Depuis plus de six décennies, l’Afrobasket s’impose comme la vitrine incontournable du basketball masculin africain. Plus qu’un simple tournoi, il permet de révéler de nouveaux talents, de favoriser le brassage entre joueurs locaux et internationaux, et de soutenir le développement durable de la discipline à travers le continent.

L'Afrobasket: Une Vitrine Prestigieuse
Depuis près de 63 ans l’Afrobasket, compétition phare de la Fédération internationale de basketball (FIBA Afrique), s’impose comme la plus prestigieuse vitrine du basketball masculin en Afrique. Bien au-delà du simple enjeu sportif, le tournoi constitue une véritable plateforme de découverte de talents, de brassage culturel et de valorisation de la pratique du basketball sur le continent.
Depuis sa première édition en 1962, l’Afrobasket a révélé des générations entières de basketteurs. L’une des particularités de l’Afrobasket est de mêler dans un même tournoi des joueurs évoluant dans les plus grands championnats mondiaux et d’autres issus de ligues locales. Ce mélange crée un terrain d’apprentissage unique, où l’expérience des professionnels se transmet directement aux amateurs. Sur le plan technique, le niveau de jeu s’élève et inspire les jeunes à repousser leurs limites.
D’après des experts, au-delà du tournoi, l’Afrobasket transmet un héritage concret. Infrastructures rénovées, formations d’entraîneurs, programmes de détection et soutien aux écoles de basketball participent au développement durable de la discipline.
« Ça représente beaucoup parce que c’est l’occasion de représenter le pays, de porter le vert-rouge-jaune et de perpétuer la tradition familiale qui est de jouer pour l’équipe nationale et d’essayer de gagner des matchs.
FIBA Afrique: Une Évolution Constante
Initialement nommée association des fédérations africaines de basket-ball (AFABA), la FIBA Afrique voit le jour le 14 juin 1962 au Caire. On y comptait 12 pays membres qui lancent en 1962 le premier championnat Africain de basket-ball. En 2002, l’AFABA devient FIBA Afrique et se lance des défis beaucoup plus grands.
Au cœur des projets, la promotion réelle et efficace du basket-ball. Avec ses trois plans quadriennaux de développement, elle veut augmenter le nombre et la qualité des compétitions à l’échelle régionale. Un projet qui implique la mise en place de programme de formation et la disponibilité d’équipements divers pour les fédérations nationales. Tout ceci a donné une nouvelle dynamique au basket-ball sur le continent.
Les compétitions organisées font partie des plus dynamiques et gagnent la sympathie de tous. Gouvernement et institutions internationales s’impliquent pour donner davantage d’influence à la fédération. Ainsi, les fans de basket-ball peuvent miser sur les différentes équipes peu importe leur position.
Le FIBA Afrobasket est le tout premier tournoi de basket en Afrique. C’est en 1962 qu’aura lieu la toute première édition en Égypte. Le pays sera vainqueur cette année-là face à 4 adversaires. Au fil des réformes et des années, le FIBA Afrobasket va s’agrandir. C’est finalement en 2007 que les choses vont réellement changer. La compétition prend aujourd’hui en compte 16 nations. Les équipes se développent et s’imposent par la qualité de leur jeu. Le basket-ball gagne du terrain en Afrique et les perspectives d’avenir séduisent les meilleurs talents.
Désormais, participer à une telle compétition est un atout en individuel, mais aussi en équipe. Pour l’équipe dirigeante de la FIBA Afrique, il faut continuer à pousser la discipline encore plus loin. Dans ce cadre, il sera mis en œuvre en 2017 un tout nouveau système de compétition. Le FIBA Afrobasket quitte le stade de tournois biennal pour devenir un tournoi quadriennal.
La 30ème édition de la compétition est prévue pour se dérouler du 24 août au 5 septembre à Kigali au Rwanda. Pour la phase de groupes qui aura lieu du 24 au 29 août, 24 matchs sont programmés. À l’issue de ces matchs, les équipes victorieuses sont qualifiées directement pour les quarts de finale. Celles qui occuperont la deuxième et la troisième place s’affronteront pour compléter les groupes en compétition.
Pour l’édition 2021 du FIBA Afrobasket, les yeux sont tournés vers certaines équipes qui par le passé ont montré tous leurs atouts. L’équipe du Nigéria est suivie de près autant par les professionnels que par les amateurs. Avec les performances réalisées, on s’attend à voir une équipe en forme. Cependant, aucun des joueurs ayant participé aux Jeux olympiques de 2020 ne sera présent. Ce qui laisse de nombreuses interrogations sur les réelles chances du Nigéria. On se demande si l’équipe pourra réaliser l’exploit de remporter le titre.
