Deux frères réunis en équipe de France, c’est un événement rarissime. La dernière fratrie en Bleu remonte aux années 1970, avec les attaquants Hervé et Patrick Revelli. Le premier match sous les couleurs tricolores de Lucas Hernandez, 25 ans, et de son frère Théo, qui a fêté ses 24 ans, est donc un petit événement.

Ce jeudi 6 octobre à Turin, Lucas et Théo Hernandez pourraient écrire une page de l’histoire du football français s’ils venaient à être titularisés ensemble avec l’équipe de France. Les deux frères, qui ont passé une partie de leur enfance en Haute-Saône, veulent savourer ces instants.
Une Maman Courage et Déterminée
Laurence Py, la maman des deux joueurs, a adressé un message au JT de 13H de TF1, une courte séquence qui revient sur "le fabuleux destin des frères Hernandez". C'est avant de s'envoler pour l'Italie que Laurence Py a envoyé ces images : comme lorsqu'ils étaient petits, elle sera dans le stade de Turin pour encourager ses deux fils ce jeudi soir. "Ça va être une soirée exceptionnelle, unique, et c’est vrai que les deux méritent d’être dans la sélection, lance-t-elle en se filmant. Assurant qu'elle ne s'y attendait "pas du tout", elle se dit "super contente".
Des mots qui iront droit au cœur de Lucas et Théo Hernandez, que leur maman a élevés seule en Espagne, leur père Jean-François, également ancien footballeur, ayant quitté le domicile familial lorsqu'ils étaient tout petits.
Une Enfance Marquée par l'Absence du Père
Sélectionnés en équipe de France pour la Coupe du monde 2022, Théo et Lucas Hernandez ont été marqués par un drame familial : le départ soudain de leur père qu'ils n'ont jamais revu. Lucas et Théo Hernandez ont vécu une enfance marquée par l'absence de leur père, Jean-François Hernandez. Tout semblait avoir bien commencé pour la famille passionnée de ballon rond. Les deux frères ont en effet grandi en Espagne.
Footballeur, leur père jouait dans l'équipe du Rayo Vallecano de Madrid. Mais, en 2001, tout bascule. Endetté, Jean-François Hernandez a abandonné sa famille sans jamais se retourner. Ses enfants étaient alors âgés de 6 et 7 ans.
Un départ et une disparition des radars que les deux stars du football n'ont jamais compris : "Je n'ai jamais compris, je ne comprendrai jamais comment mon père a pu partir du jour au lendemain, nous abandonnant ma mère, mon petit-frère et moi. Personne ne sait rien sur lui. S'il revenait et émettait le désir de me voir, j'accepterais de le rencontrer. Ce qu'il a fait est inacceptable", avait révélé Lucas Hernandez auprès du Parisien.
Lors d'un reportage mené par Zone interdite, les deux frères avaient une nouvelle fois abordé leur incompréhension : "Personne ne sait rien, je ne sais pas s'il est vivant ou mort.
Selon nos confrères, l'ancien sportif de haut niveau se serait envolé vers la Thaïlande afin d'y monter une affaire. Il y serait resté jusqu'en 2020 année où il a décidé de revenir s'installer en France. Selon sa dernière compagne, fréquentée entre 2001 et 2003, Sonia Moldes, il vivrait désormais dans le Sud-Ouest, non loin de Bordeaux. Il aurait démarré une carrière de commercial qui le fait voyager dans toute la France. Jean-François Hernandez aurait repris contact avec sa fille prénommée Lauris, la demi-soeur de Lucas et Théo Hernandez.
La Consécration Commune en Équipe de France
Cette sélection commune, les deux frères, qui brillent cette saison avec leur club respectif - le Bayern Munich pour Lucas, l’AC Milan pour Théo - en rêvaient. Jusqu’alors seul l’aîné de la fratrie, champion du monde avec les Bleus en 2018 avait eu la faveur du sélectionneur. Mais en septembre dernier, fort de ses performances en Serie A italienne, Théo, le cadet, a fini par être appelé à son tour en équipe de France. Une fierté pour son grand frère, qui blessé, n’avait alors pas pu assister aux premiers pas de Théo avec les Bleus. Un simple contretemps, finalement.
