Considérés comme des précurseurs d’un nouveau rugby, les champions de France de 1985 ont été honorés par le Stade toulousain ce dimanche en marge de la rencontre entre Toulouse et Lyon. Il ne faut jamais oublier son histoire, surtout quand elle est glorieuse. Ce dimanche, le Stade toulousain a honoré comme il se doit ses champions de France 1985, vus comme des initiateurs d’un nouveau rugby : celui fait de mouvement, où la balle ne s’arrête jamais jusqu’à être aplatie dans l’en-but adverse.
L’aventure a débuté peu après 10 heures du matin dans les locaux du groupe La Dépêche du Midi. Arrivés tous ensemble en bus, Denis Charvet et ses anciens coéquipiers ont été accueillis par Éric Laffont-Baylet, administrateur délégué de La Dépêche du Midi. Ce dernier était accompagné par Didier Lacroix, le président du Stade toulousain.
L’ancien flanker a eu quelques mots à l’endroit des champions qui lui faisaient face : "Je suis très ému d’être face à vous. Tout le monde est là, sauf ceux qui ne le peuvent pas physiquement. Quand je repense à ce titre de 85, je me souviens juste du gamin de l’école de rugby que j’étais et qui avais vibré."
Plusieurs abonnés de La Dépêche, de Midi Olympique ainsi que du club haut-garonnais ont eu le plaisir de partager de longues minutes avec ces joueurs qu’ils ont admirés. À l’époque, personne ne s’en doutait. Pourtant, lorsque le Stade toulousain a soulevé le bouclier de Brennus après avoir battu Toulon en prolongations, le visage du rugby français avait changé à tout jamais. Ce fut la naissance d’une mentalité, d’un amour pour le jeu de la part des Stadistes qui fait encore leur force aujourd’hui.
Entraîneurs à l’époque, Pierre Villepreux et Jean-Claude Skrela sont revenus sur cette décision de jouer le même sport mais d’une manière différente. "Nous avions simplement la volonté de jouer différemment, a avoué le premier cité. Il fallait simplement convaincre les joueurs, ce qui n’a pas été facile. Quand les mecs s’entraînent seulement deux à trois fois par semaine, c’est compliqué."
Son compère a poursuivi : "Pour mettre correctement en place notre projet, il a fallu sacrifier la préparation physique. Elle se faisait par le jeu, on va dire… J’ai toujours eu l’impression que les joueurs prenaient énormément de plaisir.
Skrela ne se trompe pas en évoquant cette joie qui a envahi ses hommes. Pour révolutionner leur discipline, le duo de coachs a pu compter sur des soldats conquis : "Personnellement, j’arrivais de Carmaux (Tarn). Là-bas, on faisait toujours des tours de terrain pour se chauffer un peu, se rappelle l’ancien troisième ligne Thierry Maset. Ici, on faisait aussi des allers-retours pendant de longues minutes à une grosse différence près : toujours avec le ballon. On ne courait jamais dans le vide. Jamais.
La balle ovale a été mise de côté lorsque Dominique, abonnée rouge et noire depuis de nombreuses années et honorée de côtoyer ses idoles, a eu le micro entre les mains. La voix troublée par l’émotion, elle s’est lancée : "Pour la toute première fois de ma vie, j’avais pris le bus des supporters pour me rendre à Paris. C’était inoubliable. Depuis quarante ans, ma passion n’a jamais diminué. Je vous ai admirés et à chaque match, j’avais également l’impression de jouer. Vous ne vous rendiez sûrement pas compte à l’époque du bonheur que vous offriez aux supporters."
Comme l’a si bien dit Thierry Maset, certaines choses ne changeront jamais : "Dans le bus, nous étions tous assis à la même place qu’en 85 (rire). Toujours les mêmes au fond, toujours les mêmes "groupes". On se dit que c’est possiblement la dernière fois qu’on est tous dans le même bus ensemble, alors il faut simplement profiter de ces moments."
