Le rugby subaquatique, ou Underwater Rugby (UWR), est une discipline encore peu connue du grand public. Sport collectif relativement récent, le rugby subaquatique n’est pas une activité très développée. Reconnu officiellement comme sport subaquatique depuis fin des années 70, il est très différent du rugby classique.

Action de jeu de rugby subaquatique
Origines et Histoire
Ce sport, inventé comme entraînement ludique pour les plongeurs en hiver, s’est développé en Allemagne dans les années 1960. Il a été codifié en Allemagne au XXe siècle. L’idée est venue de Ludwig von Bersuda, un passionné de plongée qui a mis au point les premières règles du jeu. Le premier championnat de rugby subaquatique a lieu en 1972 à Mülheim et c’est seulement en 1978 qu’il est reconnu par la Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques (CMAS). La même année a lieu le premier championnat européen et deux ans plus tard sont organisés les premiers championnats du monde de rugby subaquatique. Le rugby subaquatique a acquis ensuite progressivement une notoriété internationale.
D’ailleurs, cela fait un bout de temps qu’il existe en Europe comme l’explique Anaïs de Chaumont : « Ça vient d’Allemagne. Ça s’est exporté vers l’est dans les années 80. Puis, dans les années 2000 c’est sorti de l’Europe pour arriver en Colombie ou en Australie notamment ». Le rugby subaquatique est ensuite revenu à la case Europe via des Colombiens qui l’ont importé en Espagne.
Règles du Jeu
À six contre six, avec mixité de sexes et de générations, le rugby subaquatique se joue en deux mi-temps d’un quart d’heure. Aussi, afin de laisser souffler les uns et les autres, douze joueurs se relaient dans l’eau sans limite de changement : « Il y a deux attaquants, deux défenseurs, deux gardiens. Quand l’un défend la cage, l’autre peut remonter à la surface ». Les compétitions officielles se déroulent en deux temps de jeu de quinze minutes chacun et sont supervisées par trois arbitres. « Un reste à la surface et deux autres sont dans l’eau. Eux ont des bouteilles qui leur permettent de tenir 30 minutes au fond du bassin pour suivre ».
Le but du jeu est de marquer des buts, ces derniers étant posés au fond du bassin. "C'est du rugby parce que c'est du contact. "Le ballon (une balle sphérique de la taille d'un ballon de handball, lestée d'eau salée pour ne pas flotter-NDLR), il faut qu'on le dépose dans une petite cage au fond au bout de la piscine. Il y a un gardien qui protège cette cage, et le but du jeu dans le jargon rugbystique c'est qu'on décapsule le gardien.
Les passes en avant sont possible dans cette version de la discipline. Grosse nuance par rapport au rugby classique : les passes en avant sont possibles.
Chaque équipe est composée de 6 joueurs et de 6 remplaçants. Le match se déroule en apnée en deux périodes de 15 minutes séparées par une mi-temps de 5 minutes. L’aire de jeu mesure entre 12 et 18 m de long, 8 et 12 m de large et entre 3,5 et 5 m de profondeur.
Le ballon, de forme sphérique, est rempli d’eau salée afin de ne pas flotter. Il est de la taille d’un ballon de hand-ball et ressemble à un ballon de foot. Les joueurs pendant le match portent un masque, un tuba, des palmes et un casque pour protéger leurs oreilles. Tous les joueurs portent masque, palmes et tuba - Luis Robayo / AFP. Sachez que la plus grande partie du match se déroule sous l’eau.
Un match de rugby subaquatique se déroule toujours en présence de deux arbitres aquatiques et un arbitre non-aquatique. Dans l'eau, pour toute la durée de la rencontre, les deux arbitres aquatiques sont équipés de bouteilles de plongée. la violence n'est pas autorisée.
