L'Histoire Épique de l'Équipe de Hockey sur Glace des Canadiens de Montréal

Le Canada, et plus particulièrement la ville de Montréal, est souvent associé au hockey sur glace. Plus qu’un sport, c’est là-bas toute une culture. Surtout avec les Canadiens de Montréal, club emblématique de la ville, qui détient le record de 24 coupes Stanley, le trophée décerné chaque année depuis 1927 par la Ligue nationale de hockey (NHL) à l’équipe championne. On surnomme affectueusement l’équipe la Sainte-Flanelle, le Bleu-Blanc-Rouge, le Tricolore ou les Habs.

Les Canadiens de Montréal sont nés en 1909. La franchise québécoise n'a pas perdu de temps, puisqu'elle a remporté son premier titre de champion dès l'année 1916, quand elle jouait pour l'Association nationale de hockey, l'ancêtre de la NHL (créée en 1917). Montréal a ensuite régné à travers les époques. Jusqu'aux années 1990, les Canadiens ont ainsi été sacrés au moins une fois par décennie. Et aujourd'hui, ils possèdent le record de titres (24), très loin devant Toronto (13) et Detroit (11).

Vénérable pensionnaire de la NHL, c'est tout simplement la plus vieille équipe au monde. Fondée le 4 décembre 1909, elle est aussi la plus titrée avec 24 Stanley Cups remportées. Après avoir fait ses armes dans la National Hockey Association of Canada, connue en français sous le nom d'Association nationale de hockey (ANH), l'équipe de Montréal, qui s'appelait encore le Club Athlétique Canadien, est déjà en 1910 la franchise la plus réputée sur les patinoires du pays.

Après une réunion le 26 novembre 1917 à l'hôtel Windsor de Montréal, les propriétaires des Canadiens de Montréal, des Wanderers de Montréal, des Sénateurs d'Ottawa, des Bulldogs de Québec et des Toronto Arenas décident de créer une nouvelle Ligue, la NHL (LNH en québécois), et de l'ouvrir au voisin américain. Pendant 25 ans, jusqu'à 10 équipes vont participer à cette nouvelle compétition.

Mais après la Grande Dépression de 1929, le nombre de franchises va diminuer et elles ne seront plus que 6 à se disputer le trophée de 1942 à 1967 (Canadiens de Montréal, Maple Leafs de Toronto, Bruins de Boston, Red Wings de Détroit, Rangers de New York et Blackhawks de Chicago). Depuis, leur nombre ne va cesser de croître jusqu'à atteindre 32 franchises en 2021 ; c'est toujours le même nombre en 2024. Un championnat qui met donc aux prises 25 équipes américaines et 7 équipes canadiennes.

Mais tout au long du XXe siècle, ce sont bien les Canadiens de Montréal qui ont marqué de leur empreinte l'histoire de la célèbre compétition. C'est d'ailleurs la seule équipe qui a soulevé le trophée cinq fois d'affilée (entre 1956 et 1960), une performance toujours inégalée aujourd'hui. Et, avec son nom gravé onze fois sur le trophée, le centre des Canadiens Henri Richard est le joueur le plus titré de l'histoire de la Ligue. Une histoire de famille puisque son frère Maurice Richard a été aussi une légende des Canadiens (et du hockey en général) en devenant le premier joueur à marquer plus de 500 buts (en 1957).

A chaque fois que le hockey s'approche de leur vie, le puck et la crosse ont l'effet d'une madeleine de Proust. Et ils n'ont plus qu'un rêve : retrouver ce qui a fait leur réputation. Revivre les plus beaux jours de leur vie de supporters. Dominer, encore et encore.

Au fond, les Canadiens de Montréal ont la même histoire que le club de football du Real Madrid : ils ont marqué l'histoire de leur sport à ses débuts mais, avec l'arrivée de nouvelles forces, répéter l'exploit devient plus dur.

Comme l'indique la devise du club, « Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, à vous toujours de le porter bien haut... » semble penser chaque personne touchée de près ou de loin par cette équipe, ce club, cette institution. C'est-à-dire, tout Montréal et ses environs, mais aussi des supporters partout dans le monde, séduits au fil du temps à la lecture de cette merveilleuse histoire.