Retournés peu après midi du côté d’Ernest-Wallon, les champions ont retrouvé Didier Lacroix : "La force du Stade toulousain, c’est son histoire, a-t-il lancé. Nous ne sommes que de passage dans ce club, mais il faut tout faire pour le faire grandir, année après année. Vous l’avez fait de très belle manière." Le président haut-garonnais a fait visiter les installations jugées "plus modernes" par quelques anciens, notamment la salle vidéo.
Pour terminer en beauté cette journée, toute l’équipe de 1985 a bravé la foule aux alentours de seize heures juste devant l’effectif actuel, qui s’apprêtait à chausser les crampons pour défier le Lou. Les deux générations ont ensuite été réunies dans le vestiaire rouge et noir, notamment pendant le discours d’avant-match d’Ugo Mola. L’actuel coach, devant ses joueurs, a alors insisté sur le bagage commun basé sur l’héritage.
Serge Gabernet, arrière et capitaine il y a quarante ans, a enfin donné le coup d’envoi fictif de la partie, pour une ultime ovation.

Plus tôt dans la journée, Lacroix n’avait pas mâché ses mots : « Il y a deux semaines, nous avions sorti un match de m**** face au Racing 92 alors qu’on avait rendu hommage à Jean-Pierre Rives.
Chiffres de l'Année 1985
L'année 1985 a été marquée par plusieurs compétitions importantes pour l'équipe de France de rugby. Voici un aperçu des chiffres clés de cette année :
| Compétition | Matchs | Victoires | Nuls | Défaites | Points marqués | Points encaissés | Goal average |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Tournoi des Cinq Nations | 4 | 2 | 2 | 0 | 49 | 30 | +19 |
| Tournée de l'équipe de France | 2 | 1 | 0 | 1 | 39 | 39 | 0 |
Tableau des chiffres des compétitions jouées en 1985
M: Match, V: Victoire, N: Nul, D: Défaite, Bp: Point pour, Bc: Point contre, ±: Goal average
Matchs de la France en 1985
- Tournée de l'équipe de France 29 juin 1985
Argentine - France Samedi 29 juin 1985 (15 - 23) Argentine 15 - 23 France - Tournée de l'équipe de France 22 juin 1985
Argentine - France Samedi 22 juin 1985 (24 - 16) Argentine 24 - 16 France - Tournoi des Cinq Nations 4e journée 30 mars 1985
France - Pays de Galles Samedi 30 mars 1985 (14 - 3) France 14 - 3 Pays de Galles - Tournoi des Cinq Nations 3e journée 2 mars 1985
Irlande - France Samedi 2 mars 1985 (15 - 15) Irlande 15 - 15 France - Tournoi des Cinq Nations 2e journée 16 févr. 1985
France - Écosse Samedi 16 février 1985 (11 - 3) France 11 - 3 Écosse - Tournoi des Cinq Nations 1re journée 2 févr.
S'il n'y a pas de trace d'affrontements entre le XV de France et l'Uruguay dans les archives, c'est tout simplement, car aucune rencontre n'a été officielle entre les deux nations ! La première rencontre remonte à 1960 à l’Estadio Charrua de Montevideo lors d'une tournée en Amérique du Sud. Les Bleus avaient alors joué trois tests matchs face à l'Argentine, tous victorieux !
Avant cette série positive, les coéquipiers de Guy Boniface avaient alors joué contre l'Uruguay, et avaient remporté le match 61 à 0. Ensuite, nos Bleus sont repartis en 1985 à la conquête de l'Amérique du Sud, pour affronter de nouveau l'Argentine en match officiel. Une fois de plus, le XV de France a joué contre les "Teros", avant de perdre contre l'Argentine, puis de gagner ensuite.
En 1960, difficile de trouver des traces d'une composition internationale pour un match non-officiel. Dans le palmarès de chacun des joueurs de l'époque, cet affrontement ne figure même pas, et la cape n'avait pas été délivrée. Plus tard, en 1985, une belle équipe de France était allée défier l'Uruguay, avec des noms encore bien connus dans le paysage du rugby français.