Équipement Nécessaire
- Masque
- Tuba
- Palmes
- Casque (pour la protection des oreilles)
Le Rugby Subaquatique en France
Sport né dans les années 70, phare en Scandinavie, en Allemagne ou encore en Colombie, ce rugby en apnée tente de s’ancrer dans l’hexagone. En France, il existe 4 équipes officielles à Bordeaux, Nice, Albi et Paris. La première équipe a vu le jour en mars 2014 à Bordeaux. Marie Amiot et Marc-Henri Gérard sont tous les deux joueurs pour le club de rugby subaquatique Paris Titans. Marie Amiot et Marc-Henri Gérard sont tous les deux joueurs pour le club de rugby subaquatique Paris Titans.
Il y a 3 ans, le rugby subaquatique n’existait pas en France. C’est au cours d’un voyage en Allemagne en 2012-2013 que j’ai découvert ce sport et je l’ai ramené ici ».Bordeaux précurseurElle n’aura pas perdu de temps : après avoir officiellement créé le club en 2014 puis passé un an à faire de l’administratif, les premiers entraînements commencent en 2015. « Depuis, ça a toujours marché et on va attaquer notre troisième saison complète en septembre ».
Actuellement, ils sont entre 20 et 25 membres. « C’est mixte, même en compétition », précise la pionnière. Jusqu’à présent, il n’était d’ailleurs pas toujours facile de trouver une équipe à affronter, et pour cause : celle de Bordeaux était la seule de France. Mais ce monopole fait désormais partie du passé, pour la plus grande joie d’Anaïs de Chaumont : « Depuis deux mois, il y a des clubs à Nice et à Albi. On essaie aussi d’en créer à Toulouse et à Paris ».
A terme, l’idée serait de créer un championnat français. « Dès l’année prochaine on fera se rencontrer nos équipes. Il devrait y avoir des matchs en novembre et en mars, probablement à Albi : c’est le plus central par rapport à Bordeaux et Nice ».
Si la France court toujours après une équipe nationale, ce sport, affilié récemment à la Fédération Française des Sports Sous-Marins, cartonne en Scandinavie, en Colombie (ayant accueilli la coupe du monde en 1995 et 2015) ou en Allemagne (ayant une soixantaine d’équipes seniors, juniors et universitaires), pourtant aucunement ancrés dans le monde de l’Ovalie.
Cette discipline est encore peu développée en France et tous les bassins ne peuvent pas accueillir les joueurs. « On fait en moyenne deux à trois entraînements par semaine et les clubs sportifs qui ont besoin d’une piscine profonde sont nombreux en région parisienne. La concurrence est rude mais on y arrive ! Ici elle fait 3,30 mètres de profondeur, c’est vraiment le minimum, L’idéal est de jouer entre 3,5 et 5 mètres », explique l’ingénieure en énergies renouvelables.
« Ce qu’il y a de bien, c’est que c’est ouvert à toutes les morphologies, explique la présidente. Le fait d’être dans l’eau rend les rapports de force différents et puis ça se joue beaucoup au mental car ici on est en apnée. C’est un peu à celui qui tiendra le plus longtemps. »
Mieux vaut quand même avoir une bonne condition physique et être à l’aise dans l’eau. Ceux qui n’osent pas mettre la tête sous l’eau risquent d’avoir quelques difficultés à participer. D’autant qu’il s’agit quand même d’un sport de contact et, sous l’eau, même les débutants comprennent vite qu’on ne se fait pas de cadeaux.
Si le rugby traditionnel évoque des mêlées rugueuses et des passes dynamiques sur gazon, son homologue sous-marin, le rugby subaquatique, évolue dans un tout autre univers : celui du silence et de l’apesanteur aquatique. Peu connu du grand public, ce sport étonnant est pourtant pratiqué dans de nombreux pays.
Pourquoi essayer le rugby subaquatique ?
Le rugby subaquatique présente plusieurs avantages :
- Ouvert à tous : Pas de profil type, tout le monde peut jouer.
- Moins traumatisant : L'apesanteur réduit les impacts sur les articulations.
- Développement personnel : Maîtrise du souffle, gestion du stress, esprit d'équipe.
- Ludique : Une expérience unique et amusante.

Rugby Subaquatique et FFESSM