Un jour viendra, c'est sûr, la couronne du roi arrivera. Alors, à la manière de Napoléon avec son peintre officiel, Jacques-Louis David, nous immortaliserons l'instant avec une peinture de dix mètres sur six. Nous demanderons à un peintre de renom de consacrer deux ans de sa vie à l’œuvre. Celui-ci mettra tout son talent au service de la gloire du Tricolore. L’œuvre sera bien moins d'un réalisme frappant que d'une propagande exacerbée. C'est le but. Allez, on l'exposera aux côtés du « Sacre de Napoléon », au musée du Louvre. Juste un peu. Puis, plus d'un siècle plus tard, les enseignants apprendront à leurs élèves à déchiffrer la scène. Les protagonistes, leur histoire et, bien sûr, la scène.

Dans les années 50, le hockey des "Original Six" connaît son âge d'or. La NHL est une ligue prospère - pour les patrons plus que pour les joueurs à cette époque - et le spectacle proposé fait recette.

Les Canadiens de Montréal, c'est le club le plus ancien de la NHL. Soit cent-quinze années d'activités. C'est d'abord le chiffre 24, comme les 24 Stanley Cup qui garnissent son palmarès. Puis le cinq, comme les cinq Stanley Cup remportées consécutivement entre 1956 et 1960. C'est aussi des joueurs de légende.

Ce sont des entraîneurs devenus légendes. Toe Blake et ses huit titres à la tête du Tricolore. Dick Irvin et son jeu physique. Scotty Bowman et ses quatre titres consécutifs.

Le Tricolore, c'est aussi l'une des deux équipes du match le plus légendaire du hockey sur glace. Une opposition face au CSKA Moscou, club le plus titré au monde. Et ce en pleine Guerre froide.

Enfin et surtout, c'est « Més que un club » (plus qu'un club), comme diraient les Catalans à propos du club de football du FC Barcelone. Soit une institution profondément ancrée dans le tissu social d'une ville, Montréal, et de sa région, le Québec. Une histoire qu'on raconte à ses enfants. Un stade où on les emmène dès leur plus jeune âge.

Alors, quand un de ses héros, en l’occurrence Howie Morenz, meurt, 50 000 personnes le pleurent dans le Forum de Montréal. Et 200 000 personnes attendent pour lui rendre hommage à l'extérieur. Quand le président de la NHL, Clarence Campbell, annonce la suspension de Maurice Richard qui vient de frapper un juge de touche, la colère gronde dans les rues de Montréal. Certains parleront même de « l'émeute Maurice Richard ».

Depuis la fin du XXème siècle, tout a changé. Ou presque. Le tricolore a déménagé. Fini le Forum de Montréal, son enceinte durant plus de soixante-dix ans, le vrai temple du hockey, celui où le Tricolore a remporté 22 Stanley Cup. Désormais, bienvenue au Centre Molson, devenu ensuite le fameux Centre Bell.

Depuis l'entrée dans le nouveau millénaire, si le Québec et le Canada aiment sûrement le hockey plus que tout le monde, ils n'ont « que » les Jeux Olympiques pour prouver qu'ils dominent le monde. Fait nouveau : pas moins de neuf entraîneurs se sont succédé sur le banc du Tricolore et cinq directeurs généraux.

Depuis le dernier titre du club, en 1993, quatre des autres « six équipes originales » de l'histoire de la NHL ont remporté la Stanley Cup. Boston (une fois), New York (une fois), Chicago (deux fois) et Detroit (quatre fois). Seuls les Maple Leafs de Toronto n'ont pas été sacrés depuis la dernière victoire du Tricolore. Du côté de Toronto, la traversée du désert est encore plus impressionnante. Leur dernière victoire remonte à 1967. C'était face aux...Canadiens de Montréal.

Toronto, c'est aussi la ville qui détient le deuxième nombre de Stanley Cup au palmarès. Treize. Bien loin, donc, des vingt-quatre titres du Tricolore.