Dans tous les esprits, l’équipe tunisienne est la grande favorite. La raison est toute simple, la Tunisie est championne de l’édition précédente. Il est donc tout à fait normal que tout le monde mise sur les capacités de cette équipe à faire une fois encore l’exploit. Pour les joueurs, le défi est grand et il faudra tenir le titre une fois de plus.
Bien que l’équipe angolaise ne soit pas la plus attendue pour le titre, elle ne demeure pas moins compétente. L’expérience internationale de certains joueurs clés est une donnée qui vient réconforter ceux qui mettent leurs espoirs en l’Angola. Le Sénégal a agréablement surpris lors des matchs de préparation. Avec des joueurs en forme et déterminés. Restée invaincue lors des matchs de qualification, l’équipe s’est montrée résistante. Un niveau de jeu à la hauteur de la compétition. Une équipe de joueurs solides dont la plupart disposent d’une expérience internationale de taille. Une expérience qui pourrait être décisive pour l’issue du tournoi. Le Sénégal pourrait bien créer la surprise.
La Basketball Africa League (BAL): Une Nouvelle Ère
Pour la première fois, le prestigieux championnat nord-américain et la Fiba, la fédération internationale, se sont associés pour lancer une nouvelle compétition sur le continent africain. La NBA et la Fiba, la fédération internationale de basket, ont oublié leurs nombreux différends et se sont unies pour lancer la « Basketball Africa League ».

La BAL fonctionne en partenariat entre la NBA et la Fédération internationale de basketball (Fiba).
La grande première de la Basketball Africa League, qui s’est déroulée avec un an de décalage notamment en raison de la situation sanitaire, au sein de la Kigali Arena du Rwanda, a réuni seize des meilleures équipes du continent dans un tournoi composé de phases de groupes puis d’un tour éliminatoire allant des quarts de finale à la finale. Le club omnisports du Zamalek, champion d’Égypte à 15 reprises, est devenu le premier lauréat de cette nouvelle compétition, à la suite d’une victoire aux dépens de l’US Monastir (Tunisie).
Issue d’un partenariat entre la NBA et la Fédération internationale de basket-ball (FIBA), elle vient se substituer à la Coupe d’Afrique des Clubs Champions de basket-ball, et au projet avorté que constituait la African Basketball League. En effet, cette ligue panafricaine fermée et composée d’équipes créées pour l’événement en provenance du Nigeria, d’Angola, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Gabon, n’avait pas pu se poursuivre à la suite de sa saison inaugurale, remontant à 2016. L’idée prometteuse a visiblement inspiré la NBA.
En effet, c’est la première fois depuis sa création durant les années 1940 que la ligue nord-américaine de basket-ball crée une compétition en dehors des États-Unis, et donc une nouvelle entité, la NBA Africa, évaluée à près d’un milliard de dollars. Son but est de participer au développement de la discipline par le financement d’académies et camps, d’infrastructures et donc de la BAL.
Conçue sous forme de fonds de placement, soutenue par de nombreux anciens joueurs africains, d’origine africaine ou afro-américaine, à l’image de Dikembe Mutombo, Luol Deng, Joachim Noah ou Grant Hill, son objectif est de diriger les programmes de la ligue américaine sur le continent.
« Il n’y a rien de plus important pour moi que d’aider les jeunes », a souligné Dikembe Mutombo, poursuivant que « la NBA m’a permis de disposer d’une plateforme pour avoir un impact sur la vie des autres. L’Afrique est le continent à la population la plus jeune au monde. Une jeunesse qui a juste besoin d’avoir sa chance et le soutien nécessaires pour accomplir de grandes choses. Cette initiative est une nouvelle étape pour l’y aider. ».
L’ancien président des États-Unis Barack Obama s’est également joint au projet en tant que partenaire stratégique et en détenant une part minoritaire. « En utilisant ce sport pour créer des liens plus profonds à travers le monde, la NBA a toujours été un ambassadeur de choix pour les États-Unis et, en Afrique, le basket-ball a le pouvoir de promouvoir les opportunités, le bien-être, l’égalité et l’autonomisation sur l’ensemble du continent », a-t-il dit.
Une initiative qui pourrait donc renforcer le basket-ball à une échelle continent, que ce soit sur le plan structurel, infrastructurel et sportif, en vue d’accroître progressivement le nombre de places et de pays représentés lors de la BAL dans un futur proche.