"J’étais à la pêche quand j’ai appris notre sélection la semaine dernière" sourit le défenseur du Bayern Munich quand il se présente face à la presse aux côtés de son frère ce mardi, "Quand j’ai vu mon nom dans la liste des défenseurs mais pas celui de mon frère je me suis dit tant pis, ce sera pour être un autre moment. Et puis ensuite je l’ai vu avec les milieux de terrain. J’étais content. Je l’ai appelé direct pour le féliciter" se souvient ému Lucas Hernandez.
Souvenirs d'Enfance en Haute-Saône
Il faut dire que depuis leur enfance, les deux frangins partagent tout, ou presque. Un père footballeur qui les a abandonnés, et une enfance difficile. Elevés seuls par leur mère, les frères Hernandez évoquent souvent le souvenir de leurs vacances passées à la pêche, en Haute-Saône, où vivent encore leurs grands-parents maternels. "Vous le savez on n’a pas eu une enfance facile" a tenu à rappeler Lucas ce mardi en conférence, "Mais c’est ce qui nous a fait lutte" partage aussitôt son frère Théo, qui a tenu a remercié publiquement sa maman, "A l’annonce de la liste ma mère pleurait, mon grand-père était très content. Si les deux joueurs se retrouvent en sélection en même temps, c’est tout sauf un hasard.
Indispensable à son poste de latéral depuis trois années déjà, Lucas est un habitué des Bleus et son frère pourrait bien le devenir. Appelé pour la première fois lors du rassemblement de septembre, celui qui peut évoluer en défense comme au milieu de terrain a fait l’étalage de toutes ses qualités face à la Finlande notamment (2-0).
Problème qui n’en est finalement pas un : les deux frères pourraient se retrouver en concurrence à gauche de la défense. Une situation qu’ils acceptent plutôt bien : "Sur le terrain il n’y a pas d’amis. Celui qui va jouer joue" a souligné Théo, "Au moment où les matches vont commencer, que ce soit mon frère ou moi, on va se donner des conseils, on va tous ramer dans la même direction" a renchéri Lucas, solidaire.
Face à la Belgique jeudi soir les frères Hernandez se rappelleront sans doute au bon souvenir de leurs parties de foot, lorsqu’ils étaient enfants.
Les Frères Hernandez dans l'Histoire des Bleus
La fratrie Hernandez n’est ni la première, ni la dernière dans la longue histoire des Bleus : avant eux, il y en avait eu 11 depuis les frères Charles et Georges Bilot lors du match inaugural contre la Belgique en 1904. Et après eux, il y en a eu encore une, quand Khéphren Thuram a rejoint Marcus en sélection, il y a deux ans.
S’ils ont 19 mois d’écart (Lucas est né le 14 février 1996, Théo le 6 octobre 1997), les frères Hernandez ont des trajectoires relativement parallèles, avec quelques points de croisement.
En sélection, l’aîné à débuté en mars 2018, à 22 ans et 1 mois, et il a très vite gagné sa place occupée alors, et depuis peu, par Benjamin Mendy. Champion du monde et auteur d’un tournoi brillant, marqué par deux passes décisives pour Pavard (contre l’Argentine) et Mbappé (en finale face à la Croatie), il décroche une première fois en 2019 (deux matchs joués seulement) et au plus mauvais moment, en 2022 (deux matchs aussi), où il se blesse d’entrée de jeu contre l’Australie. Sa Coupe du monde aura duré six minutes, et il sera remplacé par son frère Théo, comme une transmission de témoin.