Il y a deux ans, les Canucks de Vancouver avaient failli succéder aux Canadiens de Montréal au palmarès des équipes canadiennes ayant remporté la Stanley Cup. Cela n'avait tenu qu'à un fil : une seule victoire face au Bruins de Boston. Si les rivalités opposant le Tricolore à des équipes du voisin américain sont fortes, en premier lieu avec Boston, le combat pour revendiquer le statut de meilleure équipe du Canada l'ont souvent conduit à mener d'intenses combats. Il y a notamment eu cette rivalité face aux Nordiques de Québec, et ce fameux match de 1984.

A la relecture de l'histoire de ce club qui a tant apporté au hockey, on ne peut qu'espérer qu'il la connaisse un jour, cette vingt-cinquième Stanley Cup. Pour tout un club. Pour toute une ville. Pour tout un sport.

Les Canadiens de Montréal - 75 ans d'histoire (documentaire 1985)

Assister à un match au Centre Bell

Entre septembre et avril, une quarantaine de matches sont disputés par l’équipe des Canadiens de Montréal au Centre Bell en plein cœur de la ville. Le Centre Bell peut contenir jusqu’à 21 000 places. Dans son antre du Centre Bell, les Canadiens de Montréal attirent chaque année plus d’un million de spectateurs.

Après avoir évolué entre 1924 et 1996 (et remporté 22 de leurs 24 Stanley Cups) dans l'antique Forum de Montréal, surnommé à juste titre le « temple du Hockey », la franchise montréalaise évolue depuis sur la patinoire du Centre Bell. Avec ses 21 288 sièges en configuration hockey, c'est tout simplement la plus grande salle de la Ligue et donc la plus grande salle de hockey du monde ! C'est dans ce véritable sanctuaire, qui propose des visites guidées, que tous les amateurs du monde rêvent d'aller assister à une rencontre de NHL.

« Les soirs de matches, l’atmosphère est électrisante » souligne Jamie O’Meara. S’il n’est pas simple de se procurer des places, les touristes peuvent se consoler en visitant le Centre Bell. Situé sur la bien nommée Avenue des Canadiens-de-Montréal, cette immense salle de 21 000 places raconte à travers trophées, photos et programmes interactifs l’histoire et la tradition de cette grande équipe depuis plus d’un siècle. Les visiteurs peuvent également profiter d’expositions temporaires. Non loin de là, la place du Centenaire, qui célèbre le centième anniversaire de la création de la franchise en 1909, rend hommage aux légendes du club : Howie Morenz, Maurice «Rocket» Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur.

Les billets pour assister à un match de hockey à Montréal peuvent être difficiles à trouver. Mais ce n’est pas une mission impossible, précise le site de l’Office de Tourisme. Outre les billets individuels, il est possible d’acheter des billets de groupe à tarif préférentiel. Les mordus de hockey peuvent en outre profiter de forfaits avec place en loge, repas d’après-match, visite guidée… Bien que la majorité des billets de la saison régulière s’écoulent avant même la première rencontre, les Canadiens de Montréal mettent en vente quelques billets les jours de match (des billets réservés par la LNH ou l’équipe adverse non utilisés, par exemple). Il faut pour cela régulièrement consulter le site officiel de l’équipe.

Pour les spécialistes, on compte cette année des as de la rondelle comme Thomas Tatar et Max Domi (ex-dur à cuire des Maple Leafs de Toronto), le jeune phénomène finlandais Joel Armia, les Québécois chouchous des fans Phillip Danault et Jonathan Drouin, le tireur en série Brendan Gallagher, la superstar de la ligue qui garde le filet, Carey Price, et l’illustre défenseur et capitaine Shea Weber. Ces athlètes d’élite sont épaulés par de jeunes et prometteuses recrues : Nick Suzuki, qui fait preuve d’une grande intelligence de jeu; et le défenseur au tir canon Ben Chiarot. « Cette équipe à la composition équilibrée joue du bon hockey sur la glace pour le plus grand bonheur de ses admirateurs » ajoute encore le journaliste.