L'Africanisation de la NBA
Ce n’est pas un hasard si la National Basketball Association a choisi l’Afrique pour créer une nouvelle compétition NBA. Le lien entre les deux continents dans ce sport est historique. Et le nombre d’Africains qui ont évolué dans la ligue est toujours plus important, depuis l’époque des débuts du Nigérian Hakeem Olajuwon, l’un des 50 meilleurs joueurs de tous les temps.
On peut compter à ce jour plus de 30 joueurs africains ou ayant au moins un parent issu du continent, et six joueurs sélectionnés lors de la NBA Draft 20, dont le jeune joueur congolais Jonathan Kuminga, recruté à la 7e position par les Golden States Warriors, qui a quitté son pays natal en 2016 pour les États-Unis. Le Nigeria, en particulier, fait partie des dix pays fournissant le plus de joueurs, avec huit joueurs originaires de ce pays draftés durant la Draft de 2020, suite logique compte tenu des nombreux joueurs originaires du pays s’étant distingués dans cette ligue, à l’image du Nigéro-Grec Giannis Antetokounmpo, 5 fois All-Stars et élu MVP à 2 reprises, ayant mené les Milwaukee Bucks au titre de champion pour la première fois depuis 1973, ou les joueurs du Miami Heat, Bam Adebayo, champion olympique l’été passé, ou encore l’ancien all-star Victor Oladipo.
Les joueurs camerounais Joel Embiid et Pascal Siakam, champions en 2019 avec les Toronto Raptors, maintiennent leur statut de All-stars, ce qui confirme que l’Afrique se fait une place de plus en plus importante au sein de la NBA, en plein processus d’internationalisation.
Si la NBA a fait de l’Afrique sa cible, c’est que les joueurs aspirent de plus en plus à atteindre un nouveau d’élite. Illustration lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations de basket-ball, également tenue à Kigali, et qui a couronné la Tunisie pour son troisième sacre après ceux de 2011 et 2017.
| Année | Champion | Finaliste |
|---|---|---|
| 2011 | Tunisie | Angola |
| 2017 | Tunisie | Nigeria |
| 2021 | Tunisie | Côte d'Ivoire |
Il s’agit peut-être de la plus belle des sorties pour une génération menée par l’ancien joueur des Dallas Mavericks et du Real Madrid, Salah Mejri, âgé de 35 ans, Mourad El Mabrouk (34 ans), Slimane Radouane (41 ans), Mohamed Hadidane (35 ans) et Makrem Ben Romdhane (32 ans, Benfica), tous présents lors du premier titre de l’histoire des Aigles de Carthages en 2011.
Finaliste, la Côte d’Ivoire a fait belle impression lors de cet Afrobasket et sa victoire aux dépens du Sénégal en demi-finale restera comme un moment fort de la compétition. Les Lions de la Téranga, menés par Gorgui Dieng, étaient considérés comme un favori, notamment à la suite d’un premier tour bien maîtrisé, et en quête d’une consécration continentale depuis 1997. L’Égypte et le Nigeria (présent aux Jeux olympiques), ont défendu leur place du mieux que possible tandis que l’équipe d’Angola n’est peut-être plus aussi dominante qu’elle l’a été par le passé.
Concernant la catégorie féminine, le Nigeria, qui a retenu 10 joueuses présentes aux Jeux olympiques, a confirmé sa suprématie sur le basket-ball africain, avec un troisième succès continental consécutif. Les D-Tigers se sont imposées face au Mali.
Les Échéances Futures
2022 sera marquée par la phase finale de la deuxième édition de la BAL, annoncée en mars 2021, avec une phase de groupes qui se tiendra à Dakar et au Caire avant la phase à élimination directe allant des quarts à la finale qui se déroulera une nouvelle fois du côté de Kigali. L’autre échéance majeure concernera les éliminatoires de la Coupe du monde de Basket 2023, qui se tiendra entre le Japon, la Malaisie et les Philippines, où l’Afrique dispose de cinq places. Le premier tour vient tout juste de débuter.
Pour accroître sa visibilité en Afrique, le basket-ball peut compter sur les joueurs africains de la NBA et des compétitions plus relevées. L’année 2021 a été synonyme d’avancées notables pour le basket-ball sur le continent africain, autant sur la scène mondiale incarnée par la place prise par les joueurs africains en NBA, que sur le plan continental où la BAL - pour Basketball Africa League - est venue apporter une nouvelle dimension au potentiel que représente le continent africain.
Senegal 🇸🇳 | Team Highlights - FIBA AfroBasket 2021
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