Théo a fait ses débuts plus tard, en septembre 2021 (à 23 ans et 11 mois) à un moment où Deschamps tentait le 3-5-2 avec Benzema et Mbappé en pointe et deux pistons, Léo Dubois à droite et Théo Hernandez à gauche. Dès lors, il ne sortira quasiment plus de l’équipe, jouant six des sept matchs de la Coupe du monde 2022 et 22 fois sur 26 depuis. Au Qatar, il s’est illustré par un but très important contre le Maroc, au tout début de la demi-finale, mais il manque sa finale et sort, en même temps que Griezmann, juste avant le retour des Bleus contre l’Argentine.
Parcours en Club et Trophées
En club, leurs parcours se sont croisés : ils n’ont joué ensemble pour l’Atlético de Madrid en qu’en Youth League), avant que Théo ne parte en prêt pour Alavès, puis soit transféré au Real Madrid qui le prête ensuite au Real Sociedad.
En terme de trophées, en sélection Lucas est champion du monde et les deux ont remporté ensemble la Ligue des Nations en 2021, avant d’être finalistes de la Coupe du monde 2022. En club, ils ont gagné tous deux la Ligue des Champions, Théo avec le Real en 2018 (il a participé à trois matchs de la phase de poules), Lucas avec le Bayern en 2020. Théo a été champion d’Italie avec l’AC Milan en 2022, mais Lucas a fait beaucoup mieux avec le Bayern (4 titres entre 2020 et 2023) et le PSG (un en 2024, et certainement un autre en 2025).
Enfin, ils se sont plusieurs fois croisés en match dans les deux clubs opposés, mais sans jouer tous les deux : en janvier 2017, pour Alavès-Atlético : Théo est titulaire, Lucas pas entré. En novembre 2017, pour Atlético-Real Madrid, cette fois Lucas joue, mais Théo est remplaçant, ne rentre pas. C’est finalement en octobre et novembre 2023 qu’ils finiront par s’affronter fraternellement en Ligue des Champions lors de PSG-AC Milan où ils évoluent tous deux arrière gauche, aux deux coins opposés du terrain donc.

Alors que l'équipe de France de football se retrouve ce jeudi soir face aux Belges en demi-finale de Ligue des nations, à Turin, les Bleus compteront pour cette sélection deux frères : les frères Hernandez.
Fierté Franc-Comtoise
Lucas et son petit frère Théo sont connus dans le nord Franche-Comté, puisqu'ils avaient l'habitude de passer plus jeunes leurs étés chez leurs grands-parents en Haute-Saône à Châlonvillars. Les deux petits-fils continuent d'ailleurs de venir régulièrement. Sa famille raconte cette aventure "incroyable" à France Bleu Belfort Montbéliard.
"Déjà d'avoir un joueur en équipe de France qui a gagné la coupe du Monde, on se demandait ce qu'il pouvait arriver de mieux, mais là d'avoir les deux frères avec les Bleus c'est incroyable" s'enthousiasme Didier, l'oncle des frères Hernandez. Le grand-père Bernard, lui aussi, a parfois un peu de mal à y croire : "Il y a toujours cette fierté de se dire qu'on a deux petits enfants en équipe de France, mais ce n'est pas si simple car, pour nous, ce sont nos petits-enfants et pas des footballeurs professionnels".
Les frères passaient leurs étés à jouer au ballon sur les champs de Haute-Saône. "Toujours le sourire, toujours gentils" raconte l'oncle, mais avec déjà à l'époque la culture de la gagne : "Je me souviens qu'on passait des heures à jouer au jeu de société Puissance 4, fallait pas que je gagne sinon c'était le drame!".
Le grand-père Bernard les revoit, tout petits passionnés par le ballon rond : "Je leur montais des buts sur un terrain en Haute-Saône pour taper dans le ballon, ils jouaient avec les gamins du coin et ils y passaient la journée".
Le clan familial est toujours très proche. Les grands-parents regardent tous les matchs de leurs petits-enfants. "On leur envoie un petit texto à la fin. C'est une bonne manière de passer notre retraite" s'amuse le grand-père Bernard. L'oncle lui aussi est un passionné du jeu de ses neveux et se déplace de Belfort jusqu'à Turin ce jeudi en voiture avec sa femme et sa fille pour assister au match.
