé cette Coupe du monde vite rebaptisée « le Mondial de la fatigue ».« Nous sommes des déracinés », confesse en pleurs Gabriel Batistuta dans France Footballau nom de l’Albiceleste.

Tous ses joueurs (sauf Ariel Ortega) déjà soumis, comme les Bleus, à l’ultracompétitivité des grands clubs européens, ont en outre payé très cher les nombreux allers-retours entre leur pays et le Vieux Continent. Pointant la surcharge du calendrier international, Franz Beckenbauer s’en était déjà alarmé dans L’Équipe du 8 juin 2002 : « Cette Coupe du monde est le bon moment pour dire stop. À Paris, la classe politique prend acte de cet échec prématuré qui froisse quelque peu le prestige français à l’international et qui afflige la nation d’une sacrée gueule de bois. Un retour à la réalité sans doute salutaire. Car, non ! L’équipe de France ne peut pas remédier à tous les maux de la société française à grands coups de « Zizou président ! » et de « I Will Survive ! ».

Elle n’a pas empêché le Front national d’arriver au second tour le 26 avril, pas plus qu’elle n’empêchera les émeutes de banlieue de novembre 2005. L’élimination brutale provoquera bien quelques commentaires politiques acides, tels ceux de Jean-Yves Le Gallou, ex-FN : « La contre-performance humiliante et ridicule de l’équipe de France sonne le glas de la propagande immigrationniste qui s’était déchaînée lors du Mondial 1998 ». Le fiasco coréen inaugurera aussi le récit répété des débauches supposées des Bleus lors de leurs virées au Siroco, le casino night-club du Sheraton de Séoul.

Mais les vrais règlements de comptes convergent très vite vers le bouc émissaire tout trouvé : Roger Lemerre. La FFF attend qu’il démissionne de lui-même. Sauf que Roger ne veut pas ! Le 6 juillet, Claude Simonet prononce son éviction ubuesque. Roger Lemerre n’est ni limogé ni licencié. Il a tout simplement « accepté d’être déchargé de sa mission »! Roger prendra une belle revanche de double champion continental en offrant la CAN 2004 à la Tunisie…

Après France-Bulgarie 1993, Jean Fournet-Fayard avait eu la décence de démissionner de la présidence de la 3F. Claude Simonet giclera en 2005 de la présidence, avant d’être condamné en 2007 en correctionnelle pour avoir maquillé en 2003 le déficit de la fédé de 14 millions d’euros ramené frauduleusement à 63 000. Le scandale de la bouteille de vin romanée-conti à 4800 euros dégustée avec ses pontes au Sheraton de Séoul apportera la touche finale pathétique au grand n’importe quoi de l’aventure coréenne de 2002.

Entre-temps, Jacques Santini, 50 ans, entraîneur de l’OL champion de France, a été nommé sélectionneur le 20 juillet 2002. Il qualifiera pour l’Euro 2004 des Bleus auteurs d’une année 2003 remarquable : 13 victoires consécutives, un record de buts marqués (40 en 14 matchs) et 11 matchs consécutifs sans en encaisser un. Mais Jacquot, vexé de ne pas avoir été prolongé avant le tournoi, a signé à Tottenham, bazardant d’office son autorité sur une équipe en autogestion.

Il a reconduit au Portugal neuf rescapés de 1998, dont les dinosaures en bout de course Desailly (35 ans) et surtout Lizarazu (34 ans) dont les propos en 2003 ( « Je suis paramétré pour l’Euro » ) trahissent la croyance tenace de certains héros de France 1998 à se croire éternels en sélection. La veille du quart de finale à l’Estadio José Alvalade de Lisbonne contre une Grèce évidemment sous-estimée, L’Équipe, trop confiante, titre à la Une : « L’Olympe en vue ».

Tableau des statistiques clés de la finale

Statistique Brésil Allemagne
Buts marqués 2 0
Tirs au but 13 8
Possession de balle 57% 43%
Corners 4 10

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