Il faut pour cela régulièrement consulter le site officiel de l’équipe. Précisons que le minimum est de 100 dollars pour assister à un match des Canadiens. Spectacle assuré dans la salle électrisante du Centre Bell. Ne reste plus qu’à faire le voyage pour admirer toute cela.

Quelques Légendes de Montréal

  • Maurice Richard (1921-2000): Il est considéré comme le plus grand joueur qu’aient connu les Canadiens. Richard joua à Montréal de 1942 à 1960 et fut huit fois champion. Il est également connu pour avoir été le premier joueur à inscrire 50 buts en 50 matches, lors de la saison 1944-1945, et le premier à 500 buts en NHL. En 1954, Maurice Richard fut suspendu pour s’en être pris à un arbitre, ce qui provoqua des émeutes à Montréal. Il dut lancer un appel au calme à la radio, pour que les violences cessent. On l'appelait « The Rocket ».
  • Jean Béliveau (1931-2014): Surnommé « Gros Bill », il fut lui aussi un buteur prolifique pour les Canadiens (507 buts), où il joua de 1950 à 1971, raflant 10 titres de champion. Béliveau fut élu à deux reprises MVP de la NHL, en 1956 et 1964.
  • Guy Lafleur (né en 1951): Les Anglophones le surnommaient « The Flower », quand les Francophones préféraient l'appeler le « Démon blond ». Lafleur fut un joueur élégant, qui porta les couleurs de Montréal de 1971 à 1984, et compila six saisons consécutives à au moins 50 buts et 100 points (de 1974 à 1980). Il remporta cinq fois le titre de champion et fut élu deux fois MVP de la NHL en 1977 et 1978.
  • Doug Harvey (1924-1989): Malgré un nom à consonance anglaise, Harvey fut un authentique Québécois, qui a vu le jour et grandi à Montréal. Défenseur, il a joué pour les Canadiens de 1947 à 1961. Harvey a remporté six titres de champion et a été désigné à sept reprises meilleur défenseur de la NHL.
  • Jacques Plante (1929-1986): Plante est un des rares gardiens de but à avoir été élu MVP de la NHL. Il fut distingué en 1961. De 1956 à 1960, quand Montréal rafla cinq titres d'affilée, Jacques Plante fut à chaque fois désigné meilleur gardien de la saison. Il joua pour les Canadiens de 1952 à 1963. Plante est également connu pour avoir été le gardien qui a imposé l'usage du masque pendant les matches.

Rivalités Mémorables

Et dans sa riche histoire, Montréal a construit de sérieuses rivalités sur les patinoires de la NHL. Dans la province, l'équipe phare des voisins de Québec a disparu du paysage depuis 1995. Et si un bon nombre d'équipes ont évolué dans des ligues mineures, ce sont les Nordiques de Québec qui ont inscrit leur nom sur les tablettes de la NHL entre 1972 et 1995. Et offert une vraie rivalité provinciale aux Canadiens. Dans leur antre du Colisée, qui a accueilli plus de 15 000 spectateurs à ses plus belles heures (la salle est fermée aujourd'hui), les « Bleus » vont vivre leurs plus grands frissons en 1982 et 1985 en atteignant les demi-finales. À l'époque, les derbys face à Montréal sentent évidemment le soufre. Las, en 1995 la franchise déménage à Denver et devient l'Avalanche du Colorado.

Dans la province d'à côté, en Ontario, on vibre aussi pour ses équipes de hockey sur glace. Deux clubs se partagent la scène : les Senators d'Ottawa et les Maple Leafs de Toronto, éternels rivaux de l'équipe des Canadiens de Montréal. Car Toronto est la deuxième équipe de la Ligue ayant remporté le plus de Coupes Stanley (13), derrière le grand rival québécois.

Mais c'est surtout en dehors des frontières canadiennes que Montréal a construit une rivalité légendaire. Ce sont en effet les Bruins de Boston qui sont considérés aujourd'hui comme les plus grands rivaux de la cité québécoise. Et ce, depuis toujours, car ces derniers sont l'une des six équipes aux origines de la Ligue. Les duels acharnés entre les deux franchises se comptent par centaines.

tags: #equipe #hockey #sur #glace #montreal