Le OUI-NON avec les FRÈRES Hernandez !
Théo Hernandez : Une Première Sélection Remarquée
Theo Hernandez, le petit frère de Lucas, a livré une excellente prestation pour sa première sélection avec les Bleus contre la Finlande mardi soir. La famille Hernandez est entrée, mardi soir, lors du match de qualification à la Coupe du monde 2022 contre la Finlande, dans l’histoire de l’équipe de France. C’est seulement la quatrième fois qu’une fratrie compte des sélections chez les Bleus. Il y a eu d’abord dans les années 1930 les Vandooren (Jules et Roger) et Laurent (Lucien et Jean) puis les frères Revelli durant les années 1970.
Nullement impressionné par l’enjeu d’une première cape dans un match très important pour le ticket direct au Qatar, le cadet des Hernandez a livré une partition solide et prometteuse pour la suite. Avec un rôle de piston gauche dans un schéma en 3-5-2, le joueur de l’AC Milan a balayé son couloir durant 90 minutes. Il a multiplié les courses à haute intensité pour offrir des solutions. S’il a manqué de précision sur ses centres lors du premier acte, il est passé tout près de délivrer une passe décisive pour Anthony Martial au retour des vestiaires.
Théo Hernandez, qui a découvert les Bleus en septembre dernier et fête ses 24 ans ce mercredi, s’est assis à la gauche de son frère aîné Lucas (25 ans), champion du monde 2018 et 28 sélections au compteur. Avec le sourire et une complicité flagrante, la 11e fratrie de l’histoire de l’Équipe de France a partagé son bonheur d’être convoquée ensemble et son ambition : remporter la Ligue des Nations dimanche à Milan. Mais il faudra d’abord en passer par la Belgique jeudi à Turin en demi-finales.
Après leur conférence de presse, les deux joueurs ont poursuivi l’échange pour FFF.FR. « Si on vous avait dit que souffleriez vos 24 bougies en équipe de France avec Lucas…Théo : Je n’y aurais pas cru. C’est ma première fois en Équipe de France au côté de mon frère. Ça va être un jour magnifique. Je deviens grand (il rit) !Lucas : Il va devoir parler un peu pour remercier le staff et les joueurs du super gâteau qu’on va lui apporter. Il dira deux ou trois mots mais il ne chantera pas. La dernière fois, c’était suffisant, je n’étais pas là en septembre mais je l’ai vu en vidéo et ce n’était pas terrible (rires).
Lucas : Jeudi, j’étais libre alors je suis allé la pêche ! J’étais sur mon téléphone pour suivre la liste du coach à 14 heures. J’ai vu mon nom parmi les défenseurs mais pas celui de mon frère, je me suis dit que ce n’était pas le moment. Mais après, je l’ai vu parmi les milieux de terrain et je me suis dit : ‘‘ah le voilà !’’ Je l’ai appelé et lui ai dit de ne pas se blesser durant le week-end. Ensuite, j’ai téléphoné à ma mère. Ce n’est pas la première fois de l’histoire de l’Équipe de France que deux frères sont réunis mais ça reste exceptionnel (ils sont les 11es depuis les frères Hervé et Patrick Revelli en 1973-1974).
Théo : J’étais à la maison et j’ai suivi la liste à la télévision. Ma mère et mon grand-père m’ont appelé. Elle pleurait et lui était très content. Lucas m’a téléphoné ensuite, il était en train de prendre un poisson (il rit) ! Jeudi, je suis allé la pêche ! J’étais sur mon téléphone pour suivre la liste du coach. J’ai vu mon nom parmi les défenseurs mais pas celui de mon frère (…) Mais après, je l’ai vu parmi les milieux de terrain et je me suis dit : ‘‘ah le voilà !’’
Lucas : C’est une fierté, un plaisir. C’est un moment qu’on ne peut pas imaginer. Petit, tu peux imaginer jouer au foot avec ton frère, évoluer au niveau professionnel avec lui mais atteindre les Bleus ensemble… C’est exceptionnel et incroyable. Je vais en profiter avec lui mais aussi avec toute la famille. J’espère qu’ils vont prendre du plaisir. C’est un moment de bonheur. Hier, on n’a pas pu s’entraîner ensemble car on a joué dimanche mais aujourd’hui, ce sera notre premier entraînement !
Théo : C’est un honneur d’être ici en Équipe de France avec mon frère. Ma mère est très contente, ma femme et mon grand-père aussi. Maintenant il faut travailler et s’aider pour continuer à être là ensemble.
Lucas : C’est le travail qui a payé. On n’a pas eu une enfance très facile, c’est ce qui nous a fait lutter et continuer à travailler pour atteindre ce qu’on voulait : être joueurs professionnels. Être aujourd’hui en équipe de France, c’est incroyable. Il faut profiter. En jeunes, à l’Atlético de Madrid on a pu s’entraîner et jouer ensemble mais, depuis, on a pris des chemins différents. Se retrouver ici, c’est incroyable.
Théo : Quand on était petits, ce qu’on a vécu n’était pas facile. Je voudrais dire merci à notre mère. Dans les moments difficiles, elle était là. C’est elle qui nous emmenait à l’entraînement, elle nous a portés. On a dû travailler et prendre un chemin différent pour faire notre vie. C’est le foot, c’est ce qu’on aime et c’est grâce à ça qu’on est réunis aujourd’hui. Si aujourd’hui, on peut de nouveau évoluer côte à côte, ce serait magnifique. On a tous les deux bien changé depuis cette période. C’était en 2014 ! Jouer ensemble en jeunes, c’était déjà beau mais alors si c’est avec l’équipe de France…
Lucas : On essaie d’être ensemble mais pas trop. Il faut aussi, surtout lui, qu’il s’intègre le plus rapidement possible à la vie du groupe. Il le fait bien. C’est quelqu’un de très proche comme moi, il n’a pas de difficultés pour s’intégrer. Je n’étais pas là le mois dernier, j’étais un peu déçu, mais les coéquipiers m’ont parlé de son arrivée et aujourd’hui, je suis là pour l’aider. Il doit continuer à tout donner à l’entraînement comme il l’a fait en septembre. Le coach lui a fait confiance face à la Finlande (2-0, le 7 septembre) et Théo le lui a rendu sur le terrain. C’est certainement ce qui lui a permis d’être rappelé.
Lucas : Ce sont les choix du coach. Je suis là pour tout donner pour l’équipe. S’il a besoin de moi comme latéral gauche, je me donnerai à 100%, si c’est comme défenseur central, je serai aussi à 100%. Je suis là pour gagner. Cette semaine, il y a ce nouveau trophée de Ligue des Nations en jeu et ça passera d’abord par le match de jeudi contre la Belgique.
Théo : Moi, je suis plus latéral que milieu de terrain mais s’il faut jouer, je joue. Lucas peut évoluer comme latéral ou défenseur central. Je suis là pour travailler et ensuite, c’est le coach qui décide. Jouer ensemble en jeunes avec l’Atlético de Madrid en Youth League, c’était déjà beau mais alors si c’est avec l’équipe de France…
La Concurrence Fraternelle sur le Terrain
Lucas : On est des frères mais sur le terrain on est des coéquipiers. Le plus important, c’est que les 23 joueurs en Équipe de France veulent la gagne. On est là pour tout donner. On ne sait pas qui va débuter les matches mais on va être soudés, se donner des conseils et ramer dans la même direction.
Théo : Si je joue avec lui, ça va être un moment émouvant. S’il doit me dire les choses que je fais bien ou mal, il le fera. S’il doit me repositionner sur le terrain, me demander d’aller à gauche ou à droite, il le dira. S’il doit m’engueuler, il le fera, c’est ça le foot.
Lucas : Ah j’espère ! C’est un nouveau trophée, un titre différent mais un trophée quand même. Théo : On va aller le gagner !
Lucas : Si on remporte la Nations League, ce sera énorme et le début d’une belle aventure. En espérant que ce soit le premier d’une longue liste. »
Privés de père, portés à bout de bras par une mère qui a tout sacrifié pour leur bonheur, ils ont embrassé un destin hors du commun.
« Quand on était petit, on espérait jouer ensemble, mais atteindre les Bleus, on ne peut pas imaginer ça, sourit Lucas. C’est un instant exceptionnel, incroyable, dont il faut bien profiter avec mon frère et surtout ma famille. Pour elle, c’est un moment unique, de bonheur et de fierté immenses.
Le mot « sacrifice » n’est pas trop fort pour évoquer le rôle de Laurence Py, dans la gestation de footballeur de Théo et Lucas. « Il faut lui dire merci, pour tout ce qu’elle a fait », glisse Théo. Laurence était esthéticienne. 800 € par mois, avec des horaires aménagés, et des journées interminables à courir partout. Surtout derrière ses enfants. « Sa vie, c’était de nous rendre heureux, et toute ma force, je l’ai puisée en la regardant, dit Lucas. Le jour où j’ai signé mon premier gros contrat, ça a été un soulagement. C’était une façon de lui dire qu’elle pouvait vivre enfin sa vie ! Avant cela, les fins de mois avaient été difficiles.
Chaque été, ces derniers gardaient les deux frères dans la maison de campagne au bord de la Saône. Lucas et Théo, qui ont appris le français avec les grands-parents, y ont vécu leur meilleure vie.
Il a fallu beaucoup d’amour, dans ce cercle familial ultra-soudé et protecteur, pour que les enfants grandissent heureux et se débarrassent de l’ombre paternelle. « À l’école, on était toujours ensemble, on jouait au foot à la récré, on avait les mêmes amis », rappelle Lucas.
Le grand frère a forgé sa rage dans les épreuves d’une jeunesse tumultueuse, avec les responsabilités qui incombent à l’aîné. « On n’a pas eu une enfance facile, mais ça nous a aidés aussi à lutter, et atteindre notre objectif de devenir footballeur professionnel.
Leurs proches attendent fébrilement le moment où deux Hernandez chanteront la Marseillaise côte à côte. « On va s’aider avec Lucas, dit Théo. Maintenant il faut surtout bien travailler pour qu’on joue tous les deux !
Tous les deux titulaires face à l’Azerbaïdjan ce 16 novembre, les frères Hernandez ont connu un destin familial peu commun.
Violences, tromperie... Criblé de dettes, celui-ci s’évapore en 2001, alors que Lucas et Théo n’ont que trois et cinq ans, lorsque les huissiers viennent toquer à la porte de la maison familiale, en banlieue de Madrid (Espagne).

Revenu en France il y a deux ans, il habite dans le sud-ouest et a entamé une reconversion comme commercial. S’il n’a plus de liens avec ses deux fils, Jean-François Hernandez passe en revanche ses week-ends avec sa mère et sa fille, Lauris (demi-soeur de Lucas et Théo), qui a accepté de prendre la parole pour la première fois pour raconter sa version de cette histoire familiale.
"Maintenant que je suis papa, je me rends encore plus compte de ce qu'il a fait, qu'il a failli dans son rôle de père. Demain, si je le rencontre, on aura une conversation. Mais une chose est sûre, moi, je n'imagine pas abandonner mon fils. Est-ce que j’ai envie de renouer avec lui ? Non."En 2018, dans une interview au Parisien, Lucas Hernandez se confiait avec pudeur et franchise sur son parcours.
Dans son dernier numéro sorti ce week-end, France Football est parti à sa recherche. En s’appuyant sur de nombreux témoignages de proches ou d’amis.
"Ses enfants lui manquent terriblement, il souffre, mais il ne veut surtout pas passer pour un opportuniste aux yeux des autres, précise sa fille Lauris. Et pourtant, je vous assure que tout le monde vit bien chez nous. On s'en fout de l'argent de Théo et Lucas. Tout ce qu'on veut, c'est les revoir. Mon papa surtout."